I. Empoisonnement par Tacide sulfurique. — Vive corrosion
locale de la muqueuse de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et de Testomac. Dans les cas les plus graves, mort prompte au milieu de convulsions et de phénomènes d'asphyxie, plus rarement par perforation de Testomac. En général cependant l'état morbide se prolonge davantage. La muqueuse buccale et pharyngée, colorée en blanc, ou en noir dans les cas graves, devient le siège d'une inflammation ulcéreuse intense. Douleurs violentes en avalant, mouvements pénibles de régurgitation et de vomissement. Rejet de matières noirâtres. Forte salivation. Douleurs sur le trajet de l'oesophage. Abdomen le plus souvent tendu, très sensible à la pression. Quelquefois des selles sanguinolentes et dysentériques. Urines rares d'ordinaire, souvent mélangées cT albumine et de J^ï;l^. CoUapsus général, pouls petit et précipité.
Dans les cas légers, guérison lente^ après élimination successive de lambeaux de tissu nécrosé; les cicatrices rétractiles qui alors se forment principalement dans l'œsophage, sont très dangereuses. Divers désordres nerveux (névralgies, hyperesthésie, etc.) se rencontrent comme maladies consécutives.
Dans les cas mortels, r examen necroscopique fait voir la mortification, l'ulcération et l'état inflammatoire de la partie supérieure du canal digestif. La muqueuse de l'estomac est ordinairement noire comme du charbon. Dans le foie et les reins (néphrite) on trouve des lésions parenchymateuses prononcées. Dans les stades avancés formation cicatricielle étendue.
Traitement. — A raison du danger de la perforation, la pompe stomacale ne doit être employée que bien rarement et encore avec une extrême prudence. Dans les cas récents, le remède capital c'est la magnésie blanc/ie, plusieurs cuillerées à thé dans de Teau,
Kmpoisoxinexnents par les acides et les alcalis. 293
ou quelques gouttes de lessive étendue de soude dans un véhicule mucilagineux. Dans la suite et pour obvier aux symptômes, des pilules de glace, des collutoires et des gargarismes désinfectants, es analeptiques, une alimentation prudente avec le lait, les œufs, etc. Contre les rétrécissements de Tœsophage, on essayera la dilatation mécanique au moyen de la sonde.
2. Empoisonnement par l'acide chlorhydrique et nitrique. — Symptômes semblables aux précédents. Ici également on voit prédominer les signes locaux d'une stomatite et d'une pharyngite intense. Dans l'empoisonnement par l'acide nitrique, les commissures buccales sont parfois teintes en jaune; les matières vomies peuvent aussi présenter un coloration jaunâtre. L'empoisonnement avec Pacide nitrique fumant a cela de particulier que les voies aériennes sont atteintes par les vapeurs inhalées. La terminaison et le traitement sont les mêmes que pour l'empoisonnement par l'acide sulfurique.
3. Empoisonnement par les vapeurs d'acide nitreux et d'acide sulfureux. — Affection locale intense des voies respiratoires. Dyspnée violente, toux, expectoration sanguinolente. Parfois aussi symptômes nerveux graves et phénomènes de collapsus. Traitement des symptômes seulement. Sînapismes au-devant de la poitrine, narcotiques, expectorants, inhalations.
4- Empoisonnement par l'acide oxalique. — Action corrosive locale semblable à celles des autres acides, seulement avec moins d'intensité. En outre, certaines manifestations nerveuses : fourmillements, anesthésie du bout des doigts. Convulsions toniques et cloniques. Phénomènes de collapsus. Dyspnée. Parfois néphrite. — Le traitement consiste, outre les indications symptomatiques à remplir, dans l'administration des préparations calcaires (eau de chaux, saccharate de chaux, écailles d'œufs), en vue de former de l'oxalate de chaux insoluble. l^K-magnésie peut aussi être employée.
5* Empoisonnement par l'ammoniaque. — D'après que l'ammoniaque agit sous forme liquide ou gazeuse, l'afTection locale prédomine dans la partie supérieure du tractus digestif ou des voies aériennes. L'action spécifique locale de l'ammoniaque consiste dans la production d'une inflammation croupale intense des régions muqueuses atteintes. Cette inflammation rend facilement compte des symptômes cliniques correspondants (ptyalisme, dysphagie, vomissement de matières à réaction fortement alcaline, diarrhée — toux, dyspnée, etc.). En outre, dans les cas graves, phénomènes généraux de collapsus, fréquence excessive du pouls et symptômes nerveux (douleurs, paresthésies, vertiges, etc.). Traitement : pompe stomacale