Convulsion clontque de la face
(Spasfue mimique. Tic convulsif.)
Nous ne connaissons rien de bien précis s}itVétiologieà\x spasme facial,quoique ce soit la forme de convulsions isolées la plus fréquente et la plus importante en pratique. Il arrive souvent que la cause reste entièrement cachée. Quelquefois, son origine probable peut être attribuée à un état pathologique du tronc du nerf facial (refroidissement, affection de l'oreille, de la base du crâne) ou à une irritation réflexe qui agit sur lui (névralgie du trijumeau, puis les maladies des organes sexuels, etc.). Il est possible que dans beaucoup de cas, la cause première se trouve au centre (centre du facial dans l'écorce du cerveau) plutôt qu'à la périphérie. La maladie peut naître encore à la suite de fortes émotions psychiques ^ et enfin limitation et Passuétude (grimaces) jouent quelquefois un rôle dont il faut tenir compte (surtout quand il s'agit d'enfants). Il est acquis à la suite d'observations répétées que la prédisposition à la maladie s'accentue par l'influence d'une tare d'hérédité névropathique généralisée.
Les symptômes du tic convulsif consistent en contractions instantanées qui se succèdent avec la rapidité de l'éclair dans presque tous les muscles animés par le facial.L'affectîon est d'ordinaire unilatérale, n'épargnant souvent aucun des muscles que le facial innerve et se
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limitant quelquefois à quelques-uns d'entre eux (spasme facial par* tiel). Dans beaucoup de cas, les contractions convulsives sont pres« que continues, tout en variant d'intensité, de façon que les malades, sans le vouloir, exécutent les grimaces les plus choquantes ; parfois les distorsions faciales ne se présentent que sous forme d'accès de peu de durée, et séparés par des intervalles parfaitement libres. Ces accès naissent sans cause occasionnelle particulière, ou bien ils sont provoqués par l'exercice de la parole, par des mouvements vol on* taires, par des influences d'ordre sensitif ou psychique, etc. Dans quel* ques cas d'une intensité excessive, les contractions se propagent aux muscles avoisinants (muscles masticateurs, de la langue, de la nuque). Abstraction faite de la gêne résultant des spasmes, la motilité volontaire des muscles est complètement conservée. Il n'y a pas non plus de désordres de la sensibilité; on n'observe ni anesthésie, ni douleur.
Il nous reste encore à donner une mention spéciale à une forme de crampe faciale partielle qui se présente souvent à l'état d'isolement complet ou presque complet : c'est le blépharospastne ou crampe palpébrale^ c'est-à-dire un spasme convulsif tonique ou clonique qui se produit dans l'orbiculaire des paupières. La forme tonique nait surtout par voie réflexe dans les aflections oculaires les plus diverses, parfois aussi elle surgit consécutivement à des altérations d'autres zones du trijumeau.En règlegénéraleelle est bilatérale et dure parfois, sauf quelques interruptions, des jours et des semaines. Un phénomène très remarquable qui s'observe quelquefois dans cette circonstance, ce sont les points de pression dont von Grâfe a donné le premier une description exacte. On les trouve d'ordinaire aux lieux d'émergence des rameaux du nerf trijumeau, parfois aussi à la colonne vertébrale ou en d'autres endroits du corps. En pressant sur ces points, la contraction cesse immédiatement, de manière que les paupières < se détendent comme par une force de ressort >. Le spasme orbiailaire clonique (spasme nictitant) consiste en un clignotement convulsif et des mouvements de contraction spasmodique presque incessants des paupières. Ici encore on parvient à découvrir une origine réflexe à ce blépharospasme ; parfois cependant la cause en demeure inconnue.
Le tic convulsif dans ses formes graves est toujours une maladie pénible et très fatigante, surtout quand il coexiste avec du blépharospasme. Là marche en est souvent de très longue durée. Parfois de longs intervalles de repos découpent la maladie (par exemple la grossesse, comme nous avons pu l'observer), et puis elle reprend de nouveau. Quelquefois l'affection passe à Tétat d'habitude et dure autant que la vie.
Formes spéciales de convulsions localisëes. — Spasme lingual. 103
Le traitement doit donc être difficile et ingrat. On atteint les meilleurs résultats quand on peut supprimer la source d'oh émerge le spasme par voie réflexe (extraction de dents mauvaises, traitement d'ophthalmies, en quelques cas résection du nerf susorbitaire). \izxi%\t traitement par r électricité^ l'attention doit être principalement dirigée vers les points de pression sur lesquels on fait agir d'une manière stabile l'anode du courant constant. S'il n'y a pas de points de pression on place l'anode sur le tronc du nerf facial et sur chacune des branches dans lesquelles il se subdivise en forme de patte d'oie. Dans les cas à origine réflexe, Berger a obtenu de très bons résultats en appliquant l'anode à l'occiput, tout au-dessous de la protubérance, la kathode étant tenue en main (galvanisation de la moelle allongée). La durée de chaque séance est de 5 à 10 minutes. Le courant f;^radîque (courant qui grossit lentement) a été également préconisé. Parmi les remèdes internes on peut essayer d'abord le bromure dé potassium, puis l'arsenic, l'atropine, le curare, l'oxyde de zinc, etc. Leur efBcacité est toujours très douteuse. En revanche la distension nerveuse dans une partie des cas soumis à l'opération a donné un résultat avantageux en ce sens que la paralysie qui en est la conséquence est moins pénible que les spasmes qui ne laissent aucun repos. Il est vrai que les contractions se reproduisent le plus souvent quand la paralysie vient à disparaître, cependant le succès est parfois durable. Mentionnons pour finir que le yir^Aîtt^ (cautérisation a l'aide du thermocautère de Paquelin le long de la colonne spinale, sur le trajet du tronc nerveux ou éventuellement sur les points de pression) a produit dans quelques cas invétérés une amélioration des spasmes.