Convulsions des muscles du cou et de la nuque
I>es spasmes toniques et cloniques qui affectent les muscles du cou constituent une maladie qui, bien que peu fréquente, ne se ma-
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nifeste pas moins sous des formes très diverses et donne Heu à un état morbide pénible et rebelle.On ne possède aucune donnée précise concernant son étiologiê. Ce n'est que dans quelques cas spéciaux qu'on parvient à découvrir des lésions anatomiques appréciables du sys* tème nerveux ou de la colonne cervicale, des influences rhumatismales ou nocives d'une autre nature,' des irritations réflexes, etc Quoique les convulsions de chacun de ces départements musculaires se combinent quelquefois les unes avec les autres, on n'en peut pas moins distinguer quelques formes capitales.
Convulsions appartenant à la sphère du nerf accessoire. Les spasmes cloniques relevant du nerf spinal produisent des mouvements convulsifs de la tête qui se déclarent par accès et peuvent prendre une véhémence excessive. S'agit-il d'un spasme du stemocleidomastûîdien avec prédominance unilatérale, à chaque contraction du muscle la tête se tourne du côté opposé en même temps que le menton se soulève. Si le muscle trapèze est convulsé d'un seul côté, la tête se renverse du côté malade à la rencontre de l'épaule. Quand ces muscles se contractent des deux côtés à la fois en combinant leur action, la tête est agitée de secousses violentes et de mouvements de nutation, appelés crampes nutatoires^ crampes de Salaam, qu'on observe de préférence chez les enfants et qui peuvent d'ailleurs être provoquées d'une manière analogue par la contraction d'autres muscles du cou. Par la convulsion tonique relevant du nerf accessoire y la tête demeure fixement arrêtée dans la situation anormale décrite tout à l'heure et les mouvements passifs qu'on lui imprime sont impuissants à la ramener dans sa position habituelle ou à l'en rapprocher. Quand la tête est tenue de travers par suite du spasme tonique d'un seul des sternocleidomastoïdiens^la convulsion s'appelle torticolis spasmodique (caput obstipiim spastiaim)^ et torticolis rhumatismaly si c'est un refroidissement qui en est la cause.
Le spasme tonique et clonique du splenius (v. fig. 23), se déclare également à l'état isolé ou combiné avec les spasmes relevant du spinal. En ce cas la tête se convulsé en arrière vers le côté malade et l'on perçoit la saillie musculaire en dehors de la partie cervicale du trapèze.
Le tic dit rotatoire qui donne lieu à de simples mouvements convulsifs de rotation de la tête est dû probablement à un spasme du muscle oblique de la tête (complexus).Les muscles droits antérieurs et postérieurs de la tête (in ter-épineux) participent selon toute apparence à beaucoup de crampes nutatoires.
Le pronostic des formes convulsives que nous venons d'énumérer est d'ordinaire douteux. Il est vrai qu'il y a beaucoup de cas légers
Form. spëolal. de convulslou lôoallsrfss. — TortlcoUa. 105
d'origine < rhumatismale > qui cèdent en peu de temps. D'un autre cdté cependant ces convulsions toni-clonîques des muscles de la r^ion cervicale deviennent parfois des états permanents et chroniques qui dans leurs combinaisons diverses constituent des afTections très graves, lesquelles résistent pendant des années ou pendant toute la vie, en même temps qu'elles sont pour les malades une cause incessante de tourments, de souffrances et de déperdition de forces.
Traitement. L'électricité A Aans quelques circonstances procuré la guérison ou du moins de l'amélioration. La méthode de traitement consiste dans l'application de l'anode sur le nerf et le muscle atteints ou dans l'emploi de courants faradiques à force croissante ou bien encore dans l'usage de la brosse faradique sur la peau qui recouvre le muscle malade.On est pio- ■,■,,. ,, ^ , , . j .
r Ig, 33. ConniliJi» du mniclc •plcmni droit
très souvent obligé d essayer al- <dapiii Duchcno=).
temativement l'un ou l'autre procédé pour trouver celui qui est le plus efficace. Entre tous les autres remèdes, les narcotiques (injections sous-cutanées de morphine) sont les plus indispensables dans les cas graves. On peut tenter encore le bromure de potassium, l'atropine, le valérianate de sine, l'arsenic et autres nervins. En dernière analyse on a recours au fer chaud àins la nuque. Nous en avons obtenu, ainsi que d'autres observateurs, des résultats avantageux, mais ils ne se produisent pas toujours. On peut encore proposer au malade la distension du nerf, quoique cette méthode soit incertaine. Disons pour finir que des appareils de soutènement convenablement adaptés ont procuré à plusieurs malades un grand soulagement, d'autant plus que les crampes ne se produisent parfois que si l'on abandonne la tête à elle-même, tandisqu'elles cessent du moment qu'on la soutient (position couchée ou assise).
5. Convulsions des muscles de l'épaule et du bras. Les convulsions cloniques des extrémités supérieures ont probablement une origine constamment centrale. Elles se présentent rarement sous forme isolée (comme par exemple dans le muscle grand
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pectoral), le plus souvent elles se combinent avec d'autres états convulsifs et des symptdmes nerveux différents. Parfois elles semblent naître d'une cause réflexe, comme les mouvements cloniques qui accompagnent les névralgies brachiales, puis les contractions qu'on observe quelquefois dans les moignons d'amputation, etc.
On a plusieurs fois observé A^s convulsions toniques isolées qui af* fectent quelques muscles ou quelques groupes musculaires des ex* trémités supérieures. La contraction toniqtu des rhomboîdaux produit une inclinaison de Tomoplate qui fait que son bord spinal prend une direction oblique de bas en haut et de dedans en dehors. Par là l'élévation du bras au-dessus de la ligne horizontale est rendue plus difficile, comme en cas de paralysie du dentelé. Cependant le scapulum ne s'écarte pas de la paroi du thorax, ce qui est un signe très caractéristique de la paralysie du dentelé. La contraction tonique de V angulaire de V omoplate- nt, se rencontre que concurremment avec la contraction du rhomboïdal et du trapèze. En ce cas l'épaule se soulève et la tête s'incline de côté. Les spasmes toniques isolés du grand pectoral, du lombo-dorsal, du deltoïde, etc., .sont en général aisés à reconnaître, mais se présentent très rarement Les contractions toniques des muscles fléchisseurs de la main et des doigts sont plus fréquentes. Nous avons nous-méme eu occasion d'observer plusieurs cas semblables qui persistaient des mois et plus longtemps encore. Une fois le spasme était subitement levé par l'application sur le nerf médian de l'anode d'un courant galvanique de moyenne intensité. Une autre fois la crampe des fléchisseurs des doigts avait fait suite à une inflammation aiguë légère de l'articulation du poignet.
La cause véritable de toutes ces convulsions nous est encore entièrement inconnue. \jt pronostic et le traitement doivent se baser sur les règles fondamentales applicables aux autres états convulsifs. C'est de l'électricité (action stabile de l'anode, pinceau faradique, faradisation des antagonistes), qu'on a le plus de bien à attendre.