Névralgie intercostale
{Névralgie dorso-intercostale).
Comme les rameaux postérieurs (dorsaux) des nerfs thoraciques ne sont atteints que par exception, la névralgie dont il est question ici se présente presque toujours sous forme de névralgie intercostale pure. Cette névralgie affecte le plus souvent les nerfs intercostaux moyens (depuis le cinquième environ jusqu'au neuvième), soit un nerf isolément^ soit plusieurs à la fois. Cette affection siège beaucoup plus souvent à gauche qu'à droite.
Sous le rapport étiologique^ il importe de se rappeler que les né* vralgies intercostales opiniâtres sont souvent un symptôme (fréquemment Tunique symptôme pendant un temps prolongé) de lésions anatomiques graves,comme par ex. d'affections des côtes, des vertèbres (carie, carcinome), de la moelle (tabès, méningite spinale, tumeurs) et d'anévrysmes de l'aorte. Indépendamment de ces névralgies symptomatiques, on rencontre encore assez fréquemment des névralgies intercostales véritablement idiopathiques, pendant la jeunesse et la période moyenne de la vie, surtout chez les femmes et les filles anémiques et nerveuses. Les lésions traumatiques et les refroidissements jouent également un rôle dans la genèse de ces névralgies, et finalement on voit se produire quelquefois des névralgies intercostales <L d'ordre réflexe > dans les maladies des organes génitaux de la femme.
Les douleurs dans la névralgie intercostale peuvent atteindre un degré excessif et s'accentuent d'ordinaire par les mouvements étendus du thorax. C'est pourquoi les malades évitent, autant que possible, les inspirations profondes, la toux, l'action de parler à haute voix, etc. On trouve d'ordinaire trois points douloureux, un à côté de la colonne vertébrale,un second vers le milieu du nerf et le troisième à côté du sternum ou au niveau du muscle droit de l'abdomen.
32 Maladies des nerfs sensibles.
Parmi les désordres trophiques il faut signaler l'apparition assez fréquente de Vlurpès zoster. En ce cas, il est probable que c'est toujours une névrite essentielle d'un ou de plusieurs nerfs intercostaux qui entre en jeu. Les douleurs précèdent l'éruption du zona ou se déclarent presque en même temps que luLTrès souvent elles persistent encore un temps considérable après la guérison de l'affection cutanée. On avait jusqu'ici l'habitude de considérer la formation du zona comme un ^ trouble trophique >. Mais des recherches anatomiques précises plus récentes (A. Dubler) inclinent à faire croire que la productfon des vésicules est due uniquement à la propagation directe à l'enveloppe cutanée du travail inflammatoire émanant des expansions terminales des nerfs. Il est digne de remarque que les cas de zona se montrent quelquefois avec un certain caractère ^épidémicité ou même à!endémicitéç\M\ tend à faire admettre une influence infectieuse. Utnfiltration presque constante des ganglions lymphatiques avoisinants (de l'aisselle, au bord inférieur du muscle pectoral, etc.) milite peut-être aussi en faveur de cette supposition.
La marche de la maladie dépend principalement de sa cause. Les névralgies intercostales protopathiques sont, il est vrai, fréquemment très rebelles, mais autorisent cependant un pronostic généralement favorable. Le diagnostic différentiel entre la névralgie intercostale vraie et les rhumatismes musculaires, la pleurésie à son début, etc. n'est pas toujours facile. En ce cas, un examen objectif minutieux, la détermination du siège de la douleur et des points douloureux et finalement la marche ultérieure de la maladie doivent prémunir contre les erreurs de diagnostic.
Le traitement se dirige d'après les règles générales posées dans le chapitre précédent. Dans les cas récents les vésicatoires sont souvent très eflîcaces. Le traitement électrique se fait à l'aide du pinceau faradique ou du courant constant (kathode sur la colonne vertébrale, anode sur le point latéral ou antérieur, courant stabile assez puissant). Dans les cas graves, les injections morphinées sont indispensables. — L'herpès zoster guérit sous l'influence d'un traitement simple avec des onguents ou des substances pulvérulentes (oxyde de zinc 5,0, amidon 10,0).
Mastodynie (névralgie de la glande mammaire). — On considère comme une forme névralgique particulière appartenant au domaine des nerfs intercostaux, la mastodynie (appelée irritable breast par Astley Cooper). Elle ne se déclare que chez la femme à la période de la puberté et constitue une souflrance suraigue des plus agaçantes et des plus opiniâtres. Les douleurs sont tantôt continues, tantôt se manifestent sous forme d'accès séparés, parfois accompagnés de
Formes particulières de névralgies. — Mastodynie. 3 j
vomissements. La glande tout entière est excessivement sensible au moindre attouchement. On ne sait rien de bien certain concernant féliologie. L'anémie, Thystérie, les influences traumatiques semblent exercer une certaine influence. Parfois on sent dans le sein de petites nodosités très douloureuses (tubercula dolorosa, névromes ?) qui ont fait croire quelquefois au développement d'un carcinome.
La maladie peut durer des années. Le traitement est difRcïle, Des enveloppements chauds^ un bandage suspensif et surtout les narcotiques procurent du soulagement. L'électricité peut être très utile. On est aussi, dans des cas désespérés, intervenu chirurgicalement (amputation du sein, extirpation des nodosités douloureuses), mais ces tentatives sont d'un succès douteux,