‹ Traité de pathologie interneChapitre 113 sur 152 · DU PEMPHIGUS · texte numérisé non relu

DU PEMPHIGUS

enfants guérissant par les moyens les plus simples et sans Jamais présenter par la suite aucun signe de vérole, il faut e;n conclure que le pemphigus chez les nouveau-nés n'est pas un signe certain de syphilis ; il peut donner une présomption, mais non une certitude.

Diacnostic. — Le pemphigus est facile à reconnaître. Nous verrons plus tard en quoi il diffère du rupia, de l'ecthyma et de Timpétigo. Les bulles qu'on rencontre dans quelques érysipèles ne seront pas prises pour un pemphigus véritable, si Ton fait attention à la nature de Texanthème qui les accompagne. Il est inutile de rappeler ici combien le pemphigus diffère de l'herpès : cependant on a vu des easoù les bulles du pemphigus, qui sont en général grosses et isolées, sont petites, rapprochées, et s'accompagnent d'un peu de rougeur érythémateuse, de telle sorte qu'il serait alors assez difficile de distinguer tout d'abord la maladie d'avec une plaque d'herpès, s'il n'existait pas presque toujours sur quelque autre point des bulles avec les. caractères propres au pemphigus.

Pronostic. — Le pemphigus aigu a constanunent une heureuse terminaison, à moins de quelque complication. Mais le pemphigus chronique annonce presque toujours un mauvais état de la constitution ; peu grave par lui-môme, il le devient en raison des affections viscérales qui le compliquent, et qui se développent d'autant plus facilement que les individus sont déjà plus affaiblis par l'flge et par les privations. D'après ce que nous venons de dire, il est évident que l'existence du pemphigus chez un nouveau-né devrait faire porter un pronostic grave, attendu que beaucoup de ces enfants succombent.

iBtioloi^e. — On ignore à peu près complètement les causes du pemphigus. Quoiqu'il ne soit spécial à aucun pays, on le dit pourtant plus commun en Allemagne, en Angleterre et en France. 11 parait que cette maladie se remarque plus souvent chez l'honune que chez la femme. A l'état aigu, il affecte spécialement les sujets Jeunes; il n'est même pas rare, avons-nous d^à dit, de l'observer chez les enfants nouveau-nés.

Le pemphigus chronique affecte plus spécialement les vieillards et les sujets affaiblis par des maladies chroniques, par la misère, par la débauche et par les privations. Le pemphigus n'est pas contagieux ; on Ta vu régner épidémiquement.

Traitement. — Le pemphigus aigu cède, en général, facilement à l'emploi des boissons acidulés et délayantes, à l'usage de quelques bains tièdes et de lotions narcotiques. La saignée est rarement indiquée ; mais il est assurément avantageux d'opérer une légère révulsion sur le tube intestinal à l'aide de quelques minoralifs.

Les applications émoUientes, ainsi que les bains, conviennent surtout dans la première période du pemphigus, dans celle qu'on pourrait nommer érythémateuse. Mais lorsque les bulles sont bien formées, lorsque l'épiderme est tendu, il fout craindre de trop le ramollir et d'en opérer la rupture prématurée, soit de cette manière, soit par des frottements intempestifs. Les croûtes succédant aux bulles n'exigent aucun traitement spécial ; seulement, si elles tardaient à tomber, si elles produisaient une tension ou un tiraillement incommode, on en provoquerait la chute par l'application d'un cataplasme émollient.

Les érosions consécutives seront diversement traitées, suivant leur aspect et l'état constitutionnel des sujets. Lorsqu'elles sont simples, lorsqu'elles ne s'accompagnent ni d'inOanmiatlon ni de douleur vive, on se bornera, d'après le conseil de M. Baumes, à les saupoudrer de quelque poudre absorbante, de farine d'orge, de froment, etc. Si elles sont douloureuses et enflammées, on les pansera avec des décoctions ou avec des pommades émoUientes et narcotiques ; si leur surface est

blafarde, ou violacée et saignante, on l'excitera avec la poudre ou la décoctioode kina, avec le vin aromatique, avec Teau chlorurée, avec le styrax, etc.

Le pemphigus chronique exige fréquemment un traitement général; comme il se lie communément à un mauvais état de la constitution, il faut être avare d'émissions sanguines et recourir préférablement aux toniques ; le vin, le quinquina^ le fer, les amers, sont en pareils cas très-utiles. Les bains alcalins sont également très-recommandés.

Le pemphigus du nouveau-né devra faire rechercher les antécédents syptolitiques des parents. Si, comme cela a lieu quelquefois, une même femme donnail successivement le jour à des enfants vivants ou morts et atteints de pemphigus, il faudrait peut-être se résoudre à soumettre à un traitement antisyphihtiqae le père ou la mère, ou les deux ensemble, s'il y avait lieu de croire à une infection ancienne qui aurait été incomplètement traitée. Il est inutile de dire qu'en pareil casilfaut agir avec la plus grande réserve et la plus extrême circonspection, pour ne pas porter le trouble dans un ménage.

Du rupia.

On nomme rupia (putrcç, ordure), une affection caractérisée par l'érap/ioD de bulles isolées, aplaties, remplies d'un liquide d'abord séreux, puis puralent ou sanguinolent, qui se concrète et forme des croûtes noirâtres, épaisses, aniquelles succèdent des ulcérations plus ou moins profondes.

Symptômes. Divisions. — On a distingué trois espèces de rupia, ne différanl entre elles que par l'étendue et l'intensité de l'éruption : ce sont les rwpw simpla^ prominens et escharotica.

Dans le rupia simpîex on voit se développer, sans inflammation préalable de la peau, des bulles ayant pour la plupart le volume d'une pièce d'un franc, aplaties, qui, comme je l'ai déjà dit, sont remplies d'un liquide séreux. Celui-ci devient bientôt puriforme et sanguinolent ; il se concrète et forme des croûtes noirâtres on brunes, rugueuses, plus épaisses au centre, et se continuant par leur circonféreoce avec l'épiderme, qui est légèrement soulevé. Si on les détache, on trouve sonseDa des ulcérations qui se cicatrisent promptement, qui d'autres fois se recouvrent de nouvelles croûtes. Enfin, la cicatrisation terminée, la peau conserve pendant longtemps une teinte d'un rouge livide. Le rupia simplex siège presque exclusivenient sur les membres inférieurs, plus rarement on le rencontre sur le tronc ou sur'^ membres supérieurs.

Le rupia prominens débute par une inflammation circonscrite de la peansur laquelle la bulle se développe. Cette forme diffère encore de la précédente ptf l'étendue plus grande des bulles, par l'épaisseur et l'aspect de la croûte : celle^i est d'un brun noirâtre ; elle est rugueuse, inégale : aussi l'a-t-on comparée a?ec raison à l'écaillé de l'huître et à celle de ces mollusques univalves nommés patelles. Cette croûte adhère souvent intimement au derme ; et quand on la sépare, on trouve une solution de continuité qui rappelle assez ces ulcérations atomqn» ou de mauvaise nature dont la cicatrisation se fait parfois attendre asseï longtemps.

Enfin la troisième variété du rupia a été appelée escharotica par Willan, et correspond à l'affection décrite par d'autres sous le nom de pemphigvs gangre*^ sus. On ne l'observe que chez les enfants, depuis la naissance jusqu'à la pr®" mière dentition ; il commence par des taches livides et saillantes, sur lesquelles développent des bulles irrégulières, remplies d'un liquide noirâtre, et entourées

INFLAMMATIONS PUSTULEUSES. 669

d'une aréole violacée. Ces bulles, en se déchirant, laissent Yoir des ulcérations douloureuses, fongueuses, saignantes, qui fournissent une suppuration fétide.

Bia^ostio. — Nous Terrons plus tard combien le rupia ressemble à Tecthyma, puisque quelques auteurs considèrent ces maladies comme deux variétés d'une même affection. Le rupia diffère du pemphigus en ce que les bulles renferment rarement une sérosité transparente* Le liquide contenu est, en effet, presque toujours rougefttre ou opaque primitivement. Enfin les ulcérations, et surtout l'aspect des croûtes, établissent des différences suffisantes entre les deux affections.

Pronostic. — Le rupia n'offre par lui-même aucun danger : cependant le rupia escharotica^ qui affecte les enfants jeunes, peut entraîner des accidents ; d'ailleurs le pronostic sera établi d'après l'état des forces, d'après le nombre et l'étendue des ulcérations.

ïitiologie. — Le rupia est une maladie que l'on n'observe guère que chez les enfants ou chez les vieillards et généralement chez des individus affaiblis et cachectiques.

Traitement. — La première indication consiste à soutenir, à relever les forces, et à améliorer la constitution des sujets : les amers, les toniques, le fer, une alimentation substantielle sont ici spécialement indiqués. La plupart cherchent en même temps à provoquer la chute des croûtes par des cataplasmes et par des bains ; puis les ulcérations sont lavées avec des liqueurs détersives chlorurées, et pansées avec des digestifs ou avec des pommades au proto et au deutoiodure de mercure, ainsi que Biett le recommandait. Enfin, lorsque les croûtes se renouvellent^ on modifiera la vitalité des surfaces par la cautérisation.

Le traitement local est blâmé par M. Devergie comme inutile. Ce médecin veut que l'on conserve les croûtes pour éviter à un sujet déjà affaibli des pansements douloureux, il n'a confiance que dans le traitement interne. On voit, en effet, lorsque la constitution des sujets s'est fortifiée, la suppuration tarir, et les croûtes, se détachant peu à peu, laisser au-dessous d'elles une surface cicatrisée.

INFLAMMATIONS PUSTULEUSES»

On donne le nom de pustules à de petites tumeurs circonscrites, ayant un diamètre de I à 7 millimètres, et formées par l'épanchement d'un fluide purulent qui soulève l'épiderme. Ce liquide peut être résorbé : le plus souvent il se concrète sous forme de croûtes, dont plusieurs offrent des caractères particuliers. Enfin le derme au niveau duquel la pustule s'est développée peut être induré ou ulcéré, et il en résulte souvent alors des taches ou des cicatrices indélébiles.

Les inflammations pustuleuses sont au nombre de six. Ce sont : la variole et la vaccine, Vacné, la meniagrej Yecthyma et Yimpétigo. Nous ne traiterons point ici des premières, car nous en avons déjà tracé l'histoire plus haut.

Les iHaladies pustuleuses sont, les unes aiguës, les autres chroniques. Dans les premières les pustules sont généraletnent plus grosses, et leur base est enflammée : WiHan les a nommées phlyzaciées ; les autres, au contraire, sont plus petites, et nulle inflammation n'existe à leur circonférence : le même auteur les appelle psydraciées.

De Vmcmé*

Le mot acné (de oUfA^ , efflorescence), employé par AétiuB et par SaoTages, a été consacré par Willan et par Biett pour désigner une phlegmasie des fioUicules se* bacés, caractérisée par des pustules peu étendues, séparées ks unes des autres, environnées d'une aréole rosée ou livide, plus ou moins dures à leur base, et qui sont répandues sur les Joues, sur le nés, sur le front, et quelquefois «ubsî aur le cou et sur le tronc.

Divisions. — Les dermatologistes ont distingué plusieurs espèces d'acnés ; les principales sont les acné simplex, pundata^ sebaceaj indurata et rasacea.

Symptômes. — !• Acné simplex, — Dans Vacne simplex, on observe d*abord un certain nombre de points noirs et durs, qui augmentent peu à peu de Yolume, et qui deviennent pustuleux après quatre ou huit jours, quelquefois beauoKip plus tard. Une fois formées, ces pustules sont acuminées ; leur base est entourée d'une aréole rouge : elles ne s'accompagnent d'aucun trouble dans la santé, souvent môme elles ne produisent aucun symptôme local, si ce n'est parfois un léger prurit. Quand on les perce, il s'en écoule un pus blanchâtre, et parfois un petit bourbillon. Abandonnées à elles-mêmes, on voit bientôt apparaître à leur centre un point jaunâtre; la dessiccation s'opère; une croûte se produit, et lorsqu'elle tombe, il reste un point rougeâtre, quelquefois une cicatrice blanchâtre et indélébile. Le nombre des pustules d'acné varie beaucoup : parfois on n'en compte que quelques-unes, disséminées sur le dos ou bien sur le front, sur le menton ou sur les joues ; d'autres fois il y en a un grand nombre.

2^ Acné punctoto, acné sebacea ; tannes. — Lorsque la matière sébacée, au Ueo d'ôtre excrétée, est retenue dans le follicule qui l'a sécrétée, elle s'y concrète, le distend, et agrandit Torifice cutané. Celui-ci est marqué par un point noir, et qui n'est rien autre que la matière sébacée elle-même, qui a noirci au contact de l'air. En exerçant une pression à la base du follicule, on énuclée la matière sébacée sous la forme d'un petit ver blanchâtre et très-ef&lé* Quelques micrographes allemands ont pensé que, dans cette matière graisseuse, il existait un insecte assez voisin de l'acare. Quoi qu'il en soit, Vacne punctata peut n'être caractérisée que par quelques points noirs. Ailleurs il en existe une multitude, spécialement sur le nez, sur le front et sur le menton.

Si la matière sébacée sécrétée en plus grande abondance, au lieu d'être retenue dans les follicules, s'écoule au dehors, elle forme alors sur les téguments une couche huileuse qui brunit à l'air, ce qui donne à la peau un aspect huileux sale, et forme parfois une crasse, une croûte grisâtre, qu'on enlève en général aisément, mais qui ae renouvelle aussi avec une rapidité désespérante. Cette forme de la maladie, qu'on peut appeler acné sebacea^ coexiste ordinairement avec Vacne simplex, et surtout avec Vacne punctata. Elle se montre surtout à la face ; elle peat occuper aussi le cuir chevelu. M. Cazenave a décrit celle-ci avec beaucoup de soin. Suivant cet habile observateur, la maladie ne serait constituée, dans sa forme la plus simple, que par une sécrétion d'une matière grasse qui se concrète soii» forme d'écaillés jaunes ou noires, au-dessous desquelles la peau, humide et grasse, reste très-légèrement rouge. La concrétion est parfois excessivement adhérente et résiste à l'action du peigne. Ceci explique pourquoi les cheveux tombent, pourquoi même il peut en résulter une alopécie incurable, lorsque la croûte.

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B'oppoaant à Visme du chereu, finit de la sorte par produire Tatrophie du tolbe. Vaem sébacea eoTahit rarement tout le cuir chevelu ; le plus souvent elle est câreonscrite à ^elques régions, notamment à la partie antérieure et moyenne, et postérieurement à la réunion ties raies de la coiffure. Dans une forme plus grave de la maladie, la matière grasse, au lieu de s'étaler et de durcir sur le crâne, se répandrait sur les cheveux , les collerait entre eux et finirait par les intri^iiiev dé naaiHère à constituer cette maladie si singulière, nommée pUgné, mœ le cenkpte de laquelle on a publié les exagérations les plus incroyables.

SoUs les noms d'acné vorto/t/orme, tubenuhuk, de moUttfcum, on a décrit une autre forme d'acné sébacée qu'on observe surtout dans les premières années de la vie, sur le dos, sur k centre, au cou, sur la figure, et qui est caractérisée par un nombre plus ou moins considérable de petites tumeurs arrondies, pisiformes, parfois péékulées^ Elles cooseirvent en général la couleur de la peau ; mais, lorsqu'elle» sont volumineuses^ lôisqu^eUès dépassent le volume d'un pois, elles sont blafordes. Jaunâtres^ ce qui tient probablement, d'après M. Devergie, au peu d'épaisseur de la vésicule qui sert d'enveloppe à la matière sébacée et qui lui donne ainsi une certaine transparence. Ces tumeurs sont indolores, elles ont une marche tente et n'arrivent à leur volume qu'après un travail de plusieurs mois. Les unes disparaissent, se résolvent; d'autres, pédiculées, tombent par une espèce de oiortifieatîon du pédicule et laissent une petite cicatrice. Enfin il en est qui, en se rompant, donnent issue à la matière sébacée, leur orifice s'ombilique, et la tumeur ressemble • alors asses bien à une pustule de varide ; la guérison survient ensuite.

3^ Âcnê mdMntto..— Dans Vcume ûidwaia^ les pustules sont plus volumineuses, plus nombreuses et plus rapprochées que précédenmient ; elles sont irrégulières, «onoîdes, violacées et indolentes; la peau est indurée dans toute son épaisseur; la suppporation s'établit lentement; enfin, lorsque la croûte qui s'est formée tombe, on trouvée sa place une induration du derme, occupant parfois aussi le tissu ceUulaii^ suk^oeiit, ou bien enfin il existe une teinte livide s'aceompagnant d'une dépression résultaùt d'une cicatrice qui est en général indé* lébile.

4® Acné rosocea on aouperùse, — C'est la forme qu'on remarque surtout chez les femmes, à l'époque dite critique. Elle est caractérisée par des pustules acuminées, pèfu élevées, discrètes, entre lesquelles la peau, plus ou moins indurée, préseate une coloration rouge, une vaseulaiisation capillaire. Comme dans les formes précédentes, il n'existe laucnn syitiptdme général, et le plus souvent même aucune dooleur* Ces tumeurs peuvent rester stationnaires pendant une ou plusieurs semaines; dans tous les cas, la suppuration s'y lait avec lenteur; des éruptions successives ont lieu le pins souvent, et la peau, qui est ainsi le siège habituel d'une congestion, finit par rester unif(Nrmément injectée ; bientôt elle perd sa souplesse, elle s'hypertrophie, s'indure, présente des inégalités et des espèces de mamelons : c'est ce qu'on (^serve, par exemple, fréquemment sur les joues, et surtout sur le nez, qui peut abrs doubler ou tripler de volume, ce qui donne souvent à la physionomie un aspect repoossant.

Toute la face peut être à peu près envahie à la fois ; il en résulte alors une déformation générale, d'autant mieux que le tissu cellulaire participe commu-

nément alors à Tengorgement de la peau. Celle-ci, d'un ronge vineux dans un point, violacé dans d'autres, sillonnée par des veines presque variqueuses, se congestionne surtout pendant le travaO de la digestion. Les malades se plaignent d'un sentiment de chaleur, de cuisson et d'un prurit des plus incommodes.

Diagnostic — Le diagnostic de l'acné est facile ; nous verrons plus tard i l'aide de quels caractères on pourra la distinguer de l'ecthyma, du lichen o^ràf, des syphilides tuberculeuses et du lupus, qui sont les seules maladies avec lesquelles on pourrait la confondre.

Pronostic. — Quoique l'acné ne compromette point l'existence, cependant H est deux formes de la maladie (les acné indurata et rosacea) qui constituent des affections fort incommodes, car elles résistent longtemps aux moyens thérapeatiques; Vacne rosacea finit en outre par altérer les ttaits de la face.

Atiologie. — L'acné n'affecte presque jamais les enfants. Les autres âges ne sont pas également sujets aux diverses variétés de la maladie : ainsi les aene sânplexy puncUUa et sebacea sont spéciales aux adolescents : la forme ituharaia survient dans la Jeunesse, et la rosacea n'affecte guère que les adultes. Les femmes paraissent être plus sujettes à la maladie que les hommes ; elles sont spécialemeot atteintes de la couperose à leur âge dit critique. On peut dire, en règle générale, que l'acné coïncide l.e plus souvent avec une constitution robuste. Cependant celle qui atteint le cuir chevelu serait plutôt l'apanage des constitutions molles et lymphatiques. On a prétendu que l'acné se rattachait souvent à quelque lésion lisoérale du ventre (foie, intestins, estomac), ou à des irrégularités dans l'éoouleaoent menstruel ; c'est ce qui n'est pas démontré. On a encore regardé comme étant de» causes actives d'acné, les excès de table, l'abus des alcooliques, les mets épicés, la malpropreté, les affections morales, l'usage de certains cosmétiques. Mais d foules ces causes ont de l'influence sur la production des acné induraia et roMooi, elles n'en ont aucune sur celle de Vacne simplexy qui survient uniquement par sniie des révolutions organiques qui se produisent vers l'âge de puberté. Vacne sebacea do cuir chevelu reconnaît le plus souvent pour cause l'usage des cosmétiques irritants. L'acné peut naître sous l'influence d'une disposition héréditaire. Ces! à tort qu'on a dit qu'elle était contagieuse; qu'elle pouvait, par exemple, se transmeltre par les rasoirs contaminés ou par des baisers.

Traitement. — Le traitement varie suivant les formes de la maladie et Télat constitutionnel du sujet. S'il n'y a que quelques pustules d*acne simpleXy on n'a rien à faire ni à conseiller ; mais si l'éruption est abondante, ou si elle est permanente par suite des éruptions successives qui ont lieu, on proscrira les liqueur» excitantes et alcooliques ; on conseillera un régime doux, végétal, des bains tièdes, des boissons délayantes, quelques laxatifs, des letions sur les parties malades avec des mucilages de gomme, de coing, avec du lait, etc. Enfin, s'il existe un état pléthorique, ou s'il y a un dérangement dans les fonctions menstruelles, on prescrira des moyens efficaces pour c(Hnbattre ces états morbides. Lorsque l'affection affecte la forme chronique, on lui oppose la série de moyens résolutifi qui servent à combattre Vacne induraia.

Dans Vacne indurata, les énùssiona sanguines générales et locales peuvent bien être indiquées au début ; mais il faut bientôt recourir aux moyens propres à fovoriser la résolution de l'engorgement. Dans ce but on conseille les lotions chlorurées, aluminées, ou bien les eaux distillées de lavande et de sauge, aiguisées avec un peu d'alcool; une légère solution de sublimé (5 à 10 centigranmies pour

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200 grammes d'eau) avec ou sans addition d'une substance émulsive (liqueur de Gowland). On a conseillé, dans le même but, les onctions avec l'huile de cade, avec des pommades à Tiodure de soufre, au calomel, au protochlorure de mercure ammoniacal. Dans les cas tant soit peu rebelles, mieux vaut encore employer les eaux minérales sulfureuses naturelles (Aix, Baréges, Luchon, Enghien, Allevard, etc.). Les malades en boiront plusieurs verres par jour ; ils pourront aussi les prendre en bains et en douches dont on graduera la force. Les bains salés, ou mieux encore les bains de mer, comlendront encore. Il en est de même des douches de vapeurs aqueuses et aromatiques. Enfin, lorsque l'afiTection résiste, on a proposé de changer la vitalité des parties par l'application d'un vésicatoire, ou en cautérisant les pustules ; mais ce dernier moyen parait dangereux, car son emploi a été quelquefois suivi d'ulcérations et de cicatrices difformes. Ces divers agents seront employés avec prudence ; il faudrait les suspendre, s'ils produisaient une excitation locale trop vive, et les remplacer par des émollients pour les reprendre plus tard ; d'ailleurs on devrait aider leur action par un régime convenable, par des boissons acidulés tempérantes et par l'emploi de quelques purgatifs.

On a reconnu depuis longtemps l'impuissance presque complète de l'art contre Vacne rosacea, à laquelle il faut se borner à opposer des révulsifs intestinaux, des saignées déplétives, un régime doux, végétal ; on n'emploiera pas de topiques, car ils aggravent le plus souvent la maladie. Les seuls qui conviennent sont quelques lotions émollientes faites plusieurs fois par Jour.

Les moyens révulsifs précédenmient indiqués seront utiles dans Vacne punctata. Souvent il suffit de lotionner fortement la partie avec une éponge un peu rude pour débarrasser la peau de la matière sébacée. Dans Vacne sebacea on aura recours aux lotions, pommades et bains alcalins, et plus tard aux bains sulfureux et salés, et aux autres modificateurs cutanés que nous avons énumérés précédemment. Ces moyens conviendraient encore dans le moUuscum et dans l'acné tuberculeuse.

L'acné est presque toujours une affection locale qui guérit par l'emploi d'un traitement exclusivement local ; cependant l'état constitutionnel doit être pris en considération. Ainsi, lorsque les sujets sont lymphatiques, et c'est ce qu'on observe dans Vacne sebaceay il faut prescrire les amers, les toniques, tous les moyens reconstituants, qui, avec le traitement local, tendent à rendre aux téguments la tonicité qui semble leur manquer. Quelques moyens empiriques ont, en outre, été proposés : ainsi, dans certains cas rebelles é*acne sebacea avec récidives successives, M. Devergie a employé avec succès la liqueur de Fowler, à la dose de douze à seize gouttes pendant six semaines ou deux mois.

A Yacne sebacea du cuir chevelu, M. Cazenave ne veut opposer que des lotions alcaUnes et surtout ammoniacales (1 gramme d'ammoniaque pour 250 grammes d'eau de son). Il donne, en outre, des bains alcalins, et veut qu'on tourmente le moins possible la chevelure et qu'on s'abstienne de tout corps gras.

De la itaentagre*

StMHnnui. " SycoêiM menti, varmt, mentagre d'Alibert.

La meniagrey ou sycosiSy.esi caractérisée par l'éruption successive, soit de tubercules, soit de pustules, qui se développent sur le menton, sur les lèvres, et surtout

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sur la face supérieure, ainsi que sur les régions sous-maxillaires et sur les partie latérales de la face.

Symptômes. Marche. — Avant que la maladie soit tout à fait caractérisée, les malades voient se développer de temps en temps, sur le menton ainsi que snr la lèvre inférieure, une ou plusieurs pustules qui ont une durée fort courte. Mais bientôt les éruptions se succèdent à des intervalles plus rapprochés, et de>ieDQeol suriout plus abondantes. L'éruption pustuleuse est généralement précédée û'm sentiment de tension'; il y a aussi parfois de la rougeur, de la chaleur et dn gonflement. On ne tarde pas à voir sur les parties affectées un certain nombre de points rouges qui grossissent et qui passent à l'état de pustules au bout d'un, de deux on de trois jours. Ces tumeurs disséminées ou confluentes sont acuminées; un poil les traverse pour la plupart à leur centre, et un pus blanc-jaunfltre, concret, les remplit* Après être restées stationnaires pendant cinq ou sept jours, elles se rompent el se dessèchent; une croûte brunâtre se forme : celle-ci tombe après quelques jours, de sorte que l'éruption a parcouru ses périodes en dix ou quinte jours; mais il est rare que de nouvelles éruptions ne se succèdent pas 1<^ unes aux autres. Ces inflammations incessantes finissent par altérer la peau, qui s'épaissit ; des induntioDs tuberculeuses très-difficiles à résoudre, du volume d'une aveline, s'y dé?eloppeot; des végétations fongueuses s'y forment ; le tissu cellulaire peut lui-même s'enftunmer, des abcès peuvent en être la conséquence; enfin, les bulbes des poilsfinissenl par être détruits sur plusieurs points.

Ces tubercules sont, en général, consécutifs ; ils peuvent cependant se fonner d'emblée et caractériser ainsi une forme spéciale de sycosis.

Lorsque la maladie se termine par la guérison, les éruptions sonf moios fréquentes et moins nombreuses ; les tubercules se résolvent ; enfin les pusf aies cessent de se développer. Cei[)endant la peau conserve pendant un temps plus ou moins long une coloration violacée ; souvent même une exfoliation épîdermiqaesefaitde temps en temps à sa surface. La mentagre a une durée indétermioée et toujours longue. Enfin, après avoir été guérie une première fois, elle récidive avec une extrême facilité.

Diagnostic. — Le sycosis est généralement facile à reconnaître : on ne pourra le confondre qu'avec Vimpetigo figurata et avec les pustules ou les tubercules syphilitiques ; mais on verra, quand nous traiterons de ces maladies, que le diagnostic diflérentiel pourra être presque toujours établi avec précision. H est imposable de confondre le sycosis avec les furoncles, qui ont un bourbillon, ni avec l'ecthyma; car, nous allons le dire bientôt, les pustules de celui-ci sont plus larges ; elles sont superficielles, aplaties ; leur base est enflammée, et les croûtes qui succèdent sont plus épaisses, plus adhérentes et plus étendues. L'acné a quelque analogie dr forme avec les pustules de la mentagre; mais la première siège sur le nei,surle fh)nt et sur les joues ; enfin elle ne naît point par groupes successifs, comnK « fait la mentagre.

Pronostic. — La mentagre ne compromet jamais l'existence, mais c'est un* maladie dégoûtante, incommode, dont il est le plus k)uvent impossible de pi^ la durée.

Étiologie. — La mentagre n'afîccte guère que les hommes adultes ou les jeoDS gens : ceux qui ont beaucoup de barbe, ceux qui sont doués d'un (empérainw sanguin et bilieux, semblent y être plus exposés. On a dit que la malpropreté, q^^ les professions qui exposent ceux qui les exercent à la chaleur d'un foyer ardent, î prédisposaient beaucoup : cependant très-souvent cette affection se rcnwFque daii>

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la classe aisée et même riche. On a encore accusé les excès de table ; toutefois les écarts de régime peuvent bien aggraver la maladie quand elle existe, mais il est douteux qu'ils la produisent. Le plus souvent, en effet, le sycosis tient à un état constitutionnel. Quelques faits ont porté à penser que la maladie pouvait quelquefois être contagieuse : ainsi on a dit qu'elle avait été transmise par des rasoirs contaminés. Ces faits sont révoqués en doute par M. Cazenave; cependant il est prudent de prendre des précautions.

Traitement. ^ Le traitement que nous avons conseillé dans Yacne indurata est à peu près celui qui convient à lamentagre. Ainsi, lorsque le sujet est sanguin, on commence par ouvrir la veine du bras, et si la face est congestionnée, on applique des sangsues sous la mâchoire ou derrière les oreilles ; on prescrit, en outre, des pédiluves irritants et des purgatifs répétés, pourvu que l'état des organes digestifs le permette. Le traitement local comprend, dans les premiers temps, des lotions et des applications éoiollientes, puis les divers moyens résolutifs dont nous parlions plus haut en traitant de Yacne indurata. Dans les cas rebelles, on a conseillé les cautérisations légères avec un crayon d'azotate d'argent; on a aussi recommandé d'appliquer un vésicatoire, qu'on panse deux fois seulement, à douze heures de distance, avec une pommade au nitrate d'argent (50 centigrammes à i gramme pour 4 grammes de cérat). M. Baumes dit avoir obtenu de bons effets de cette médication. Le vésicatoire étant sec, le médecin de Lyon a recours à une compression faite avec une plaque de plomb entourée d'un Unge fin ; après avoir continué eelle-ci pendant six ou huit jours, il revient au vésicatoire, et alterne ainsi plusieurs fois de suite l'emploi de ces deux moyens, qui lui auraient donné des succès inespérés. Tout récemment enfin, M. Rochard a prôné l'iodure de chlorure mercureux en pommade (75 centigrammes pour 60 grammes d'axonge), et à l'intérieur à la dose de i à 3 centigrammes. C'est une méthode que ce médecin a prônée aussi contre la couperose, contre le psoriasis et l'eczéma.

La mentagre étant constamment aggravée parles frottements du rasoir, on devra se borner à couper la barbe avec des ciseaux courbés sur la pointe, ou mieux encore on la laissera croître tout à fait ; nous avons vu cette seule précaution suffire pour triompher complètement de la maladie. Mais la guérison n'est souvent que momentanée, et les pustules ne tardent pas à reparaître dès que la peau est soumise de nouveau à l'irritation du rasoir. Dans ce cas, il faut chercher à modifier l'économie par l'usage à l'intérieur des altérants. Les alcalins et les préparations arsenicales ont parfois réussi.

Enfin, lorsque la maladie résiste, on conseille de pratiquer l'épilation. Celle-ci doit se faire à l'aide d'une pince. Cette petite opération est utile en enlevant une cause permanente d'irritation pour le follicule pileux. M. Bazin, qui l'a beaucoup prônée dans ces derniers temps, veut qu'on arrache non-seulement les gros poils qui traversent les pustules, mais encore les petits poils et môme le duvet ; il complète le traitement en lotionnant les parties avec une solution de sublimé dans la proportion d'un gramme pour 500 d'eau distillée, dans l'intention de détruire le trichophyton qui existe fréquemment.

Nature. Siéfl^e. — Le sycosis est une affection pustuleuse : il siège, non, comme l'acné, dans les follicules sébacés, mais dans les follicules pileux et dans les tubes pilifères. Les indurations tuberculeuses qui l'accompagnent souvent indiquent, d'après M. Cazenave, une phlegmasie du tissu cellulaire sous-cutané. L'examen microscopique a révélé à quelques personnes l'existence d'un cryptogame, le trichophyton. M. Bazin a confirmé cette opinion par de nouvelles recherches et institué

^76 INFUMNATION DE Lk PEAU.

un traitement fondé sur cette doctrine. Mais rien ne prouve encore que ce parasite soit le point de départ des accidents ; rien n'indique qu'il soit indi^>ensable pour constituer la maladie. M. Bazin lui-même reconnaît quele cryptogame n existe pas dans tous les cas dementagre. Il est donc rationnel d'admettre que ce parasite, dans les cas où il existe, n'est qu*un accident ou un épiphénomène, comme le sont pour le muguet les mucédinées qui naissent sur les fausses membranes qui caractérisent anatomiquement la maladie.

De recthyma.

Le mot ecthyma (1) sert à désigner une phlegmasie cutanée caractérisée par des pustules pfdyzaciéeSy arrondies, d'un volume assez considérable, ordinairement discrètes, à base rouge et enflammée, auxquelles succède une croûte brunâtre plos ou moins épaisse, qui elle-même est remplacée plus tard par une tache rougeâtre ou par une petite cicatrice.

Symptômes. — L'ecthyma offre quelques prodromes dans les cas seulement où l'éruption doit être tout à coup nombreuse ; mais le plus souvent, les pustules ntâsant successivement, on n'observe aucun symptôme prodromique. La maladie débute par des points rouges, durs, saillants, circonscrits, offrant dès le deuxième Jour une couleur blanche, en raison du pus qu'ils contiennent ; au troisième et ao quatrième, la pustule est bien étabhe; sa base est dure, d'un rouge vif et Ii?ide ; vers le septième, la tumeur s'ouvre, le pus se concrète, et il forme des croûtes Jaunes, brunes ou verdâtres, qui se séparent du deuxième au quinrième jour. En général, l'éruption parcourt ses périodes sans exciter de réaction fébrile. U existe pourtant assez souvent du malaise et de l'anorexie ; mais il y a commanément des douleurs lancinantes dans la partie malade : celles-ci sont assez vives lorsque plusieurs pustules sont confluentes ; dans ces cas il est commun d'observer un engor^ gement douloureux des ganglions lymphatiques voisins.

Tels sont les caractères et la marche de l'ecthyma qu'on peut appeler aigu. Il est rare cependant que la maladie suive cette marche ; presque toujours, en effet, on voit des groupes de pustules naître successivement pendant plusieurs mois de suite : c'est ce qui caractérise l'ecthyma chroniquây qui est la forme habituelle de la maladie. Chacune de ces éruptions s'accompagne des mêmes phénomènes qne nous avons précédemment énumérés. L'ecthyma chronique présente quelqoes particularités, suivant l'état constitutionel des malades. Lorsqu'il affecte des enfants affaibUs et mal nourris, les pustules sont très-inégales entre elles pour le volume : les unes suppurent et se couvrent de croûtes; les autres diminuent peu à peu, et offrent plusieurs desquamations successives; quelques-unes, enfin, sont suivies d'ulcérations profondes (ecthyma infantile de Willan). Chez les vieillardi débiles ou chez les sujets adonnés à la débauche, l'ecthyma se présente également sous un aspect insolite : ainsi la peau est d'un rouge livide ; la pustule est noirâtre à cause du sang qu'elle contient ; la croûte a la même coloration ; elle se fonne plus lentement, et elle peut rester adhérente à la peau pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Lorsqu'elle tombe, elle laisse souvent à nu une ulcération de mauvaise nature, dont la cicatrisation est longue et difficile {ecthyma cachecticum de Willan).

(1) De éxOuetv, rompre avec furear, om de ixOvftidb), j'exhale. Il a souvent été employé, surtOQt par les Latins, comme synonyme de pur/u/e.

DE L'IMPÉTIGO. «77

L'ecthyma peut se montrer sur presque tous les points de la peau ; on Tobserve surtout aux membres, aux épaules, aux fesses, au cou, à la poitrine. 11 est rare de le rencontrer à la tôte. Les pustules peuvent envahir successivement plusieurs régions ; le plus communément elles sont bornées à une seule partie, à un mem* bre, par exemple.

Biai^ostio. — L'ectbyma ne peut être confondu ni avec l'acné, ni avec le sycosis, même lorsque les pustules ont une base dure et rouge ; car dans ces deux dernières maladies les pustules sont plus petites, leur marche est lente, l'induration de la base persiste plus ou moins longtemps, tandis que les pustules de l'ecthyma ioni plus larges, plus superficielles, et ne sont jamais accompagnées d'induration ;. enfin les croûtes elles-mêmes ont un aspect différent. Il est facile de distinguer l'ecthyma du rupia ; mais nous avons vu que quelquefois la bulle de celui-<i était purulente, ou bien qu'elle contenait un sang noirâtre, comme dans l'ecthyma cachectique. Cependant, môme alors, il sera encore possible de saisir le caractère bulleux, et si l'on n'y parvenait pas, l'aspect des croûtes semblables aux écailles d'huitre et les ulcérations profondes permettraient de reconnaître la véritable nature de la maladie. Les pustules de la vérole et de la vaccine, ainsi que les croûtes du favus, diffèrent des pustules et des croûtes de l'ecthyma par leur forme ombiliquée, par leur marche et par leur caractère contagieux. Enfin nous dirons plus tard comment on distingue l'ecthyma de l'impétigo et des pustules syphilitiques. Pronostic. — L'ecthyma n'offre par lui-même aucune gravité ; il n'est fâcheux qu'en raison de l'état de faiblesse, de cachexie, avec lequel il coïncide souvent, et à cause des complications intestinales qui arrivent, surtout chez les vieillards et chez les enfants. Si ces derniers surtout sont déjà maladifs, débiles, un ecthyma un peu étendu peut être grave en raison de la fièvre qu'il excite, de l'insonmie qu'il produit.

fitiologie. ~ n parait que l'ecthyma affecte surtout les hommes, les sujets débihtés portant quelque lésion viscérale, les individus misérables et malpropres, ceux adonnés à l'ivrognerie ou qui exercent des professions qui mettent la peau en contact avec des substances irritantes. L'ecthyma complique souvent diverses . maladies de la peau, surtout la variole et la gale ; nous l'avons vu se montrer fréquemment aussi sur les fesses chez les sujets atteints de fièvre typhoïde. (Voyez page 44.)

Traitement. — Des boissons délayantes, des lotions émoUientes, des bains tièdes, quelques laxatifs, sont les seuls moyens à opposer à Tecthyma simple aigu. Mais si la maladie se prolonge, il faut modifier l'état constitutionnel. Les malades étant ordinairement malingres, affaiblis, cacochymes, il faut ranimer leurs forces par une hygiène convenable, parl'emploi des bains de mer, par les amers, par les toniques et les ferrugineux. Les ulcérations qui succèdent à la chute des croûtes peuvent être assez enflammées pour nécessiter une médication topique émolliente.. Le plus communément l'ulcère est atonique ; aussi convient-il alors de raviver sa surface par des lotions stimulantes, par des digestifs ou par la cautérisation.

De rimpétigo.

Snioimus. — Dartre crusUcée, méliUgre d'Alibert.

Vimpétigo est une maladie non contagieuse, caractérisée par l'éruption de pe»tites pustules p^ydraciées^ agglomérées ou discrètes, qui, en se desséchant, forment des croûtes jaunes, rugueuses et épaisses.

Divisions. — La disposition des pustules a fait admettre deux yariétés principales d'impétigo. Lorsque les pustules sont agglomérées sur une surface plus ou moins circonscrite, et à laquelle on peut assigner une forme quelconque, circulaire ou ovale, Willan donne à l'impétigo le nom de figurata; tandis que, lorsqne les pustules sont éparses et qu'elles n'affectent aucune forme régulière, l'impétigo est dit sparsa : ces deux variétés peuvent exister à l'état aigu ou à l'état chroniqae. Enfin, à l'exemple de Biett, de MM. Cazenave et Schedel, etc., nobs rapporteroni à l'impétigo les maladies décrites par Willan sous les noms de porrigo lartaUs el porrigo grantUataj affections que d'autres ont confondues sous le nom générique de teigne.

Symptômes. — Vimpetigo figuraia occupe ordinairement les joues; on l'observe moins souvent sur les membres, et plus rarement encore sur le tronc. Q survient communément sans prodromes. On voit un ou plusieurs points de la p^n devenir rouges et le siège d'une chaleur et d'un prurit incommodes ; bientôt il se développe sur ces plaques un plus ou moins grand nombre de pustules petites, peu saillantes, qui, en trente-six, quarante-huit ou soixante-douze heures au plus, s'ouvrent et versent un liquide purulent qui se transforme ensuite en croûtes jaunes, friables, demi-transparentes, qu'on a comparées au suc gommeux de quelques arbres ou à du miel desséché. A la circonférence de ces croûtes qui euvahiisent parfois une partie du visage, on trouve généralement quelques pustules encore intactes. C'est d'ailleurs par le développement de pustules à la circonférence des croûtes qu'on voit la maladie, d'abord limitée, occuper plus tard un grand espace. L'impétigo reste ainsi stationnaire pendant un temps qui varie entre deux et quatre semaines ; alors le prurit et la chaleur sont moindres ; les croates tombent, et la portion de peau qu'elles laissent à nu est tantôt rouge, luisante et tendue, d'autres fois elle est excoriée et gercée. Ces surfaces fournissent un saintement abondant qui devient la source de nouvelles concrétions, ou bien la croûte reste, mais au-dessous d'elle se forme une ulcération rongeante qui détruit la pean et qui laisse en guérissant une cicatrice difforme {impétigo rodens). Ceci ne se voit guère que dans l'impétigo du nez. Dan6 d'autres cas, une éruption de nouvelles pustule» se fait sur les surfaces malades et s'accompagne des symptômes locaux qui ont mar^ que la première éruption. La maladie a passé alors à l'état chronique ; le denne enflammé finit ici par acquérir une épaisseur plus ou moins considérable.

Vimpetigo figwrata qui siège sur les membres et sur le tronc présente 1» mômes caractères que celui de la face ; les plaques sont seulement plus larges : c'est ce qui a lieu surtout pour celles qui se développent sur les membres inférieurs. Ici, en effet, on voit parfois des croûtes assez étendues pour envelopper le membre de foutes parts. Celles-ci ont alors une dureté très-grande ; elles sont d'ua brun jaunâtre foncé (tmp. scahida de Willan). Dans ces cas, les mouvements da membre sont difficiles et douloureux ; il y a un prurit insupportable et de l'œdème,* les ongles tombent, et si des portions de croûtes se séparent, elles sont bientôt remplacées par une concrétion nouvelle formée par le fluide exhalé.

Nous avons déjà dit quelfe était la disposition des pustules dans Vimpeiigp sparsa. Cette variété de la maladie n'affecte guère que les membres ; son siège de prédilection est aux jambes. Les pustules suivent la même marche et s'accompagnent des mômes démangeaisons que dans \ impétigo figurata; plus que celui-d. la forme précédente a de la tendance à passer à l'état chronique.

L'impétigo, qui quelquefois ne dure que deux ou trois semaines, peut se prolonger pendant plusieurs années consécutives ; il finit, s'il est très-étendu, par

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affaiblir la constitution. Lorsque la maladie doit se terminer heureusement, le prurit et la chaleur diminuent, ainsi que le suintement; les croûtes s'amincissent et tombent sans se reproduire, la surface malade se rétrécit ; l'engorgement de la peau diminue peu à peu, ainsi que sa coloration violacée, phénomène morbide qui disparait le dernier.

11 nous reste à faire connaître deux espèces d'impétigo qui n'occupent guère que la tête et qu'on observe spécialement chez les enfants : je veiïx parler des impétigo larvcUis et granuîata. Le premier, aussi ncmmié par le vulgaire gourme ou croûtes de laity a reçu son ^om scientifique de l'espèce de masque qu'il forme sur le visage {larva , masque) : c'est la teigne muqueuse d'autrefois. Il occupe le front , les joues, le menton des enfants âgés d'un à quatre ans. La peau est rouge et enflammée; les pustules sont discrètes ou confluentes; elles donnent un écoulement abondant, \isqueux, jaunâtre, lorsqu'elles se déchirent ; le liquide, en se concré* tant, peut couvrir toute la figure d'une espèce de masque jaunâtre, humide ; il peut s'étendre aussi au tronc et au cuir chevelu, sans détruire jamais le bulbe des cheveux. Cette éruption s'accompagne de prurit et souvent de douleur ; aussi les enfants se déchirent-ils ; les croûtes, en tombant, laissent voir une surface rouge, humide, excoriée, et quoique souvent elle soit saignante, lacérée par les ongles, et couverte de croûtes épaisses, jamais pourtant on n'y voit de cicatrices. Cette éruption peut suivre une marche aiguô et s'accompagner de fièvre. Le plus souvent la medadie est chronique ; les croûtes tombent et se reproduisent plusieurs fois avant de cesser définitivement. Elle a souvent pour effet de provoquer un gonflement douloureux des ganglions cervicaux et sous-maxillaires.

La seconde forme d'impétigo a été nommée granuîata (teigne granulée) ; elle se développe sur le cuir chevelu des enfants de deux à huit ans qu'on ne soigne pas. Elle est caractérisée par des pustules qui fournissent un liquide abondant, lequel se concrète. Les croûtes, en se desséchant, adhèrent aux cheveux, et ressemblent assez à des fragments de mortier ou à du plâtre tombé des murs et sali par l'humidité et la poussière; les cheveux ne sont jamais détruits; s'ils tombent quelquefois, il n'y a qu'une alopécie momentanée. L'impétigo granulé dure rarement plus de deux ou trois mois : il cède souvent en quelques semaines à des soins de propreté.

Diae^ostic. — Le caractère pustuleux différencie suffisamment l'impétigo des éruptions herpétiques et eczémateuses. L'éruption qui occupe le menton pourrait être confondue avec la mentagre; mais si Ton se rappelle que dans l'impétigo les pustules sont petites et rapprochées, que le suintement est. abondant, que les croûtes sont épaisses, d'un jaune verdâtre et demi-transparentes, qu'il n'existe enfin aucune callosité de la peau, on arrivera à préciser le véritable caractère de la maladie.

On distinguera toujours facilement l'impétigo du favus et des syphilides pustuleuses.

Quant au porrigo scutulata, il y a, conmie nous le verrons plus tard, entre lui et Vintpetigo figurata, des différences essentielles. En effet, dans le premier il n'y a pas de pustules, mais seulement production d'un liquide qui se concrète promptement, et forme des croûtes bientôt creusées en godet ; dans l'impétigo, au contraire, il y a des pustules d'un certain volume, et la croûte, moins épaisse et noirâtre, n'offre jamais de cupule ; enfin l'impétigo n'est pas contagieux et ne produit pas l'alopécie.

Prono«tic. — Il est le môme que pour l'ecthyma.

Atiologie. — L'impétigo survient quelquefois par l'action des substances irritantes sur la peau. Quand il est spontané, on le dit plus fréquent, au printemps et à l'automne, chez les sujets lymphatiques et sanguins, chez les enfants, chez les vieillards, et à l'âge critique des femmes. Enfin, on a regardé les passions tristes, les excès, le mauvais régime, comme favorisant le développement de li maladie. Mais aucune de ces opinions n'est encore justifiée par une observation sévère. Cependant il est à peu près démontré que l'impétigo affecte plus souvent les enfants pauvres que ceux de la classe aisée. Cette maladie est regardée comme n'étant jamais contagieuse ; M. Devergie seul, je crois, professe une opinion contraire.

Traitement. — Dans la forme aiguë de l'impétigo, il faut recourir aux mojeio précédemment conseillés dans l'état aigu de l'ecthyma et du sycosîs. Mais lorsque la maladie est passée à l'état chronique, les préparations sulfureuses on boisson^ en bains et en douches devront être préférées. On conseille encore les bains et les douches de vapeurs simples. Lorsque la maladie résiste à ces moyens, quelques personnes veulent qu'on modifie les surfaces par l'application d'un vésicatoire, ou par la cautérisation avec le nitrate d'argent, ou bien par des onctions avec la pommade au protonitrate de mercure (1 granmie pour 32 granmies d'axonge). Eofln aux impétigos qui s'étaient montrés rebelles à ces moyens, on a opposé les préparations arsenicales, et surtout la solution de Pearson : on en donne de 12 gouttes à 4 grammes par jour.

Vimpetigo larvaHt (ou la gourme) n'exige en général que des soins de propreté, des lotions fréquentes avec des substances mucilagineuses, des bains, parfois des laxatifs. Dans certains cas, il ne faut pas oublier que Vimpetigo Umahs peut être un émonctoire utile, et que, par conséquent, on ne doit le supprimer ni trop tôt ni trop vite.

Dans Vimpetigo granulatay il faut faire tomber les croûtes avec de» cataplasmes émollients, et, dès que l'infianmiation est calmée, recourir aux lotions, aux pommades alcalines, et quelquefois aux préparations sulfureuses en douches et en lotions. M. Cazenave pourtant n'a retiré aucune utiHté de ces nwyens : il donne la préférence aux lotions émollientes et aux applications de linges enduits d'huile ou de beurre firais ; il veut qu'après chaque lotion on essuie doucement avec un linge fin, et qu'on saupoudre les parties nuilades avec de l'anudon sec.

Le traitement général doit souvent venir en aide au traitement local; il varien suivant les circonstances. S'agit-il d'un enfant, par exemple, il pourra être utile de changer de nourrice ou de le sevrer. Lorsque l'éruption se prolonge, on emploiera quelques dépuratifs, comme le sirop de Portai, les amers, l'huile defoiedc morue, etc.

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