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DU PEMPHIGUS

ne tarde pas à Toir l'épiderme se soulever et former une bulle qui peut occuper toute la tache. Le plus souvent pourtant le limbe de celle-ci est respecté, et forme autour de la tumeur une aréole rouge qui est le siège d'une chaleur et d'une cuisson prodigieuses. Ces taches existent constanmient ; c'est à tort qu'on a prétendu le contraire : cette dissidence s'explique par la marche de la maladie, qui, en effet, n'est pas toujours la même. Ainsi, quelquefois les rongeurs et les bulles sonl presque simultanées, elles sont du moins & peine séparées par un intervalle d'une ou de deux heures : aussi il n'y a rien d'ét(mnant que, dans ces cas, la rougeur puisse passer inaperçue. Toutes les taches ne se recouvrent pas de bulles : cependant il n'arrive peut-être jamais que l'épiderme ne soit pas plus ou moins soulevé ; c'est ce dont on peut se convaincre en passant le doigt sur ces plaques, car on sent alors une saillie ; puis, si l'on frotte légèrement, on entraine l'épiderme, et la pulpe du doigt se trouve plus ou moios humectée.

La bulle qui caractérise le pemphigus a le volume d'un pois ou d'une grosse aveline. Si plusieurs bulles se réunissent, elles forment alors une vaste ampoule qui a le volume et la forme d'un œuf d'oie ; souvent une bulle simple acquiert le même volume. La bulle du pemphigus est arrondie, globuleuse, transparente et ressemble au soulèvement de l'épiderme occasionné par le deuxième degré de la brûlure ou par les vésicants. Le liquide qu'elle renferme est alcalin, de couleur citrine, puis rougefttre, albumineux, inodore, fétide dans quelques cas. Au bout de deux ou trois jours, plus ou moins, les bulles se rident, se flétrissent, se déchirent : le liquide combiné avec l'épiderme forme bientôt des croûtes minces et noirâtres; d'autres fois l'épiderme seul se détache par lamelles minces. En ce moment la chaleur et le prurit diminuent et cessent même, la rougeur s'éteint, enfin un nouvel épiderme se reproduit ; mais à la place occupée par la bulle, il reste une tache lie de vin ou d'un rouge sombre, irrégulière, et qui peut persister plus ou moins longtemps. Le nombre des bulles varie beaucoup ; il en existe, en général, sur une grande surface ; presque tout le corps peut même être envahi par elles ; mais ce fait est excessivement rare : il est, par contre, des cas où l'on ne trouve qu'une seule bulle (pompholix solitarws de Willan). Souvent alors on voit, deux ou trois jours après, une nouvelle bulle naître de la première et suivre la même marche qu'elle ; des éruptions successives peuvent ainsi avoir lieu pendant huit ou dix jours. Aucune partie du corps n'est à l'abri de l'éruption ; rare à la face, aux pieds, aux mains et aux parties génitales, on observe surtout celle-ci sur le tronc ainsi que sur les membres supérieurs et inférieurs.

En général, le pemphigus aigu ne détermine pas de symptômes généraux ; ceuxci, du moins quand ils existent, sont très-bénins. La durée totale de la maladie varie entre un et trois septénaires, à cause des éruptions successives qui ont lieu ; mais la durée moyenne de chaque phlyctène en particulier ne dépasse guère sept Jours.

2^ Da pemphigas chronique.

Le pemphigus chronique est beaucoup plus fréquent que la forme précédente. Après quelques jours de malaise, d'inappétence, de fièvre et de prurit, quelquefois sans aucun prodrome, on voit se développer, comme précédemment, de petites taches rouges sur lesquelles une bulle s'élève. Celle-ci, grosse d'abord comme un pois, acquiert bientôt le volume d'une aveline, d'une noix ou d'un œuf; le liquide qu'elle contient, d'abord transparent, devient bientôt rougeâtre. Vers le deuxième.

le troisième on le quatrième Jour, les bulles se déchirent, Tépideime se roule autour, et l'oo aperçoit une surface rouge et douloureuse. Les bulles, qui aoat encore intactes à cette époque, s'affaissent et se rident; Tépiderme est opaque, nscéié, ramolli. Dans l'un et l'autre cas, il se forme des croûtes brunes, Jaunes oo grisâtres, aplaties ou bombées au centre : lorsqu'elles tombent, on trouve la peu encore excoriée, ou seulement une tache lie de vin qui persiste longtemps. Cependant, à côté des bulles qui se terminent, d'autres naissent et suivent la même marche que les premières; un grand nombre d'éruptions succesâvespenTeÉtima se faire pendant des mois et même pendant des aimées, tantôt irrégulièreaientiar toute la surface du corps, d'autres fois excluBirement sur une partie, comme le tronc ou un membre. Dans toutes les éruptions successives, ksmôHiesphéDoaièiui locaux se reproduisent ; cependant il Anw^ quelquefois que, dans c^-ci, od voit manquer les taches érythémateuses. Ces diverses éruptions peuvent se fûe sans accidents généraux ; mais quelquefois chacune d^elies est précédée eticoosipagnée de symptômes plus ou moins aigus, tels que céphrial^, fièvre, inappéteece. Lorsque le pemphigus est borné à une partie, les malades peuvent se lever et vaquer à leurs affaires ; mais si l'éruption est générale ou du moins très-éteDdne, tout travail est impossible à cause du malaise et des démangeaisonB qui enteat. La plupart des malades, quoique sans fièvre, gardent le lit Gependanl, kinfoe l'affection se prolonge, on voit ces individus maigrir, puis dépérir; les meoibns s'infiltrent : un dévoiement colliquatif s'établit, et la mort survient par suite de ces complications. Les phlegmasies des membranes muqtieuses, celles sortoat de la muqueuse gastro-intestinale, sont les plus c(Monnranes, à tel pdnt que Gilibert les a regardées comme constituant un des éléments de la maladie.

Anatomie pathologique. — A l'ouverture des cadavres, on a bouré des bulles sur quelques muqueuses, telles que celles de la vulve, de lalioacbe et du pharynx; le plus souvent ces parties sont seulement pâles; la muquene ist^ nale est généralement ramollie, quelquefois ulpérée. On a constaté ploaeiin foô la dégénérescence graisseuse du foie (Biett, Gazenave), et le sang a été tioiné semblable, pour l'aspect, à de la groseille mal prise et foncée en couleur.

Pemphigus des nouveaxMiis. — Le pemphigus n'est pas rare cher les noufe»»nés. n se développe pendant la vie intra-utérine ou quelques Jours apièslai»»sauce. U occupe presque exclusivement chez eux la paume des mains et la pl«* des pieds. Les bulles contiennent un liquide séro-purulent, et eUes ont une vém violacée. Quelques observateurs, M. Paul Dubois surtout, attachent à cette émption une valeur qu'elle n'a pas ches l'adulte ; ils la considèrent, en effet, t0Bt trahissant coomiunément l'existence d'une infection syphilitique. Cette opii*», exposée encore en i 85 1 à l'Académie de médecine par ce célèbre professeur, a «»• contré quelques contradicteurs ; cependant elle compte en sa faveur des faits auei nombreux pour entraîner, sinon une conviction entière, du moins pour éveiller» sollicitude du médecin. On invoque en faveur de l'origine syphilitique du ^ phigus des nouveau-nés plusieurs ordres de preuves : d'abord la coexistence w pemphigus avec des antécédents de vérole ches les parents, puis la mort fréqo*** des enfants; ce qui, étant en désaccord avec l'apparence si bénigne de rérupi»û, donne à penser que l'organisme est profondément altéré par une cause géaéraie. Celle-ci, d'ailleurs, n'est pas toujours appréciable par l'état extérieur des enfcnts; car, si quelquefois ils sont chétifs et amaigris, il n'est pas rare d'en voir qui (^h par contre, toutes les apparences d'une bonne constitution. Quelques-uns de ces

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