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DE L'APOPLEXIE PULMONAIRE

naire ; il est plus rare encore d'obeerver con^utivement une pleurésie. Cet accident n'arrive guère que lorsque le sang s'est épanché dans la plèvre ; mais, conune cela ne peut avoir eu lieu qu'autant que la surface du poumon est déchirée, on voit alors se développer en môme temps que la pleurésie aigué tous les signes d'un hydro-pneumothorax, tt. Gendrin parait avoir ohservé un exemple de ce genre {i). Si le foyer ramolli communique largement avec les hronches, on entendra du gargouillement, et l'on aura tous les signes des cavernes ; c'est ce que MM. Rousset et Gueneau de Mussy ont observé. Enfin, les parois deviennentelles gangreneuses, on notera tous les signes caractérisant la mortification pulmonaire. (Voy. Gangrène du pownon.)

Diagnostic. — Le diagnostic de l'apoplexie pulmonaire est difficile, ou plutôt il est impossible de l'établir lorsque, les noyaux étant petits et disséminés, il n'y a d'autres symptômes de la maladie que l'oppression et la toux. Mais le crachement de sang a une plus grande importance. C'est bien moins l'abondance du sang rendu qui a une valeur diagnostique, que les qualités du liquide et la persistance de l'hémorrhagie. En effet, lorsque le sang expectoré est d'un noir plus ou moins foncé et qu'il est rejeté sans interruption pendant un septénaire et plus, je n'hésite guère à diagnostiquer des noyaux apoplectiques, et je ne crois pas que ce diagnostic ait jamais été démenti par l'examen cadavérique. Si, concurremment à ce signe, l'exploration delà poitrine fait constater de la matité dans une certaine étendue ; si l'oreille perçoit des râles humides ou du soufDe ; si cette lésion est survenue rapidement, on aura un nouvel élément de diagnostic. Suivant Billard, l'oppression, l'étoufTement, la suffocation avec matité plus ou moins étendue, et l'expulsion de mucosités sanguinolentes, sont des symptômes qui, lorsqu'ils existent chez les nouveau-nés, devraient f^re soupçonner chez eux l'existence de la même altération. Enfin, on suppose que le sang a déchiré largement le poumon, et qu'il s'est épanché dans la plèvre lorsque, dans le cours d'une hémoptysie, on voit survenir brusquement, dans un côté du thorax, une matité plus ou moins étendue, avec absence du bruit respiratoire, et lorsqu'on observe en même temps tous les symptômes qui accompagnent les hémorrhagies graves, et qui le plus souvent ne pourraient être expliqués par la petite quantité de sang qui est rejetée par les malades. n peut enfin se faire que, indépendamment des signes d'épanchement qui existent à la base de la poitrine, on constate, en outre, à la partie supérieure de cette cavité, un son tympanique avec affaiblissement du murmure vésiculaire ; ce phénomène peut dépendre d'une extravasation d'air dans la plèvre, consécutivement à la déchirure du poumon.

D'après tout ce que nous venons de dire, il est évident que l'apoplexie pulmonaire ne saurait jamais être confondue avec une pneumonie, ni avec les épanchementspleurétiques. La pneumonie s'en distingue surtout par la fièvre, parla nature de l'expectoration, par la crépitation fine et sèche. Si une partie ou la totalité d'un lobe était eiwahie, il y aurait de la matité, absence du bruit respiratoire ou un souffle qui pourraient faire croire à l'existence d'un épanchement pleurélique ; mais il n'y a jamais dans l'apoplexie la douleur vive de côté qui accompagne la plupart des pleurésies ; l'égophonie fait probablement défaut ; les résultats d'auscultation et de percussion sont fixes et ne peuvent se déplacer en variant la position des malades ; enfin le rejet du sang enlève tous les doutes qu'on pourrait avoir.

Pronostic. — L'apoplexie pulmonaire est une afl'ection toujours grave : on a vu

(1) Traité de médecine pratique^ X. I«'.

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qu'elle pouvait produire la mort presgue subitement. La gravité du pronostic sera en rapport avec l'abondance de Thémorrhagie. La rupture de la plèvre avec épancbement de sang dans cette séreuse est un accident des plus graves : la mort a presque toujours lieu en peu d'instants ; un des malades a survécu plusieurs jours à ces désordres; on cite un seul cas de guérison, qui a été rapporté par M. Gendrin, mais peut-être ici le diagnostic n'était pas tout à fait certain.

Étiologie. — La pléthore, l'impression du froid, la suppression des hémorrhagies constitutionnelles, sont regardées comme les causes ordinaires des apoplenes pulmonaires ; le plus souvent, pourtant, cette maladie est symptomatique d'un obstacle au cours du sang, obstacle qui réside presque toujours dans le cœor. C'est ainsi que tous les cas d'apoplexie pulmonaire que j'ai observés, en grand nombre, ont été vus chez des sujets ayant diverses maladies organiques du cœur, spécialement un rétrécissement d'un des orifices des cavités gauches. On a supposé que l'hypertrophie du ventricule droit était une cause très-active d'apoplexie pulmonaire, en raison de la violence avec laquelle le sang était projeté du cAté des poumons. Mais c'est à tort, car sur vingt-sept cas d'hypertrophie avec dilatation du ventricule droit, dont M. Louis a recueilli l'histoire, il n'y eut jamais d'apoplexie pulmonaire, quoique chez six il existât une hypertrophie avec dilatation de l'artère pulmonaire et de ses divisions principales, preuve que le sang avait été projeté avec une certaine violence. Ainsi l'apoplexie symptomatique d'une maladie du <;œur n'est pas produite activement par suite de l'impulsion insolite du sang, mais elle a lieu passivement, et lorsqu'un obstacle existant du côté des orifices gauches, surtout à la valvule mitrale, le sang stagne dans l'organe, et consécutivement dans les poumons. L'apoplexie pulmonaire est encore une lésion assez commane dans certaines maladies générales caractérisées par une grande tendance aux hémorrhagies : c'est ce qui a lieu, par exemple, fréquemment dans le purpura et dans la fièvre jaune.

Traitement. — L'apoplexie pulmonaire sera combattue par les moyens qu on oppose ordinairement aux hémoptysies graves. On insistera surtout sur les saignées générales et sur les réiiilsifs : notamment sur les purgatifs énergiques, sur les ventouses sèches appliquées sur le thorax, sur les lombes et aux membres inférieurs, sur les sinapismes enfin, moyens auxquels on associera les diurétiques, et notamment la digitale et le nitre. Lorsque l'hémorrhagie est opiniâtre, on a aussi recours aux vomitifs ; on donne la préférence à l'ipécacuanha, qu'on administre à doses fractionnées, de manière à exciter plutôt des nausées que des vomissements. Chez le nouveau-né il y a aussi indication de tirer du sang ; on le fait en appliquant une ou deux sangsues dans chaque aisselle, où les plexus veineux qui s'y trouvent communiquent largement avec les vaisseaux de la cavité thoracique. I/enfant ne sera pas serré par un maillot ; car, en gênant la dilatation du thorax, on pourrait augmenter la congestion pulmonaire. Chez l'adulte, l'administration du tartre stibié à haute dose, qui a été plusieurs fois tentée, n'a produit aucun résultat avantageux et qui puisse nous décider à y recourir.

Lorsque l'hémorrhagie se prolonge, on a donné, dit-on, avec avantage, des afTusions froides, moyen perturbateur dont l'emploi ne peut être justifié que par le danger dans lequel les malades se trouvent, et parce que des moyens plus rationnels ont complètement échoué. (Voyez, comme compilent, le traitement de V hémoptysie.)

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