DU CHOLÉRA ASIATIQUE
déclare que, sur i3 ii^ections iodées dans le péritoine, on compterait H succès. Quelque confiance que Fauteur m'inspire, Je n'ai encore osé ni faire ni conseillerune opération pareiUe. Gomment ne pas trembler, en efTet, quand on injecte dans le péritoine un liquide aussi irritant que la teinture d'iode (1) ? On dit bien, il est Trai, que cette substance provoque une phlegmasie spéciale, plastique, et que Jamais du pus n'est produit ; mais qu'importe ? Ce n'en est pas moins une péritonite qui peut tuer et qui tuera, en effet, presque nécessairement, si elle envahit toute la séreuse abdominale : les expériences sur les animaux le démontrent. Il me semble d'autant plus imprudent d'exposer les malades à un péril si grand, que l'opération en principe me paraît être irrationnelle. Car si, comme la chose est presque constante, Tascite est symptomatique d'une affection organique, l'injection iodée ne remédie, en cas de succès, qu'à un symptôme, et n'empêche pas la lésion de suivre son cours. Si, par contre, l'asdie est essentielle, elle constitue une affection très-curable par des moyens moins hasardeux. On a dit enfin que les adhérences contractées par les intestins entre eux et avec les parois du ventre pouvaient être la source de douleurs et de troubles permanents du c6té des organes digestifs; mais je crois que ce résultat reproché à la méthode des injections n'est pas constant : il peut se faire, en effet, que l'iode se borne à modifier la vitalité de la séreuse et ne provoque pas la sécrétion de fausses membranes. Quoi qu'il en soit, il importe de rester dans une sage réserve, et en présence des succès qu'on cite, rappelons-nous qu'il n'est pas d'opérations irrationnelles, de procédés barbares, de médications incendiaires, dont la force médicatrice n'ait souvent triomphé.