‹ Traité de pathologie interneChapitre 133 sur 152 · DU GBOL&RA ASIATIQUE · texte numérisé non relu

DU GBOL&RA ASIATIQUE

petiHut mal clarifié on à une décoction de ris ou de gmau. La membrane muqueuse est en outre tapissée par une matière comme crémeuse, d'un blanc grisAtre. Il est généralement admis que le liquide cholérique est identique par sa composition avec la sérosité du sang. Becquerel Taycnt somrîs à quelques analyses, a trouvé qu'il était formé par une eau légèrement albumineuse, neutre ou un peu alcaline, contenant, outre l'albumine en dissolution, une quantité va* riable d'albumine coagulée unie à une très-petite quantité de mucus, et à une quantité relativement asses considéffable de chlorure de sodium. Indépendamment de ce liquide, les intestins peuvent en outre contenir la bile Jaune, verte, ou bien un liquide rougeâtre, sanguinoleat. Les vaisseaux lymphatiques et billaif<e9 sont exempts d'altération; k foi^ ayant un volume ordinaire, est gorgé d'un sang noir, difiluent ; il en est de même des rcioB| surtout dans leur couche corticale^ La rate est en général petite, dure ; tous les jmtres tissus parenchymateuk sont congestionnés et d'une couleur violacée toute particulière. Enfin, sur les parois de la vessie qui est vide d'urine, on voit parfois des fiocons blanchâtres semblables k ceux que i^ous avons d^ rencontrés dans les voies 4igestives. Les poumons sont le phrs aouveni fiasques, affaissés, à peine engoués; d'autres fois l'engouement sanguin est considérable, et l'on a même vu des noyaux apoplectiques en plus ou moins grand nombre : on a trouvé ausri quelquefbia dans les bronches les corpuscules blan«- .chAtres d^à signalés dans les intealins et dans la vessie. Le cœur est petit, flasque, {riable, rempli d'un sang noir, poisseux, qu'on a Justement comparé à du raisiné mou ou à de la gelée de groseille mal cuita. BfM. Michel Lévy et Thobzan ont firéquemment observé, pendant l'épidémie de 1949, des ecchymoses à la face externe du cœur, ainsi qu'à la foce interne du ventricule gauche. Tout le système veineux, surtout au voisinage du cœur, est gorgé d'un sang également noir et poi»seux; souvent ce liquide existe en petite quantité dans le cadavre; il était en effet difficile, dans l'épidémie de 1^32, de pouvoir en recueillir plus de t50 à 312 giaounes. D'après une remarque de M. Rayer, si on l'expose à l'air, il s'oxygène moins facilement que celui des autres malades. Le plus grand nombre des mieiographea ont vu que les globules du sang cholérique ne présentaient aucune «Itération appréciable, mais le» chimistes ont constaté une diminution dans la quantité nofmale de la fibrine, de l'albumine et des sels, tandis que la matière colonnBte était c|nq ibis plus considérable. It. Andral est arrivée des résultats un p^ différents; il a établi, en effet, dans une note lue en août 1849 à l'Académie des sciences^ que l'albumine se maintenait dans le sérum du sang dans sa proportion normale. Becquerel conclut à son tour de deux analyses, que dans le choléra il y a augmentation dans la proporiion des globules; que le sérum, moins abondant, plus dense, contient de l'albvmine, et proportionnellement plus de matière extraelive, plus de sels, et surtout plus de matières grasses, dont le volume est presque triplé. La supersécrétion intestinale rend compte aussi de l'état de Béefaaresse plus ou moins complète dans lequel se trouvent toutes les membranes flérenses du corps, spécialement le péritoine. Leur surf^e, en effet, est commu- Aément poisseuse; quelquefei» elle est complètement sèche, ridée, parcheminée. Le fluide céphalo-rachidien est ute peu diminué ; les vaiseeaux cél^raux et rachidiens sont plus ou moins gorgés de sang; la pulpe est ette-méme plus ou moins 4»}ngestionnée. Enftn, les neribet leurs ganglions peuvent 'être injectés de sang ; mais ils sont toujours exempts de toute altération de tissu, quoi qu'en ait dit Mpech.

Lorsque les cholériques succombent dans la troisième période dite de réaction,

SStd DES SiCRÉTIOllS 8ÉREU8ES.

les coDgettioDB yehieuses soat moins nombreuses et mxAtm intenses ; on retiome plut6t alors les caractères propres aux congestions actives et à rinflammaticB. Ainsi le cerveau est sablé, les poumons sont parfois enflammés, bépatisés ; le saBf renfermé dans les vaisseaux est plus rouge, et contient d'autant plos de sénm que la mort est survenue i une époque plus éloignée du début de la réaction. U liquide cbolérique a disparu ; les membranes séreuses sont bumides ; les oorposcules intestinaux sont peu ou point saillants, tandis que les follicules agminés sqoé parfois un peu boursouflés» mais sans présenter aucune des lésions caractéristiqiio de la fièvre typhoïde ; enfin, la vessie contient plus ou moins d'urine.

Symptômes. ICarolie. — Le choléra asiatique débute parfois brasquem^it ; presque toujours pourtant il y a des prodromes, tels que malaise, faiblesse, perte d'appétit, soif, douleurs de ventre, borborygmes très-bruyants, et diarrhée îaune ou blanchâtre, muqueuse, fétide ; il y a en outre de l'accablement, de riasomme, des sueurs, des défaillances, des frissons vagues, irréguliers ; le pouls est calme oq bien un peu accéléré. C'est à l'ensemble de ces symptômes prodromiques que quelques personnes ont donïié le nom de chalérim. C'est pour ainsi dire la première période de la maladie. Ces accidents, qui se combinent entre eux de mille manières différentes, perûstent plus ou moins; ils peuvent ne durer qu'un jour on se prolonger au delà d'un septénaire : tantôt ils se terminent presque aussifMpar la guérison, ou bien ils sont remplacés par les symptômes propres au dioléra. Magendie dit que quelques malades ont succombé après avoir présenté senkaient les symptômes de la cholérine. La mort est arrivée alors par suite de l'anéantisBement progressif des forces : toutefois les faits de ce genre ont été fort raies.

Lorsque le choléra est tout à fiût déclaré, la soif est vive, les boissofis ftoid» sont prises avec avidité ; le ventre est plus ou moins rétracté, il est peu sonore ; U est le siège de coliques, que la pression augmente souvent. Bientôt le malade leod en vomissant ces matières blanches, floconneuses, d'une odeur fade, dont ugos avons parlé précédemment ; des évacuaticms alvines ont lieu simultanément. Les matières intestinales, d'abord Jaunâtres et fétides, finissent bientôt par être identiques avec celles qui sont rejetées par la bouche. Ces évacuations sont génénlement répétées à de courts intervalles. Bientôt le pouls s'accélère et s'élève rapidement à 120 ou 130 pulsations par minute ; sa force diminue en proportion de si fréquence. Les battements du cœur sont faibles et accompagnés parfois d'im lofA de souffle, dû sans doute à l'obstruction des orifices par le sang coagulé ; la re^ ration est pénible, anxieuse, plus ou moins accélérée ; les malades accusent de la dyspnée, ou plutôt un sentiment d'oppression, une sorte de constriction sons* stemale. Par la' percussion et l'auscultation on ne découvre rien d'anormal dans la poitrine. La voix presque aussitôt s'affaiblit, elle est comme cassée, plm tard les malades sont tout à fait aphones; en même temps surviennent des vertiges, de U céphalalgie, des bourdonnements d'oreille ; des crampes très-douloureuaes se font sentir dans les bras, dans les d(âgts, et surtout dans les mollets, qui sont fermes et durs comme du bois. Les forces sont alors prostrées à tel point, que beauaraip de malades ne peuvent se tenir debout : leur faciès exprime l'abattement et une aouiffranco extrême ; les traits sont tirés, la figure est notaUement amaigrie ; les yeax sont caves, bordés de noir. Si ces accMents vont encore en s'aggravent, la peaa do corps se refroidit, la face prend une teinte blei:^tre ; la pulpe des doigts et des orteils devient violacée, surtout au pourtour des on^es, tandis que la peau de ces parties est ridée comme si elle avait longtemps macéré dans de l'eau tiède« Lorsqu'on pince la peau sur les autres parties du corps, elle conserve pendant fongtemps

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le pli qu'on lui a donné, conune si les téguments avaient perdu toute leur élasticités Non-seulement la face, mais le corps entier est amaigri par suite de l'absorption du fluide séreux qui humecte le tissu cellulaire ; toutes les sécrétions naturelles ou accidentelles sont diminuées ou taries ; la sécrétion urinaire elle-même est complètement suspendue. Au début ou bien dans les choléras moins graves, ce liquide existe seulement en quantité moins considérable ; il est généralement trouble, et l'on y a souvent décelé la présence de l'albumine. C'est un fait qui, indiqué déjà en Allemagne, a été étudié avec soin en France pendant l'épidémie de 1849, d'abord par M. Rostan, puis par MM. Bouchut et Michel Lévy : ce dernier a rencontré l'albuminurie dans la plupart des cas, 61 i fois sur 696.

A un degré plus avancé, on dit que l'alTection est arrivée à sa seconde période. Les membres et la face sont alors complètement cyanoses; la coloration cyanique peut même gagner presque toute la surface du corps. Les yeux sont secs, ternes; la cornée est flétrie par suite de l'absorption de l'humeur aqueuse ; la peau est froide et couverte d'une sueur visqueuse, de sorte qu'en la palpant on a la sensation que donne le toucher du nés du chien ou de la peau d'un batracien. La langue est bleuâtre et froide ; la soif est plus vive. Les vomissements sont souvent plus rares que dans la période précédente ; les selles, involontaires, sont souvent formées par un liquide rougeâtre et fétide. La voix est éteinte ; l'haleine des malades est froide. L'air expiré contient parfois plus d'oxygène que chez les sujets sains, ainsi que l'ont prouvé les expériences de Davy, expériences dont M. Rayer a vérifié l'exactitude pendant l'épidémie de 1832. A cette même période, la dyspnée et l'oppression augmentent ; le pouls devient imperceptible, il en est parfois de même des battements du cœur; la circulation semble alors interrompue : c'est ainsi qu'on a pu couper en travers une artère volumineuse sans qu'il s'en écoulAt du sang. Si l'on ouvre une veine, ce n'est que par des pressions réitérées qu'on parvient à se procurer quelques cuillerées d'un sang noir, foncé, visqueux, se coagulant en masse et retenant tout ou presque tout son sérum. Le sang ottre une température inférieure de 4 à 5 degrés Réaumur à celui qui est fourni par d'autres malades ; aussi l'abaissement de température est-il général, affectant les parties profondes aussi bien que les parties superficielles. Gooper, à Berlin, avait vu en 1832 la température descendre à 26 degrés centigrades, et M. Roger, dans l'épidémie de 1849, a trouvé que le thermomètre s'abaissait de 5 à 6 degrés au-dessous de la moyenne physiologique. A cette période, tous les sens sont affledblis ou éteints; l'ouïe est dure, la vue trouble, la sensibilité tactile abolie. Cependant, malgré des symptômes aussi fiicheux, les facultés intellectuelles persistent intactes, et il est rare qu'il y ait du délire. Dans cette forme grave et dans cette période extrême de la maladie, l'absorption elle-même languit et peut devenir à peu près nulle, ainsi que l'ont établi des expériences institéeus par MM. Vemois et Duchaussoy. On peut donc dire sans exagération que les malades sont alors cadavérisés. La mort, qui est la terminaison presque constante de cet état, arrive tantôt lentement et après agcmie, tantôt elle a lieu tout à coup, comme si elle était due à une syncope. Ce qu'il y a de remarquable alors, c'est que souvent la température du corps s'élève lorsque les individus sont arrivés à cette période ultime : c'est là sans doute ce qui a fait croire à quelques personnes que la température des cholériques augmentait parfois après la mort. Certains cadavres la conservent longtemps. Tels sont les accidents qui caractérisent cette seconde période du choléra grave, à laquelle on a donné les noms d'o/gide, de 6/et4e, de cyaniqm ou â*asphyxiquef en raison du refrddiisement du corps, de

828 DBS «IGRÉTIM8 StREUSBS.

la coaleur violacée de la peau et des phénomènes d'asphyxie qoi prédoimneoL

Lorsque le malade ne succombe pas à la période algide, la maladie chaop bientôt de physionomie : le firoid disparait peu à peu ; le pouls devient pe^ ceptible, puis il reprend sa force et son volume ; la cyanose dkninne, ainsi qie ramaigrissement ; la fiice se colore, les yeux s'injectent, la Toix prend de la forée; la sécrétion urinaire se rétaMit, et l'on y décèle parfois, mais d'une manière tonte passagère, la présence de Talbumine ; enfin le sang reprend peu à peu ses ({uilitét normales, et il contient d'autuit plus de sérum qu'on s'éloigne davantage da dânl de la réaction. L'ensemble de ces phénomènes caractérise la période dite de réactkfn au choléra.

Lorsque aucun accident ne vient entraver cette période, les malades ne tirdent pas à entrer en convalescence ; mais la réaction n'est pas toujours ans» franck:il est des malades, &k effet, chez lesquels elle est mcompUte^ c'est4-dire qn'a^ s'être établie en partie, elle est remplacée bientôt par de nouveaux symptômei algides qui emportent presque tous lea sujets. Chex d'autres, la réaction se cmr plique d'accidents typhoïdes. Chex eux la fièvre s'allume ; k langue devienl sèche, rude, ndre ; les dents s'encroûtent de fùliginosités ; la soif est Tjie; la mriades sont tourmentés par un hoquet continuel; la face est hébétée, frappée de stupeur ; les malades tombent dans le coma ou dans un état de sabdeUrioffl,' ib<n< des roideurs, des contractures, des soul^resauts de tendons ; enfin, an bout de cinq, six, huit ou dix jours au plus, la mort survient^ Qnelques-um pooitaDt guérissent ; mais leur rétabUssement est lent, très-dtfBcile. Pendant la réaetMO, les évacuations intestinales ainsi que lei vomissemebts ont cessé. Cependant û arrive parfois que ces derniers persistent ; alteniant «lors avec le boquet, ûs toa^ mentent beaucoup les malades ; ils s'accompagnent souvent de doaleorscardiaqiieS) d'une grande anxiété, et ils ne finissent souvent qu'avec la vie. Enân,ceit encort pendant la réaction que surviennent la plupart des complications, telles que dei congestions ou des inflammations, spécialement du côté des méninges, dn côté 4q cerveau et des poumons^ ainsi que diverses éruptions cutanées (wHigede, scarlitine, roséole, érythème, urticaire). On a observé parfois des paiotides. M. îficbd Lévy a fréquenunent aussi rencontré l'ictère pendaiit l'épidémie de 1840; te tons les cas la maladie eut une heureuse issue*

Les symptômes précédents ne se succèdent pourtant pas toujours dans l'orort que je viens d'indiquer : nous avons vu assez souvent, en Wt comme en tSW, la maladie débuter brusquement par les phénomènes tes plus graves qui caradé* rfseuft l'état algide : on disait alors que le choléfa éUài ftmdroffoid ; cbes d'antres, la maladie se présentait avec ses symptômes ordinaires, à l'exception pourtant dei vomissements et des selles qui manquaient, quoique du fluide cholérique eût é» exhalé en abondance dansles intestins, comme rin^ction cadavérique le démontwt

L'âge n'apporie pas de grandes modifications à la physionomie de la maladie, n m'a paru seulement que chex les enfants les plus jeunes la cyanose étsaitrarenMO portée au point où nous la trouvons chex l'adulte ; chef eux aasri l'agitation, l> quiétude très-grande, les crampes, sont souvent excessif es et la marche constafliment très-aiguê.

Darée. — Le choléra a donc une marche plus ou moins rapide ; il P^^^ P^ tuer en quelques heures ; sa durée moyenne est d'enriron soixante heurei, nseï souvent la vie se prolonge pendant un septétiaire, mais il est rare que malades luttent plus de douze jours. Toutes choses égales d'ailleurs, on a troof^ que la durée de la maladie était en raison directe des forces des malades.

DU GBatÉBâ ASUTIQUE. S^

La coQYaleaceace est plus oa moias s^ide; en général, elle est lente et exige beaucoup de soins, car des rechutes ont quelquefois lieu ; d'autres maladea eoo^ servent pendant un temps plus ou aïoins long de la dyspepsie ; divers troubles des organes digestife, pennanents obez les uns, ne se manifestent cbex d'autre» qu'à des intervalles plus ou moins rapprochés.

Le choléra peut guérir ou suspendre pendant un temps plus ou moina long les maladies aigués ou chroniques dans le cours desquelles il se déclare. Ces! aîasi qu'on a vu des hydropisies, des phlegmasies, des affections rebelles de la peau diq^arattre, des fièvres éruptives môme se suspendre, rester stationnaires, et ne reprendre leur marche que lorsque l'affection cholérique avait complètement cédé.

Diagnostic — En ayant égard à la nature des vomissements et des selles, au refroidissement de la langue et de toute la sor&ce du corps, k la petitesse, pois à la sopp^ssion du pou]», à la cobration bleuâtre ou cyanique de la peau et des muqueuses, «ux crampes, à la suppression de l'urine, à l'aphonie, il est impossible que l'on confonde le choléra épidémiqne avec aucune autre affection connue ; les selles sont seules caraetérialiques et empêchent de confondre la cholérine avec la diarrhée simplement catarrhale. L'eropoisonneinent par les substances caustiques, et surtout l'empoisonnement par l'arsenic, est la seule maladie qui pourrait simuler le choléra asiatiqtie. Lorsqueç, en effet, la quantité d'acide arsénieiui ingérée eal considérable, on peut observer le ref)roîdissement du corps, Tétat cyanique de la foee et des extrémités, l'altération de la voix, la dyspnée, la rareté et la soppresaion de la sécrétion urinaive ; mais les évacualkms alvines, qiM sont noires et saoguino** lentes, et les vomissements de matières Acres, bilieuses et également sanguino* lentes, mettront sur la vcâe pour reconnaître la cause des accidents, indépandann nient des lumières qui seront iSDumies par les commémoratift. D'ailleurs, en toiit état de choses, s'il 7 a incertitude,>ranaly8e chimique des déjections etdes HMtièrea iresnies dissipera bientôt tous les doutes. (Voyex plus bas Chotéra airepésii, pour le diagnostic différentiel avec cette affection^

Le cholér^ débutant brusquement quelque temps après un repas plus on moins oopieut, pourrait d'abord simuler une indigestion, cependant la nature des vomis* sements qui, après avoir été formés d'aliments, deviennent bientôl caractéristiques, la nature des évacuations alvines et cet ensemble sur lequel nous insistions naguère, ne laisseront aucun doute. Il est inutile, Je pense, de dire en quoi le choléra se distingue de la péritonite, de l'iléus, de la colique de plomb ; ces affections sont d dissemblables en toutes choses, qu'il serait vraiment oiseux d'étabUr leur diagnostie différentiel.

Pronoatio. -^ Le cludéra asiatique est une maladie très-grave, et qui a ex«rc6 de grands ravages partout où elle a sévi, puûqu'elle a communément (ait périr la moitié de ceux qu'elle a atteints* Elle a paru plus fikhense aux deux ^trames é» la vie, et a été plus meurtrière ches l'homme que ches la femme. Les accidents ont toujours été plus graves au début de l'épidémie que vers son déclin. Lorsque les malades deviennent froids, cyanoses et sans pouls, le péril est grand. Une réaction qui n'est pas très-intense, qui est complète et qui se soutient, doit fiiire eq^érer une heureuse terminaison.

Atiolospie* — Le choléra dont nous parions est endémique dans l'fnde ; ce n'est qu'accidentellement qu'on le voit en Europe. Cependant, depuis l'épidémie de 1832, il n'est pas d'année où nous n'en ayons rencontré plusieurs cas, généralement bénins, ce qui nous porterait à penser que le choléra asiatique est désormais une affection définitivement importée dans no^re continent.

B9» DES StCaÉTIONS StftEUSES.

Pour expliquer la marche et les progrès de cette OMladie, on a ioToqné toata les eaqses occultes par lesquelles on a prétendu expliquer de tout temps l'apparition des maladies épidémiques : il est inutile de les énumérer. Quelques personnes ont cherché surtout à se rendre compte de la marche et de la piofigation de la maladie, en invoquant un agent contagieux. Cette opinion n'avsit guère trouTé de défenseurs en France pendant la première épidémie; rasis après celle qui nous a affligés en 1849, on a produit un gmikd ncmibre de 1^ tous favorables i la doctrine de la contagion, et recueillis, pour la plupart, par les médecins des départements. Cependant, avant de les adopter, il est nécessaire de les soumettre à une enquête sévère, afin de bien en déterminer la valeur.

Lorsqu'il s'agit, en effet, d'une maladie épidémique qui, comme le cholérs, franchit tout d'un coup les plus grandes distances, U faut apporter beaucoup de réserve, ne pas se hftter surtout de conclure, car on s'exposerait souvent à attribuer à la contagion des effets qui tiennent à la marche irréfulière et capricieuse delà maladie. D'autre part, les cas de contagion recueillis dans les foyers épidémiçMi ont toujours quelque chose de suspect, en raison de l'imposaihilité où Ton e^ de foire la part qui revient à la contagion, si elle existe, et à la constitution épidémique dont l'influence est incontestable ; voilà pourqud les faits de contagion si laboriensement recueillis par MM. Briquet et Mignot, dans leur excellent livre, et relétik surtout à des malades de l'hôpital de la Charité, qui auraient été frappés après l'arrivée dans les salles de cholériques venus du dehors, n'ont et ne peuvent av«r aucune valeur. Les seuls fiûts capables de résoudre le difficile problème de la con* tagion du choléra sont ceux où la maladie aurait été transportée d'nn ibjer épidé* nuque dans un lieu éloigné où l'affection était inconnue, et s'y serait transmise des nouveaux arrivants tombés aussitùt malades à ceux qui leur ont donné des soins. Or, des faits semblables ont été produits. Un des plus remarquables que je connaisse est celui qui a été rapporté par le docteur Brochard (de Nogent-le-&olrou)(t)« Le jdépartement d'Ëure-et-Loir était dans un état sanitaire satisfaisant, aucun cas de choléra ne s'y était encore montré, lorsque plusieurs nourrices, parties de Paris atteintes déjà des prodromes du chdéra, arrivèrent dans l'arrondissement de Nogent-le-Rotrou. L'une d'elles va mourir dans son village, ainsi que son nourmson; sa sœur, qui vient d'un hameau voisin pour lui donner des soins, etf frappée à son tour et meurt en ^elques jours. Une autre nourrice succombe avec son enfant à Nogent-le-Rotrou, et trois des femmes qui l'assistent sont frappées, deux le sont mortellement ; dès ce moment le fléau envahit la ville et y produit de grands ravages. Ces faits sont graves; il est difficile de croire qu'il n'y ait eu U qu'une coïncidence, et même en supposant une influence épidémique encore occulte, il n'en serait pas moins extraordinaire de voir la maladie fhipper exclusirement d'abord les personnes qui ont été en rapport avec les premiers malades. Nos chirurgiens militaires, soit en Afrique, soit pendant la campagne d'Orient, ont été témoins de faits semblables. Des détachements, des corps d'armée ont proisagé U maladie d'étape en étape, ou, transporiés au loin sur des vaisseaux, ils ont, ao lieu de débarquement, propagé la maladie inconnue jusqu'alors dans ces parages. U est donc impossible de contester au choléra tout caractère contagi^ix. La doctrine de la contagion, habilement combattue par M. Jolly (i), compte encore pea

(î) Du mode de propagation du cftoi&a» Paris^ iSSl . Çt) Union n,édciaief anuée I8&8.

DU CHOLÉRA ASIATIQUE* 83i

de partisans à Paris, Q en est bien qui y cr<»ent, mds fls n'osent Taymier publiquement, par la crainte d'exciter une panique. C'est là une discrétion blAmable, car il 7 a toujours intérêt pour tous à connaître .la Térité, quelle qu'elle soit* Dans Tespèce, il ne peut être indifférent pour nous, comme pour l'administration publique, de savoir si le choléra est ou n'est pas contagi^x* Qu'on se rassure ; dans ce siècle éclairé, et dans notre pays surtout, les défaillances au moment du péril sont trës-iares : ceux qui sont frappés, riches ou pauvres, ont trouvé et trouveront toujours des gens dévoués pour les soigner.

n est inutile de discuter plus longtemps la cause première du choléra; nous dirons pourtant qu'en considérant que la maladie a sévi dans les pays les plus divers, au milieu des conditions hygiéniques les plus opposées, il est rationnel de supposer l'existence d'une cause spécifique probablement répandue dans l'atmo* sphère; mais nous ne pouvons avoir à ce sujet aucune démonstration. Il est des lieux qui de tout temps ont Joui d'une immunité remarquable : Je citerai Versailles, toujours respecté, et, chose plus extraordinaire encore, la ville de Lyon, où existent de si nombreuses causes d'insalubrité, où vit entassée une population misérable. Les épidémies ont présenté, de tout temps, ces anomalies encore inexplicables. L'influence épidémique peut s'exercer non-seulement sur l'homme, mais encore sur plusieurs classes d'animaux, spécialement snr les bétes à cornes, les volailles et même les poissons.

En général, le choléra n'envahit pas brusquement un pays : mais il a été le plus souvent précédé de divers états morbides qui régnent épidémiquement, tels que fièvres intermittentes, dysenteries, diarrhées ou embarras gastriques.

Pendant le règne des deux dernières épidémies, on a noté que certaines causes prédisposaient davantage à la maladie, et que d'autres pouvaient en provoquer le développement. Parmi les premières, on a surtout cité l'encombrement et le non-renouvellement de l'air, l'habitation des lieux humides, l'ftge adulte, le sexe féminin, la misère, les privations, les excès, les travaux rudes, les peines morales. Les causes occasionnelles qui ont paru agir le plus souvent sont les re* froidissements, les excès, les indigestions, etc.

Traitement. — On a préconisé contre le chdéra presque tons les agents dont la thérapeutique dispose. Tout le monde avait voulu d'abord trouver un spécifique : cependant l'expérience a prouvé qu'on ne poiïvait opposer au choléra une méthode uniforme de trait^nent, et que celle-ci devait varier suivant une foule de ckeonstances, et surtout d'après l'état symptomatique : il faut ici obéir aux indications qui se présentent.

Dans les prodromes, lorsqu'il existe cet ensemble de symptômes auxquels on a donné le nom de cholérine, il faut prescrire le repos au lit et la diète, l'usage de lavements mucilagineux, de boissons gommées ou légèrement aromatiques, mais surtout l'emploi de l'opium, que l'on administre par la bouche ou en lavement, depuis 5 centigrammes Jusqu'à 30 ou 40. Les pédiluves ou les cataplasmes sina* pisés sont utiles pour diminuer la céphalalgie. Enfin, lorsque le pouls offre de la résistance, la peau une chaleur fébrile, lorsque le ventre est le siège de coliques, on doit retirer une petite quantité de sang par la saignée du bras, et mieux encore par l'application d'un certain ncmibre de sangsues. Si, au contraire, il y a beaucoup d'affaissement, si le pouls est faible, il faut insister davantage sur les boissons aromatiques (menthe, camomille, mélisse, arnica); on donnera aussi quelques antispasmodiques, spécialement le sirop d'éther. Les moyens précédents conviennent encore dans la seconde période de la maladie, pendant laquelle quelques

penoonet oot ffécooM ripéeacuaaha et let purgatifs saline comme i^ents pertof- ])ateuis. Le Tomitîf aoiM avait donné d'astet bons résuHals dam l'épidémie de 1 83S; mais, en 1840, noas ne lui avons reconnu aucun avantage : il ^i est de mâme des purgatiA salins, à la suite desquels on voit parfois le choléra se oonfirmer.

Dans cette méoae période, lorsque les évacuations sont abondantes et lei acd* dents nerveux piédoimnants, lorsque enfin le pouls devient presque imperceptible et que le sang stagne à la périphérie du corps, ainsi que dans les parencHymes, il faut se hâter de donner des boissons stimulantes, chaudes si les malades les tolèlentbien, froides et même glacées si les vomissements sont opiniâtres : on prescrit en pareil cas, outre les infusions indiquées plus haut, le café, le thé, les Tins les plus akooliques, el miôme Teau-de-^e et le rhum, l'acétale et le carbonate d'aonox^ue i haute dose. On eadte, en même temps, la circulation et la caloiilcatioii par les frictions sèches et irritantes, et mieux encore par TappUcatioD penmnenle 4e sinapismes et d'une chaleur artificielle à l'aide de boules, de briques chaades ou de sachets de sable ; tandis que les bains chauds, les bains de Tapeur et les procédés hydrothérapiques ont échoué. Dans ces cas, il m'a para qn*mi large Tésicatoire à l'épigastre était souvent utile, surtout pour calmer les Tomissemenis, qui sont parf<^s trèsH>ptnifltres, qui sont excités par toutes les boissons qu'en donne, quelques malade ne tolérant alors que quelques fragments de glace qnlls avalent avec avidité i cause de la soif excessive qu'ils éprouTent. Les âaWons sanguines sont, dans cette période, toujours nuisibles, f^ailleurs, à supposer qu'elles fussent indiquées, le plus souvent il serait impossible de retirer du sang en laiBon de la coagulation de ce liquide dans les vaisseaux.

Les moyens précédemment énumérés nous ont beaucoup mieux réussi à produire la réaction qu'une foule de médicaments qui cmt été tour à tour préconisés pendant les dernières ^idémies : tels sont notamment le stacbys analelica, le hachisehy le chlorolbrme^ le sd marin, les mercunaux, et lastrychmne, proposée par M. Abeille. Quelques personnes ont pensé aussi à modifier la surisce ioteslânale, et par conséquent à tarir k sécrétion morbide dont elle est le siège, à VsMe du nitrate d'argent en lavement, â la dose de ^ centigrammes, et en potien i k dose de 5 centigrammes. M. Barth â Paris, et en Allemagne M. bn. LéTj, parsâssent en avoir obtenu quelque avantage : c'est donc un moyen qui mérite d'être expérimenté encore.

L'énergie des divers moyens employés devra diminuer au fur et à ■Msore que la réaction surviendra. Lorsque celle-ci est complète et modérée, on doit se bomsr à prescrire au malade des boissons douces, acidulées, tempérantes; si la réaction est incomplète, si un peu de cyaftose persiste, on insistera sur le traitement stimur lant et tonique ; lorsque, au contraire, la réaction est trop vive, il fiant la modérer par l'emploi des ant^hlogistiques, par la saignée générale et locale ; mais on doit Q'employer ces moyens qu'avec la plus grande prudence et avec beaucoup de réserve. Le régime antiphlogbtique, eoknbiné avec lés révulsifr et les Tésicants, convient encore dans la première période de la réaction typhoMe ; mais lorsque les symptômes adynamiques prédominent, il faut revenir dé nouveau à remploi des ioniques, et surtout du quinquina.

Il est un symptôme toujours très-péniUè pour les malades, ce sont les crampes; on les modère souvent par dés frictions sèches, par des^applicationB narcotiques, par les plaques aimantées, et suriiout parle chlorolbrme mis sur la peau recouvrant les muscles endoloris.

L'idMorption étant languissimtë et peut-être nulle dans quelles cas de choléra

DE L'HYDRO-ENTÉRORRfiÉE. 833

algide, on a eu la pensée d'ii^ecter les médicaments dans les eînes : c'est ainsi que Ton a introduit directement dans le sang, à Taide de la srringue d'Anel, de Teau pure ou salée, de Topium, de la belladone, du sulfate de quinine. Cette méthode hardie, qu'une graTité excessive de la maladie pourrait seule Justifier, n'a pas encore donné de résultats satisfaisants, et il serait au moins prématuré de formuler sur sa yaleur une opinion un peu précise.

Prophylaxie. ^ 11 n'existe aucun moyen prophylactique contre le choléra ; les lazarets et les quarantainesont été aussi inutiles que les fumigations de chlore, et que l'emploi du camphre, des aromatiques, des désinfectants, etc. ; mais il est utile que les malades ne soient pas réunis en trop grand nombre, que les salles soient bien Tcntilées, que ceux que leur devoir retient près des cholériques observent les règles d'une bonne hygiène.

Nature. — Il est inutile de discuter ici la valeur de toutes les opinions qu'on a émises sur la nature du choléra asiatique. On l'a considéré comme une irritation ou une inflammation gastro-intestinale, assertion que Touverture des cadavres ne confirme pas. D'autres y ont vu une asphyxie, une fièvre algide, une altération de l'innervation générale ou du grand sympathique, enfin un empoisonnement. Gett3 dernière opinion est la plus soutenable, si l'on a égard i la cause probable de la maladie, aux symptômes qui la caractérisent et qui établissent entre elle et certains empoisonnements une similitude parfaite. Quoi qu'il en soit, ce sont là tout autant d'hypothèses, et dans l'impossibilité o^ nous sommes de pénétrer la nature de la maladie, nous devons, pour la classer convenablement dans le cadre noso* logique, avoir surtout égard au symptôme prédominant, c'est-À-dire à l'exhalation intestinale : voilà pourquoi nous avons encore rangé }e choléra asiatique dans la classe des sécrétions morbides.

De l'hydro-entérorrhée.

Un flux de liquide transparent, complètement aqueux et sans mélange de bile ou de mucosités, peut se faire par l'anus. Morgagni, voyageant en poste pour aller visiter un cardinal malade, éprouva des déjections formées par un liquide presque limpide. Des faits semblables ont été rapportés par Marc. Donatus, Car. Piso, Potérins, etc. Un de mes anciens maîtres, Caillard, médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris, éprouva un Jour, à la suite d'une commotion violente occasionnée par une chute, l'acddent que Morgagni avait observé sur lui-même, et l'on sait que le grand Haller perdait souvent, sous l'impression des premiers froids, 1200 grammes d'un fluide aqueux.

La maladie a presque toujours une durée courte ; cependant Caillard éprouva l'évacuation séreuse dont Je parle à diverses reprises et pendant plusieurs mois consécutifs*

La quantité de liquide évacué a été plus ou moins considérable : Morgagni en rejeta 8 kilogrammes en douze heures, et chez le malade de Potérius, elle se serait, dit-on, élevée à 20 kilogrammes dans l'espace seulement de vingt-quatre heures.

Cette excrétion ne s'accompagne presque d'aucune douleur de ventre ; parfois même, comme Je l'ai vu chez le médecin de l'Hôtel-Dieu, il n'y a eu aucune espèce de souffrance; mais les malades ont été très^-affaiblis : Morgagni rapporte qu'il devint aussi maigre qu'il l'eût été après une longue et grave maladie; chez tous cette faiblesse persista pendant un temps assez long.

%u DES flÉcaftnoiia stiŒUSs^

11 est impoiaible êe dëtenniner f«el êat l*<Nrgtne qsi a BÔcrété le liquide. Quelques penoanes ont cru que c'était le ptttciéas; nea. Jusqu'à présent, ne peut Justifier cette opinion) et il n'est «utuûe raison pkuébk qui puisse fsiie attribuer le fktt séreux, plutét au pancréas qu'à rappareU H^liculaire du caod intestinal.

On peut rapprocher des cas précédents certains fluM séreux des organes digestif, qui ont Jugé i^nsieurs hjdropisiea. On a tu des îndiTidus être débarrasi^ d'anasarqne après crdr éprouvé des wMBÎssedients aJbondants et des déjectioDs d'une sérosité claire, citriae, oBctueuae; évidemment il y a eu ici une métastsse, et tout porte à penser que le fluide résorbé a é4é exhalé par la oioquefise gastro-intestinale. Les auteurs parlent encore de quelque» autres tku séreux sur la nature desquels nous ne possédons aucun renseignement précis^ et dont l'existenee est tout an moins problématique^ Telles sont, par axanpley oes éitrriiées que l'on a dit être )^irednites par l'urine, par le lait, ou par une matière graissensei

On n'est pas encore fixé 8«r le mode de tcaièement qaHl oonrient d'adopté coatre les flux séreux des organes digeatife. Il en est qu'il laut respecter : tels sont ceux qui Jugent une maladie grave, coame une hjé ropisie. QoaAt au ilui séreux dont Morgagm fut luM&éme affiaetéy noua croyoM que lorsqu'il a lieu exdusivement par l'anusi, l'ipécacuanha peut k diminuer ou le suspendre; dana les cas où il n'y a que veiwinenieat, on purgattf serait paéféral^ Lorsque les ftux se sont effectués à la fois par haut et par bas, les évaouanta sont nuisibles : il paraît que, dans ce cas, on a retiré de boas effets des cordiaux et de l'opiuiB à l'intérieur, en méase temps que des rémisifs étaient poosneaés à la suHcce du corps.

EXHALATIONS SÉREUSES M!^ OIIOAlftS OiHITAUX DE LA FEMIâE.

Les organes génitanx de la Isnmie sont parfois le siège d'une exlnlation séreuse qui peut s'effectuer pendant Vétat de vacuité de l'utéras ou pendant la giosiiesbe ; dans l'un et Vautre cas^ on voit tantôt le fluide séieui être évacné au dehors, tantdt être retenu dans la cavité mlérine. Les exemples de flux aqueex par les organes sexuels de la femme sont excessivement rares. Femel, Baadelocque et phisienB autres auteurs ont cité néanmoins des fkits prouvant que les fenmes ont pu, pendant plusieurs années consécutives, rendre, vers chaque époqne menstrodk, quelques litres d'mi fluide aqueux, sans qu'il en résultât ancim dérangement grava de la santé : c'est tout au plus si les malades accusaient alors un léger malaise ^ un sentiment de chaleur ou de cuisson vers les parties sexuelles, sans changement notable dans la forme et dans le volinne de l'utérus» Ceci exclut l'idée qu'avait Désormeaux, que les liquides étaient accumulés et retenus quelque temps dsns l'utérus a^'ant d'être excrétés, comme cela arrive dans la mala^iî^ qœ nous dédirons bientôt sous le nom d*hydramétre.

Il faut rapprocher de la maladie précédente le flux aqueux qn'on observe ches quelques fommes grosses, surtout dans les derniers temps de la gestation : c'est ce que les accoucheurs désignent sous les noms d'Aydrorrftée ou de /hosast enax. Le liquide s'échappe goutte à goutte ou par flots, sans souffrance pour les malades, et îndépendanunent de toute contraction utérine. L'écoulement se &it souvent pea* dant le repos de la nuit : cependant, règle générale, ka mouvements du corps et les émotions le provoquent ou Texcitent. Le plus sowent ce ftux n'exerce nucane

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