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DES EXHALATIONS 86RE0SES

ÎDfluenee fâcheuse sur la groesetse. Les auteurs ont fait beaucovip de suppositiom pour expliquer Forigine des fausses eaux : les ims ont era qu'elles provenaient d*uné hydatide rompue ou de l'allantoîde ; les autres les font Teiiir de l'amnios, soit que les membranes se soient décldrées, soit que le liquide ait filtré à traters elles. Cependant Nttgele a émis une opinion qui nous parait deroir être adoptée : cet illustre accoucheur pense qne le liquide est exhalé par k hce ihteme de Tutéms, et qull s'accumule pendant quelque temps entre elle et les membranes décollées ; puis la quantité de l'épanchement augmentant, les membranes sont décollées jus^ qu'au col utérin, à travers lequel le Hquide s'écoule. Lorsque cet accident a Heu, on devra conseiller le repos dans la position horisontale.

Le plus fréquemment, le liquide séreux exhalé dans Totérus, surtout pendant Tétat de vacuité, est retenu plus ou moins longtemps d«is l'intérieur de Torgane, avant d'ôtre évacué au dehors ; l'utérus augmente alors de volume et te distend. C'est à cette accumulation de sérosité qu'on a donné les noms é*hydromètrej à* hyérométrie, é'OKite ou d'hyàropiHe de rwtéms, maladie excessivement rare, niée môme par quelques-uns, mais dont l'existence néanmoins nous parait établie par des faits incontestables. Nous ne distinguerons que deux espèces d'hydrométrie, suivant que l'accumulation de sérosité s'opère dans un utérus vide ou dans l'organe distendu par le produit de la conception. Nous ne parlerons donc point ici de Vkydrùmètre hydnti^ d'Astrue et de Sauvages, car c'est une maladie essentiellement distincte de celle dont il s'agitici, puisqu'elle est constituée par la présence d'une ou de plusieurs hydatides dans la cavité de Torgane (voyez dans le tome II l'histoire des hydatides). Ente, à l'exemple de M. P. Dubois, nous n'admettons pas Vhydromèlre celMense de J. P. Frank, dans laquelle le liquide serait épanché dans les parois utérines, opinion que cet illustre médecin n'a appuyée que sur un fait incomplet, lequel nous paraît être d'ailleurs un cas de kyste bydatique développé dans l'épaisseur des parois ou dans la cavité même de l'utérus.

i^ Eydromètre hors de VéUxt de grossesse, — Sympt6mefl. Iffarche. — Pour que la sérosité s'accumule dans la cavité de l'utérus hors l'état de grossesse, il faut le concours de deux circonstances, savoir : l'occlusion de l'orifice utérin et une augmentation de la sécrétioti utérine. Le col de l'utérus peut cesser d'être perméable par suite d'une inflammation adhésive ou de l'engorgement et de la dégénérescence squirrheuse de ses parob, de leur compression par une tumeur extérieure ; ou bien encore l'orifice peut être bouché par une membrane, par un polype, par un caillot fibrineux, par du mucus épais, tenace, etc. On a aussi admis qu'un resserrement spasmodique du col pouvait produire le même effet; mais rien ne justifie cette opinion, qui, d'ailleurs, est trés-peu probable. Quoi qu'il en soit, lorsque les conditions organiques que Je viens d'indiquer existent, si la face interne de l'utérus devient le siège d'une exhalation séreuse ou séro-muqueuse, une sorte d'hydropisie a lieu. Jusqu'à présent, il a été impossible de découvrir quelles sont les causes qui favorisent ou déterminent cette supersécrétion.

Symptômes. — Lorsqu'une certaine quantité de liquide s'accumule dans l'utérus, celui-ci offre un volume proportionné à l'abondance de l'épanchement; l'hypogastre est saillant; de la pesanteur et des tiraillements se font sentir aux aines et vers les reins. En palpant l'abdomen, on seut une tumeur plus ou moins volumineuse située sur la ligne médiane ; elle est entièrement mate et fluctuante ; le dmgt introduit dans le vagin, et porté Jusque sur le museau de tanche, imprime des mouvements à cette tumeur, et il est fkcile de s'assurer qu'elle est constituée parle corps même de l'utérus. Les règles sont généralement supprimées, surtout

û la maladie est ancienne. Lorsque cdle-ci ne se rattache à aucune lésion orpnique grave, les fenunes peuvent conserver leur embonpoint et leurs forces; elles n'éprouvent d'autres inconmiodités que celles qui résultent d'une augmentatiao dans le volume du ventre produite par une tumeur qui, eu comprimaut les vusseaux du bassin, peut finir par amener l'infiltration séreuse des membres inlérieurs. Après un temps plus ou moins long, le liquide peut s'écouler au dehtm, tantôt peu à peu, d'autres fois brusquement. Il est rare qu'il soit complètement séreux : le plus souvent, en effet, il est mêlé à des mucosités et à des caillots fibrineux, ou du moins il est plus ou moins coloré par du sang. Cependant nous n'avons encore, à ce sujet, que des renseignements peu précis. Le liquide une fois évacoé, l'utérus revient peu à peu à son volume normal. Une guérîson radicale peat nkxn avoir lieu, à moins que la cause première ne persiste : dans ce cas, la maladie récidive.

Suivant M. Jobert, l'bydrométrie pourrait être bornée au col utérin. Cette partie serait alors tuméfiée, son orifice serait oblitéré, et il s'en écoulerait de tempe ea temps un liquide séreux plus ou moins abondant. C'est là un point de pathologie encore peu connu et qui attend de nouvelles recherches.

Diagnostic. — L'hydromètre pourrait être confondue avec la grossesse, avec . les tumeurs solides de l'utérus, avec la physométrie, les kystes des ovaires, arec l'ascite et la distension de la vessie. L'ampliation de l'utérus par de la sérosité peut s'accompagner de la suppression des règles, d'un bruit de soufOe abdominal à cause de la compression exercée sur les vaisseaux, d'une augmentation dans le volume des seins, et de quelques phénomènes sympathiques qui pourraient simuler k grossesse. Cependant on ne distingue pas, comme dans celle-ci, ni le hallo^lemeot, ni les battements du cœur du fœtus; enfin, on perçoit de la fluctuation, ce qui a'ê^ pas lieu dans l'état de grossesse simple. Les tumeurs squirrheuse ou fibreuses, étant dures, bosselées et très-pesantes, ne pourront Jamais être prises pour une hydromètre. Nous verrons plus tard qu'il est facile de distinguer la maladie de la physométrie et des kystes de l'ovaire. Le diagnostic diffc^rentiel de l'ascite et de rhydromètre ne présente aucune difficulté ; car, dans la première, la fluctuation est superficielle, tandis qu'elle est profonde dans l'autre. On peut déplacer la nyOîté de l'ascite, tandis qu'il est impossible de le faire pour Thydropisie de l'utérus ; la forme de la tumeur, sa situation près de la ligne médiane, et les résultats du toucher par le vagin et par le rectum, permettront d'établir le siège véritable de la maladie. Enfin, c'est par les mêmes éléments de diagnostic, et en s'aidaut du cathétérisme, qu'on distinguera l'bydromètre d'une tumeur formée par la vessie. Le diagnostic de l'affection une fois établi, il faut rechercher par l'étude des antécédents, et surtout à l'aide du toucher et du spéculum, si l'hydromètre se lie i quelque lésion organique. Cette connaissance importe beaucoup pour le pronostic et pour la thérapeutique.

Pronostic. — Le pronostic est favorable si l'utérus est sain. Il est grave si rhydromètre est symplomatique d'une lésion organique.

Traitement. — Tout le traitement consiste à évacuer directement le liquide. On conseillera d'abord les ii^ections et les bains pour ramollir le col ; puis on introduira dans celui-ci un morceau d'épongé sèche qui, en s'imbibant, dUatera l'orifice. 11 suffit aussi parfois d'une forte pression sur l'utérus ou d'une secousse violente, telle que celle que des vomissements produisent, pour amener l'écoulement rapide du liquide épanché. On a encore conseillé d'introduire sans effiurt une £OQde, un stylet, pour déplacer une tumeur ou vaincre un obstacle peu résistant

Enfin, dans les cas extrêmes, on a dit d'inciser ou de ponctionner le col ; mais l'expérience n'a pas encore prononcé sur l'utilité de ce moyen. Quoi qu'il en soit, le liquide étant évacué, on cherchera à empêcher une nouvelle exhalation, en comprimant le ventre et en excitant d'autres sécrétions.

2* Hydromètre pendant la grossesse. — Cette espèce d'hydromètre est constituée par une augmentation plus considérable que de coutume du fluide amniotique. On ignore absolument les causes qui produisent cette supersécrétion; toutefois, dans quelques cas, elle a paru être le résultat de la pléthore sanguine, et elle a présenté dans son développement le caractère d'une hydropisie active. Rare avant le cinquième mois, on l'a surtout observée dans les grossesses doubles. Certaines maladies du placenta peuvent la produire : c'est ainsi que, dans un cas d'hydromètre que j'ai vu en 1849, une moitié du placenta était indurée et ressemblait beaucoup par son aspect extérieur, et surtout à la coupe, à la camification du poumon.

Dans l'hydromètre, le ventre acquiert rapidement un volume considérable, et souvent au cinquième ou sixième mois de la grossesse, l'utérus est plus distendu qu'il ne l'est communément à la fin du neuvième ; il remplit toute* la cavité du ventre et refoule le diaphragme. Cette distension amène souvent un état de malaise et produit même des douleurs plus ou moins vives. Les parois utérines doivent alors être réduites souvent à une ténuité excessive, à en juger par la facilité avec laquelle on perçoit la fluctuation. Je l'ai vue une fois aussi superficielle et aussi manifeste que si le liquide avait été épanché dans le péritoine ; mais, en pareil cas, la forme du ventre, qui dessine exactement la tumeur utérine, le refoulement des intestins en arrière et latéralement, l'impossibilité de déplacer le liquide, et par conséquent la matité, empêcheront, indépendamment des lumières que fournira le toucher vaginal, de prendre pour une ascite l'hydromètre survenue dans le cours de la gestation.

La distension extrême que l'utérus subit a souvent pour effet de provoquer l'avortement ; d'autres fois la. grossesse arrive à terme, mais le fœtus nait faible et chétif ; enfin beaucoup d'enfants meurent dans l'utérus à une époque plus ou moins avancée de la gestation, et sont expulsés plus ou moins longtemps après. L'hydropisie de l'amnios a surtout des effets fftcheux pour le fœtus. On conçoit qu'elle expose la femme aux ruptures utérines, et après l'accouchement aux hémorrhagies passives par inertie ; cependant rien n'est encore démontré à cet égard.

L'art est à peu près impuissant contre cette maladie ; une fois déclarée, rien ne peut guère en entraver la marche. Lorsque, la distension de l'utérus étant considérable, les fenunes éprouvent une grande anxiété, lorsque les digestions et l'hématose sont troublées ou empêchées par la compression et le refoulement vers la poitrine de l'estomac et du diaphragme, il devient urgent d'évacuer les eaux de l'amnios. Pour cela, on ponctionnera la poche amniotique par le vagin et à travers le col, ce qui est, sans contredit, préférable à la ponction faite entre l'ombilic et le pubis, conseillée par Camper et par Scarpa.

838 DBS StCB&TH>N8 MUQUEUSES.

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