DE LA DIARRHÉE CATARRHALE
Le tube intestinal est, de tous les organes de Téconomie animale, celai qui est le pius souvent affecté de flux catarrhal. Cette fréquence s'explique par retendue des surfaces, la nature des fonctions et les rapports sympathiques qiû Henl Vlntestin avec le tégument externe.
Symptômaa. — La diarrhée catarrhale est caractérisée par des déjections liquides, JaunAtres, muqueuses, plus ou moins abondantes, ayant lieu le plus souvent sans coliques. Chez quelques malades, les selles sont précédées de douleurs dam le ventre, mais celles^i n'ont Jamais l'acuité des coliques que l'entérite détermine ; on n'observe pas non plus le ténestne que nous avons noté dans la dysenterie ; il n'y a Jamais de fièvre ; les fonctions digestives peuvent être intactes, d'autres kàs l'appétit est diminué et les malades se plaignent d'une soif très-vive ; le rentrée^ un peu sonore et le siège de quelques gargouillements. Mais le symptOme prédominant après la di^rhée est une faiblesse plus ou moins grande, proportionnée à Tabondance des évacuations. Néanmoins elle n'est pas comparable à celle qui existe presque constamment dans les dysenteries, même dans celles qui sont lei plus bénignes ; il y a souvent un peu d'amaigrissement. La diarrhée peut suivre une marche aiguë ou chronique, se terminer en un ou quelques Jours, ou bien se prolonger durant plusieurs semaines avec des alternatives : elle est très-sujette i récidiver.
Diagnostic. — La diarrhée catarrhale diffère de l'entérite par l'absence complète, ou presque complète, de douleur et de fièvre, et parce que, dans la plupart des cas, les fonctions de l'estomac continuent à se faire : aussi la nutrition est-elle généralement peu altérée. La considération de cette dernière circonstance sert d'une grande utilité pour distinguer la diarrhée catarrhale essentielle, celle qui ne consiste qu'en une simple exagération de la sécrétion fbUiculcuse, de la diairhée
DB U. DIARftHte GATARBQàLB. 847
qui se lie à rexlsteoce d'ulcétationt iotettiiiaka, oa qui et! sjfnifiioinatiqiie d'ua lamoUûsem^al de la iDembf»iie muqueufie,
Pvonoatie. -*- La diarrhée catarrhak, telle q«e noua la cemprenont ici, est une affection toi^ours bénigne. Elle ne pourrait devenir grave que dans le Jeune âge ; mais presque toujours alors la diarrbée se lie A quelque altération matérielle de l'intestin.
Cam— > -« La diarpbée eatarrbale est ooe affection commune à tous les âges. On l'observe spécialement chez les étrangers, dans le premier temps de leur séjour dans quelques grandes villes, comme Paris, Londres, Amsterdam. Ce petit accident est provoqué bien moins par l'eau, qu'on accuse communément, que par le concours de plusieurs autres circonstances, telles que l'bumidité et le changement de régime. Le froid est une cause dont l'action est incontestable : on voit fréquemment des individus être pris de flux muqueux. atoniques vers le tube digestif à la suite d'un refroidissement des pieds ou de tout le corps, oi; après l'ingestion dans l'estomac d'une certaine quantité d'eau froide pendant que le corps est en aueur. Aussi cette maladie est-elle conunune chez les chauffeurs et Les soutiers des bateaux à vapeur, qui passent souvent brusquement d'une température de 40 à 50 degrés à celle de l'air extérieur ; c'est ce qui résulte d'un travail intéressant inséré en i841 dans la Mevue médicale j par M. Renault, chirurgien de la marine. Enfin, il est des diarrhées catarrhales à marche chronique, qui sont entretenues par une alimentation grossière, de mauvaise qualité, ou par le séjour habituel dans des lieux humides ou dans ceux dont l'atmo^hère est chargée de miasmes : c'est ce qui arrive, par exemple, pour les vieillards et les enfants qui s^ou ruent dans les salles d'hOpital*
La diarrhée eatarrbale est un accident commun dans le Jeune âge, surtout chez les enfants à la mamelle : le travail de la dentition, des écarts de régime, une alimentation ou trop substantielle ou insuffisante, l'usage du biberon, et les autres causes que nous avons précédemment énumérées, senties circonstances qui Jouent le principal rôle dans la production de la maladie.
Traitement. — Si la diarrhée eatarrbale ne cède pas en quelques Jours à l'usage des mudlagineux et des opiacés aidés du régime, on devra recourir aussitôt aux astringents et aux toniques. Ainsi on fera dissoudre dans de l'eau de riz de \ & 5 granunes de cachou ; on donnera l'extrait de ratanhia, ou l'infusion de columbo, ou celle de quassia amara et de simarouba, le vin vieux, la thériaque, le diascordium, et une légère macération de quinquina à froid. Le sous-nitrate de bismuth pourra être également utile ; on le prescrit à la dose de 12 à i5 grammes et plus chez l'adulte, à celle de 4 à 8 grammes et au delà chez les enfants au commence* ment des repas^ Enfin» contre les diarrhées qui résistent à ces nooyens, on oppose souvent avec avantage un purgatif salin ou amer, comme la rhubarbe, ou bien les substances balsamiques, qui agissent en modifiant la sécrétion des follicules muqueux. Beaucoup de diarrhées chroniques, tenant à un mauvais régime ou à une habitation insalubre, cèdent lorsqu'on change les conditions hygiéniques. Quand les flux diarrhéiques reconnaissent pour cause l'impression du froid humide, on devra couvrir le malade de flanelle, protéger le ventre avec une ceinture de laine ou de peau ; les pieds seront tenus constamment à Fabri par des chaussures convenables. Ainsi il a sufQ plusieurs fois, pour obtenir une guérison très-rapide, de faire porter des sabots ou des chaussures de caoutchouc à des individus qui, ayant habituellement les pieds dans rhumidité, éprouvaient une diarrhée inter- Biinable qui avait résisté à toutes les médications. D'ailleurs, quelle que soit la
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cause de la diarrhée, les fonctions de la peau derront toujours être excitées, nonseulement par des vêtements conyenables, mais encore par des frictions sèches oo aromatiques, et par l'emploi de bains stimulants, et surtout par des bains solforem.
DE LA LEUCORRHÉE.
. STROimii. « Flueun oa fleort bluieliet; /Cnor wApr^wrium mtuH^rù, mtenstnia aitt mmmmrhagit «Aa;
CAtarrhe utéiin.
Les mots leucorrhée ou fktmrs blanches ne désignent pas, comme leur sens étymologique pourrait le faire croire, tous les écoulements non sanguins qui se font par la yulve ; mais on ne doit comprendre sous ces deux dénominations que les écoulements blancs, chroniques, auxquels sont sujettes certaines femmes qui ne présentent d'ailleurs aucune lésion matérielle appréciable de l'appareil génitsL
Caractères anatomiqnes. — Nous n'avons pas de renseignements positîb sur l'état anatomique des organes génitaux chez les femmes qui succombent avec de la leucorrhée. On dit que la membrane muqueuse du vagin et de l'atérus est quelquefois livide ou violacée ; ordinairement elle est pâle, et ne présente d'ailleurs aucune altération d'épaisseur ou de consistance. L'écoulement leucorrhéique est fourni le plus souvent par le vagin et par le col, un peu moins souvent par la lace interne du corps de l'utérus ; enfin, dans des cas extrêmement rares, il l'est, dit-on, par les trompes de Fallope.
Symptômes. — Les symptômes de la leucorrhée se divisent en hctoix et en généraux.
1« Symptômes locaux, — Il se produit par les parties extérieures de la génération un écoulement muqueux, blanc-jaune ou verdâtre, inodore ou d'une odeur fade. Il est parfois aqueux ; mais dans près de la moitié des cas n est albumineux et transparent ; d'autres fois sa transparence est moins complète, et il est plus ou moins strié de gris, de bleu ou de jaune ; enfin, il peut être tout à fait opaque, crémeux ou caséeux. L'aspect, les qualités physiques et la quantité de Técoulement leucorrhéique varient beaucoup, chez la femme, et cela souvent d'un instant i l'autre : ainsi une température humide et froide, l'usage de certains aliments, les passions tristes, l'approche des règles, etc., augmentent en général les flueors blanches, qui deviennent en même temps beaucoup moins albumineuses. L'abondance de l'écoulement varie beaucoup : il est des femmes qui sont à peine mouillées ; chez d'autres, au contraire, il y a un suintement continuel très-incommode, aussi les malades sont-elles obligées de se garnir conmie lorsqu'elles ont leurs règles. On a vu des femmes perdre dans une seule journée plusieurs livres de liquide. Beaucoup des femmes qui ont de la leucorrhée se plaignent de prurit i la vulve, de pesanteur à l'hypogastre, de tiraillements aux aines, à la partie supérieure et interne des cuisses, dans les lombes, à la région sacrée et vers les reins. Si l'on examine l'état des organes sexuels, on trouve que les parties extérieures sont pâles, flasques ; le vagin semble plus large ; sa muqueuse est pâle ou bleuâtre ; le col paraît parfois boursouflé ; l'orifice est béant lorsque l'écoulement arrive de l'utérus. La peau de la vulve et de la partie supérieure des cuisses est parfois rouge ou même excoriée par suite de l'âcreté qu'acquiert momentanément la matière de l'écoulement. Enfin, on a dit que les femmes leucorrhéiques étaient indifférentes aux plaisirs vénériens, et que d'autres tombaient dans un excès contraire. Cependant on n'a à ce sujet aucune donnée certaine, et dans ce cas, on n'a pas toujours fait la part exacte du tempérament ou des habitudes, et celle qui n'appartient
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qu'à récoulement lui-même, ou plutôt aux lésions diverses dont la leucorrhée peut être le symptême.
2<» Sympiômes généraux. — L.orsque la leucorrhée persiste depuis quelque temps, les femmes pâlissent ; leur teint devient terne ; les chairs sont flasques, les forces diminuent; les malades tombent dans un état de langueur ; elles ont souvent des tiraillements, des douleurs névralgiques vers l'estomac ; elles ont de Tinappélence ou bien elles éprouvent le besoin de prendre des aliments f^quemment, mais elles sont vite rassasiées ; les digestions sont lentes, pénibles : il y a parfois des appétits bizarres; enfin, les malades sont essoufflées ; elles ont des palpitations, de la céphalalgie. Dans ces conditions, on voit communément les règles diminuer d'abondance, se suspendre ou devenir irrégulières. Enfin les femmes finissent par éprouver tous les troubles qui accompagnent conmiunément la chlorose.
Formes. Marche. Durée. — Les symptômes précédents se remarquent à différents degrés dans la plupart des leucorrhées. Cependant ils ne caractérisent que l'état chronique, qui est, à vrai dire, k forme habituelle de la maladie. Dans quelques cas pourtant, la leucorrhée, surtout lorsqu'elle débute brusquement, produit quelques accidents aigus ou d'excitation. Ainsi le prurit de la vulve est parfois insupportable ; il y a des ardeurs en urinant, une setisation de chaleur, de pesanteur dans le vagin ; les femmes ressentent une douleur gravative, incommode, à rhypogastre et vers les flancs ; l'écoulement est d'abord séreux ; au bout de quelques Jours, il prend de la consistance et devient Jaune ou opaque. Enfin, après quelques semaines, l'écoulement tarit, ou bien la maladie passe à l'état chronique.
La leucorrhée a une durée variable : elle peut persister plusieurs mois, plusieurs années, et se prolonger même pendant toute la vie des femmes. Dans ces cas, l'écoulement, toi^urs continuel, offre de nombreuses irrégularités pour l'abondance, la couleur, l'odeur, la densité ; changements qu'on ne peut pas toujours expliquer par les conditions hygiéniques ou individuelles. La leucorrhée peut être périodique : on la voit, par exemple, être pendant plusieurs années supplémentaire du flux menstruel. Ces faits, sans être fréquents, ne sont pourtant pas trèsrares.
. Accidents conséctttillB. Terminaisons. — La guérison est la terminaison ordinaire de la leucorrhée ; elle a lieu le plus souvent spontanément. D'autres fois les flueurs blanches cessent chez les Jeunes filles aussitôt après l'établissement des règles et chez les femmes après un accouchement, etc. On cite encore des cas où la leucorrhée aurait cessé après des selles ou des sueurs abondantes, après une saliyation, ou à l'occasion d'une maladie aiguë. On a dît que les flueurs blanches pouvaient se terminer par la mort ; mais je ne connais aucun lait authentique qui le prouve. Nous croyons que dans les cas qu'on invoque il a dû exister quelque lésion organique, ou bien quelque complication qui a passé inaperçue.
On a regardé les flueurs blanches habituelles comme pouvant produire diverses maladies de l'utérus et du vagin, et notamment un prolapsus de ces organes, ou bien une affection cancéreuse ; mais si la première de ces opinions est probable, la seconde ne l'est certainement point. On a encore accusé les flueurs blanches d'être une des causes de la stérilité de certaines femmes ; on a aussi prétendu que, lorsqu'elles devenaient mères, les enfants étaient rachitiques, scroftileux et aveugles ; aucune de ces opinions n'est Justifiée par l'observation ; d'ailleurs eût-on noté plus souvent ces accidents chez les leucorrhéiques que chez les femmes bien portantes, il resterait encore à déterminer s'il ne conviendrait pas de les rapporter plutôt à l'afflûblissement de la constitution qui précède et qui produit souvent les
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flueurs blanches qu'à la leucorrhée elle-inéme. L'homme qui cohabite avec une femme atteinte de leucorrhée simple court-il quelque danger? Est-il Trai, par exemple, qu'il puisse contracter une blennorrhagie ? C'est là un point de doctiine extrêmement délicat. Au point de vue scientifique, il importerait que cette que^ tion fût résolue ; cependant la chose n'est pas nécessaire en pratique; car, qudie qu'en fût la solution, le repos des familles exige assez souvent qu'on se serre da prétexte d'une Acreté particulière de certains écoulements leucorrhéiques on dn flux menstruel pour expliquer beaucoup de blennorrhagies de rhomme, et pour voiler ainsi les fâcheux résultats d'une infidélité. Je crois d'ailleurs qu'un flux leucorrhéique souvent assez Acre pour irriter la peau de la partie interne des cuisses de la femme elle-même, doit pouvoir, étant mis en contact avec la muqueuse uréthrale, provoquer une phlegmasie qui toutefois n'a rien de spécifique. On conçoit que lorsque l'écoulement leucorrhéique est très^abondant, et qu'il persiste un grand nombre d'années, l'économie s'y soit jusqu'à un certain point habituée, et que peut-être alors il y aurait inconvénient à le supprimer trop brusquement. Cependant il ne faut pas, à beaucoup près, accepter comme partaitement observés les faits assez nombreux rapportés dans les auteurs, où la disparition d'une leucorrhée ancienne aurait donné Ueu aux maladies aiguës et chroniques les plus graves ; le plus souvent dans ce cas il n'y a eu que coïncidence.
Diagnostic — Il y a une foule d'affections aiguës et chroniques de la vulve, du vagin et de l'utérus qui produisent un écoulement blanc, jaune ou vert, plus ou moins abondant ; mais on distingue cet écoulement de la leucorrhée proprement dite par la marche, par les symptômes concomitants, et surtout par les résultats que fournissent le toucher et l'exploration à l'aide du spéculum. Cet inslmment peut seul démontrer si l'écoulement est fourni par le vagin ou par l'utérus, ou bien s'il provient à la fois de ces deux sources. Le mucus fourni par la cavité utérine est alcalin, et présente d'ailleurs des qualités différentes, suivant qu'A a été sécrété par la cavité du corps ou par celle du col. Dans le premier cas il est liquide, transparent, un peu filant ; dans le second il est albumineux, très-gluant, transparent ou opaque. Le liquide sécrété par le vagin, ayant toujours une réaction acide, a des propriétés physiques bien différentes ; il est, en effet, blanc, crémeux, caillebotté. On comprend aisément que s'il existe une phlegmasie, le liquide sera plus ou moins modifié dans son aspect à cause de son mélange avec du muco-pus.
Les écoulements qui se font par le vagin étant le plus souvent symptooiatiques, on ne doit 'jamais négliger de faire une exploration complète. Mais les moyens dont nous disposons sont insuffisants pour déterminer si un liquide fourni par les organes sexuels a, ou non, une propriété contagieuse. (Voyez l'article B/crmotrhagie,)
Pronostic. — Si la leucorrhée ne compromet pas l'existence, elle n'en constitue pas moins une maladie désagréable pour la femme, et qui entretient souvent chez elle un état maladif des plus pénibles.
Étiologie. — La leucorrhée est une maladie plus commune dans les pays homides et froids que dans les climats chauds; elle affecte aussi plus souvent les femmes des grandes villes que celles de la campagne. Le tempérament lymphatique y prédispose ; cependant on dit aussi que les femmes pléthoriques et celles d'une constitution forte seraient plus sujettes à cette incoomiodité que les femmes grêles. Les autres causes prédisposantes et déterminantes dont l'action est la moins incertaine sont l'hérédité, la compression du ventre par des corsets baleinés; l'abus d'aliments gélatineux, qui produisent l'atonie des organes digestilf ;
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une vie sédentaire, des passions tristes, Thabitation dans des lieux bas et humides ; un coït trop souvent répété, ou le séjour dans le vagin d'un corps étranger, comme un pessaire; l'existence d'oxyures dans le rectum, ou d'hémorrboîdes internes qui entretiennent une fluxion permanente au voisinage des organes génitaux ; les dérangements de la menstruation, les accouchements, et surtout les accouchements avant terme. Enfin, il est des causes pour ainû dire spéciales à chaque individu, et qui n'agissent qu'en vertu d'une idiosyncrasie particulière : tels sont, par exemple, ces cas assez nombreux où l'on voit des fiueurs blanches abondantes survenir après l'ingestion de certains aliments ou de certaines boissons, comme le thé, le café au lait ou le lait pur, certains coquillages, la chair des grenouilles, certains fruits acides, et môme l'eau de certaines sources. On a encore dit que les flueurs blanches pouvaient succéder à la suppression d'un exiitoire ou de certains flux, comme les Bueurs, ou d'une hémorrhagie constitutionnelle ; mais dans la plupart des faits qu'on invoque, la relation entre la cause et l'effet ne nous parait pas être parfaitement établie. La leucorrhée est une affection endémique dans les grandes villes ; elle peut, sous l'influence de certaines constitutions atmosphériques, sévir avec plus d'intensité et revêtir tout à fait le caractère épidémique. On en a recueilli de fréquents exemples pendant une grande partie du dernier siècle ; les principaux sont <;eux observés par les médecins de Breslaa, en 1702 ; par Morgagni, en Italie, €n 1710; par Bassins, à Halle, en 1730 ; à Paris, en 1765, etc.
Traitement. — Un grand nombre de remèdes ont été préconisés contre les flueurs blanches; nous n'indiquerons que les principaux^ ceux dont l'action est la mieux démontrée.
Lorsque la leucorrhée, survenant brusquement, s'accompagne d'accidents aigus, on devra se borner à conseiller le repos, l'usage de bains, d'injections émollientes, une nourriture douce et la continence. Lorsque les flueurs blanches sont anciennes, il faudra rechercher les causes qui ont pu les faire naître, et qui souvent les entretiennent, afin de placer les malades dans d'autres conditions. Lorsque la cause est insaisissable, ou bien lorsque, ayant cessé d'agir, la leucorrhée persiste, il faudra diriger le traitement en ayant surtout égard à l'état général. S'il existe des accidents un peu aigus, on conseillera quelques bains émoUients, des boissons acidulés, et l'on excitera les sécrétions intestinales par l'emploi de quelques purga* tifs ; on pourra associer à ces moyens des injections émollientes. Dès que la maladie est devenue atonique, on choisit des liquides astringents; telles sont les solutions de tannin, les infusions ou décoctions de feuilles de noyer, de ratanhia, les solu«iions d'alun, de sulfate de cuivre ou de linc, et d'acétate de plomb. On pourra aussi, pour avoir une action plus continue, maintenir en permanence dans le vagin des bourdonnets de charpie imprégnés de ces liquides ou bien roulés dans de la poudre d'alun ou de tannin. Ces injections seront portées exclusivement dans le vagin, et jamais dans l'utérus, à cause de la facilité avec laquelle un liquide injecté dans le corps de l'organe peut quelquefois cheminer dans les trompes et s'épancher dans la cavité du péritoine.
Lorsque les injections sont insuffisantes, on a conseillé de modifier la vitalité de la muqueuse par la cautérisation, on choisit généralement le nitrate d'argent.
La leucorrhée ancienne coexistant ordinairement avec un état de faiblesse et d'anémie indique l'emploi des toniques et des amers, comme le quinquina, la gen« tiane, le basilic, les bourgeons de sapin, la mélisse, l'armoise, la plupart des ' labiées, les préparations de fer, les eaux minérales de Spa, de Passy, les douches froides, les bains de mer, les bains sulftireux artificiels ou pris aux sources
mêmes. Cependant, stns le régime, tous ces moyens seraient insoffisants ot même tout à fait impuissants. Il faudra donc conseiller dans ces cas aux malades une habitation sèche, bien aérée, exposée au soleil, l'exercice à pied, une alimentation tonique, des frictions sèches aromatiques et de la flanelle sur le corps.
Quant à Tusage interne des balsamiques, comme le copahu, des astringents de toute e^ce, on ne saurait leur attribuer aucune importance. Les astringents, ec effet, ne peuvent agir que localement, et les balsamiques, très-efOcaces contre k flux du canal de Turèthre, sont sans effet contre ceux du vagin.