DEUXIÈME GENRE DE SÉCRÉTIONS MORBIDES
Le fluide sécrété par les membranes muqueuses peut être exhalé en plus gitnde abondance ; c'est à cet accroissement de la sécrétion muqueuse que les andensont donné le nom de catarrhe.
Ce mot catarrhe n'a exprimé, pendant plusieurs siècles, qu'une idée hypotbé* tique et vraiment absurde. Les médecins grecs et leurs successeurs aupposftîeot, en effet, qu'une matière morbide exhalée dans la tète se dirigeait ensuite yen oAe muqueuse : cependant, depuis F. Hoffmann, les flux muqueux ont été étudiés et interprétés d'une manière plus rationnelle. Ce médecin regardait ces sécièûoni morbides comme se rattachant à une lésion spéciale de la muqueuse, on oQame étant l'effet, la conséquence d'une altération des fluides ; enfin la généralité des pathologistes modernes les ont décrites coomie étant une affection primiliTe de l'organe sécréteur lui-même. Mais on a cessé d'être d'accord lorsqu'il s'est agi de déterminer la nature de la maladie. Pour les uns, le mot csiarrke ne signifie autre chose qu'une inflammation aigué ou chronique d'une membrane moqueuse, tandis que d'autres l'ont réservé pour désigner un flux muqueux survenant indépendamment de tout travail inflammatoire appréciable : c'est le sens que nous lui attar chons. Dans l'état actuel de la science, le mot takurrhe doit donc donner l'idée d'une augmentation accidentelle dans la sécrétion des follicules muqueux, sans que ceax*ci s(ûent actuellement le siège d'un travail inflammatoire.
Les anciens pyrétologistes ont invoqué cette altération de la sécrétion mnqneuae comme constituant le caractère essentiel de certains états fébriles distincti : telles étaient les fièvres catarrhale, muqueuse, pituiteuse. Dans la première, on supposait une affection bornée à la membrane pituitaire^et aux bronches, tanto que, dans les autres, l'altération aurait en outre occupé la muqueuse des organes digestifs. Cependant, si l'on consulte les prindpales relations d'épidémies qui nous oi^ été transmises, go voit que, sons les noms de fièvres catarrhale, muqueuse et pituiteuse, les médecins avaient bien moins décrit une maladie spéciale que des affections diverses régnant sous une même constitution épidémique. D'adHeurs, si dans la fièvre catarrhale simple il existait une altération manifestement inflammatoire de plusieurs muqueuses, ^>écialement de celles des yeux, du nés, de la goige et des voies aériennes, l'affection de ces tissus était bien moins évidente, et le pins souvent nu}me elle était contestable dans les fièvres dites muqueuses ou pitoitenses; ou bien, si elle existait, elle n'était qu'un épiphénomène d'un état général. En effel^ les formes graves de ces prétendues fièvres catarthales appartiennent manifestement à notre affection typhoïde. Enfin^ il est bien certain, comme l'a dit avec raison M. Litlré, que, dans un grand nombre de cas^ une maladie a été dite catar^ rhale, non en raison des symptômes qu'on observait du o6té des membranes maqueuses, mais d'après la considération d'une cause hypothétique, dite catarrhale, dont on admettait gratuitement l'existence.
Les catarrhes, surtout quand ils sont chroniques, sont le plus souvent primitif; mais quelquefois ils succèdent manifestement à une inflammation aigué qui s*esl éteinte et a laissé après elle, dans la muqueuse, une exagération de la sécrétion naturelle du tissu, une sorte d'habitude morbide
.Si8 SfiCfttTIC»» HDQOBUSES. SdH
Le catarrhe est caraotétité par l'6ooaleiiieii< phw ou boûib abendant d'un Hquide inoolof e, filant, visqueux ou bien flocomieni, qui, à metuTe que la naladie est plus aaGseoiid, devient j4us épais, jaunâtre, verdfttre, puis qMque, et prond enfin un aspect purulent dans certaines droonstaoees, loi^ue, par exempte, une altération grave de slrutlure est survenue dans le iissu^ ou lonque celni-d est frappé d'inOamoiatioa. Le Ouîde sécrété exhale une odeur àide, luremept fétide ; a est le^ilus 80Ui«nt alcalin, parlak il nst acide. Yu «u mioroscope, il est tantôt faomogèoe, tantôt il se oempose de gtohules tout à &a semblables à ceux du pus ; de là la difficulté et même rim^œiÛHlité de diiléreiicier ces deux espèces de 11quidea. Les flux muqiieux. s'aeoompagnent de troubles vanablee, suivant la muqueuse aieeléei suivant l'abondance de réconlement, suivant son andeoneté et sa durée. La sécrétion muqueuse ne délermine souvent aucune douleur ; d*autres fois l'organe exhalant est le siège d'u^ peu de dwleur et de prurit ; mais on n'observe presque jamais de symptômes de réaction, ou du moins, quand ii en existe, ils sont très-fiaibles et tout à fait éphémères. Lorsque l'écoulement est an^ den et considérable, on voit les individus pâlir et éomber dans un état de lanceur ; ks chairs sont flasques, la peau se décolore, les digestions se trouvent, la fièvre hectique s'allume quelquefois; enfin, les malades peuvent succomber dans un état d'^rnsement
Les Oux Buiqueux ont une marcbe toès-lirégulière : ils sont sufets à des exacerbâtions que rien souvent n'explique, et dont on trouve la raison parfois daos u^ refroidissement du corps ou dans un abaissement de la température, surtout si elle est en môme tempe bumide : aussi les ca:tarrbe8 s'aggffavent41s pendant rautoumt et l'hiver, tandis que les saisons et les climats chauds les diminuent généralement, fliuelquefois môme ils les font cesser tout à fait.
Lee flux muqueux ont une durée variable ; ils persistent rarement moins d'un nepténaire ; ils sontsqjets à récidiver, et finissent par passer à l'état chronique 4 leur durée est alon indéterminée. Beaucoup d'entre e«x sont compatibles avec un état de santé parfaite ; ils finissent par devenir constitutionnels, et ibiment alon une sorte d'émonototre qu'il Saut surveiUor, et dont la suppresska trop brusque pourrait parfois entrahier de graves acddents.
L'absence de douleur vive et de fièvre, le début souvent brusque de la séciétka muqueuse, ou du sioins les variations presque instantanées qu'elle présente, sool tout autant de caractères qui distinguent les flux muqueux des inflammations des xnembranes mnqoeuses. Ajoutons à cela que k>Esque la sécrétion n'est pas eicessive, les catarrhes sont généralement compatibles avec la santé ; et ce qu'il ja de plus remarquable, c'est que plusieurs troublent à peine, ou méoie ne troublent pas les fonctions de l'organe qui en ert le siège; nous «vous va qu'il n'en était pas 4eDiéme de Vinflammatlon. L'affection catarrhale n'est pas pourtant toujours aussi simple : quelquefois, en effet, elle est symptomatique, ou du moins elle ooexîate «vec quelque grave altération de texture. On soupçonne une pardUe complicatîoii lor^pie l'amaigrisseaient n'est en rapport ni avec l'andennefté ni avec l'abondance de l'écoulement; lorsqu'il existe éea douleurs vives, ou bien encore lorsque le mucus sort mélangé à du sang ndrâtre, lorsqu'il est opaque en qu'on aperçoit à sa surface des stries étroites, irrégulières ou opaques, qui paraissent produites par de la matière purulente. La distinction du pus et du mucus n'est pourtant pas chose toujours facile. Si le mucus est filant, transparent, non miscible à l'eau, on ne pourra certainement pas le confondre avec un pus blanc, opaque, formant émulsion avec l'eau et se précipitant par le repos; mais les cas embarrassants sont ceux
840 D£8 SËGRftTlONS MUQUEUSES.
où la membrane muqueuse exhale un fluide qui a la connstance du mucus el k couleur du pus. Pour résoudre ce problème, on a proposé l'inspection microscopique et une foule d'expériences chimiques ; mais nous ayons vu que si quelques mucus, conmie celui de l'utérus, sont homogènes et dépourvus de globules, tous les autres contiennent des globules identiques avec ceux du pus, ils sont seulement un peu inoins nombreux. Les expériences chimiques n'ont fourni non plus, Jusqu'à présent, que des données très-incertaines. D'ailleurs, comme le dit avec betncoup de raison Bérard, ces recherches n'offrent aucune utilité ; car oa ne peut, à la simple inspection, dire si le mucus est mélangé ou non à du pus. Si, en effet, une muqueuse fournit un liquide ayant encore une certaine viscosité ; si, sans être diffluent cooune le pus, il donne néanmoins à l'eau À laquelle on le mêle une couleur d'un blanc jaunâtre;^ l'on y reconnaît un plus grand nombre de gtobules qu'il n'y en a normalement dans le mucus, il faut en conclure que le fluide qu'oo examine est un mélange de pus et de mucus. A ce si:get, rappelons encore id ce que nous avons dit ailleurs, que la présence du pus n'indique pas nécessairement ni même ordinairement, conune on l'a cru pendant longtemps, que la membrane muqueuse est le siège d'une solution de continuité ; il fiiut seulement en conclure que le tissu est très-probablement enflammé.
Le pronostic des affections catarrhales est plus ou moins grave, suivant l'intensité, la durée, l'abondance de la sécrétion muqueuse, suivant son siège et ses complications.
Les affections catarrhales atteignent surtout les individus d'une coostitotioii molle, lymphatique, les femmes et les enfants, les sujets affaiblis par les maladies, par les excès, par un régime débilitant. L'Age a une grande influence sur le àége de la maladie. Dans l'enfance, on observe surtout les catarrhes da nés, des jeux et des intestins; chez l'adulte, on voit le catarrhe de l'estomac; le vieillard est surtout sujet au catarrhe de la vessie et des bronches; enfin, ches la femme, U n'est aucune membrane muqueuse qui soit aussi souvent affectée de catarriie que celle du vagin et de l'utérus.
11 est rare que, môme au début, les catarrhes s'accompagnent d'une réaction fébrile suffisante pour nécessiter l'emploi des antiphlogistiques. Dans ces cas, une médication simplement émolliente suffit; cependant, pour peu que l'écoulement se prolonge, il fout recourir aux ferrugineux, aux amers, aux aromatiques, aux balsamiques, aux résineux, donnés à l'intérieur, en lotions, en injections ou en fumigations ; enfin, quand l'état des parties le permet, on doit modifier les surfoces parla cautérisation.
Nous ne comptons point, surtout après les généralités qui précèdent, poursuivre l'étude des flux muqueux dans toutes les membranes qui peuvent les four^ nir : nous ne dirons rien de la rhinorrhée, qui ofh^ la plus grande ressemblance avec le coryza chronique, sauf qu'avec la sécrétion abondante de mucosités, il n'existe aucun signe d'inflammation vers la muqueuse de Schneider. Nous omettrons aussi à dessein de parler de la blennorrhée ou flux uréthral, car nous en traiterons plus tard à l'occasion de la blennorrhagie. Les seuls flux muqueux dont nous croyons devoir nous occuper ici sont : la bronckarrhée^ la gastrcrrhée^ la diar^ rhée muqueuse, la leucorrhée et le catarrhe vésical.
DE U BROMGBORRHËE. 8il
DE lA BRONGBORBHÉE.
SnoHTMii. — Catarrhe pituiteux, phlegmorrhagie pulmonaire, flux bronchique.
La bronchùrrhée est une maladie caractérisée par rexpectoration d'une quantité considérable de mucus incolore, filant, transparent, mêlé à des bulles d*air et semblable à du blanc d'œuf délayé dans de l'eau ; cette sécrétion se fait indépendamment de tout travail inflammatoire.
Historique. — Notts devons à Laennee les premières notions que nous ayons eues sur la bronchorrhée. Ce médecin illustre a décrit cette affection sous les noms de catarrhe pUuikux et de phhgmcrrhagie pulmonaire. Bientôt après, M. Alard dans son ouvrage sur la nature et le siège des maladies j M. Ândral dans sa CliniquCy publièrent quelques observations dignes d'ôtre consultées ; mais c'est à M. Rocbe que revient l'bonneur d'avoir tracé, dans le Dkiionriaire de médecine et de chirurgie pratiques, une histoire assez complète de la maladie, qu'il a, avec raison, séparée de la bronchite. A ces divers travaux il est juste de Joindre*celui que Copland a publié cin Angleterre.
Divisions. — La bronchorrhée existe à l'état aigu ou à l'état chronique ; cette division est la seule qu'on puisse raisonnablement admettre dans l'étude de cette affection ; elle est d'ailleurs adoptée par BfM. Roche, Andral et G. Copland.
Anatomie pathologique. — On a très-rarement eu l'occasion d'examiner l'état des bronches dans la maladie dont Je traite. Laennee a prétendu que les caractères anafomiques de cette affection consistaient dans un gonflement médiocre delà muqueuse pulmonaire, qui lui a semblé un peu ramollie, et ne lui a présenté qu'une légère rougeur disséminée çà et là. Sous ce rapport, ajoute Laennee, l'affection dont il s'agit semble être sur la limite qui sépare les congestions séreuses des congestions sanguines, et appartenir plutôt aux premières qu'aux dernières. Les renseignements que donne ici Laennee sont, conune on le voit, peu précis. M. Andral, ayant eu occasion d'ouvrir plusieurs individus emportés dans le cours d'une bronchorrhée, a trouvé la membrane muqueuse pâle dans toute son étendue : c'est ce que j'ai observé moi-même plusieurs fois; la muqueuse bronchique, entièrement pâle, avait son épaisseur et sa consistance normales. Les bronches peuvent être aussi plus ou moins dilatées. Ces faits nous autorisent donc à considérer la bronchorrhée comme une affection essentiellement distincte de la bronchite aigué et de la bronchite chronique ; cette opinion sera en outre bientôt confirmée parles symptômes aussi bien que par la marche de la maladie.
Symptômes. — Les symptômes et la marche de la bronchorrhée, ainsi que les agents thérapeutiques à lui opposer, diffèrent suivant que la maladie est aiguë ou suivant qu'elle est chronique.
1® Symptômes et marche de la bronchorrhée aigué, — La bronchorrhée aigué débute en général d'une manière presque soudaine. Les malades accusent beaucoup de dyspnée, une grande oppression, un sentiment d'angoisse dans la poitrine ; celle-ci est agitée par les secousses d'une toux sèche, pénible, presque convulsive ; la sonorité est parfaite, mais l'auscultation fait découvrir presque partout des râles sibilants et ronflants, mêlés parfois à des râles humides, muqueux ou sous-crépitants. Ces troubles du côté de la respiration ne tardent pas à produire une congestion de la face avec teinte violacée et tuméfaction énorme des veines du cou ; alors les traits sont altérés, les extrémités sont froides, le pouls est petit,
g42 DES fifiCRinOICS HU0DEU8ES.
insensible, irrégulier; une suear froide couvre le coi^»; il y a des Tertiges, de Taccablement, des lipothymies, et souvent, au moment où la mort semble imminente, on voit les malades rejeter avec plus ou moins d'efforts une quantité considérable de crachats blancs, transparents, filants, mêlés à des bulles d'air et semblables à une solution concentrée d'albumine. Ces crachats sont rejeta après quelques secousses de toux, quelquefois piiesque spontanément et ea ai gravde abondance, que les malades semblent vomir. Ceite escrétion pecU contiiuier pendant plusieurs heures, rarement pendant un Jour ; elle cesse peu à pea après que les individus ont rejeté 1, 2, 3 ou 4 kilogrammes d'un flinde alhiiminwn ; an milieu de troubles aussi graves, les malades restent absolument sans fièwre. L'eicrétion terminée, il arrive parfois que les individus reprennent auaûtot toutes les apparences de la santé ; cependant il est plus commun qu'ils coaaerv^it encore pendant un ou plusieurs Jours un peu d'oppression et de toux, quelques i4LasecB disséminés dans la poitrine, de l'ardeur à la gorge, un peu de perte d'iq^tilet une grande fatigue.
La santé est dès lors parfaite ; cependant la maladie est sojette à letour. Les mêmes accidents se reproduisent donc au bout d'un temps plus ou moins loqg.Il est fort rare que l'accès revienne af»rès quelques Jours seulement, oaaiâ le plos ordinairementil s'écoule plusieurs mois, une ou plusieurs années entre ducunedes attaques. On conçoit que si la maladie se jreproduiaait à de courts intoralfes et s'accompagnait chaque Cois d'une sécrétion muqueuse très-coosidécable, les malades éprouveraient de l'amaigrissement et les principaux symptdmesde La fièvre bectîque ; mais les cas de ce genre sont infiniment rares.
On peut établir que la broocborrhée aigué n'a que deux modes de tarauoaîsoB : i« la guérison, qui arrive rapidement, presque sans coavalescence ; c'est le cas le plus ordinaire ; 2^ la mort, qui survient par asphyxie, dans quelques cîrcoastances exceptionnelles, lorsque l'exhalation est devenue tellement «boDdaate dans les bronches, que tout l'arbre aérien en est obstrué.
20 Symptômes et marche de h broncharrhée cbrwifue. •<- La broocborrhée chronique, plus fréquente que la forme aigué, est presque toujours consécutive au catarrhe pulmonaire chronique. Les caractères anatomiques de rinflammaline ont cessé pourtant, mais la sécrétion catarrbale persiste par suite d'une espèce d'habitude morbide des tissus. Il existe de la toux, une dyspnée plus ou moins lotie, et des râles humides et secs dans la poitrine; enfin un état permanent de malaise. C'est ordinairement dans ces conditions que l'on voit s'établir, surtout pendant Is nuit ou quelques heures après le repas, un fiux bronchique muco-albumînem s'accompagnant d'oppression, de dyspnée, de toux; mais il est rare d'observer cet ensemble de symptômes si graves qu'on remarque communément 4ans la bcvmchorrhée aigué. Dans cette forme de la maladie^ leseccôs sont plus ra|iprocbés; ils ont parfois lieu une ou deux fois toutes les vingt-quatre heures : c'est ainsi qu'on voit des malades qui rejettent chaque jour 1 ou 2 kilogrammes d'un fhûde muco-albumineux« Nonobstant cette sécrétion exagérée, la suite générale peut se maintenir ; cependant ces pertes continuelles filnissent^au bout d'un certain temps^ par altérer la constitution. Les malades jaunissent, pâbss'entou prennent un teiat blafard; leurs forces diminuent, la dyspnée devient babituelle ; ils maigrissant, l'appétit se perd^ les digestions s'altèrent, une sorte de fièvre hectiqae s'allume, et ilssuccombent après être parvenus audemier degré de marasme. D'autres oneureat suffoqués par la grande quantité de fluide exbalé ; enfiny quelques-uns sont emportés par une maladie intercurrente, comme la pneumonie, ou par une aflectitt
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organique du cœor. La durée de la bronolionrhée chronique est longue et toujours indétennioée^
Dia^noitie. — Labronehorrhée aigoâ ou ehiioiùque diffère de la bronchite : 1® par son inyasioa brusque, 2<» par la nature albumineuse de rexpectoration, Z"" par la quanllté considérable du fluide évacué en peu de temps, 4<» par la cessation rapidedes accidents. La bronoborrhée a quelques points de ressemblanoe avec rastbme humide, avec^ lequel elle est trè»4ou?ent confondiie; mais nous verrons plus tard que les accès qui caractérisent l'asthme ne ressemblent pas à ceux de la bronchorrhée ; d^aiUeurs la sécrétion bronchique diffère dans les deux maladies. 11 est fort rare, par exemple, que celle qui forme la crise de certains accès d'asthme soit aussi abondante et aussi albumineuse que ceUe de la bronchorrhée. Enfin, les phénomènes fournis par Tauscultation, la nature des symptômes généraux et la marche de la maladie, ne permettront de confondre la bronchorrhée chronique niaTeckphthisie, ni a?ec la dilatation fuaifonneou en ampoule des bronches. (Voyes ces affections.)
Prono«tio« — Le pronostic de la broachoirrbée aigué n'est grave que dans les cas où la sécrétion étant très-abondante, les matières aont difficilement expulsées, ce qui peut occasionner la mort paï asphyxie. La bronchorrhée chroniqne est au contraire d'un pronostic toujours Ûcheux, car il est fort rare qu'on puisse la guérir complètement ; le plus souvent on ne foit que la pallier.
Atiologto. — La bronchorrhée n'affecte guère que les adultes et surtout les vieillards, les individus gros, replets, doués d'un teoapéiranent lymphatique; ceux qui mènent une vie sédentaire et les vieux goutteux y sont plus prédisposés. L'im* pression du froid, 4e rbumidiié, une digestion pénible, les émotions morales, sont les causes déterminantes les plus communes de \bl brouchorriiée ; celle-ci survient ordinairement après des récidives fréquentes du catarrhe pulmonaire.
Traitement* —La bronchorrhée aigué débute souvent par des accidents teUe^ ment graves, qu'il devient urgent d'employer un r^piède actif pour prévenir une asphyxie imminente^ On a conseillé dans ce cas de faire une saignée du bras ; mais ce moyen est rarement applicable, en raison de la faiblesse primitive du sujet ou de l'état actuel du pouls et des forces; on n'y aura recours que chez les individu» Jeunes, forts, chez lesquels l'artère du bras présentera encore une certaine résistance. Dans tous les cas, la saignée sera modérée, exploratrice ; on pourra la répéter si l'on obtient des effets utiles.
Dans les conditions que je suppose ici, il est généralement préférable d'admi-» Distrer un vomitif, surtout l'ipécacuanha, pris à dose fractionnée (25 ou 30 centigrammes tous les quarts d'heure), de manière à exciter des nausées continuelles, et par suite quelques secousses vers la poitrine et une compression des poumons, ce qui favorise l'expulsion des matières sécrétées dans les bronches. Cependant, lorsque les accidents sont pressants, il faut donner d'emblée i gramme d'ipécacuanha, ou mieux encore 10 ou ta centigrammes d'éméUque, pour produire promptement des évacuations par haut et par bas et un effet révulsif. C'est aussi pour obtenir un effet émétique que Copland conseille d'administrer 1 gramme, 10 centigrammes de sulfate de zinc, et que d'autres ont préconisé l'emploi de la racine de violette en décoction (4 à 12 grammes dans ^00 grammes d'eau) ; mais ces moyens n'ont pas d'avantage sur l'émétique, et leur effet est plus ou moins incertain. Quelle que soit la gravité des accidents, il fout chercher à opérer des révulsions, et surtout à exciter diverses sécrétions : c'est dans ce double but qu'on emploie les purgatifs et les diurétiques; on y joint des sinapismes sur les extré*
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mités et des yentouses sèches sur la peao du thorax ; enfiD, dans les cas plus graves, il ne faudrait pas hésiter à appliquer un ou plusieurs larges vésicatoires.
La plupart des moyens que Je viens d'énumérer conviennent encore dans k bronchorrhée chronique, pour parer aux accidents aigus qui surviennent aa minnent où le flux s'établit; mais, dans Fintervalle des accès, il faut chercher i prévenir ceux-ci par une bonne hygiène, ou en modifiant l'état organique de la muqueuse bronchique. Les malades éviteront toutes les causes de reiVoîdisaement ; ils mangeront modérément, surtout le soir, leur nourriture sera substantielle, tonique ; ils se couvriront de flanelle de la tête aux pieds ; ils noîèneront une vie active ; on leur conseillera un purgatif de temps en temps, ou bien on établiit on exutoire permanent à l'un des bras.
Pour modifier l'état sécrétoire de la muqueuse bronchique, on aura recours aux eaux minérales sulfureuses en boisson et en bains ; on conseiUera l'usage à Vintérieur de l'eau de goudron, des baumes de copahu, de Tolu, et autres substances balsamiques et résineuses. Les malades peuvent même essayer d'inspirer certaines vapeurs, comme celles du goudron, du benjoin, ou des baies de genièvre. Enfin, lorsque les malades sont bouffis, pâles, étiolés, affSùblis, on administrera les ferrugineux et les toniques puissants, comme le quinquina.
Nature. — D'après les détails qui précèdent, il est évident que la bronchorrhée doit appartenir à la classe des flux ; l'exagération de sécrétion constitue ià le seul élément pathologique, le seul qui puisse caractériser et qui puisse servir à classer la maladie. Invoquer un état d'irritation, c'est faire une hypothèse toute gratuite. Il est désormais prouvé que la bronchorrhée n'est pas une variété de la bronchite. 11 ne faudrait pas trouver la preuve du contraire dans Vexistence des rflles secs, que nous avons signalés comme constants, car Us s'exph'quent par l'état de congestion momentanée que la muqueuse éprouve peut-être peu avant la sécrétion. Je dis peut-être, car cette congestion préalable n'est pas démontrée ; elle n*est pas non plus nécessaire. 11 est possible d'ailleurs que les râles soient le résultat du rétrécissement des bronches, produits par l'exhalation d'un mucus tenace : c'est même peut-être là l'explication la plus généralement vraie du phénomène.
DE LA 6ASTR0RRHÉE.
L'exhalation abondante d'un fluide muqueux à la surface de la membrane interne de l'estomac et son expulsion par le vomissement caractérisent raffecUon connue sous le nom de gastrorrhée.
Cette maladie, encore peu étudiée, peut être idiopathique ou bien être symptomatiqme. Dans la première variété, il n'existe aucune lésion matérielle saisîssable dans la texture de la membrane muqueuse de l'estomac, qui explique l'exhalatioa ou sécrétion morbide dont elle est le siège.
Symptômes. Marche. — Dans la gastrorrhée, on voit des individus, en apparence bien portants sous tous les rapports, rejeter de temps en temps, et après des efforts de vomissement, un liquide tout à fait aqueux, mais plus souvent visqueux, filant, transparent, semblable à du blanc d'œuf, insipide, rarement acide ou salé. Sa quantité varie ; elle peut n'être que de 50 à 60 grammes, ou bien s'élever Jusqu'à 400 ou BOO grammes. Cette excrétion morbide se fiut le plus souvent le matin à Jeun; plus rarement elle a lieu au milieu du Jour, ou bien une ou plusieurs heures après les repas, et dans ce dernier cas les aliments sont presque toujours retenus dans l'estomac, taudis que le fluide muqueux seul est expulsé.
DB LA GASTRORRHtl. 845
Chez la plupart des malades, la gastrorrhée ne produit presque aucun trouble, même du côté des organes digestifs. Si quelquefois les vomissements sont précédés de malaise et dedouleurs épigastriques, si ches d'autres l'appétit est perdu, et si, pendant les Jours qui précèdent et qui suivent, les digestions sont pénibles, on peut dire que ce ne sont là que des faits exceptionnels, et que, cbez la grande majorité des individus atteints de gastrorrhée, les vomissements ne produisent que peu de malaise, et n'empêchent ni l'appétit ni l'intégrité des digestions. En un mot, ces personnes, après avoir vomi, reprennent toutes les apparences de la santé.
Les vomissements se répètent à des intervalles variables. 11 se passe souvent plusieufis mois entre chaque accès; chez d'autres, ceuxH^i se reproduisent une ou plusieurs fois par semaine ; enfin, chez beaucoup, ils ont lieu à des époques encore plus rapprochées, chaque matin par exemple, peu après le réveil.
Durée. Terminaisons. — La gastrorrhée peut guérir; mais elle a, en général, une durée fort longue, et elle finit souvent par devenir constitutionnelle. On conçoit que la reproduction de la sécrétion puisse amener à la longue l'hypertrophie des glandes mucipares, et peut-être môme celle de toute la membrane muqueuse, puisque l'hypertrophie de quelques organes est souvent la Conséquence d'un surcroît d'activité dans leurs fonctions. Mais il n'est nullement démontré que la gastrorrhée puisse être, comme on l'a dit, une cause active de cancer; si quelquefois on a vu cette dégénérescence survenir chez ceux qui présentaient depuis longtemps un flux muqueux de l'estomac, il n'y a eu ici que simple coïncidence ; et, dans les cas où l'on peut établir un rapport entre les deux maladies, on trouve que la gastrorrhée a été plutôt effet que cause du cancer.
Diagnostic. — Nous avons dit précédemment qu'il existait une gastrorrhée symptomatique ; or, il n'y a aucune lésion qui la détermine aussi souvent que la dégénérescence squirrheuse ou encéphaloïde des parois de l'estomac; la gastrorrhée est parfois alors le premier symptôme de cette redoutable affection. On soupçonnera que le flux muqueux tient à cette cause lorsqu'on voit les digestions être habituellement difficiles, ou lorsqu'il y a une anorexie continuelle, ou bien encore lorsque le malade maigrit ou dépérit tous les jours, lorsque son teint devient jaunâtre, accidents qu'on ne remarque pas dans la gastrorrhée idiopathique. Dans cette dernière, pourtant, on pourrait observer le dépérissement des malades, si le flux stomacal était habituellement abondant ; mais ce cas est excessivement rare ; d'ailleurs on trouverait dans les autres symptômes et dans la marche de la maladie assez de difi'érences pour pouvoir établir, sinon sûrement, du moins d'une manière assez probable, le diagnostic différentiel.
Pronostic. — La gastrorrhée ne compromet pas la vie, mais c'est une affection incommode et le plus souvent très-rebelle.
Atiologie. — Les causes qui donnent lieu à la gastrorrhée sont encore mal déterminées ; toutefois il parait que cette maladie affecte plus souvent les hommes que les femmes, les individus replets, ceux qui mangent des aliments épicés, des viandes fumées, salées, des fruits acides, et ceux surtout qui abusent des liqueurs alcooliques. C'est ainsi qu'il n'est pas rare de voir des hommes qui, le lendemain d'un excès de table, vomissent à jeun une certaine quantité d'un fluide albumineux : il y a des ivrognes chez lesquels une pareille sécrétion se reproduit régulièrement tous les jours au moment du réveil. Ici la supersécrétion s'explique par l'état d'excitation habituelle de la membrane muqueuse. Chez d'autres, le môme accident se reproduit à la suite d'un trouble dans l'innervation : telles sont, par exemple, les gastrorrhées qui accompagnent certaines névroses de l'estomac.
a46 DES SÉGRÉTIOra MOQUEUSES.
Twmktmm%Bt, — D'aprèt rénomératifm des eauies, on comprend qu'un régime convenable doit être flouveot le prinei^ et même Tmiiqne moyen par lequel on pourra combattre certaines .gastroriMes. 11 faudra également étudier la smeepëbilité individuelle ; car on voit, ea vertu de certaines idiosynercsîea, Tuaage de quelques aliments piyivoquer la gastiorrbée^ tandis que d'autres la guériasent ft général^ ka malades se trouvent bien d'une alimentstioa tonique : ainsi un régime animaly l'usage modéré d'un vin généreux, l'emploi d'une eau gazeuse, et, aprèi le repas, une petite quantité dé thé, de café ou d'ean^e-vie, ou de vin de Iblaga, d'Alicante, etc., conviennent au plus grand nombre. 11 eat utfle aussi que le ventre soit libre ; souvent même on peut, par l'administration d'un puii^tffl^ arrête^ une gastrorrbée rebelle, ou prévoir le refour de ceUes qni se monfmi! â certaines époques plus ou moins fixes. Les amers, les toniques, spédalement Textraît de kina, de quassia amara, et les ferrugineux unis aux bains de mer, aux frictions sèches ou aromatiques sur le corps, triompheront de quelques gsstnrrbées qui se lient à un état d'atonie de l'estomac en particulier, ou de toute U constitution. Dans les cas de névrose douloureuse de l'estomac, Topium est indiqué : la thériaque devra être souvent préiérée en raison de ses propriétés ftibfement toniques. Enân, il est des gastrorrhées qui sont avantageusenient modifiées par les boissons sulfureuses et par les sobstances résineuses, ccHoame le copabo, li térébenthine, le baume de Tolu, etc»