‹ Traité de pathologie interneChapitre 138 sur 152 · DU CATARRHE VÉSICAL · texte numérisé non relu

DU CATARRHE VÉSICAL

ment alors une couleur un peu Jaunâtre ou d'un blanc sale. En même temps les besoins d'uriner sont plus ùréquents, plus impérieux, et la Couleur hypogastrique ou périnéale est un peu plus \îye. Ces s^^ptômes d'excitation, bornés presque toujours à l'organe malade, peuvent se montrer un plus ou moins grand nombre de fois dans le cours de la maladie.

Le catarrhe vésical qui est simple, celui qui affecte un sujet dont la constitution n'est pas encore très-détériorée, n'exerce aucune influence fâcheuse sur la nutri-^ tion : aussi l'appétit se conserve-t-il et les digestions sont-elles régulières. Cepen-* dant, si la sécrétion muqueuse était trop abondante, on verrait survenir les accidents que toutes les sécrétions exagérées déterminent. On a dit que le catarrhe pouvait, lorsqu'il était trop considérable ou qu'il se prolongeait, entraîner la mort par épuisement ; mais nous pensons qu'un pareil effet est excessivement rare. On a encore confondu ici le catarrhe avec la cystite chronique. Le catarrhe vésical ' a une durée toi^ours longue et indéterminée. Quelques individus le voient cesser momentanément pendant la saison chaude ou lorsqu'ils vont habiter un climat plus doux ; mais la maladie reparaît pendant l'hiver ou lorsque les malades reviennent dans leur pays.

D'après cette description, on voit combien le catarrhe vésical est distinct de la cystite.

Pronostic. — Le pronostic du catarrhe de la vessie est beaucoup moins grave que celui de la cystite : le premier est une affection fâcheuse, bien moins par les dangers qu'il fait courir qu'en raison de son opiniâtreté et de la facilité avec laquelle il récidive. Le catarrhe vésical diminue moins que la cystite l'activité des organes génitaux.

Étiologie. — Le catarrhe vésical affecte surtout les Vieillards; il parait reconnaître la plupart des causes de la cystite chronique; il survient spécialement sous l'influence du froid et de l'humidité. Les individus qui ont eu plusieurs atteintes de cystite, ou bien ceux dont la vessie a été longtemps irritée par la présence d'un calcul, dont ils ont été débarrassés ensuite, semblent y être plus exposés. Mais nous n'avons encore sur ce sujet que des données incertaines. Le catarrhe peut être symptomatique de la présence d'un calcul, celui-<îi a généralement alors un petit volume ; un calcul volumineux déterminera, par contre, une cystite.

Traitement. — Lorsqu'on a reconnu que le catarrhe vésical ne se lie pas à la présence d'un calcul, il faut, avant tout, soumettre les malades à un régime hygiénique convenable. Os habiteront un lieu sec, bien exposé ; si le climat est défavorable, on les enverra dans les pays plus doux. Ils seront entièrement couverts de flanelle; on excitera les fonctions de la peau par l'exercice, le massage et lesfirictions sèches; l'alimentation sera abondante, substantielle, sans être pourtant trop excitante. On engagera le malade à ne pas laisser la vessie se distendre par une trop grande quantité d'urine ; il ne résistera pas au besoin d'uriner, et «i quelque obstacle s'opposait à l'excrétion, on pratiquerait le cathétérisme une on plusieurs fois par jour. Cependant, ce régime ne triomphant pas toujours de la maladie, il faut, aux soins hygiéniques, réunir l'emploi de quelques médicaments dont l'expérience a depuis longtemps démontré l'utilité : je veux parler des balsamiques, tels que les baumes de copahu, du Pérou, de la'Mecque, l'eau de goudron, la térébenthine molle qu'on donne en pilules, à la dose progressive de 3 à 8 granmies, ou en lavements, quand l'estomac ne peut la supporter. On a égale^ meqt proposé certaines injections, et l'on se sert surtout alors de l'eau de goudron, des eaux minérales sulfureuses de Baréges et d'Enghien. Les eau;c de Ba-

laruc^ de Cootrexéville, en bains, boissons et injections, pourront être égalemeoi conseillées. Enfin, lorsque tous les moyens écbouent, on peut tenter la cautérisation superficielle de la yessie, suivant le procédé de Lallemand. Ce célèbre médecin dit avoir guéri pendant vingt-cinq ans, par ce moyen, les neuf dixièmes des catarrhes vésicaux qu'il a eu à traiter, et dont la plupart avaient résisté pendant plusieurs années à tôt» les efforts de l'art. Ceux qui n'ont pas guéri complétemenl ont du moins éprouvé une amélioration notable. (Voyez plus haut. Cystite cftroniquej p. 51 9.)

Page 1