‹ Traité de pathologie interneChapitre 142 sur 152 · DU FLUX BILIEUX · texte numérisé non relu

DU FLUX BILIEUX

n est des individus chez lesquels, sous l'influence de causes diverses, un flux de bile s'établit par la bouche ou par l'anus, ou simultanément par ces deux voies. Cet écoulement insolite est souvent le seul trouble qu'on observe. D'autres fois il s'accompagne d'accidents plus ou moins graves, et constitue une maladie connue sous le nom de choléra européen.

Le simple flux de bile, ou hépatvrrhéej ou polycholie, est une afTection assez fréquente; son invasion est presque toujours subite, parfois elle est précédée

d'inappétence et des signes de rembarras gastrique ou intestinal. Les malades ont bientôt des vomissementSy on une excrétion de bUe Terte ou Jaune, pure ou mêlée à des matières muqueuses, glaireuses, ou à des tdiments. Ces évacuations, généralement peu abondantes, ne s'accompagnent presque d'ancune douleur abdominale ; quelquefois pourtant le ventre est tendu, douloureux; mais la plupart prouvent un soulagement assez prompt à la suite de chaque évacuation.

Le flux bilieux a généralement une durée courte ; mais il récidive fréqoemment, et il est môme des individus chez lesquels il se reproduit, à des interrallea plus on moins réguliers, une ou plusieurs fois chaque année. Dans ces cas, le flux bilietn constituerait, suivant une opinion vulgaire, un bénéfice de nature, et préserverait peut^tre les individus de quelque grave affection : aussi son pronoetic est-il alors toujours fiivorable. Il n'en est pas de même quand il se prolonge beauooopoa lorsqu'il récidive à de courts intervalles, car alors il altère la santé et amène Tamaigrissement et l'épuisement des sujets. La plupart des médecins qui ont exercé dans les pays cbauds pensent même que ces flux finissent par donner naissance à diverses maladies du foie.

Causes. — Les flux bilieux régnent le plus souvent pendant la saiscm chande et dans les pays méridionaux. Une nourriture animale y prédispose : un écart de régime peut en déterminer l'explosion ; il en est de même des affections de l'Jme, et surtout de la colère et de la terreur, qui ont, d'après Cbomel, une influence non équivoque et analogue à celle que d'autres passions produisent sur la sécrétion des larmes ou de l'urine : c'est ainsi que Fabrice de Hilden parle d'une femme chez laquelle un accès de colère faisait toujours l'effet d'un purgatif.

Traitement. — Le traitement se home à éloigner les causes qm pourraient augmenter ou suspendre brusquement le flux bilieux. Lorsqu'il est oonsidéreble, ou qu'il se prolonge trop longtemps, on le modère à l'aide de bdssons fraicbes, gommées, acidulées, gazeuses. S'il passait à l'état chronique, on «nplcnenil les astringents, notamment le ratanhia, ainsi que l'opium.

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