DU FLUX BILIEUX
obstruant momentanément la gorge et parfois aussi en pénétrant dans le larynx, déterminer un état de suffocation qui réveille les malades, et produit pendant quelque temps un grand état de malaise et d'anxiété. Malgré cette supersécrétion, les glandes salivaires ne sont ni tuméfiées ni douloureuses, et la membrane muqueuse de la bouche est plutôt décolorée qu'injectée. Cependant la perte de la salive, qui peut être de 3 ou de 4 kilogrammes dans les Tingt-quatre heures, finit par nuire au travail de la digestion, par produire l'amaigrissement et une diminution dans les autres évacuations, notamment une diminution de l'urine, de la transpiration cutanée et même, dit-on, des matières fécales.
La salivation a en général une marche continue : elle peut revenir périodiquement ; dans ces cas, elle se lie communément à une névralgie faciale, dont les accès sont intermittents. La maladie persiste ordinairement pendant une ou plusieurs semaines ; il n'est pas très-rare de la voir se prolonger pendant un ou plusieurs mois; on l'a môme vue durer pendant un ou deux ans.
Il ne paraît pas que la salivation ait jamais produit la mort des malades ; si quelques individus ont succombé, il faut l'attribuer aux complications qui sont survenues. En général, le ptyalisme diminue peu à peu ; d'autres fois il cesse assez brusquement après l'apparition d'une diarrhée abondante, ou par l'augmentation de la transpiration cutanée.
Traitement. — Les collutoires astringents faits avec les acides minéraux, avec le miel rosat, Falun, l'acétate de plomb, le tannin, avec les décoctions de feuilles de noyer, sont certainement utiles : mais ce sont là des moyens accessoires. La principale indication à remplir dans le traitement du ptyalisme consiste à exciter les principales sécrétions naturelles. C'est dans ce but qu'on administre des purgatifs et des diurétiques. Enfin, les bains de vapeur, les procédés hydrothérapiques capables d'exciter des sudations abondantes, seront très-utiles, et remplaceront avec beaucoup d'avantage les substances dites sudorifiques, dont l'action est toujours plus ou moins incertaine. On a encore vanté quelques autres moyens empi* riques : tels sont le charbon, la cannelle, la magnésie, les eaux de Vichy, le calomel et les frictions mercurielles poussées Jusqu'à salivation ; mais aucun de ces agents n'a produit des résultats comparables à ceux qu'on obtient par l'emploi de l'opium à haute dose (*20à 40 centigrammes dans les vingt-quatre heures). Tous les moyens que je viens d'énumérer échouent généralement contre le ptyalisme sympathique de la grossesse; cependant quelquefois, en conseillant à la femme de conserver habituellement dans la bouche un morceau de sucre candi, une boule de gomme ou de jus de réglisse, on parvient, soit à modérer réellement la salivation, soit à la rendre moins incommode pour les malades^ qui avalent presque toute leur salive sans s'en apercevoir. Pour compléter l'histoire de la salivation, je renvoie le lecteur à l'article Stomatite mercurielle (page 263).