PNEUMATOSB. DES VOIES URINAIRES ET GÉNITALES
dant la grossesse ou peu après raccouchement : ainsi elle survient surtout dans les cas où des portions de fœtus ou de délivre, ou bien encore des caillots sanguins retenus dans la matrice, ont subi une fermentation putride. L'utérus forme alors uoe tumeur proportionnée à la quantité de fluides élastiques qu'il contient ; il résonne à la percussion : des vents, en général fétides, et qui quelquefois peuvent s'allumer à la flamme d'une bougie, s'échappent spontanément, ou bien leur sortie est provoquée lorsque, ayant porté le doigt dans le vagin, on débarrasse le col des caiUots fibnneux qui l'obstruent. En général, le ventre s'affaisse peu après, et l'utérus, frappé d'inertie, revient peu à peu sur lui-môme. Presque toujours la physométrie qui dépend des causes que nous avons indiquées s'accompagne de symptômes adynamiques et nerveux plus ou moins graves, en raison de la résorption des matières putrides contenues dans la cavité utérine.
n existe aussi dans la science quelques cas, plus rares que les précédents, de physométrie essentielle, c'est-À-dire des cas dans lesqueb le gaz est exhalé par les parois utérines elles-mêmes, exemptes de toute lésion matérielle appréciable. Cette sécrétion morbide spontanée s'est presque toujours faite dans des utérus non fécondés. La quantité de gaz allant sans cesse en augmentant, la matrice acquiert un plus grand volume, en suivant souvent la môme progression que dans une grossesse régulière. Arrivé à un certain développement, l'utérus proémine alors à l'hypogastre et môme jusqu'à l'ombilic. La percussion pratiquée sur lui donne un son tympanique, et si, à l'aide du doigt porté sur le museau de tanche, on cherche à refouler l'organe en haut, on peut constater qu'il a une pesanteur spécifique peu considérable, et qui n'est nullement en rapport avec son volume. Les fenunes ressentent aussi de la pesanteur, parfois des douleurs dans le ventre, et plus ou moins de malaise ; chez la plupart, les règles se suppriment, et plusieurs éprouvent les phénomènes sympathiques qui accompagnent la plupart des grossesses : aussi il est souvent arrivé que ces fenmies ont cru ôtre enceintes. Dans ces cas, on voit de temps en temps des gaz s'échapper en certaine quantité par la vulve, et cette émission ôtre suivie d'un affaissement proportionné de la tumeur. Mais le plus souvent les vents sortent brusquement, en une seule fois, et en faisant entendre un sifflement, un bruit prolongé et parfois très-considérable. C'est ainsi qu'on a vu des femmes qu'on croyait parvenues au cinquième ou au septième mois de leur grossesse, éprouver tout à coup par la vulve une irruption considérable de gaz inodores, suivie presque aussitôt de la disparition de la tumeur utérine et de tous les phénomènes sympathiques qui avaient fait croire à l'existence d'une grossesse : telle est la terminaison ordinaire de la maladie.
Diagnostic. — La physométrie peut être confondue avec la grossesse, avec rhydrométrie et avec la tympanite intestinale. On la distinguera facilement de la grossesse par l'absence du ballottement, des bruits placentaires et fœtaux, ainsi que par la légèreté de la tumeur, qui donne un son complètement clair quand on la percute. Le contraire a lieu dans l'hydrométrie et toutes les fois aussi que le développement de l'utérus est produit par un corps solide ou liquide. Enfin, on distinguera la tympanite utérine de l'intesftinale, en ce que dans celle-ci la distension et la sonorité tympanique occupent tout le ventre; elles sont surtout marquées sur le trajet du côlon ; on sent, en outre, le relief que forment les anses intestinales distendues ; de plus, le toucher fait reconnaître que l'utérus a son volume ordinaire ou qu'il est rempli par un autre produit que par un fluide élastique.
Pronoatio. — La physométrie n'offre par elle-même aucun danger.
Traitement. — Le traitement de la physométrie consiste à enlever lobstade qui s'oppose à l'excrétion des gaz. Lorsque la maladie survient après l'accoocbement, c'est presque toujours un caillot : aussi le doigt porté dans le col soffit ponr le détacher et l'entraîner. Aussitôt aprôs il faudra, à l'aide d'une sonde de gomme élastique, faire pénétrer dans le corps de l'utérus des liquides émollienis, détersifs, chlorurés. On entretiendra la plus grande propreté ; on exercera une doace pression sur le ventre à l'aide d'un bandage de corps ; enfin, on prescrira un traitement approprié et d'après la nature des symptômes généraux. Dans les cas de physométrie essentielle, on pourrait peut-être essayer de dilater mécamqnement le col. Le meilleur moyen serait d'introduire dans sa cavité un petit macceiQ d'épongé fine et sèche.
PNEUMATOSE DES MEMBRANES SÉREUSES ET SYNOVIALES.
On a trouvé des gaz épanchés dans la cavité de toutes les membranes sérease* et dans la plupart des synoviales. Ces fluides élastiques sont produits fpéqoemmcDl après la mort, ils sont alors le résultat de la décomposition putride ; (ru bien ils se sont épanchés pendant la vie, et dans ce dernier cas ils ont été rarement sécrétés ou exhalés par la membrane séreuse ou synoviale ; mais ils proviennent plutôt, od de la décomposition des fluides épanchés, ou de la conmiunication de la cavité avec l'extérieur, à l'aide d'une plaie, ou avec des organes qui, tels que les poomons et le tube digestif, contiennent naturellement de l'air ou un ga£ quelconçnc. Nous n'avons rien à dire sur les gaz qu'on rencontre quelquefois i l'aufopsie ém les cavités articulaires, ainsi que dans les méninges cérébrales et rachidiennes, car tout porte à penser que ces infiltrations ou ces épanchements sont toujours cadavériques. D'ailleurs, à supposer qu*ils puissent se développer pendant la vie, il n'existe aucun signe particulier pour les faire reconnaître, à moins pourtant que le gaz ne se soit épanché dans une articulation superficielle, cas dans lequd la percussion, en faisant entendre un son plus ou moins tympanique, rétélerait ainsi la nature de l'altération.
PNEUMATOSE I^RITONÉALE.
Oti a cru pendant longtemps que, dans la tympanite, les gaz occupaient spéciilement ou même exclusivement la cavité dti péritoine. Cependant^ vers le commencement du siècle dernier (I7t3), Liltre, dans le« Mémoires de l'Acodém royale des «ctences, démontra par des ouvertures cadavériques combien cette opinion était erronée ; il soutint même que le péritoine n'exhalait jamais de g« pendant la vie, et que, dans toutes les tuméfactions venteuses do ventrcj w fluides élastiques étaient constanmient et exclusivement contenus dans l'estomac et dans les intestins. Cette doctrine trouva des contradicteurs ; Combalusier, surttwA chercha à la réfuter dans le tome 1" de sa Pneumop<Uhologi&, Mais aucun des m que cet auteur a rapportés ne démontre que les gaz que lui et d'autres ont tpwws dans le péritoine aient été réelleitient exhalés par cette membrane, ^t que daffi aucun cas ils ne provenaient d'une lésion des intestins, et plus souvent encore dna conmiencement de décomposition putride. Nous croyons que» dans l'état actn de la science, si l'on ne doit pas nier absolument la possibilité d'une pneunato* péritonéale, cependant cette affection est tellement rare, qu'il n'en existe peo tUre pas encore d'exemples bien authentiques. Je parle d'une pnenmatose os»"
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tielle ; car personne ne conteste que, dans un épanchement purulent, la décomposition du liquide ne puisse produire des gaz; mais ce cas lui-môme est fort rare. Plus rarement encore on, voit une tympanite péritonéale survenir dans le cours d'une péritonite simple ; M. Michel Lévy en cite pourtant un exemple curieux dans la Gazette médicak de 1848.
On dit que, dans la pneumatose péritonéale, le ventre est arrondi, qu'il offre une résonnance tympanique uniforme, que le foie est refoulé en arrière, et qu'on ne sent le relief d'aucune anse d'intestin ; la respiration serait en outre gênée; les individus, ne rendant point de gaz, ni spontanément, ni par l'introduction d'une sonde dans le rectum^ succomberaient enfin au milieu d'accidents asphyxiques.
DU PNEUMOPÉRIGÂRDB.
L'épanchement de gaz dans le péricarde est une maladie fort rare, et sur laquelle nous ne possédons encore aucun renseignement précis, n résulte cependant du petit nombre de faits observés Jusqu'à ce Jour, que le pneumopéricarde a presque toujours cqïncîdé avec un épanchement liquide.
On a indiqué deux signes comme pouvant faire diagnostiquer l'accumulation de gaz dans le péricarde. €es signes sont une résonnance tympanique de la région précordiale, et un bruit de fluctuation et de gargouillement déterminé par les battements du cœur. On dirait (et cela était très-évident ches un malade dont M. Bricheteau a publié l'observation dans les Archives de 1844) qu'une aile de moulin frappe successivement le liquide, ou bien qu'on souffle fortement avec un tube dans un vase contenant de l'eau. Il faut seulement prendre garde de ne pas confondre avec le phénomène de fluctuation un bruit à peu près semblable dont l'estomac est souvent le siège pendant l'ingestion des liquides, ou lorsqu'on imprime au tronc une seconsse un peu forte.
Laennec croyait que l'épanchement gazeux dans le péricarde était cause que chez certains sujets on pouvait entendre les battements du cœur à une certaine distance de la poitrine ; mais aucun foit, que je sache, n'est venu à l'appui de cette assertion. Nous verrons d'ailleurs par la suite que les battements du cœur ne s'en* tendent à distance que dans certaines affections organiques-ou dans quelques cas de palpitations nerveuses.
DU PNEUMOTHORAX.
On rencontre fréquemment des gaz épanchés dans les plèvres. Presque toi^onrs ces fluides y pénètrent à la suite d'une rupture ou d'une perforation ulcéreuse des poumons ; quelquefois ils proviennent directement de l'extérieur, lorsque, par exemple, il existe une plaie pénétrante des parois de la poitrine ; ou bien ils sont fournis par un des viscères abdominaux, notamment par l'estomac, lorsqu'une communication morbide s'est établie entre la plèvre et lui. On a supposé encore que les liquides épancbés dans les plèvres, tels que le sang et le pus, pouvaient se décomposer de manière à laisser dégager des gaz. Enfin on a admis généralement que, dans quelques cas rares, la plèvre pouvait spontanément, ou bien dans le cours d'une phlegmasie aigué ou chronique, exhaler des fluides aériformes. 11 ne peut être question ici que de cette dernière forme de pneumothorax, renvoyant l'étude des autres espèces 4 ce que nous dirons dans le volume suivant des perforations de la plèvre et des poumons.
Existe-t-il un pneumothorax essentiel, c'est-à-dire un pneumothorax constitné par nne simple exhalation gazeuse à la surface des plèvres sans solution de continuité appréciable de cette membrane? Laennec, Graves et Stokes ont réponde affirmativement à cette question, mais la chose reste fort douteuse pour moi. Quoi qu'il en soit, la sécrétion morbide ne s'effectuerait pas lorsque la plèvre est intacte, mais seulement dans les cas où elle a été le siège d'une phlegmasie plus ou moioâ vive. Ainsi Laennec déclare que, dans les pleurésies aigués, à une époque Toisioe de la formation de l'épanchement, et sans que le liquide épanché éprouve ancaoe altération chimique, une exhalation gazeuse peut se joindre à l'épanchement liquide. Plus récemment, Graves a parlé d'un pneumothorax par exhalation qui viendrait quelquefois compliquer la pleuropneumonie. Sans doute il est penimde se demander si l'on n'a pas considéré comme appartenant nécessairement au pneumothorax ces pleurésies, ces pleuropneumonies dans le cours desquelles on constate sous la clavicule correspondante cette sonorité tympanique et cette faiblesse du bruit respiratoire sur lesquelles Skoda a particulièrement appelé l'attention (voyez page 422).
En l'absence de tout renseignement précis et dans le doute même où nous sommes s'il existe ou non un pneumothorax essentiel, mieux vaudrait peut-être se taire que d'esquisser un peu à priori les symptômes de cette affection.
Il est rationnel pourtant de supposer que dans le pneunoothorax essentiel il doit y avoir dilatation, ampliation du thorax et exagération de la sonorité comme dans le pneumothorax symptomatique, mais il est fort douteux pour nous qu'il puisse se produire dans l'acte de la respiration, ou pendant les secousses de la toux ou dans les vibrations de la voix, le phénomène connu en auscultation sous le nom de twteme/U métallique. Skoda admet le contraire, car il suppose que la résonnancede la ?oix dans les bronches, s'il n'existe qu'une mince épaisseur du poumon, peut se transmettre à l'air épanché dans la plèvre. Mais, dans ces cas, est-ce le] véritable tintement métallique qui se produira ? N'est-ce pas plutôt, ainsi que MM. Barth et Roger le remarquent, une espèce d'écho de la toux ou de la voix qui retentit dans k cavité pleurale ? Nous croyons aussi que le tintement métallique ne doit se produire que fort difficilement, môme lorsque l'épanchement gazeux coexiste avec un épanchement liquide. Je sais bien que, dans ces cas, on a supposé qu'une goutte de sérosité, en tombant de la partie supérieure de la poitrine sur répanchemeal liquide, ou qu'une bulle d'air, en traversant celui-ci et en venant éclater à sa su^ face, pouvait déterminer le tintement métallique; mais c'est là un fait qui ne nous semble pas encore démontré ; le fût-il d'ailleurs, ces conditions pour la production du phénomène doivent se rencontrer fort rarement. Est-il possible qne le tintement métallique puisse se produire aussi sous l'influence d'une forte seconsse due à l'ébranlement de l'air et à l'agitation du liquide par les éclats de la voix ou par les ébranlements de la toux ? MM. Barth et Roger admettent cette possibilité ; mais personne, que je sache, n'est encore arrivé à la démonstration du fait. Su est douteux pour nous que le tintement métallique puisse naître dans les conditions dont je parle, il n'en est plus de môme du bruit de fluctuation thmcvpif, qui n'a pas besoin, pour être entendu, qu'il existe une fistule pulmonaire, mais qui n'exige d'autres conditions pour être produit que l'existence dans la poitrine d'une vaste cavité contenant à la fois des gaz et un liquide.
Pour nous résumer, si l'exhalation gazeuse des plèvres existe, elle devrait se tnduire à l'extérieur, pendant la vie, par la dilatation des parois thoradques, par une exagération de la sonorité, par l'absence du bruit respiratoire dans les points co^
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respondanfs ; enfin, dans les cas où avec répanchement d^air il y| a simultanément unépanchement liquide, par un bruit de fluctuation thoracique pendant les secousses imprimées au thorax. La respiration amphorique, phénomène presque constant dans le pneumothorax symptomatique d'une fistule pulmonaire, ne doit pas se • rencontrer dans la simple exhalation gazeuse des plèvres. Quant au tintement métallique, on comprend sa possibilité, mais il est douteux pour nous qu'il puisse jamais avoir lieu.
Le pneumothorax simple nous parait ôtre une affection bénigne ; dans les cas cités jusqu'à présent, si toutefois il était permis de les accepter sans réserve, on n'aurait point observé l'étoufTement, l'oppression, la suffocation, l'anxiété, qu'on remarque presque toujours dans le pneumothorax symptomatique d'une fistule pulmonaire. Cette différence tient à ce que, dans ce dernier, une grande quantité de gaz fait tout à coup irruption dans la plèvre, tandis que, dans le premier, la séreuse n'exhale qu'un petit volume de fluide aériforme, lequel d'ailleurs est parfois promptement résorbé. Avouons pourtant que les faits manquent encore pour déterminer d'une manière un peu exacte les symptômes, la marche et les suites du pneumothorax essentiel. Le même doute existe relativement au traitement. Disons cependant que la maladie semble devoir exiger rarement une thérapeutique énergique. (Voyez, dans le tome II, l'article Perforation des poumons et des plèvres.)