EEMARQUES SUR LES FIÈVRES INTERMITTENTES SYMPTOMATIQUES
Nous avons jusqu'à présent considéré l'appareil fébrile, intermittent, comme étant e$$entidj c'est-à-dire indépendant de toute lésion matérielle appréciable. Cependant on rencontre assez fréquemment, dans la pratique, des cas dans lesquels la fièvre intermittente est symptomatique, ou du moins des cas où elle coïncide avec quelque altération locale récente ou ancienne. Ainsi les auteurs ont vu plusieurs Ibis des accès fébriles réguliers survenir à la suite de l'introduction d'une sonde dans l'urèthre ; le fait de ce genre observé par Giannini est le plus remarquable de tous ceux que je connais (t). La cautérisation des rétrécissements de l'urèthre (Lallemand), et la blennorrhagie (Simon de Hambourg), ont plusieurs fois donné lieu aux mômes accidents. Il en est de même de l'orchite blennorrhagie. Chooiel a vu une fièvre à type tierce être symptomatique d'une entérite peu intense. M. Plorry a cité un cas de fièvre quotidienne développée à la suite d'une lésion traumatique de la rate, et une autre de même type produite et entretenue par un déplacement de ce viscère. Enfin, pour terminer, nous dirons que les suppurations profondes, que les infiltrations urineuses et la phthisic à la deuxième et à la troisième période sont des causes fréquentes de fièvres intermittentes symptonuL^Uçoes. Celles-ci, le plus ordinairement, sont bénignes; mais on les a vues pourtant fevâtîr quelquefois un caractère pernicieux, surtout dans des cas de crevasse de% couâoita de l'urine, et lorsque ce liquide vient à s'infiltrer dans le tissu cellu-
(I) CiMMskii parle d*an homme de cinqaaore ans, robuste, qui fut pris à quatre reprises diaérenles, dt à pUisIeurs aanéfn d*io ervalle, d*accè8 félniles intermittents, à la suite de l*intjodactlofi d*un cathéter dans l*urèthre, qui avait blessé les parois do ce canal. Il y eut chaque Ibis de trois à dix paroxysmes : le quinquina en triomphait toujours. (De la nature den fiè9res,t.lfpt70T.)
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laire. M. le docteur Bricbeteau a démontré (Archives de i8i7) que des aceès pernicieux n'étaient pas très-rares cbez les vieillards affaiblis, et qui portent souvent du côté des organes génitaux ou urinaires des lésions chroniques. J*ai ?u moi -môme, il y a peu d'années, une fièvre pernicieuse apoplectique chez un homme atteint de rétrécissement uréthral, et survenue après un cathétérisme qui avait légc'rement éraillé le canal.
Ces fièvres symptomatiques présentent, en général, les stades de froid, de chaleur et de sueur qui appartiennent aux fièvres essentielles. Uuant au type, elles sont presque toujours quotidiennes ou doubles-quotidiennes, très-rarement tierces, et peut-être jamais quartes : un grand nombre sont rémittentes. Gomme Ta fort bien fait observer Chomel, il faut toujours se méfier du type double-quotidien et môme quotidien, c'est-à-dire de tous les types dans lesquels Tintermiasion est courte, parce que, en effet, ce sont presque toujours les seuls que les fièvres symptomatiques revêtent. Aussi, toutes les fois qu'un malade se plaindra d'éprouver des accès fébriles doubles-quotidiens et même quotidiens, on devra se hftter d'explorer méthodiquement tous les organes, toutes les fonctions, pour s'assurer da véritable caractère des accidents qu'on observe.
Presque toujours dans la fièvre quotidienne symptomatique les accès surviennent le soir, et cela dès le début, au lieu de commencer le matin ou au milieu du jour, ainsi qu'on le remarque communément pour la fièvre essentielle. Cependant il n'en est pas toujours de mîme. Dans les fièvres qui sont symptomatiques d'une altération des voies digestives, on voit parfois l'apparition des accès être subordonnée à l'heure des repas et à la quantité des aliments ingérés. On peut souvent alors suspendre les acci^s ou les provoquer à volont'é, en mettant les malades à la diète ou en les faisant manger beaucoup. Tel est le fait, rapporté par Chomel, d'un honmie dont la fièvre, symptomatique d'une phlegmasie intestinale, affectait le type tierce, parce que cet individu prenait des aliments un jour et faisait abstinence le lendemain. On sait également que dans la bronchite l'impression intermittente du froid peut donner lieu à des accès fébriles réguliers. Les fièvres intermittentes symptomatiques diffèrent encore des fièvres essentielles parce que, soit dans l'accès, soit pendant l'intermission, on ne peut constater aucune augmentation dans le volume de la rate. Une différence non moins importante à noter, c'est l'action lente, douteuse, le plus souvent nulle, du sulfate de quinine, tandis que dans la fièvre intermittente essentielle, le quinquina agit presque toujours promptement et sûrement. Je n'ignore pas pourtant que ce médicament, donné dans des fièvres symptomatiques, a arrêté quelquefois brusquement les accès, comme il l'aurait fait pour une fièvre essentielle : c'est ce qu'on voit, par exemple, dans l'observation de Giannini. Cependant, dans les cas où le quinquina exerce une action si prompte et si décisive, il est permis de se demander si, au lieu d'être symptomatiques, les accès fébriles n'auraient pas été essentiels ; car il n'y a rien d'impossible, par exemple, qu'une sonde introduite dans l'urèthre d'un sujet impressionnable produise une fièvre intermittente, non par l'irritation mécanique du canal, mais par une influence sur tout le système nerveux ; de même qu'on voit la môme maladie survenir, chez les sujets prédisposés, à l'occasion d'une frayeur, d'une émotion morale, d'un refroidissement, d'une indigestion, etc., circonstances qui n'ont agi que comme causes simplement occasionnelles. Je crois surtout que la suppression brusque des accès par la quinine, tandis que la maladie primiUve suit son cours, doit démontrer que la fièvre intermittente n'est qu'un accident sans relation essentielle avec l'affection qu'elle est venue probablement compliquer.
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Le pTonostic de ces fièvres sera subordonné à la gravité des lésions dont lés accès intermittents sont la conséquence. Leur apparition peut avoir, dans quelques cas, une valeur diagnostique presque certaine : ainsi, lorsque, après une opération gra^e, on voit survenir sous les types quotidien et double-quotidien des accès fébriles intermittents ou rémittents, on peut annoncer presque avec certitude l'existence d'une résorption purulente.
Quelque incertaine que soit Faction du quinquina dans le traitement des fièvres iotennittentes qui sont réellement symptomatiques, il n*y a cependant aucun inconvénient à l'administrer dans les cas où les accès sont survenus à l'occasion d'une blennorrhagie ou bien après l'introduction d'une sonde dans Furèthre, ou bien encore après la cautérisation de ce canal. On donnera aussi le sulfate de quinine, mais avec beaucoup moins de chances de réussite, lorsque la fièvre se lie à l'existence du tubercule, d'une infiltration urineuse ou d'une résorption purulente. Ce médicament est au contraire inutile, et parfois nuisible, toutes les fois que les accès sont symptomatiques d'une entérite. Dans ce dernier cas, on ne pourrait empêcher les retours périodiques de la fièvre qu'en soumettant les malades à un régime sévère, et en employant quelquefois les antiphlogistiques.