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insisté. Dans la deuxième période {febris aduUta), ramaigriBeement foit dea progrès ; la peau, généralement décolorée partout, offre pourtant assez souvent, an niveau des pommettes, une rougeur plus ou moins vive ; la digestion est rarement pénible, et à moins que les organes digestifs ne soient le point de départ de la fièvre^ on voit en général Tappétit persister et les digestions se faire régulièrement. A la fin, cependant, beaucoup de malades vomissent ; un plus grand nombre ont an dévoicment colliquatif qui ajoute à leur faiblesse. Dans cette période, les forces diminuent davantage ; cependant les malades se lèvent et beaucoup vaquent encore à leurs occupations. Chose remarquable, les fonctions génératrices, si complètement ^ abolies dans les maladies aiguës, persistent parfois avec une certaine activité : ce cas pourtant, quoi qu'on en ait dit, est très-exceptionnel.
La fièvre hectique est continue, mais elle offre des redoublements chaque aûîr ou vers les deux ou trois heures de Taprès^nidi ; souvent même il y en a deux en vingt-quatre heures, et leur déclin est marqué par des sueurs souvent exceasives. Les symptômes que nous, venons d'énumérer s'aggravent Inentôt de plus en plus, la maladie est alors arrivée à sa troisième et dernière période. Chez ces malheureux les yeux se cavent, les tempes s'enfoncent, les côtes font saillie, le ventre se déprime, toutes les parties molles enfin s'atrophient, la peau se sèche et se couvre de crasse, les cheveux tombent, les extrémités s'infiltrent, une éruption pseudomembraneuse tapisse la muqueuse buccale, et les malades expirent dans le dernier degré de marasme. La durée de la fièvre hectique est toujours très-incertaine ; il est rare qu'elle soit moindre de deux ou trois mois. La mort est le résultat presque constant de la maladie.
Diagnostic. — D'après ce que j'ai dit précédenunent, que la fièvre hectique était peut-Ctre toujours symptomatique, il faudra, toutes les fois qu'elle existe, rechercher avec soin^la cause qui l'a produite et qui l'entretient. Dans quelques cas, il est difficile de rattacher la maladie à une lésion déterminée, en raison du petit nombre de symptômes locaux qu'on observe. Cependant, si l'on se rappelle que les tubercules pulmonaires sont la cause la plus ordinaire de la fièvre hectique, si Ion sait que cette lésion organique produit à elle seule plus de fièvres hectiques que toutes les autres causes réunies, on sera naturellement conduit à en soupçonner l'existence toutes les fois que la fièvre ne trouvera point son explication dans quelque lésion locale manifeste ; on la recherchera même lorsqu'un chagrin violent, des excès répétés, ou des évacuations excessives, sembleraient devoir expliquer la consomption.
En écrivant cela, j'ai en vue surtout ce qui se passe dans ce ctimat ; mais dans ^ les pays chauds, en Algérie par exemple, il faut s'enquérir plus qu'ailleurs de l'état du foie. Hien, en eiïei, n'est plus commun que de voir des abcès de cet organe oa produire d'abord aucun symptôme local, et ne se révéler que par un mouyement fébrile continu ou intermittent.
11 est inutile de dire que la fièvre hectique se distingue aisément des fièvres intermittentes prolongées, si remarquables par leurs accès réguliers, par leurs stades, par les causes qui les produisent et par les lésions consécutive qu'elles amènent (engorgement splénique, coloration jaune, faydropisies). Cependant la fièvre hectique peut, au début, par la régularité de ses accès, simuler une fièvre intenmttente légitime ; mais, comme nous l'avons déjà exposé plus haut, elle s'en distingue par des accès qui reviennent presque toujours le soir, qui résistent au sulfate de quinine, et ne sont jamais accompagnés d'intumescence de la rmte.
Promoatic. — Le pronostic de la fièvre hectique est toujours grave, mais il est
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nécessûrement subordonné à la natiure des lésions dont la fièvre est un symptôme.
Causes. — Depuis Hippocrate jusqu'à nos jours on a parlé de la fièvre hectique. 1..es anciens la considéraient comme étant le plus souvent essentielle ; mais les travaux modernes ont prouvé, par contre, que presque toujours elle était symptomatique de quelque lésion viscérale ; c'est ce que CuUen avait d'ailleurs lui-même parfiutement établi. Les maladies qui entretiennent le plus ordinairement la fièvre hectique sont: les tubercules, et avant tout les tubercules pulmonaires; les vastes suppurations, surtout lorsque le pus croupissant acquiert des qualités putrides ; la cthe des os ; l'inflammation chronique des membranes muqueuses intestinale, aérienne et génito-urinaire ; c'est ainsi que des diarrhées chroniques, des cystites, des pyélites, des bronchites avec sécrétion très-abondante, produisent parfois la fièvre hectique. Si l'on parcourt la savante monographie de Trnka et la thèse inaugurale de Broussais, on voit que la pyrexie dont nous 'parlons pourrait être également coDsécuUve à la sécrétion exagérée d'un fluide naturel, tel que l'urine, la sueur, le lait, la salive, ou bien succéder à des hémorrhagies abondantes. Les émotions de Tâme, les chagrins, la nostalgie, les fatigues excessives, les douleurs violentesy comme dans certaines névralgies rebelles, la privation d'ahments ou une nourriture insuffisante, sembleraient aussi pouvoir la produire. Mais aucun des faits dtés par les auteurs n'est concluant ; souvent on a cru à l'existence de la fièvre par cela seul que le pouls était plus accéléré, circonstance fréquente chez les sqjets affaiblis. Dans les cas, d'ailleurs, où la fièvre hectique existait, on n'a pas recherché si elle n'était pas sous la dépendance d'une tuberculisation intercurrente. Nous verrons, en efiet, plus tard que le diabète, que la galactorrhée, la spermatorrhée, la nostalgie et toutes les causes débilitantes, sont fréquenunent suivies de la production de tubercules pulmonaires. C'est donc cette lésion qu'il faut rechercher avant tout, toutes les fois que dans une maladie de la nature de celles que je viens d'énumérer on voit survenir des phénomènes de consomption. Le tubercule est de tous les produits accidentels le seul qui provoque la fièvre hectique. Le cancer est, en efi*et, une maladie apyrétique à toutes ses périodes, à moins qu'il n'excite autour de lui une suppuration abondante. Si quelques productions, comme les kystes acéphalocystes, sont parfois accompagnées d'étisîe, cela tient à l'inflammation soppurative de leur cavité. C'est probablement de la même manière qu'agissent certains corps étrangers qui, introduits dans les voies aériennes, produisent également la consomption.
L'état de grossesse peut-il, chez quelques femmes, exciter par lui-môme un appareil fébrile continu avec des exacerbations nocturnes, et simulant tout à fait une fièrre symptomatique de la tuberculisation pulmonaire 7 Burns, et M. Jacquemier dans son Traité dobsUtrique^ citent un fait de ce genre ; moi-même j'en ai rencontré un, il y a quelques années. La femme, amaigrie, minée par la fièvre et par des sueurs nocturnes, a vu les accidents cesser aussitôt après l'expulsion d'un fœtus de sept mois, et elle a recouvré depuis toutes les apparences de la santé la plus fiorissante. Les faits dont nous parlons sont rares ; il est surtout peu commun •de voir la fièvre débuter avec la grossesse et persister pendant tout son cours ; le plos souvent les accidents cessent vers 1er quatrième ou le cinquième mois.
D'aprèsl'énumération qui précède, doit-on encore admettre des fièvres hectiques ^mentidleSj c'est-à-dire des fièvres qui ne peuvent s'expliquer par aucune lésion matérielle saisissable des solides ou des liquides 7 C'est là un fiiit fort douteux <c s'il existe, il doit être sans doute fort rare. Cependant Chomel a vu deux fois une fièvre hectique occasionner la mort sans que l'autopsie ait fait constater aucune lésion