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DES PAROTIDES

Dans le langage des pathologistes, le mot parotide sert à désigner un engorgement ûgu, inflammatoire, de la glande parotide, qui survient communément dans la période d'accroissement ou vers le déclin de plusieurs maladies graves, comme la peste, le typhus d'Europe et d'Amérique, et, dans quelques cas, de fièvre typhoïde, de fièvre pernicieuse et de choléra.

On a distingué les parotides 'en critiques et en acrOiques, suivant que leur apparition coïncidait avec une amélioration dans les symptômes principaux de la maladie, ou qu'elle était suivie, au contraire, d'une aggravation dans l'état gêné- « rai. Dans l'un et l'autre cas, la parotide constitue une affection essentiellement symptomatique. Il peut n'y avoir qu'une seule parotide; d'autres fois il s'en forme deux simultanément ou bien successivement.

Symptômes. — En général, l'engorgement débute par un petit noyau vers l'angle de la mâchoire ou sur un point quelconque de la région parotidienne, puis en quelques heures, ou bien en deux jours, la tumeur acquiert des proportions considérables ; elle peut envahir une partie de la face et du cou : elle s'oppose alors non-seulement à l'écartement des mâchoires, mais souvent elle gêne la déglutition et même la circulation cérébrale par la compression qu'elle exerce sur les veines jugulaires. La tumeur dont nous parlons, souvent plus grosse que le poing d'un adulte, est rouge et parfois violacée; eUe a quelquefois tous les caractères du phlegmon ; ailleurs elle n'est ni dure, ni élastique, mais empâtée. 11 est fort rare que ces tumeurs se résolvent ; presque toujours elles sont suivies de suppuration, quelquefois de gangrène. La suppuration se forme toujours de très-bonne heure mais emprisonnée au milieu de grains glanduleux, dans un tissu cellulaire serré et

bridée par des aponévroses résistantes, elle se réunit difOcilement en foyer, et elk a quelque tendance à fuser le long du cou. Cette suppuration se fait jour le plu souvent directement au dehors. Quelquefois Tabcès s'ouvre d&ns le conduit auditif externe. Plusieurs fois j'ai vu des désordres considérables succéder à la suppuration de la parotide ; les grains glanduleux, disséqués par le pus, tombaient sphacelés; le nerf de la septième paire était compris lui-môme en entier ou en partie dans la destruction : aussi en est-il résulté une paralysie complète ou partielle d'une moitié de la face.

Pronostic. — Les parotides, loin d'être une crise heureuse, constituent presque toujours un accident fâcheux. C'est une maladie nouvelle qui a ses périls; beaucoup de malades, en effet, succombent à ses suites, les uns épuisés par la suppuration, d'autres emportés par une résorption purulente consécutive le plus souvent à une phlébite.

Chez les individus qui guérissent, l'inflammation ayant pu produire une destruction ou une obhtération du conduit de Sténon, il en résulte une inconuxM)dité qui peut persister toute la vie. C'est un suintement d'un fluide séreux analogue, dit-on, à la salive, suintement qui se reproduit à chaque repas. M. Baillarger a réuni six observations de ce genre dans un travail publié en iS53 dans la Gazette médicale de Paiis,

Traitement. — Lorsque la tension est extrême et la douleur vive, il faut appliquer sur la tumeur un certain nombre de sangsues, et la recouvrir ensuite de cataplasmes émollients et sédatifs ; les onctions mercurielles seront également utiles. On devra inciser de bonne heure, et ne pas attendre que le pus soit réuni en foyer. D'ailleurs, en faisant cesser l'étranglement, on empêchera plus sûremenl les désordres que par tous les topiques qui ont été tour à tour préconisés. (Pour les soins consécutifs, voyez dans les livres de chirurgie le traitement des aba^ simples et gangreneux. )

Dans la parotide, les grains glanduleux sont réellement afiPectés ; mais nous ne savons pas s'ils le sont primitivement ou consécutivement à l'inflammation du tissu cellulaire.

DE l'hépatite

Le mot hépatite sert à désigner les inflammations aiguë et chronique du tissu du foie.

Historique. — Cette affection, vaguement indiquée avant Galien, un peu mieux connue depuis ce grand médecin, et surtout depuis les travaux de Bianchi, de F. Hoffmann, de Van Swieten et de Morgagni, a été l'objet de quelques recherches de la part des modernes, parmi lesquels il faut citer, en France, MM. Andral (1), Louis (2), Jourdan, Mérat (^), Bonnet (4), Haspel (5), Dutroulau (6); en Angleterre, on distingue les travaux de Saunders, de Twining, d'Annesley, de Budd, et en Allemagne le traité récemment publié par Frerichs.

Caractères anatomiqnes. — Il n'est peut-être aucun organe de l'économie dont l'inflammation soit aussi difficile à caractériser anatomiquement que ceUe du

(1) Clinique médicale^ t. U.

(2) Recherches anatomo-pathologiques . Paris, 1826.

(3) Dictionnaire des sciences médicalesy art. Hépatite ot Maudibs du foib.

(4) Traité des maladies du foie.

(6) Maladies de V Algérie, t. L

(e) Mémoires de V Académie impériale de'/nédeeinSy t. XX.

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foie» La plupart des auteurs, surtout les modernes, ont eu le tort de vouloir trop souvent établir l'existence d'une inflammation d'après un ou deux caractères tout à fait insuffisants. C'est ainsi qu'on a parlé d'une congestion active pouvant être parfois assez intense pour produire des hémorrhagies interstitielles, ou une exhalation de sang dans le péritoine, et qui constituerait le premier degré de la phlegmasie. Le foie^ contenant alors plus de sang que de coutume, offrirait dans toute son étendue ou dans un point plus ou moins circonscrit, une coloration d'un rouge plus ou moins foncé, uniforme ou finement ponctué, et s'accompagnant souvent d'une augmentation de volume de l'organe, ce qui s'explique par la grande quan* tité de sang que celui-ci renferme, plutôt que par une sorte d'hypertrophie ou d'excès de nutrition que son t^su aurait subi. Je suis loin de contester que l'inflammation ne puisse, tout à fait à son début, produire dans le foie les deux altérations que Je >1ens de désigner ; mais comme celles-ci se développent le plus fréquemment indépendanmient de tout travail inflammatoire et sous l'influence seule d'un obstacle à la circulation; comme rien d'ailleurs ne peut faire distinguer l'une de l'autre la congestion mécanique de celle qui est vitale, il s'ensuit que Tinjection du foie avec ou sans augmentation de volume de l'organe ne saurait jamais être regardée comme l'indice d'une hépatite coomiençante. Ce que je dis de la congestion s'applique aussi à certaines altérations de nutrition qu'on remarque sou- Tenl dans le tissu du foie. Celui-ci, en effet, est tantôt sec et friable, plus souvent n est ramolli et se laisse aisément pénétrer par le doigt. Ces lésions existent isolément, ou bien elles coïncident avec l'injection du tissu, avec diverses colorations, jaune brun, livide ; parfois, au contraire, avec une décoloration, avec une sorte d'anémie du tissu. Cependant aucune de ces altérations ne saurait être une preuve cer" iaine d'hépatite, à moins qu'il n'existe en même temps du pus, ou bien encore qu'on n'ait observé pendant la vie tous les symptômes qui caractérisent une inflammation aigué de l'organe. Cette opinion est aussi ceUe que M. Louis professe.

La présence du pus dans le foie est donc le seul caractère anatomique certain de l'hépatite. Ce liquide peut n'être qu'infiltré dans le tissu de l'organe, mais le plus souvent il y est réuni en un ou plusieurs foyers de forme et de dimension variables. Dans le premier cas, on observe des plaques plus ou moins étendues où le tissu du foie induré ou ramolli a pris une teinte blanchâtre ou jaunâtre due à la présence du pus. Ces noyaux sont souvent isolés, limités par une sorte de fausse membrane albumino-fibrineuse qui tapisse la face interne du foyer dès que le noyau ramolli s'est transformé en une collection purulente. Ces abcès du foie sont, les m» superficiels, les autres profonds; ceux-ci wxîupent le centre de l'organe. L'un d'eux peut envahir tout un lobe (le droit surtout) ; on a même vu le foie, réduit à ses membranes d'enveloppe, être converti en une vaste poche purulente : Bontius €t M. Haspel ont cité chacun un fait de ce genre. Le pus est presque toujours blanc, phlegmoneux ; plus rarement il est verdâtre, ou bien n offre une coloration fouge lie de vin ou brun-chocolat, à cause de son mélange avec du sang et avec le détritus de la substance du foie. Lorsqu'un aussi grand désordre existe, le liquide épanché dans le foie ressemble moins à du pus qu'à de la lavure de chair. La bile peut aussi le colorer en jaune ou en vert et lui donner une certaine viscosité. I^resque toujours inodore, il acquiert, dans quelques cas rares, une grande fétidité. ^ quantité varie beaucoup ; elle n'est souvent que de 50 à 60 grammes. Nous l'avons vue s'élever une fois à plus de 1500 grammes, et l'on a même cité des cas où le ibie contenait jusqu'à 5 et 6 kilogrammes de pus* Beaucoup de ces abcès, ^me lorsqu'ils sont très-récents, sont enkystés ; dans d'autres, le pus baigne

immédiatement le tissu du foie, qui est rouge, ramolli, friable. La cavité des abcts est libre, ou bien elle est sillonnée par des cloisons incomplètes, par des délritui flottants, qui indiquent qu'il y a eu primitivement plusieurspetites collections panlentes qui se sont confondues en une seule. J'ai vu une fois un véritable bourbiHon, c'était une portion du tissu du foie ayant le volume d'un œuf de poule, complètement séparée des parties voisines et baignant dans le pus d'un abcès.

Les abcès du foie, s'ils occupent la superficie de l'organe, peuvent contracter des adhérences avec les parties voisines ; néanmoins cela n'a lieu qu'au bout d'un temps assez long, ce qui s'explique par la capsule fibreuse de Glisson, qui s oppoie pendant longtemps à ce que la phlegmasie se propage à la membrane péritonéale.

Le tissu du foie autour des abcès varie d'aspect. Tantôt il y a transition brusque et complète : on dirait que le parenchyme du foie a été simplement comprimé, refoulé par le liquide épanché ; mais le plus souvent on arrive par des degrés insensibles du tissu normal au tissu morbide, et le plus fréquemment aussi le foie au pourtour du foyer et dans une étendue de quelques pouces, est brun-rongefltie livide, ramolli, ou transformé en putrilage (Haspel).

Les anciens ont beaucoup parlé de la gangrène du foie ; cependant cette lésion est excessivement rare : M. Andral n'en a vu qu'un seul exemple ; dans le cas qu'il cite, l'eschare s'était formée autour d'un abcès. M. Haspel a rapporté un feit semblable.

Lorsque l'hépatite est partielle, la bile offre à peu près ses qualités nonnales; dans quelques cas, pourtant, elle est séreuse, jaunâtre, sanguinolente : cependant nous manquons encore sur ce point de renseignements précis. M. Haspel dit qoe le liquide lui a paru moins s'éloigner de l'état normal dans les abcès du foie qne chez d'autres individus morts de dysenterie. Les altérations consécutives des organes digestifs (injections, ramollissements) ne sont probablement pas plus communes dans l'hépatite que dans le cours des autres affections aigu^ et chroniques, du moins dans notre climat. Il n'en est pas de même dans les pays chauds, où il est commun de trouver chez les sujets qui succombent à un abcès hépatique, des altérations nombreuses dans le gros intestin, caractérisant une dysenterie qui a précédé ou accompagné le développement de l'afl'ection du foie. M. Haspel signale aussi conmie communes les altérations de la rate, qui serait ordinairement augmentée de volume et ramollie.

Symptômes. Harche. — Comme toutes les maladies aigués, l'hépatite débute, tantôt brusquement, tantôt elle a quelqucb prodromes. Dans les pays chauds, elle est souvent précédée de dysenterie. Les symptômes qui la caractérisent sont, les uns locaux, les autres généraux. Un des plus importants, parmi les premiers, est une douleur le plus souvent obtuse, quelquefois vive, lancinante, surtout si l'hépatite est superficielle. Cette douleur occupe tout l'hypochondre, ou bien elle est circonscrite à l'épigastre, vers le rebord des fausses côtes, ou sur un point quelconque de l'hypochondre droit ou des parois thoraciques. Elle s'irradie plus on moins loin, spécialement en arrière, le long du rachis, et retentit parfois, mais exceptionnellejoient, jusque dans l'épaule droite ou dans le cou, ce qu'on expliqua par le nerf diaphragmatique, qui a quelques rapports avec le hgament coronaire du foie. Cette douleur est continue, exacerbante ; la pression l'exaspère, surtout si l'hépatite occupe la convexité de l'organe ; il en est de même de l'inspiration, de la toux, .des mouvements du tronc. Ceux-ci sont en général difficiles ; il est beaucoup de malades qui, ne pouvant se tenir dans une position verticale, marcbent en maintenant le tronc dans^ un état peraument de flexion ; la plupart auss,

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lorsqu'ils sont couchés, restent en supination ou un peu inclinés sur le côté droit. Oq reconnaît bientôt que l'organe a acquis un volume plus considérable. Cette augmentation du foie n'est pas constante, ainsi qu'on l'a dit, mais elle a lieu le plus souTcnt. Dans ces cas, l'hypochondre droit est dilaté, et la percussion ainsi que la palpation font reconnaître une augmentation plus ou moins grande dans le diamètre rertical de l'organe ; on sent celui-ci distinctement à plusieurs travers de doigt du rebord des fausses côtes. Cependant il n'est pas très-rare de voir des foies qui, quoique ayant acquis un volume considérable, ne font pourtant aucune saillie au-dessous du rçbord costal. Dans ces cas, le développement de l'organe s'opère de bas en haut, aux dépens du côté droit de la poitrine, et c'est alors par la percussion seule, ou aidée de l'auscultation, que l'on détermine le degré de saillie qu'il forme dans cette cavité. Cette augmentation de volume peut d'ailleurs être partielle ou générale. Elle explique le sentiment de pesanteur que la plupart des malades éprouvent indépendamment de la douleur, sensation qu'ils rapportent au sternum, à l'épigastre et aux attaches du diaphragme. La sécrétion et l'excrétion de la bile étant fréquemment modifiées, on observe parfois des vomissements bilieux et une teinte ictérique générale ou bornée seulement aux sclérotiques. Toutes choses égales d'ailleurs, ces accidents sont plus communs dans les pays chauds que dans nos climats tempérés. Cependant ils sont loin d'être aussi fréquents que beaucoup le supposent; l'ictère surtout se rencontre exceptionnellement dans l'hépatite : c'est ce que Casimir Broussais et MM. Haspel, Dutroulau , Rouis ont reconnu. On observe aussi parfois une teinte jaunâtre toute spéciale qui n'a rien de la teinte ictérique, et qui se rapproche davantage de la couleur propre aux individus qui ont une eachexie paludéenne. Chez les malades dont nous parlons, la langue est sale et blanchôtre ; il y a une saveur amère, la soif est variable ; il y a des nausées, des hoquets, des vomissements, de la constipation, mais plus souvent encore de la diarrhée. Les matières alvines sont tantôt décolorées, tantôt elles sont fortement teintes par la bile; dans quelques cas, elles sont noirâtres et sanguinolentes. Disons pourtant que les troubles des voies digestives ne sont pas constants ; ils manquent même fort souvent ou n'existent du moins que passagèrement. L'urine, moins abondante, est d'une couleur plus foncée. Beaucoup de malades toussent ; ils se plaignent de dyspnée, d'oppression, accidents qui s'expliquent le plus ordinairement par la douleur, par le refoulement du diaphragme, par la compression du poumon et par la difficulté que les malades éprouvent pour dilater Terticalement le côté droit du thorax. Au début, le poul^ peut conserver sa fréquence ; mais presque toujours il devient fébrile et acquiert de la force et de l'ampleur ; rarement on le trouve déprimé, irrégulier. La fièvre, plus ou moins intense, est continue ; elle se montre quelquefois pourtant sous forme d'accès, elle peut simuler alors une fièrre intermittente ou rémittente. Suivant M. Dutroulau, quatre fois sur cinq l'hépatite serait précédée de quelques accès de fièvre à forme paludéenne; ce n'est qu'après plusieurs de ces accès que les symptômes pyrétiques deviendraient continus. Enfin,le système nerveux est lui-même plus ou moins influencé, comme le prouvent la céphalalgie, la courbature, la perte des forces. Dans quelques cas même, on observe du délire, de l'agitation, de l'insomnie et des symptômes adynamiques.

Telle est la physionomie générale de l'hépatite : cependant le siège de la maladie et quelques autres circonstances, souvent difficiles à apprécier, peuvent déterminer ou iiûre prédominer quelques symptômes, de manière à imprimer à la maladie une physionomie spéciale. C'est ainsi que, lorsque l'inflammation occupe la face

convexe du foie, la douleur et les troubles respiratoires prédominent; ilyapb souvent des hoquets, tandis que les symptômes gastriques sont peu marqués. U contraire arrive dans l'hépatite de la concavité, qui est remarquable par la tenam épigastrique, par la teinte ictérique, par les nausées et les vomissements. L'bépatiU centrale, c'est-à-dire celle qui est bornée au centre d'un lobe, a des symptAmei > locaux très-souvent peu marqués et môme nuls; la mala4ie est alors TéritablemeDi latente, tandis que si la phlegâiasie occupe la surlace (hépatite érystpélafeu» des anciens), elle se propage le plus souvent au feuillet correspondant du péritoine, et l'on observe alors tous les symptômes d'une péritonite circonscrite, symptômes tellement prédominants, qu'ils peuvent masquer ceux qui appartiennent à l'hépatite elle-môme. Enfin, dans les pays chauds, l'hépatite s'accompagne plus souvent que dans nos climats de symptômes ataxiques ou adynamiques, ce qui dépend probablement de ce' que, dans les premiers, la maladie se complique plus souvent que chez nous de dysenterie et d'autres lésions graves du côté des organes digestifs.

Marche. Durée. — Les circonstances précédentes influent non-seulement sur la physionomie de la maladie, mais encore sur sa marche et sur sa durée: c'est ainsi que, dans les climats chauds, l'hépatite suit une marche plus aiguë. On dit qu'il en est de môme lorsque la maladie occupe la face concave de l'organe. Dans les cas ordinaires, l'hépatite, ai elle se termine par résolution, ne dépasse guère deux à trois semaines.

Terminaisons. — L'hépatite peut se terminer par résolution, ou être smrie de suppuration, très-rarement de gangrène ; parfois enfin elle passe à l'état duonique. La résolution s'opère communément du septième au quinzième jour; elle s'annonce par la diminution progressive de tous les symptômes. On a dit qu'elle était souvent marquée par quelques phénomènes critiques, tels que desépistans, des selles bilieuses, des urines ou des sueurs abondantes, et, d'après Sœmmerring, par un léger gonflement douloureux de la rate ; mais il n'y a encore à ce sKJetrien de bien démontré. La guérison est presque toujours complète ; néanmoins, quelques malades conservent encore pendant longtemps un peu de gène et des tiraillements lorsqu'ils veulent redresser le tronc; cela dépend ordinairement de ce qu'en raison d'une péritonite partielle, concomitante, des adhérences se sont établies entre les deux feuilles opposées du péritoine. La gangrène, comme nous l'avons déjà dit, est une terminaison fort rare ; on s'acoorde généralement à regarder la prostration subite des forces, l'accélération et la petitesse du pouls comme devant annoncer on pareil accident; mais rien n'est démontré à cet égard. Quoi qu'il en soit, en pareil cas, la mort doit être presque inévitable, et survenir rapidement au milieu de tout l'appareil des symptômes adynamiques et ataxiques.

La suppuration parait être une terminaison très-fréquente de l'hépatite. Lorsque le pus se forme, la douleur diminue ou cesse, la fièvre tombe, les malades accusent une simple pesanteur dans l'hypochondre, qui est un peu tendu et empAté.Oya souvent des frissons erratiques, quelques sueurs nocturnes et des mouvements fébriles irréguliers. L'ictère, ainsi que le note M. Haspel, ne se rencontre qu'eiceptionnellement dans le cours des abcès hépatiques. €e médecin pense, avec M. le professeur Gruveilhier, et cela avec juste raison, que cet accident, quand il sorrient, dépend moins de la maladie que de la compression des canaux bilkires par le fluide épanché. Quelques-uns de ces malades se rétablissent incomplètement, U fièvre peut cesser tout à fait, l'appétit peut renaître, mais la fkiblesse n'en persiste pas moins, et le plus souvent môme les malades continuent à maigrir ; en explorant la région du foie, on trouve, comme par le passé, l'organe plus volumineux, et

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quelquefois on recannait l'existeiice d'une tumeur fluctuante faisant saillie sous le rebord costal.

Il n'est plus douteux que les abcès du foie ne puissent se terminer par résorption. Casimir Broussais, MM. Cambay et Dutroulau ont cité des faits qui le pron- Tent ; mais la chose est fort rare. Lorsque la vie se prolonge suffisamment, le pus finit presque toujours par se frayer une issue au dehors. On a dit que, lorsque des canaux biliaires un peu considérables existaient dans le voisinage de l'abcès, le pus pouvait finir par y pénétrer, et était alors évacué par l'intestin, suivant le môme mécanisme que la bile-(Saunders). Cependant, dans presque tous les cas, les abcès du foie s'éliminent par un mécanisme différent. Les uns s'ouvrent dans le péritoine, et provoquent aussitôt une péritonite suraiguâ et mortelle en quelques heures. Le plus ordinairement, l'abcès se fraye une issue dans un organe voisin, après avoir préalablement contracté des adhérences avec lui. C'est ainsi qu on voit les abcès du foie s'ouvrir dans l'estomac, dans la seconde courbure du duodénum, dans le côlon transverse ou dans la partie supérieure du côlon ascendant, ou bien, se portant vers la poitrine, ils s'épanchent dans le péricarde, dans la plèvre, et plus souvent encore ils se vident dans les bronches après l'ulcération des poumons. Situés près des veines cave et porte, ils peuvent aussi, ulcérant les parois de ces vaisseaux, s'ouvrir dans leur cavité ; le pus alors, se mêlant au sang, produit des aceidents d'ûifection rapidement mortels : la mort paraît même avoir été, en pareil cas, presque instantanée. Enfin, la suppuration peut se frayer une issue à travers la paroi de l'hypochondre droit, ou bien le pus, fusant plus loin, va former des abcès symptomatiques à l'ombilic, au pli de l'aine, dans le dos, et jusque dans l'aisselle. Le point vers lequel le pus se dirige est surtout déterminé par le siège de l'abcès et par la disposition des parties voisines.

Les symptômes qui précèdent, annonçant et accompagnant la rupture d'un a1}oès du foie, varient beaucoup, suivant les points où celle-ci s'opère. L'abcès devenu superficiel contracte-t-il des adhérences avec la plèvre ou avec le péritoine, on constate souvent les signes d'une pleurésie ou d'une péritonite circonscrite ; souvent aussi il existe des symptômes de compression du côté de l'organe avec lequel Tabcès contracte des adhérences. C'est ainsi qu'on observe des vomissements si l'abcès appuie sur l'estomac ; nous avons vu la compression du côlon, produite par la cause dont je parle, déterminer tous les signes d'un iléus. Enfin, si le pus se porte vers les poumons, le son s'obscurcit, le bruit respiratoire diminue à la base du thorax, puis un râle crépitant est perçu ; celui-ci devient de plus en plus gros et humide, il se rapproche de l'oreille ; enfin, on constate un véritable gargouillement lorsque l'excavation qui s'est creusée dans le foie et dans le poumon communique avec les bronches (f).

La rupture de l'abcès dans un organe creux est, en général, brusque* Comme die se fait communément par une ouverture large, ou qui, du moins, s'agrandît très-vite, il s'ensuit qu'elle coïncide ordinairement avec l'affaissement de la tumeur, phénomène qu'on constate aisément toutes les fois que l'abcès fait saillie au dehorSi Bientôt après surviennent des accidents variables, suivant l'organe dans lequel le pus s'est épanché. Ce liquide a-t-il pénétré dans l'estomac, il est rejeté souvent par le vomissement ; a-t-il été versé dans l'intestiti, il est évacué par les selles ; enfin, s'est-îl frayé une route à travers les poumons, il excite de la touîi, et il est rejeté à flots par la bouChea Souvent alors^ en auscultant les malades^ on cohstate dans la région

(I) Vofnvon Traité de pneumonie, î« édition, JJ. 341 ctsuiv. Pnrb, I8g4.

du foie les signes physiques d'une Yaste excavation (gargouillement, sooiQe cale^ neux, amphorique, tintement métallique). Les malades éprouvent presque topioais aussitôt après, un grand soulagement. 11 en est chez lesquels la suppuration, apiès avoir persisté quelques jours, tarit peu à peu, et bientôt la convalescence se dédaie. n est donc certain que les abcès du foie peuvent guérir : j'en ai vu deux exemples à Paris à un intervalle de vingt-cinq ans. Mais ces faits sont bienexceptionnekRieo en effet n'est plus rare en anatomie pathologique que l'existence de cicatrices du foie. M. Louis avoue n'en avoir jamais vu, et je crois avec lui qu'on ne saurait, à l'exemple de Mérat, regarder comme telles ces productions fibreuses, A forme stellaire,;qui existent parfois à la surface de l'organe. Cependant Petit le fils, Morgagni, Sœmmering, Cas. Broussais, MM. Catteloup, Ha^>el, Cambay, Dutroulan, ont vu de véritables cicatrices consécutives à des abcès hépatiques ; mais, nous le redisons encore, de pareils faits sont rares, et l'on peut affirmer que, dans la plupart des suppurations du foie, surtout si l'abcès a une grande étendue, les accidents momentanément suspendus après l'ouverture de l'abcès, continuent bientôt A s'accroître, et la mort survient plus ou moins vite au milieu des symptômes adynamiques ou ataxiques des résorptions putrides, ou bien lentement et avec l'appareil symptomatique de la fièvre hectique {phthisis hepatica des anciens). Toutes choses égales d'ailleurs, il parait, d'après les remarques d'Annesley, et plus récenuneot d'après le témoignage de M. Haspel, que la position des abcès influe beaucoup sur leur marche. Ainsi, ceux qui sont profonds ont en général une marche insidieuse, lente, chronique, tandis que les abcès superficiels se montrent plus souvent soos une forme aiguè.

Complications. — L'hépatite qui règne dans les climats chauds est rarement une maladie simple ; presque toujours elle s'y complique de quelque antre affection, comme péritonite, fièvre intermittente, pneumonie ou pleurésie, mais plus souvent de dysenterie ou d'entéro-colite. Sur 29 cas d'abcès du foie recueillis par Anneilef dans les Indes, ^1 fois il existait des ulcérations dans le gros intestin. Il en fut de môme dans 13 cas sur 23 observés par M. Haspel en Afrique, et 10 fois sur 47 abcès du foie constatés par Budd sur des marins arrivant des pays chauds. La complication dont nous parlons n'existe pas chez nous dans cette proporticm. Ainsi, sur 1 6 cas d'abcès du foie réunis par MM. Andral et Louis, 3 fois on trouva des ulcérationi dans l'intestin, et, sur ce nombre, 2 étaient de nature tuberculeuse. Dans 8 cas observés par Frerichs, la lésion intestinale fit toujours défaut. Quel rapport peat-on établir entre l'hépatite et les lésions de l'intestin? On a considéré celles^ comme développant les premières ; il n'en est rien. MM. Cambay et Haspel ont reconnu, par contre, que l'hépatite primitive était plus commune. La fièvre intermittente qui complique certaines phlegmasies du foie peut avoir pour effet, «d'après M. Bss^i de faire momentanément disparaître les symptômes hépatiques. Ce médecin a tu souvent la fièvre intermittente se placer tour à tour parmi les débuts, les teiminaisons, les complications et les causes de l'hépatite.

On comprend que la gène apportée à la circulation de la veine porte puistf quelquefois déterminer une ascite ; cet accident pourtant est rare. M. Haspel signale, par contre, comme fréquentes, des hémorrhagies intestinales parfois inquiétantes, mais qui ont produit néanmoins, dans bien des cas, un soulagement remarquable. Le môme observateur parle aussi d'hémoptysies qui seraient déterminées par b compression que le foie, augmenté de volume, exercerait sur le poumon droit Mais nous n'oserions encore nous porter garant de l'exactitude d'une pareille opinion, car il pourrait bien n'y avoir ici que coïncidence sans aucun rapport de

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