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CHAPITRE

Kévromcs.

§ 1 . Pathogénie et étiolûgie.

Les tumeurs ayant pour point de départ la substance même d'un nerf ne devraient porter le nom de névromes qu'autant que leur masse principale serait composée d'éléments nerveux, ou que ces éléments entreraient au moins pour une part essentielle dans leur composition. Les tumeurs assez communes, qui se sont formées sur les nerfs sans hyperplasie des éléments nerveux et dans lesquelles par conséquent le nombre des fibres nerveuses est resté le même ou a même diminué, ne sont pas à vrai dire des névromes, mais rentrent, suivant leur structure, dans la classe des carcinomes, des tibromes, des gliomes, etc. (Yirchow.) Les névromes composés principalement de fibres nerveuses, ou dans lesquels ces fibres l'emportent sur la substance interstitielle, ont été distingués, sous le nom de névromes vrais, de ceux qui sont principalement composés de substance interstitielle : cependant cette division offre plus d'intérêt anatomo-pathologique que d'intérêt clinique.

L'étiologie des névromes est obscure. Quelquefois leur développement se laisse ramener à une disposition congénitale ou héréditaire. Ces cas, ainsi que le développement assez fréquent de névromes multiples sur différents nerfs et les récidives que l'on observe si souvent après l'extirpation de ces tumeurs, tendent à prouver l'origine souvent constitutionnelle de cette affection. D'autres névromes sont le résultat manifeste d'une lésion traumatique 'lu nerf malade par une piqûre, une contusion, etc. Le plus souvent il est impossible de découvrir une cause quelconque.

g 2. Anatomie pathologique.

Les névromes forment des tumeurs rondes ou ovales; dans le dernier cas, leur axe longitudinal est dirigé dans le sens du nerf. Ces tumeurs sont ordinairement résistantes et élastiques, leur grosseur varie entre celle d'un grain de millet et celle du poing. Selon que le tissu interstitiel compris entre les fibres nerveuses est de nature fibreuse ou qu'il se rapproche de la névroglite ou du tissu muqueux, Yirchow distingue les névromes en ûbronévromes, en glio-névromes cl en oayxo- névromes. Quelquefois il j a dans leur intérieur de petites cavités remplies d'un liquide. Les névromes sont

tantôt implantés latéralement sur les nerfs, tantôt ils partent de la profondeur et, suivant que leur origine est plus ou moins centrale, une quantité plus ou moins grande de fibres nerveuses y pénètre. Les névromes ont le plus ordinairement leur siège sur les nerfs spinaux. Cependant on connaît quelques exemples de névromes du grand sympathique et des nerfs cérébraux, surtout du nerf acoustique. Ordinairement il n'y a qu'un seul névrome dont la grosseur n'est nullement en rapport avec l'épaisseur du nerf d'où il part. Dans d'autres cas, on trouve plusieurs névromes sur le trajet du même nerf; dans d'autres cas encore, des névromes fort nombreux se développent sur les nerfs les plus variés. Probablement il faut encore compter parmi les névromes certaines tumeurs extrêmement douloureuses ayant la grosseur d'un pois ou d'une fève et qui glissent facilement sous la peau, tumeurs que l'on a désignées sous les noms de tubercules douloureux, painful tubercle ; toutefois il est impossible de constater un rapport entre ces tumeurs et quelque nerf cutané, ni la présence d'éléments nerveux dans leur intérieur.

§ 3. Symptômes et marche.

Les névromes périphériques, les seuls qu'il soit possible de reconnaître, se trahissent par le développement d'une tumeur plus ou moins résistante et élastique, ayant son siège sur le trajet du nerf cutané, ne se laissant le plus souvent déplacer que latéralement et recouverte par la peau non modifiée. Les grands névromes multiples, quelquefois, n'occasionnent ni douleurs ni autres embarras, de sorte que leur diagnostic ne devient possible que par leur connexion manifeste avec un nerf cutané. 11 en est autrement des petits névromes qui sont ordinairement isolés. Ceux-ci sont accompagnés de douleurs excessivement violentes qui rayonnent à partir de la tumeur dans le sens du trajet périphérique et des divisions terminales du nerf. Ces douleurs ne sont généralement pas continues, mais donnent lieu à des paroxysmes suivis d'intervalles libres. Une légère pression sur la tumeur, quelquefois un simple attouchement et le frottement des vêtements exaspèrent les douleurs dans la tumeur et dans le trajet du nerf à un degré intolérable. Les mouvements, les refroidissements et d'autres influences provoquent également de violents paroxysmes. — Tout comme dans la névrite, le pouvoir conducteur des nerfs peut être affecté dans les névromes, de sorte qu'aux douleurs s'ajoutent une sensation d'engourdissement et une anesthésie plus ou moins complète de la peau dans la sphère d'épanouissement du nerf malade. Il est rare que l'atteinte des fibres motrices donne lieu à des spasmes et à des contractures et plus tard à des paralysies. — La propagation des douleurs du nerf malade à d'autres trajets nerveux et les troubles

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