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CHAPITRE XL névralgie sciatique. — Ischias iicrvosar postica Cotunnii

Par névralgie sciatique on entend une affection névralgique des nerfs sensibles du plexus sciatique, formé par la quatrième et la cinquième anses lombaires, et la première et la seconde anses sacrées.

§ 1. Pathogénie et étiologie.

Les nerfs qui constituent le plexus sciatique peuvent être, offensés dès leur sortie des trous intervertébraux, par une carie ou un cancer des vertèbres et éprouver ainsi une excitation morbide. ■ — Lu outre, la névralgie sciatique dépend assez souvent d'une pression exercée dans l'intérieur du

bassin sur le plexus sciatique. Chez une malade atteinte de leukémie lymphatique, que j'ai eu l'occasion d'observer à Greifswald, une sciatique violente offrant des intermittences presque régulières, et qui dépendaient manifestement de la pression des glandes rétro-péritonéales, énormément tuméfiées, sur le plexus sciatique, formait pendant plusieurs années le phénomène le plus saillant. D'une manière analogue des néoplasmes dans le bassin et avant tout des kystes de l'ovaire, une accumulation de matières fécales durcies ou bien, comme cela est arrivé dans un cas fort instructif observé par Bamberger, une collection de noyaux de cerises dans l'S iliaque, enfin l'utérus gravide et surtout la tête de l'enfant longtemps engagée dans le petit bassin, telles sont les causes qui peuvent encore provoquerla névralgie sciatique. Une sciatique très- opiniâtre, mais se terminant le plus souvent par la guérison, est due assez souvent à la pression exercée sur le nerf sciatique par des exsudats qui se sont formés dans le tissu sous-péritonéal ou dans des espaces intrapéritonéaux enhystés, en cas de paramétrite et de périmétrirte. Enfin, on peut quelquefois reconnaître pour cause de la sciatique des influences irritantes qui agissent sur les ramifications périphériques du nerf sciatique. Dans cette catégorie rentrent les cas où la maladie a été provoquée manifestement par la pression de chaussures trop étroites, par la saignée du pied, par des anévrysmes des artères de la cuisse et de la jambe, par des néoplasmes dans le voisinage des nerfs.

Parmi les causes de sciatique qui ne laissent pas à leur suite des modifications anatomiquement appréciables, on cite des efforts immodérés, la suppression de quelque transpiration habituelle ou d'un exanthème et les refroidissements. Cette dernière cause est bien réelle et l'on peut dire que la plupart des cas de sciatique sont d'origine rhumatismale, c'est-à-dire consécutifs aux refroidissements auxquels est exposée la peau qui recouvre le nerf sciatique, surtout dans les lieux d'aisance où régnent de grands courants d'air. Il n'est pas surprenant que de tous les nerfs cutanés le trijumeau et le sciatique soient le plus souvent atteints de névralgie ; en effet, l'un est continuellement, l'autre une ou deux fois par jour, et pour quelques moments seulement, exposé au danger du refroidissement par la mise à nu du tégument cutané.

Les documents statistiques nous apprennent que la sciatique doit être comptée parmi les névralgies les plus communes, qu'elle est rare chez les enfants, qu'elle est surtout fréquente entre la vingtième et la soixantième année, que chez les hommes et dans les basses classes la maladie se rencontre un peu plus souvent que chez les femmes et dans les classes élevées.

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