CHAPITRE XX
Paralysie essentielle des enfants. — Paralysie spinale des enfants
(Heine).
§ 1. Pathogénie et étiologie.
La paralysie essentielle des enfants doit-elle être comptée parmi les maladies du cerveau, delà moelle épinièrc, ou des nerfs périphériques? ou bien est-elle d'origine tantôt cérébrale, tantôt spinale, tantôt périphérique, comme cela est admis par Vogt ? C'est ce que, vu l'absence d'un nombre suffisant d'études nécroscopiques concluantes, il nous est impossible de décider avec certitude. Je considère comme très-convenable l'appellation de paralysie essentielle. En admettant même qu'une inflammation ou un extravasat sanguin dans la moelle épinièrc ait été la cause de la première manifestation de la paralysie, toujours est-il qu'à l'époque où elle reçoit le nom de paralysie essentielle, ce processus esi éteint, cl ce n'csl pus la maladie
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première, mais la paralysie avec ses conséquences, qui forme l'objet du traitement. Les paralysies essentielles sont même généralement les résidu? permanents d'un processus à évolution très-aiguë; car tous les observateurs s'accordent sur ce point que la paralysie s'était développée dans l'espace de quelques heures et avait été immédiatement une paralysie complète, et qu'en outre elle ne s'était jamais étendue par la suite du membre primitivement atteint à d'autres membres.
Les conditions étiologiques sont tout aussi obscures que la pathogénie. La maladie se rencontre presque exclusivement chez les enfants pendant la dentition et peu de temps après, par conséquent depuis l'âge de six mois jusque vers la fin de la troisième année. Elle atteint indifféremment lesgarçons et les filles, et non-seulement les enfants cachectiques et scrofuleux, mais encore les enfants sains. Parmi les causes déterminantes, on cite de préférence les exanthèmes aigus et les refroidissements, surtout l'habitude qu'ont les enfants de s'asseoir sur des pierres froides. Il faut attacher trèspeu d'importance à cette dernière cause, attendu que tous les jours un nombre infini d'enfants s'asseoient sur des pierres froides, et la paralysie essentielle n'en est pas moins une maladie assez rare.
§ 2. Symptômes et marche.
Dans un grand nombre de cas, la maladie débute par une fièvre générale et par les symptômes d'une hyper émie cérébrale ou d'une méningite. Nous avons déjà dit antérieurement que ces deux états morbides se manifestent l'un et l'autre, par l'agitation psychique, par des accès de convulsions et des pertes de connaissance, par des grincements de dents et d'autres symptômes qui leur appartiennent en commun, et qu'il n'y a souvent que la marche de la maladie qui puisse nous apprendre si nous avons affaire à une bypérémie cérébrale ou à une méningite; de même, entre le tableau morbide qu'on a l'habitude de dresser de la période initiale aiguë de la paralysie essentielle et celui d'une hypérémie intense du cerveau, on ne saurait découvrir d'autre différence que cette paralysie totale d'une ou de plusieurs extrémités, qui persiste après la disparition des convulsions et le retour delà conscience. La paralysie existe tantôt dans une jambe, tantôt dans un bras, tantôt dans les deux extrémités inférieures à la fois, mais jamais (et c'est là un argument puissant contre [l'origine cérébrale, soit apoplectique, soit encéphalitique de la maladie), dans les deux extrémités de l'une ou de l'autre moitié du corps; jamais non plus la vessie et le rectum ne prennent part à la paralysie. Un début presque aussi fréquent que celui que nous venons de citer et qui se caractérise par de violents symptômes cérébraux, est celui qui consiste en un état fébrile général qu'il n'est pas possible de bien