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ÉCLAMPSIE DES ENFANTS. A

Dans ce qui précède nous avons déjà envisagé l'éclampsie comme une épilepsie aiguë. Car elle est caractérisée comme celle-ci par des accès convulsifs séparés, accompagnés de perte de connaissance. Mais ces accès ne se répètent pas, comme dans l'épilepsie, pendant des mois et des années, par intervalles plus au moins longs, mais ils se bornent à quelques heures ou à ■ quelques jours, et au bout de ce temps l'éclampsie se termine par la guérison ou la mort.

Tout ce que nous avons dit de la pathogénie des attaques d' épilepsie s'applique également à celle des attaques d'éclampsie. Les raisons longuement développées dans le chapitre de Y Épilepsie nous permettent de considérer comme certain que dans l'éclampsie l'excitation morbide des nerfs moteurs, qui se trahit par les convulsions a pour point de départ la moelle allongée et les parties situées à la base du cerveau. De même il paraît hors de doute que des conditions analogues à celles qui déterminent un état d'irritation habituelle de la moelle allongée, et par cela même une épilepsie, provoquent assez souvent, surtout pendant l'enfance, une irritation aiguë passagère du même organe, donnant lieu à une simple éclampsie. Telle est, avant tout, l'anémie du cerveau. Les animaux sur lesquels Kussmaul et Tenner faisaient leurs expériences mouraient en définitive d'éclampsie et non d' épilepsie. — Il est plus que probable que des états d'irritation aiguë de la moelle allongée, suivis d'attaques d'éclampsie, peuvent aussi être dus à des congestions. — Quelquefois ces attaques sont produites par le mélange de substances étrangères avec le sang, comme par exemple les convulsions à issue rapidement mortelle dans quelques cas d'urémie et dans les empoisonnements par les substances narcotiques. Telles sont encore les convulsions qui sont si souvent provoquées, surtout chez les enfants, par une infection d'origine miasmatique ou contagieuse, par exemple celles qui accompagnent l'invasion de la scarlatine, de la rougeole, de la variole, enfin celles qui sont dues à la chaleur et à la crase fébriles et qui marquent assez souvent le début de la pneumonie chez les enfants. — Les attaques convulsives produites par des affections aiguës du cerveau et de la moelle épinière et qui offrent une grande analogie avec la forme de l'épilepsie due à des tumeurs et à d'autres maladies chroniques du cerveau et de la moelle épinière, ne sont généralement pas comprises dans l'éclampsie, ou du moins on les considère comme une forme symptomatique qui doit être séparée de l'éclampsie proprement dite. Par contre, on considère, comme appartenant à l'éclampsie idiopathique vraie, les accès convulsifs qui sont dus à l'excitation des ganglions cérébraux par la frayeur et par d'autres émotions et à la transmission de cette excitation à la moelle allongée. — Enfin, l'état d'irritation morbide passagère <le

la moelle allongée, qui forme la base de l'éclampsie, paraît dû le plus souvent à une irritation ayant son point de départ dans les nerfs périphériques et se propageant jusqu'au bulbe rachidien. Toutefois, ce ne sont ni des névromes, ni des tumeurs ou des cicatrices exerçant une compression, comme dans l'épilepsie, qui occasionnent des attaques d'éclampsie; mais cette maladie est due principalement à une irritation des terminaisons nerveuses, dans les organes les plus variés, irritation qui dans ce cas se propage jusque sur la moelle allongée. Telles sont les convulsions dentaires, l'éclampsie vermineuse, les convulsions qui surviennent à la suite de quelque lésion douloureuse de la peau.

Dans l'éclampsie nous observons un antagonisme, aussi difficile à expliquer que dans l'épilepsie, entre Fétat des grands hémisphères et celui des parties du cerveau situées à .la base de l'organe; ainsi, nous ne pouvons nous rendre compte, en aucune manière. pourquoi les convulsions sont accompagnées de la perte de connaissance.

Pour ce qui concerne l'étiologie, nous ferons remarquer que l'époque ouïes états d'irritation habituelle s'observent rarement dans la moelle allongée est précisément celle où prédomine la prédisposition aux irritations aiguës de cet organe ; les enfants qui n'ont pas dépassé les premiers mois de l'existence et les nouveau-nés sont rarement atteints d'épilepsie, 'andis que l'éclampsie est fort commune chez eux. Après la première dentition la maladie devient rare, plus rare encore après la seconde dentition. La prédisposition à l'éclampsie peut être congénitale ; souvent tous les enfants >dé la même famille contractent des attaques d'éclampsie. Nous ne savons pas quelles sont les maladies et les anomalies de constitution des parents qui entraînent chez les enfants une prédisposition congénitale à l'éclampsie. L'éclampsie s'observe aussi bien chez les enfants vigoureux et pleins de sève que chez ceux qui sont délicats et anémiques. Chez les garçons elle paraît être aussi fréquente ou même un peu plus fréquente que chez les filles. Outre les causes occasionnelles, déjà mentionnées dans l'exposé de la pathogénie, on cite encore la prise du sein par l'enfant immédiatement après un violent accès de colère de la mère ou de la nourrice. Il serait imprudent et injustifiable de braver cette opinion, quelle que soit la difficulté qu'on éprouve à expliquer le fait, et on aura toujours soin de se conformer au précepte usité qui consiste à faire exprimer le premier lait de la nourrice qui vient d'avoir un accès de colère, avant de lui permettre de donner le sein à l'enfant.

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