URTICAIRE. — FIEVRE 0RT1ÉE
l'urticaire déterminée par la piqûre des puces et des mouches, et enfin celle qui se développe chez certains individus quand ils se grattent la peau avec les ongles; 2° l'urticaire ab ingestis. Cette forme se produit chez certains individus immédiatement après qu'ils ont mangé des fraises ou bien des écrevisses, des moules, des champignons ou quelques autres aliments peu habituels. C'est une pure hypothèse que de supposer que dans ces cas une substance acre se mêle au sang, et donne lieu, par cette voie, à une irritation de la peau. On ne s'explique en aucune manière pourquoi les aliments que nous venons de nommer ne. provoquent l'urticaire que chez un trèspetit nombre d'individus, et cela chaque fois qu'ils en font usage. À l'urticaire ab ingestis se rattache encore la formation de plaques qui suit quelquefois l'administration du copahu à hautes doses; 3° l'urticaire fébrile ou fièvre ortiée. Les causes de cette forme, accompagnée d'une fièvre violente et de troubles gastriques et qui dans son invasion et sa marche offre la plus grande analogie avec les exanthèmes aigus, sont inconnues; k° l'urticaire chronique. Nous ne connaissons pas non plus les causes de cette, forme qui n'est pas très-commune. Elle paraît dépendre dans quelques cas d'une disposition héréditaire; 5° enfin Hebra mentionne une forme d'urticaire qui se rattache étroitement à certains états d'irritation de V utérus, et qui s'observe chez quelques femmes pendant la grossesse , chez d'autres pendant la menstruation, et chez d'autres encore pendant les maladies de l'utérus ou après l'introduction d'un pessaire.
§ 2. Symptômes et marche.
Les plaques d'urticaire s'élèvent toujours sur une base rougie par l'hypérémie. Mais souvent elles sont elles-mêmes blanches et c'est ce qui arrive peut-être dans les cas où le produit de l'infiltration séreuse comprime les vaisseaux du corps papillaire (urticaria alba ou porcellana). Elles sont tantôt isolées, tantôt tellement rapprochées que quelques-unes se confondent (urticaria conferta). Quelquefois la durée d'une seule et même plaque est trèscourte {urticaria evanida); d'autres fois, une fois formées, les plaques persistent plus ou moins longtemps (urticaria perstans). Si les plaques sont grandes et dures, l'urticaire est dite tubéreuse; si au contraire elles sont petites, c'est une urticaire papuleuse (lichen ortie); si dans quelques endroits un épanchement simultané à la surface libre soulève l'épidémie en petites vésicules, c'est une urticaire vésiculeuse. Toutes les plaques produisent une démangeaison très-désagréable qui excite les individus à se gratter. Cette démangeaison et les signes objectifs que présente la peau sont les seuls symptômes de toutes les formes d'urticaire, excepté de la fièvre ortiée. La durée de la maladie est ordinairement d'un ou de très-peu de jours. Il n'y
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a que l'urticaire dite chronique, qui se répète à de courts intervalles pendant des semaines, des mois et des années, parce qu'il se forme à tout instant de nouvelles éruptions de plaques, sans que chacune en particulier persiste très-longtemps. La fièvre qui accompagne et quelquefois précède la fièvre orliée peut atteindre un degré très-élevé, à un tel point que la langue devient sèche, le sommeil agité et que même il se produit des délires. Si à cette fièvre: s'ajoutent de violents vomissements et une forte diarrhée, faits qui semblent annoncer une affection de la muqueuse gastro-intestinale, analogue à celle de la peau, le tableau clinique est celui d'une maladie grave. Cependant l'exanthème disparaît au bout de peu de jours, ainsi que la fièvre et les phénomènes gastriques, et le mal est guéri après une courte convalescence.
§ 3. Traitement.
Bien que l'urticaire aiguë disparaisse d'elle-même après une courte durée il n'en est pas moins vrai que ce serait faire un grand bien au malade que de le débarrasser des démangeaisons qui le tourmentent sans cesse et le privent souvent de repos et de sommeil. Malheureusement les palliatifs recommandés dans ce but restent souvent sans effet, et entre autres les lotions de la peau avec des acides très- étendus et des frictions faites avec des tranches de citron, moyen dont on a surtout exalté l'efficacité. Contre l'urticaire chronique, nous ne possédons pas non plus de remèdes efficaces. - Il faut donc que nous nous bornions à rétablir par des moyens hygiéniques et médicamenteux les troubles qui peuvent s'être déclarés dans l'état général, que nous cherchions à remédier aux embarras de la digestion et que nous défendions l'usage de ces aliments qui, d'après l'expérience, provoquent l'urticaire chez certains individus.