CHAPITRE UNIQUE
Maladies de la capsule surrénale. — Maladie d'Addison. Maladie bronzée — SSi'onzed-skin.
§ 1. Patiiogénie et étiologie.
Quand Addison, en 1855, se fondant sur un petit nombre d'observations en partie incomplètes , eut proclamé l'existence d'une nouvelle maladie qu'il faisait dépendre d'une dégénérescence des capsules surrénales , sa doctrine rencontra bientôt de nombreux partisans, tandis que d'autres observateurs d'un grand renom s'inscrivaient en faux contre elle et l'attaquaient comme dénuée de fondement. On se mit en quête d'observations positives et négatives. On se préoccupait exclusivement du symptôme, à la vérité le plus saillant de la maladie, à savoir de la teinte foncée du tégument cutané, et l'on opposait aux cas observés par Addison et autres, qui avaient constaté la coïncidence entre une dégénérescence de la capsule surrénale et la coloration bronzée de la peau, premièrement, des cas dans lesquels cette coloration faisait défaut malgré la dégénération de la capsule surrénale et, en second lieu, des cas où la coloration de la peau exisait sans dégénération de la capsule surrénale. Cependant, les cas mentionnés en dernier lieu ne pouvaient servir d'arguments contre la doctrine d' Addison, qu'autant que ce dernier aurait soutenu la thèse absurde et en opposition avec tous les faits observés, que la dégénération des capsules surrénales fût la cause unique d'un dépôt de pigment plus abondant dans le réseau de Malpighi, et même les cas appartenant à la première catégorie n'infirmaient nullement ce qu'ils étaient censés infirmer, ainsi que cela se verra par la description des symptômes et de la marche.
La question de l'existence ou de la non-existence de la maladie d'Addi-
son est à considérer aujourd'hui comme résolue, quoique le lien physiologique entre les phénomènes morbides et la lésion anatomique de la capsule surrénale ne soit rien moins qu'élucidé. L'espèce d'altération des capsules surrénales qui sert le plus souvent de base à la maladie d'Addison, est une inflammation chronique se terminant par la fonte caséeuse du produit inflammatoire et des éléments du tissu lui-même. L'étiologie de cette inflammation chronique des capsules surrénales est tout à fait obscure. Elle survient sans cause occasionnelle appréciable et se développe assez souvent chez des personnes chez lesquelles il n'y a aucune raison de soupçonner une prédisposition à la formation de produits caséeux. Plus rarement que la fonte caséeuse on observe une tuberculose vraie de la capsule surrénale, dépendant d'une tuberculose généralisée. Un peu plus fréquemment on trouve dans les capsules surrénales des carcinomes qui, d'ordinaire, y existent également en coïncidence avec la dégénérescence cancéreuse d'autres organes, mais qui peuvent aussi avoir pris un développement primitif et indépendant.
Enfin, on a décrit quelques cas isolés d'apoplexie, de dégénérescence graisseuse simple et de dégénérescence amyloïde des capsules surrénales.
§ 2. Anatomie pathologique.
Les deux cas publiés par Yirchow, dans lesquels les capsules surrénales étaient considérablement tuméfiées, plus compactes, d'un rouge foncé et farcies d'extravasats sanguins, paraissent être les seuls qu'on puisse considérer comme la première période de l'inflammation des capsules surrénales, si souvent observée dans ses terminaisons. — Peut-être faudraitil aussi comprendre dans cette période trois cas rapportés par Wallman sous le titre d'apoplexie de la capsule surrénale. — Les lésions observées sont ordinairement les suivantes : les capsules surrénales sont augmentées de volume,' d'une consistance plus forte, leur surface est bosselée, leur structure naturelle est devenue méconnaissable. Tout l'organe est transformé en un tissu homogène plus ou moins ferme, gris rouge ou blanchâtre, dans lequel sont logés des foyers nombreux tantôt plus ou moins compactes, tantôt jaunâtres, ramollis et caséeux et parfois transformés en bouillie calcaire. A l'examen microscopique on reconnaît que les éléments normaux sont effectivement détruits et que les amas caséeux consistent en détritus, en éléments cellulaires en voie de désagrégation et de métamorphose graisseuse, mêlés parfois de quelques cristaux de cholestérine.
La tuberculose des capsules surrénales, leur dégénérescence carcinoniatcuse, amyloïde et graisseuse ressemblent à un tel point, dans les observations peu nombreuses qui ont été publiées, à ces mêmes lésions observées