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CHAPITRE VII

Dermatite avec formation de grandes pustules isolées. Ecthyma.

§ 1. Pathogénie et étiologie.

Les pustules d'ecthyma s'élèvent toujours, il est vrai, sur une base d'un rouge vif et gonflée par l'infiltration; mais, malgré le degré plus élevé de l'infiltration, la formation des cellules de pus reste ordinairement bornée dans cette forme de la dermatite à la surface du derme et n'empiète pas facilement sur le parenchyme de ce dernier. Uniquement dans le cas où le parenchyme est atteint, l'ecthyma entraîne l'ulcération de la peau laissant à sa suite des cicatrices, parce que la perte de substance qui en résulte est. comblée plus tard par un tissu conjonctif de formation nouvelle, qui se rétracte. — L'ecthyma est, premièrement, très-souvent le résultat d'irritations agissant directement sur la peau. Telle est l'éruption pustuleuse provoquée par lapommade stibiée (ecthyma antimonial); il en est de même des pustules larges sur les mains et les bras des maçons, des forgerons et des serruriers, et qui proviennent de la chaux ou des éclats de fer incandescent; enfin et avant tout, il faut compter dans cette espèce les pustules qui se produisent chez les individus atteints de maladies parasitaires ou prurigineuses, lorsque ces individus se grattent violemment. — Dans d'autres cas l'ecthyma se montre dans le cours de maladies fébriles aiguës, sans avoir été précédé d'aucune irritation appréciable de la peau ; cette forme offre une grande analogie avec l'herpès connu sous le nomd'hydroa febrilis. — Enfin on observe encore l'ecthyma chez les individus qui ont été affaiblis par la misère ou qui sont devenus cachectiques sous l'influence d'autres causes, telles que: pertes d'humeurs, maladies graves ou de longue durée, séjour

clans les prisons ou dans les logements insalubres, enfin chez les buveurs et chez les individus atteints de scorbut (ecthyma cachectique). Quant à l'eethyma syphilitique, il en sera question plus loin.

§ 2. Symptômes et marche.

L'inflammation et l'infiltration qui précèdent et accompagnent la formation des pustules d'ecthyma donnent ordinairement lieu à des douleurs pongitives et, chez les individus irritables, même à un état fébrile. Les pustules ne sont presque jamais très-nombreuses ; elles sont isolées, entourées d'une large auréole rouge et siégeant le plus souvent aux extrémités, aux fesses, à la poitrine, au cou, beaucoup plus rarement à la face. La grandeur d'une pareille pustule hémisphérique, s'élevant manifestement au-dessus du niveau des parties environnantes (pustule phlyzaciée), dépasse quelquefois la dimension d'un pois. Le contenu des pustules consiste en un liquide jaune et purulent, souvent coloré en rouge par un mélange de sang. Au bout de quelques jours, le contenu des pustules se dessèche et il se forme des croûtes rondes, brunâtres qui restent plates et tombent en peu de temps, ou s'épaississent peu à peu et adhèrent plus longtemps à la peau lorsqu' au-dessous d'elles le pus continue à se former. Dans le premier cas la croûte, en tombant, laisse à sa suite une tache rouge, couverte d'un jeune épidémie ; dans le dernier il se produit un ulcère ordinairement superficiel, mais quelquefois aussi un ulcère qui entame les couches profondes du derme. — La marche de l'ecthyma est tantôt aiguë, tantôt chronique. En cas de marche aiguë, telle qu'on l'observe pour les formes dues à une cause extérieure, et pour la forme symptomalique qui se manifeste dans le cours des maladies fébriles, le tout se borne généralement à une seule éruption de pustules; les diverses pustules n'ont qu'une courte durée, et les croûtes, qui tombent de bonne heure, ne laissent pas d'ulcères à leur suite, ou, s'il s'en produit, ils ne sont que superficiels. Si la marche de l'affection est chronique, comme on l'observe particulièrement pour l'ecthyma cachectique, les éruptions pustuleuses se répètent par intervalles plus ou moins rapprochés, la rougeur de l'auréole inflammatoire est souvent livide, le contenu des pustules rougeâtre ou d'une teinte sale (ecthyma luridum) ; sous les croûtes épaisses, qui se forment lentement et tombent tard, il se développe quelquefois des ulcérations gangreneuses d'une grande opiniâtreté et pénétrant profondément dans le derme.

PEMPHIGUS, POMPHOLYX. 517

§ 3. Traitement.

Il n'y aque l'ecthyma cachectique qui, à raison de sa marche chronique et de sa tendance à ulcérer la peau, exige des mesures thérapeutiques énergiques. Il faut avant tout avoir soin de faire disparaître la cachexie en faisant respirer au malade un air pur, en lui prescrivant une nourriture fortifiante, du vin ou de la bière forte, des préparations de fer et de quinquina. Au début de la maladie et tant qu'il se présente de violents phénomènes inflammatoires, il y a lieu d'appliquer des cataplasmes chauds ; plus tard, quand des ulcères atoniques se sont produits, il/faut un traitement plus irritant, surtout la cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent.

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