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CHAPITRE IX

Dermatite avec formation de nulles plates, isolées, donnant lieu a des croûtes d'une forme particulière. — Kupia.

§ 1. Pathogénie et étiologie.

La formation de bulles isolées est commune au pemphigus et au rupia. Mais tandis que les bulles du pemphigus se rompent de bonne heure, celles du rupia se maintiennent, plus longtemps. Leur contenu devient purulent, souvent sanguinolent, et se dessèche au bout d'un certain temps en une croûte. De nouvelles exsudations dans la profondeur, et ordinairement aussi

une ulcération de la peau dont les produits se dessèchent également, rendent la croûte formée de plus en plus épaisse, en même temps qu'à sa circonférence il se forme une sorte de bordure bulleuse dont le contenu se dessèche comme celui de la bulle primitive. La partie périphérique de la croûte qui se produit de cette manière étant plus plate que la partie centrale formée la première, les croûtes du rupia sont épaisses au milieu, minces sur les bords et offrent une certaine ressemblance avec les écailles d'huître. Dans la plupart des cas, mais non dans tous, le rupia est un des symptômes de la syphilis constitutionnelle. Les causes du rupia non syphilitique sont obscures; la maladie s'observe, comme l'ecthyma cachectique, le plus fréquemment chez les individus épuisés et misérables.

§ 2. Symptômes et marche.

Le siège ordinaire du rupia non syphilitique est aux extrémités; les bulles, qui s'élèvent sur une base rouge, sont isolées, peu tendues; leur contenu, d'abord limpide, devient bientôt jaune sale ou rougeâtre. Les croûtes qui en résultent sont de couleur foncée et prennent au bout d'un certain temps l'aspect décrit plus haut. Selon le plus ou moins d'épaisseur des croûtes, on distingue un rupia proéminent ou un rupia simple. Après avoir fait tomber les croûtes, on trouve une plaie simplement excoriée ou un ulcère profond qui se couvre bientôt d'une nouvelle croûte. Quelquefois, au lieu d'une simple ulcération, il se produit une destruction gangreneuse de la base des bulles (rupia gangreneux ou escharotique). Le contenu des bulles est dans ce cas terne et noirâtre. Sous les bulles ou sous les croûtes on trouve le derme détruit et transformé en un ulcère gangreneux couvert de lambeaux de tissu et guérissant difficilement. — Tandis que le rupia simple et le rupia proéminent se terminent ordinairement par la guérison en laissant à leur suite une cicatrice plate, souvent pigmentée, le rupia gangreneux peut conduire à la mort par épuisement ou hâter la fin du malade déjà affaibli par une maladie antérieure.

§ 3. Traitement.

Combattre l'anomalie de constitution qui existe, c'est l'indication la plus essentielle dans le traitement du rupia. Si l'on parvient à la remplir, un épidémie nouveau se produit bientôt sous les croûtes et les endroits malades se cicatrisent. Si au contraire on ne réussit pas à améliorer la constitution, le traitement local reste également le plus souvent inefficace. Pour seconder le traitement général, on peut faire tomber les croûtes en y appli-

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quant des cataplasmes. Les ulcères qu'elles laissent à leur suite réclament un traitement excitant , surtout la cautérisation répétée avec la pierre infernale.

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