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CHAPITRE XIV

Inflammation et suppuration des follicules sébacés et pileux de la barbe. — Mentagre. — Sycosis.

§ l. PATHOGÉNIK ET ÉTIOLOGIIi.

Dans le sycosis, les follicules sébacés et les follicules profonds des poils épais de la barbe sont enflammés, mais le tissu du derme, dans les environs immédiats de ces follicules, prend également part à l'inflammation, comme le démontrent l'hypérémie intense, l'infiltration, le gonflement et la suppuration. Chez les femmes et les enfants, et, en général, chez les individus

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imberbes, la maladie ne se rencontre presque jamais ; elle ne s'observe que chez les hommes adultes, et encore chez eux seulement à l'époque où les poils de la barbe ont pris une certaine épaisseur. Un rasoir qui coupe mal, de la maladresse en se rasant, l'usage d'un savon irritant, le tabac à priser et la malpropreté semblent avoir quelquefois provoqué le mal ou au moins la prédisposition à le contracter. Dans la plupart des cas il est impossible d'en découvrir les causes. Le fait annoncé par plusieurs auteurs que quelques cas de mentagre seraient dus à la pénétration du champignon qui est la cause de l'herpès tondens et de l'herpès circinatus, dans les grands et profonds follicules pileux de la barbe, est conforme à mes observations personnelles. Ainsi, j'ai observé entre autres un individu qui, après avoir été atteint d'herpès tonsurant au contact d'une vache malade, eut, quelques semaines plus tard, une mentagre. Ce qu'il y avait surtout de caractéristique dans ce cas, c'est que l'éruption, dont une moitié occupait la barbe, l'autre la peau environnante, offrait sur cette dernière les caractères de l'herpès circiné, dans la barbe ceux de la mentagre.

§ 2. Symptômes et marche.

Au début de la maladie, il se forme entre les poils de la barbe, aux lèvres, au menton, aux joues et dans quelques cas rares même entre les poils des sourcils et de l'aisselle, de petites nodosités rouges et infiltrées, ayant les dimensions d'une lentille ou d'un pois. Au bout d'un certain temps, il se forme au sommet de ces nodosités des pustules constamment traversées par un poil. Après quelques jours, ces pustules se rompent et laissent écouler leur contenu, qui se dessèche aussitôt en croûtes brunâtres. Sous les croûtes, les nodosités persistent, et même après que les croûtes sont tombées, ces nodosités ne diminuent que lentement ou conservent leur volume antérieur. Os éruptions, rares et clair-semées au début, deviennent plus serrées par de nouvelles poussées, et finalement les nodosités, pressées les unes contre les autres, et leurs interstices infiltrés donnent aux endroits malades cet aspect caractéristique de figue sèche auquel le sycosis doit son nom. Quelquefois la maladie reste bornée à quelques places de peu d'étendue ; dans d'autres cas toutes les régions de la face où se trouvent des poils sont couvertes de tubercules d'un rouge foncé, de pustules et de croûtes. La maladie a une durée indéterminée et persiste souvent pendant de longues années, sans s'éteindre et sans conduire à des dégénérescences d'une autre nature. Si la maladie guérit, les endroits autrefois malades, d'ordinaire ne se couvrent plus de poils, parce que les follicules pileux: sont détruits, et le visage est marqué de cicatrices.

§ 3. Traitement.

Je considérais autrefois le sycosis comme une maladie des plus opiniâtres et résistant généralement à n'importe quel traitement, quel que fût le nombre des remèdes recommandés pour la combattre. Dans ces dernières années, pendant lesquelles je me suis attaché scrupuleusement au traitement préconisé par Hebra dans le traité de Virchow, je suis revenu de cette opinion et ne puis que recommander la méthode suivante : on commence le traitement en ramollissant et détachant les croûtes par des frictions huileuses et l'application d'un linge bien imbibé d'huile; ensuite on recommande au malade qu'il se fasse raser tous les jours, quelle que soit la répugnance qu'il éprouve à se soumettre à cette nécessité. On ouvrira par une incision avec un fin scalpel toutes les pustules qui se produiront après cette opération, et si plusieurs pustules sont confondues, on les fendra par une incision unique. Ces scarifications qui, de même que le passage du rasoir sur l'endroit malade, sont infiniment moins douloureuses qu'on ne devrait le supposer, doivent également être répétées tous les jours s'il y a lieu. Si le mal est très-opiniâtre, il faut toucher les pustules ouvertes avec de l'acide acétique concentré ou avec une solution de sublimé (1 partie sur 2 parties d'alcool). Dans la plupart des cas, il suffit de couvrir pendant la nuit la partie malade d'un petit linge enduit de pommade au précipité blanc ou d'une pâte composée de parties égales de lait de soufre, de glycérine et d'alcool.

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