HÉMORRHAGIES DE LA PEAU, PURPURA
eaires d'autres formes de roséole et d'urticaire, mais non le purpura pulieaire d'autres espèces de pétéchies. Outre la présence des puces elles-mêmes ou de morsures récentes il n'y a souvent que l'endroit où l'on trouve ces hémorrhagies qui nous permette de bien fairela distinction. Les puces aiment à séjourner aux endroits où elles peuvent se cacher entre les plis de la chemise. Si donc on trouve la région du cou et des épaules, et chez les femmes les places qui correspondent à la ceinture, couvertes de pétéchies, et que tous les autres endroits, surtout ceux qui restent habituellement à nu, ne laissent apercevoir que peu ou point de taches de ce genre, on peut présumer que l'on se trouve en présence de morsures de puces. 2° Les hémorrhagies de la peau peuvent être le résultat de la rupture de vaisseaux trop remplis. Ainsi il n'est pas rare qu'après des efforts de toux violents ou de forts vomissements la face se couvre de taches de purpura, ou bien que des pétéchies se. montrent aux extrémités inférieures, en même temps que la dilatation variqueuse des veines, quand un obstacle s'y oppose au retour du sang veineux. Même des fluxions intenses pai*aissent quelquefois entraîner des ruptures vasculaires dans la peau ; aussi les médecins anglais décriventils sous le nom de purpura simple une forme qui, chez les individusjeunes, d'ailleurs sains et robustes, se produit surtout quand ils ont fait abus de boissons alcooliques. 3° Enfin les hémorrhagies de la peau dépendent le plus souvent d'un trouble de la nutrition des parois vasculaires. Dans ce nombre il faut compter le purpura senilis, qui n'est qu'un des symptômes du marasme sénile, ensuite le purpura qui se manifeste dans le cours de graves maladies générales, telles que le typhus et la fièvre typhoïde, la variole, la rougeole, le scorbut et cette espèce de purpura qui constitue le symptôme le plus important de la maladie de Werlhof. Probablement il faut encore compter dans cette catégorie le purpura compliqué de douleurs rhumatismales, qui ne s'observe qu'aux extrémités inférieures et qui est connu sous le nom de péliose rhumatismale.
§ 2. Symptômes et marche.
Les taches rouges d'origine hémorrhagique se distinguent de celles qui sont dues à une hyperémie en ce qu'une pression exercée sur elles avec le doigt ne les fait pas pâlir et disparaître comme ces dernières. Leur durée est plus ou moins longue, et elles montrent même sous le rapport du siège et de la grandeur diverses modifications qui, de même que les phénomènes subjectifs dont elles sont accompagnées, doivent surtout être attribuées à la maladie première ou aux complications qui peuvent se présenter. H faut donc (pue, pour la syniptomatologie détaillée de la plupart des hémorrhagies, lions renvoyions le lecteur aux chapitres consacrés au typhus, à la variole, à
la rougeole, au scorbut, à la maladie de Werlhof, et nous nous contenterons d'ajouter ici quelques mots sur la péliose rhumatismale. — Cette maladie, pour la première fois bien observée et reconnue pour une affection particulière par Schoenlein, se rencontre de préférence chez les jeunes sujets ayant la peau délicate et ayant auparavant déjà été atteints de maladies rhnmatismales. Elle est ordinairement accompagnée de fièvre. Des douleurs dans les extrémités inférieures, principalement dans les jambes, appellent pour la première fois l'attention des malades sur leur mal. En examinant les endroits douloureux on les trouve modérément tuméfiés par de l'œdème, et parsemés de petites taches dont la grandeur varie entre celle d'un grain de millet et celle d'une lentille. Les taches sont d'un rouge clair au commencement, disparaissent sous la pression du doigt, et dépendent par conséquent à ce moment d'une hypérémie partielle. Plus tard leur teinte devient d'un brun sale et la pression ne les fait plus disparaître, ce qui prouve qu'alors le sang est sorti des vaisseaux et s'est épanché dans le tissu cutané. Ordinairement des éruptions analogues se répètent par poussées à plusieurs reprises, ce qui donne à la maladie une durée de plusieurs semaines, bien que les taches produites les premières se dissipent au bout de quatre à huit jours quandles malades conservent le décubitus horizontal. Dans quelques cas, les récidives se répètent avec une fréquence telle que la maladie se prolonge pendant, plusieurs mois consécutifs.
§ 3. Traitement.
Dans le traitement des hémorrhagies cutanées il faut tenir compte, avant tout, des anomalies constitutionnelles qui peuvent exister. En outre, on prescrit ordinairement, comme pour presque toutes les autres hémorrhagies, l'usage interne d'acides minéraux et végétaux, et on fait laver les taches depurpura avec des acides étendus, surtout avec un mélange d'eau et de vinaigre. L'efficacité de ces prescriptions est fort problématique. Pour le traitement de la péliose rhumatismale, il importe de maintenir les malades au lit, jusqu'à la disparition des taches et même quelque temps après, et de leur faire conserver sans interruption la position horizontale.