‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 182 sur 247 · V. — HÉMORRHAGIES DE LA PEAU. — PURPUBA · texte numérisé non relu

V. — HÉMORRHAGIES DE LA PEAU. — PURPUBA

§ 1. Pathogénie et étiologie.

Toute hémorrhagie de la peau est le résultat d'une solution de continuité des parois vasculaires; jamais le sang ne transsude à travers les parois intactes d'un vaisseau. Si le sang se déverse dans le parenchyme du derme de manière à remplir les interstices qui séparent les éléments de son tissu, sans que la peau soit gonflée par l'épanchement sanguin, il se produit des taches rouges, bleuâtres ou noirâtres, autrement dit des taches de purpura. Si ces taches de purpura sont petites et arrondies, on les appelle ordinairement pétéchies; si elles sont allongées et sous forme de stries: vergetures ou vibiccs ; si elles sont diffuses et irrégulièrement configurées, c'est le nom d' ecchymomes qu'on leur applique. Lorsqu'un épanchement circonscrit d'une quantité de sang un peu plus forte produit un renflement de la peau sous forme de petites nodosités, on a le lichen livide (Willan) ou le purpura papuleux (Hebra)j lorsque des épanchements de sang diffus donnent lieu à des gonflements plus larges et plats de la peau, ayant de la ressemblance avec des plaques, c'est le purpura urticans. Dans quelques cas un épanchement sanguin détache l'épidémie du corps papillaire et le soulève en bulle (purpura bullosa) ; dans d'autres cas encore le sang extravasé rompt l'épi" derme et s'écoule librement au dehors. — Dans ce que l'on a appelé sueur de sang, il est vrai que le sang sort par les pores de la peau, mais comme il n'est pas mêlé de sueur et que du reste cette hémorrhagie n'a rien de commun avec la sécrétion de la sueur, la dénomination sueur de sang ou transpiration sanguine n'est pas bien choisie.

Les hémorrhagies cutanées résultent: 1° de lésions traumatiques. Parmi les hémorrhagies traumatiques, celles qui proviennent de morsures de puces ont leur importance en ce sens que des médecins inexpérimentés en sont quelquefois induits en erreur et croient à l'existence d'une maladie grave du sang. Immédiatement après la morsure on remarque une tache de roséole ou une plaque d'urticaire dont le centre laisse apercevoir la petite plaie d'un rouge foncé, appelée aussi le stigma. Mais chez les individus dont le sang est pauvre en fibrine, il se forme en outre autour de la plaie une petite hémorrhagie dans le tissu du derme, analogue à l' hémorrhagie beaucoup plus considérable qui chez les mêmes individus se produit autour des morsures de sangsues. Les petites hémorrhagies que les morsures de puces laissent à leur suite sont encore visibles quand la plaie n'est plus reconnaissable, de sorte que le stigma peut bien servir à distinguer la roséole et l'urticaire puli-

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