‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 197 sur 247 · ATROPHIE MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

ATROPHIE MUSCULAIRE

que plus tard un endroit tout à fait plat ou même un enfoncement. Les phénomènes les plus frappants sont la disparition de remmenée thénar, l'enfoncement des espaces interosseux, l'aplatissement du moignon de l'épaule : enfin, quand les muscles du cou et de la nuque sont atrophiés, la saillie des apophyses épineuses de la colonne vertébrale. Dans les muscles faibles et atrophiés, on remarque constamment, surtout quand on souffle sur la peaii qui les couvre ou quand on les expose de quelque autre manière à l'action momentanée du froid, un frémissement fibrillaire particulier qui n'a pas d'influence sur les points d'insertion des muscles et ne produit, par conséquent, aucun mouvement dans les articulations correspondantes. Ordinairement, on prétend que l'excitabilité des nerfs sensibles de la peau est normale et que celle des nerfs sensibles des muscles (la sensibilité électromusculaire des éleetro-thérapeutistes) est seule diminuée. J'ai toutefois observé plusieurs cas, que tous les autres symptômes devaient faire ranger dans l'atrophie musculaire progressive, et dans lesquels l'excitabilité des nerfs cutanés-était considérablement affaiblie. Un symptôme très-important et pathognomonique, c'est la manière dont les muscles malades et les nerfs moteurs qui y pénètrent se comportent à l'égard du courant induit : ce n'est qu'après la disparition complète d'un muscle que l'on ne parvient plus à le mettre en état de contraction. Jusque-là, il s'opère des contractions dont l'énergie est entièrement proportionnée à la force du courant et à la quantité de substance musculaire encore intacte. Dans quelques cas, l'atrophie musculaire progressive reste limitée à quelques régions du corps; dans d'autres elle gagne lentement la plus grande partie de tous les muscles pourvus de nerfs cérébro-spinaux, mais épargne sans exception les muscles du cœur, du tube gastro-intestinal et de la vessie. Cette dernière forme est une maladie horrible ; ses malheureuses victimes, tout en conservant l'appétit, des digestions régulières, l'intégrité des sens et des facultés psychiques, ce qui jeur permet de comprendre et de mesurer l'immensité de leur malheur, perdent l'usage d'un membre après l'autre. Quand la maladie est avancée, ils ne peuvent plus ni marcher, ni même changer de position; on est obligé de leur porter les aliments à la bouche, parce que les bras pendent sans mouvement le long du corps. Le jeu de la physionomie a cessé, la salive leur découle de la bouche, la parole est indistincte, la langue ne peut même plus pousser dans le pharynx le bol alimentaire introduit dans la bouche. Enfin, après des années de souffrances, les malades succombent, parce qu'à la fin même les muscles qui président à la déglutition et à la respiration sont atrophiés et refusent le service. Une maladie intercurrente, quelquefois insignifiante par elle-même, des organes de la respiration, est très-dangereuse pour ces malades et hâte leur fin, parce que la paralysie des muscles abdominaux les met dans l'impossibilité d'éloigner par la toux le produit des sécrétions accumulé dans les bronches.

g 6. Traitement,

Dans la forme de l'atrophie musculaire progressive qui se déclare ordinairement à la suite d'efforts exagérés, et qui reste limitée à quelques régions du corps, on réussit assez souvent à arrêter les progrès de la maladie par l'emploi méthodique du courant induit ou constant; même la nutrition des muscles amaigris est quelquefois améliorée par ce moyen. Mais il faut une grande persévérance et une patience infatigable si l'on veut que ce but soit atteint, Quant à la forme qui envahit les muscles successivement les uns après les autres, tous les moyens employés jusqu'à présent, même l'emploi méthodique de l'électricité, ont été impuissants à en arrêter les progrès,

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