DILATATION DES BASSINETS AVEC ATROPHIE DE LA SUBSTANCE RENAL
elle est rapprochée de la vessie, plus aussi la portion des uretères prenant part à la dilatation est considérable.
Un obstacle à l'écoulement de l'urine siégeant dans la vessie et dans l'urèthre peut quelquefois provoquer une dilatation modérée de l'appareil urinifere; toutefois, comme dans ces cas la dilatation se produit des deux côtés à la fois, la tension des bassinets ne peut jamais aller jusqu'à l'occlusion complète des ouvertures des papilles rénales, sans que la vie soit mise en danger. Il est difficile d'expliquer les cas d'hydronéphrose double qu'on rencontre assez souvent à l'autopsie, et qui selon toute apparence existaient depuis longtemps.
§ 2. Anatomie pathologique.
Dans les degrés légers de l'hydronéphrose on trouve, d'après Rokitansky, « la papille plus petite, d'une consistance plus ferme et rappelant celle du cuir. Peu à peu, la papille disparaît dans la voûte formée par le calice dilaté, tandis que la substance rénale qui recouvre ce dernier, devient moins épaisse et montre un tissu plus serré et coriace. Si l'altération arriva à un degré très-élevé, la substance rénale n'a plus que quelques lignes ou seulement une ligne d'épaisseur, elle finit même par disparaître complètement et se trouve remplacée, par une poche membraneuse, lobée à l'extérieur, cloisonnée à l'intérieur et contenant un liquide ayant encore quelques-uns des caractères de l'urine et offrant les troubles et les sédiments les plus variés ou ne consistant, au contraire, qu'en une sérosité parfaitement limpide. Les compartiments de ce sac communiquent quelquefois entre eux par l'atrophie de leurs parois ou bien par des fentes qui se déclarent dans l'épaisseur de ces dernières. Ces sortes de poches atteignent le volume d'une tête d'enfant et quelquefois celui de la tête d'un homme. La dilatation des uretères montre tous les degrés imaginables entre la circonférence normale et celle de l'intestin grêle et au delà. Les parois de l'uretère sont plus épaisses et ce canal, en même temps devenu plus long, n'est plus droit, mais tout son parcours depuis le rein jusqu'à la vessie présente des sinuosités et des flexions analogues à celles de l'intestin. »
§ 3. Symptômes et marche.
Il n'y a que les degrés élevés de l'hydronéphrose qui puissent être reconnus sur le vivant. La quantité de l'urine excrétée n'est pas diminuée attendu que le rein encore apte à fonctionner supplée à l'insuffisance du rein malade. Les douleurs dans la région lombaire peuvent manquer. Le diagnostic ne
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s'appuie que sur l'existence d'une tumeur dans la région du rein, tumeur qui est d'une consistance assez molle et qui montre une fluctuation peu distincte. Si l'obstacle qui s'oppose à l'écoulement de l'urine accumulée dans le bassinet est passagèrement écarté, la tumeur peut diminuer péiiodiquement, et cette circonstance n'est pas sans valeur pour le diagnostic. Si la poche s'enflamme, comme cela a été observé quelquefois, il en résulte des douleurs violentes et des frissons. Le pus qui vient à se former dans ces cas peut se faire jour dans diverses directions, ce qui imprime alors bien des modifications au tableau de la maladie. — Si l'obstacle qui s'est opposé à l'écoulement de l'urine par un uretère se jette également sur l'autre et que l'urine ne peut plus être versée dans la vessie ni par l'un ni par l'autre rein, la sécrétion urinaire est supprimée et les malades succombent rapidement à l'urémie.
§ h. Traitement.
Lorsque l'obstacle siège dans l'urèthre on peut prévenir la dilatation des voies urinaires par un cathétérisme répété et arrêter les progrès de la dilatation si déjà elle existe ; par contre nous ne sommes jamais en état d'arrêter ou de faire disparaitre les degrés élevés de la dilatation des bassinets et l'atrophie de la substance rénale déterminés par l'occlusion des uretères, à moins que l'obstruction ne soit due à des tumeurs pouvant être éloignées parle secours delà chirurgie ou par un traitement interne.