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CHAPITRE VI Varicelle. — Petite vérole volante

§ 1. Pathogénie et étioi.ogie.

Beaucoup de dermatologistes identifient la varicelle avec la variole el la varioloïde, et la considèrent comme la forme la plus bénigne ou le degré le plus léger des maladies varioliques. La manifestation presque exclusive de la varicelle chez les enfants trouve, d'après cette manière de voir, son expli-

cation dans le fait que chez eux la vaccine qu'ils viennent de traverser, n'aurait pas complètement effacé la prédisposition à la variole, mais l'aurait réduite à son minimum, tandis que chez les individus plus âgés la prédisposition non entièrement éteinte aux maladies varioliques se serait, à raison du laps de temps plus considérable qui se serait écoulé depuis la vaccination, suffisamment rétablie pour leur faire contracter la varioloïde, après qu'ils se seraient exposés à l'infection variolique. La fausseté de cette opinion est facile à démontrer par des raisons péremptoires. A elle seule, la fréquence de la varicelle chez les enfants qui n'ont jamais été vaccinés,, suffit déjà pour exclure l'identité entre le virus de la varicelle et le virus de la variole. Pourquoi, en effet, verrait-on la forme la plus bénigne des affections varioliques se présenter si souvent chez des individus chez lesquels on devrait précisément supposer la prédisposition à contracter la forme la plus grave? Mais l'expérience nous apprend en outre que la varicelle ne laisse à sa suite aucune immunité pour la vaccine et la variole, qu'au contraire beaucoup d'enfants qui viennent de traverser la varicelle sont vaccinés avec succès ou contractent la variole ou la varioloïde, si une épidémie de variole vient à se déclarer; voilà des faits qui sont en contradiction flagrante avec l'immunité presque absolue qu'une atteinte de varioloïde ou de variole procure contre une atteinte ultérieure de l'une ou de l'autre de ces deux affections. Enfin, on a aussi observé des cas d'enfants qui ont contracté la varicelle peu de semaines après avoir traversé la vaccine ou une variole plus ou moins grave. Ces faits mettent donc hors de doute que la varicelle n'est pas la forme la plus bénigne des maladies varioliques, mais une affection sui generis. Les exemples d'individus atteints de varicelle qui auraient transmis à d'autres la varioloïde ou la variole, et réciproquement de varioles qui auraient transmis la varicelle : ces exemples, disons-nous, paraissent être le résultat, d'une confusion entre une varioloïde très-bénigne et la varicelle. Généralement il est facile de constater qu'une varicelle bien prononcée est contagieuse, à la vérité, mais que tous les individus infectés, vaccinés ou non vaccinés, contractent exclusivement la varicelle et non la variole, ni la varioloïde. La Varicelle se manifeste ordinairement par épidémies plus ou moins étendues, qui accompagnent quelquefois les épidémies de variole, les précèdent ou les suivent; mais dans d'autres cas ces épidémies régnent concurremment avec des épidémies de rougeole ou de scarlatine; il n'est pas rare non plus qu'on rencontre la varicelle à l'état sporadique.

§ 2. Anatomie pathologique j

L'exanthème commence sous forme de petites taches rouges discrètes, qui sont transformées au l><>ul de quelques heures par un épanchement séreux abondant entre le derme et l' épiderme en petites vésicules limpides, dont la

grosseur varie entre celle d'une lentille et celle d'un pois. Ces vésicules n'ont ni dépression centrale, ni structure cloisonnée; leur contenu devient lactescent au bout d'un certain temps, mais ne se transforme jamais en pus véritable. Par la dessiccation, les vésicules se transforment en petites croûtes qui tombent au bout de quelques jours sans laisser de cicatrices. On distingue, suivant l'a forme des vésicules., une varicelle globulaire, ovalaire, lenticulaire, coniforme, acuminée. — Très-souvent on observe, surtout lorsque l'éruption est très-étendue, qu'à côté de nombreuses vésicules de varicelle qui suivent l'évolution ordinaire, quelques-unes se remplissent de pus (varicelle pustuleuse), et laissent même des cicatrices à leur suite. La forme des pustules varioliques n'ayant absolument rien de spécifique et offrant surtout une ressemblance absolue avec la forme de certaines pustules d'ecthyma, on ne doit attacher aucune importance à cette ressemblance extérieure qui peut exister entre quelques efflorescences de variicelle et les efflorescences de variole, ni s'appuyer sur ce fait pour admettre l'identité , entre les deux formes morbides.

§ 3. Symptômes et marche.

Dans quelques cas l'éclosion des vésicules est le premier symptôme qui trahisse la maladie. Les mères même les plus attentives et les plus craintives ne remarquent souvent aucune trace d'une période prodromale et assurent que leur enfant a été très-gai et bien portant pendant les jours qui précédaient ré-uption. Plus rarement il arrive que l'exanthème est précédé pendant un ou plusieurs jours d'une fièvre légère, d'un malaise général, d'une altération d'humeur, de manque d'appétit et de maux de tête. La varicelle se répand sur le corps sans aucune régularité. C'est sur le dos et la poitrine que l'on voit généralement le plus de boutons. La face reste quelquefois entièrement épargnée. Les vésicules sont arrivées au terme de leur développement au bout de six à douze heures; dès le second jour, leur contenu se trouble et le quatrième jour il se dessèche. Comme la maladie se borne rarement à une éruption unique et que de nouvelles vésicules se montrent ordinairement pendant plusieurs jours consécutifs, la maladie se prolonge souvent pendant quinze jours et même plus longtemps, et dans ses périodes avancées on trouve souvent des vésicules toutes récentes à côté d'autres déjà desséchées. Dans quelques cas rares, il se montre également sur la muqueuse de la bouche et du jmarynx quelques vésicules qui se transforment bientôt en petits ulcères ronds. L'état général des malades n'est ordinairement troublé en aucune manière.

TYPHUS EXANTHÉMATIQUE, TYPHUS, FIÈVRE PÉTÉCH1AEE, ETC. 673

§ h. Traitement.

Il ne peut guère être question d'un traitement de la varicelle, la maladie n'offrant aucun danger, ne causant pas de vives souffrances et se terminant régulièrement par la guérison après huit à quinze jours de durée. Toujours il convient de mettre les individus, pendant la durée de la maladie, à l'abri de toute influence nuisible, de leur faire garder la chambre et de les soumettre à un régime.

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