‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 22 sur 247 · INFLAMMATION DES BASSINETS. — PYELITE · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DES BASSINETS. — PYELITE

exercent sur la muqueuse; elle constitue alors ce qu'on appelle la pyélite calculeuse. De la même manière une urine stagnante et en -voie de décomposition peut provoquer un catarrhe intense des bassinets par l'irritation que l'ammoniaque ainsi produite exerce sur la muqueuse. — Il est beaucoup plus rare que le catarrhe des voies urinaires soit dû à des substances acres qui, introduites dans le corps, sont éliminées avec l'urine; telles sont : les cantharides, les balsamiques etles résineux. — Par contre, on remarque assez souvent qu'une forte blennorrhagie entraîne une pyélite catarrhale quand l'inflammation s'est propagée sur la vessie et les uretères.

Souvent la maladie de Bright est compliquée par un léger degré de p\élite catarrhale. — Dans quelques cas cette affection se montre dans le cours de la grossesse, dans les périodes avancées de la fièvre typhoïde et dans la période de desquamation des maladies exanthématiques aiguës. — La forme hémorrhagique delà pyélite accompagne quelquefois le scorbut et la maladie de Werlhof..

Dans la pyélite croupale et diphthéritique on trouve la muqueuse couverte d'exsudats membraneux ou transformée en eschares diphthéiïtiques. Après l'élimination de ces dernières des pertes de substances irrégulières se montrent dans la muqueuse.

Dans les cas récents de pyélite catarrhale la muqueuse est rougie par des injections et par des ecchymoses, par ces dernières surtout dans la forme scorbutique, en même temps elle se montre relâchée et couverte d'un mucus purulent. Si la maladie a eu une durée plus longue, la rougeur disparaît ou s'altère; le tissu de la muqueuse se boursoufle et sa surface s'incruste dans un certain nombre de cas d'urates et de sels calcaires. Le plus souvent les bassinets sont dilatés et leurs parois épaissies. Il n'est pas rare non plus que le parenchyme rénal soit atrophié comme dans l'hydronéphrose. — En cas d'irritation mécanique prolongée, il se produit assez souvent des ulcérations de la muqueuse qui donnent lieu quelquefois à une perforation de la paroi d'où résultent des infiltrations urineuses dans le tissu conjonctif environnant et une destruction gangreneuse de ce dernier. Les abcès produits de cette manière peuvent se faire jour dans diverses directions : dans la cavité péritonéale, ou en dehors, ce qui donne souvent lieu à de longs trajets fistiileux, ou bien dans les organes circouvoisins, principalement dans l'intestin, quand ces organes ont contracté des adhérences avec le rein malade. Dans quelques eus le liquide contenu dans le bassinet se résorbe petit à petit, le bassinet se ratatine en un tissu calleux qui enkyste le.

contenu épaissi, l'uretère s'oblitère et finit par se transformer en un cordon fibreux.

§ 3. Symptômes et marche.

La pyélite croupale et diphthéritïque ne se reconnaît presque jamais sur le vivant, attendu que dans la plupart des cas elle n'est qu'un symptôme de troubles étendus et graves tels qu'ils existent dans les maladies infectieuses malignes, septicémie, variole, scarlatine ou choléra typhoïde. Si la pyélite calculeuse ou catarrhale se transforme en une inflammation croupale ou diphthéritique, il part quelquefois avec l'urine des lambeaux de membrane ou de petits amas membraneux.

La pyélite catarrhale aiguë peut débuter avec un frisson unique ou bien avec de petits frissons répétés et être accompagnée de phénomènes fébriles. Les malades ressentent dans la région du rein des douleurs qui augmentent par la pression et s'irradient dans les uretères, les testicules et les cuisses. J'ai observé également à plusieurs reprises des vomissements sympathiques dans des cas où une inflammation très-intense s'était étendue du canal de l'urèthre au bassinet. Un phénomène constant, c'est un besoin d'uriner fréquent, parfois douloureux; ce symptôme peut jusqu'à un certain point s'expliquer par une hypérémie collatérale fluxionnaire du rein dans le domaine des vaisseaux afférents. D'après Oppolzer la sécrétion urinaire est souvent considérablement augmentée. Si une néphrite interstitielle vient s'ajouter à la pyélite, la sécrétion urinaire peut subir au contraire une diminution. Très-souvent l'urine contient au commencement des quantités plus ou moins grandes de sang, et l'on peut y découvrir des corpuscules de pus et, dans quelques cas, mais non dans tous, des cellules épithéliales imbriquées, provenant des bassinets. — Si la maladie se prolonge, des quantités de pus plus considérables se mêlent à l'urine. Cette dernière, quand elle est rendue depuis peu de temps, est trouble ; quand elle est reposée depuis un certain temps, elle, dépose un sédiment d'un blanc jaunâtre, nettement délimité. Le liquide qui couvre le sédiment donne, à raison du sérum du pus qu'il renferme, les coagulations caractéristiques de l'urine albumineuse quand on le traite par la chaleur ou par l'acide nitrique. Le sédiment est formé de corpuscules de pus et d'épithéliums en voie de désagrégation, ainsi que le démontre l'examen microscopique. — Quand une pyélite calculeuse n'existe que d'un seul côté, il peut arriver qu'une concrétion pierreuse arrête par moments complètement l'écoulement de l'urine par le bassinet malade. Comme dans ces cas l'urine rendue par la vessie ne provient que du rein dont le bassinet est resté sain, le malade émet, malgré l'aggravation des symptômes, une urine tout à fait limpide aussi longtemps que dure l'oblité-

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