‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 242 sur 247 · DIABÈTE NON SUCRÉ. POLYURIE · texte numérisé non relu

DIABÈTE NON SUCRÉ. POLYURIE

L'état général et les forces se maintiennent assez longtemps chez certains malades. Une fille de vingt ans, atteinte d'une polyurie très-intense et que j'ai pu longtemps observer à ma clinique avait un aspect florissant et exécutait, sans trop se fatiguer, même les plus rudes travaux. Lorsque cinq ans plus tard, s' étant mariée dans l'intervalle, elle fut de nouveau admise à la clinique, elle se plaignit seulement de se sentir excessivement fatiguée après avoir souffert pendant un certain temps de la soif et d'avoir alors la voix plus faible, comme aussi d'être devenue excessivement sensible au froid. Au sujet de cette disposition à se plaindre du froid, et en général de l'abaissement réel de la température du corps de ces malades, Strauss s'exprime très-judicieusement dans sa monographie de la manière suivante : « Ces phénomènes ne sauraient nous étonner si nous songeons que les malades se trouvent en quelque sorte perpétuellement dans un milieu réfrigérant, vu qu'ils doivent élever les quantités souvent énormes de liquides qui traversent leurs corps de la température de l'eau froide à celle du corps luimême. Ainsi, par exemple, la malade L..., pour élever 12 828 centimètres cubes d'urine de la température des boissons (10°C) à celle de son corps (36,5°C) devait céder 339 9/i2 calories, ce qui fait plus du dixième de la quantité de calorique produite dans les vingt-quatre heures à l'état normal. » Chez d'autres malades, il se présente de bonne heure des troubles de la digestion, des douleurs cardialgiques, des vomissements, des selles irrégulières, de l'amaigrissement et un sentiment de faiblesse qui ne peut pas très-bien s'expliquer. Dans le cas publié par Neuffer, le malade succomba au milieu de phénomènes de ce genre, sans qu'à l'autopsie on pût en découvrir la cause anatomique.

La marche et la durée de la maladie sont variables. Dans quelques cas elle se développe lentement, dans d'autres elle se manifeste subitement. Assez souvent ou observe des améliorations passagères* 11 arrive aussi qu'une maladie intermittente ramène aux proportions normales la quantité d'urine rendue dans les vingt-quatre heures et qu'après la guérisonde cette maladie la polyurie reprend le dessus. — La maladie se prolonge ordinairement pendant bien des années sans menacer l'existence. Seulement, dans quelques cas rares, parmi lesquels compte le cas déjà cité de Neuffer., la mort paraît en résulter sans qu'il y ait complication d'autres maladies. Mais une guérison complète et durable constitue également un fait exceptionnel»

§ h. Tiuri'KMrcNï.

<>n doit toujours se méfier lorsque de nombreux remèdes smil préconises contre une maladie ; dans ces cas généralement aucun d'eux n'exerce une influence réelle sur la marche et les terminaisons de l'affection qu'il s'agit

de combattre. Ceci s'applique au nitre administré sous la forme du sel de- Prunelle, à la valériane, à la belladone, à l'opium, à l'ergotine, à la créosote et à d'autres substances employées contre le diabète non sucré. L'administration de ces remèdes ne s'appuie sur aucun fait d'expérience, mais suide purs raisonnements théoriques. Moi-même je n'ai employé aucun de ces médicaments d'une façon régulière et avec énergie, parce que généralement mes malades supportaient leur affection si aisément qu'il n'y avait pas lieu de les soumettre à un traitement plus ou moins héroïque. Je conseillerai, en général, de se borner dans le traitement de la polyurie simple, à prévenir les suites fâcheuses que peut entraîner la maladie et, si ces suites se sont déjà présentées, à les combattre. Dans ces cas, on se préoccupera tout particulièrement des troubles digestifs qui se présentent assez souvent et de l'état de la nutrition du malade. Ainsi l'état de la petite fille mentionnée plus haut, dont la mort prochaine était redoutée par les parents et par nous-même , fut amélioré sensiblement et sans qu'il y eût en même temps une diminution dans la soif et la sécrétion d'urine, sous l'influence d'un régime rationnel combiné avec l'administration de l'huile de foie de morue, de l'extrait de malt et des préparations ferrugineuses. Nous pûmes la renvoyer de la clinique dans un état d'amélioration très-sensible et qui se traduisait, entre, autres, par une augmentation notable du poids du corps.

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