CATARRHE DE LA VESSIE, CYSTITE CATARRHALE
ce qui importe le plus c'est de lui défendre sévèrement tout ce qui est salé ou épicé. Les boissons qui conviennent le mieux sont les eaux acidulées artificielles ou naturelles, telles que l'eau de Setters, de Wildungen, de Fachingen, de Gailnau, Sulzmatt, l'eau de soude carbonatée artificielle ; on prescrit aussi l'eau de chaux avec parties égales de lait. On a encore beaucoup vanté pour le traitement du catarrhe aigu de la vessie les semences de lycopode (15 grammes mêlés avec 45 grammes de miel sous forme d'électuaire, une cuillerée à café toutes les deux heures) et le camphre, surtout contre le catarrhe du aux cantharides (30 centigrammes de camphre trituré dans une émulsion d'amandes de 180 grammes). Un moyen tout aussi inoffensif qu'utile contre les douleurs et le ténesme vésical, c'est l'opium donné, par petites doses soit sous forme de poudre de Dower, le soir avant le coucher, soit sous forme de teinture thébaïque à dose réfractée. — A mesure que les douleurs se dissipent et que les corpuscules de mucus et de pus se multiplient dans l'urine, il devient plus urgent d'employer les astringents. Le plus répandu est une décoction de feuilles à'uva ursi (20 grammes sur 200 grammes de liquide, une cuillerée à bouche toutes les deux heures). Ce qui est encore plus utile, c'est l'usage longtemps continué du tannin, qui m'a rendu les meilleurs services dans quelques cas presque désespérés. — Dans les périodes ultérieures du catarrhe aigu de la vessie et plus encore dans la forme chronique de la maladie les balsamiques et les résineux qui exercent une influence si éminemment favorable sur les écoulements muqueux' de l'urèthre sont souvent d'une très-grande efficacité. Tels sont l'essence de térébenthine, l'eau de goudron, le baume du Pérou et avant tout le baume de copahu, que l'on peut donner en capsules gélatineuses. — Si les moyens indiqués restent inefficaces, il faut appliquer un traitement local. Des injections d'eau tiède dont on abaisse graduellement la température jusqu'à 10° cent., ont été employées plusieurs fois par moi surtout chez des femmes, d'après la prescription de Civiale, et je ne puis assez me louer des résultats de ce traitement. 11 faut user avec plus de circonspection des injections astringentes pour lesquelles on a préconisé les solutions de nitrate d'argent, de sulfate de zinc, d'acide lannique ; il en est de même des injeclions faites avec une émulsion de baume de copahu (U grammes sur 180 grammes), dont plusieurs médecins vantent les résultats. — La présence bien constatée d'ulcères dans la vessie ne peut rien modifier à ce traitement. — La fonte gangreneuse de la muqueuse vésicalc n'est pas accessible à nos moyens d'action. — En cas d'hypertrophie excentrique de la vessie il faut vider régulièrement ce réservoir toutes les huit à douze heures à l'aide de la sonde et appliquer au malade une ceinture élastique autour du ventre, lin cas d'hypertrophie concentrique, il faut au contraire engager le malade à garder l'urine aussi longtemps que possible dans la vessie en vue de la. dilater progressivement. On a proposé également de laisser à demeure dans
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la vessie une sonde élastique et d'en fermer l'orifice au moyen d'un bouchon que l'on n'enlève que toutes les deux ou trois heures pour vider l'organe.