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FORMATION DE KYSTES DAMS LES OVAIRES, HYDROP1S1E DE L'OVAIRE

dans la cavité abdominale est accompagné des plus violentes douleurs et d'un état général grave. Lorsque le contenu du kyste rompu consiste en un liquide moins innocent ou en graisse, en cheveux, etc., la mort survient au milieu des symptômes d'une péritonite grave. Dans le cas cité plus haut, le kyste qui avait une existence de vingt ans se rompit à la suite d'un ébranlement considérable du corps. Quoique le contenu épais, presque semblable à une bouillie et très-riche en cholestérine se fût épanché dans la cavité abdominale, il ne se développa au début qu'une péritonite modérée. Ce n'est que peu à peu que le ventre, qui était complètement affaissé immédiatement après la rupture, commença à se remplir de nouveau; malheureusement il se développa de plus en plus et au bout de peu de semaines la distension était plus considérable que jamais. La surface interne du kyste rompu sécrétait sans cesse de nouvelles quantités de liquide qui s'épanchaient dans la cavité abdominale et auxquelles vint s'ajouter l' exsudât péiïtonéal. On était obligé de recourir plusieurs fois à la ponction. A la première ponction il sortit vingt litres de liquide, c'était un mélange de la sécrétion cystique avec l'exsudatp'èritonitique, qui pesait 25 kilogrammes 1/2, c'est-à-dire le tiers du poids total du corps avant la ponction. Quelques semaines après la quatrième ponction, la malade mourut épuisée. L'autopsie confirma en tout point le diagnostic établi pendant la vie. — Enfin, les kystes ovariques, au lieu de se rompre subitement, peuvent être perforés successivement par des processus inflammatoires de leurs parois et leur contenu peut se déverser dans la cavité abdominale ou dans les organes voisins, lorsqu'il existait avant la perforation des adhérences entre le kyste et ces derniers. Le plus souvent on a vu de pareilles perforations se faire dans le rectum, et dans quelques cas on a observé à la suite de cette perforation un ratatinement persistant du kyste.

Souvent on peut constater par Y examen physique l'existence des kystes de l'ovaire, avant qu'ils se soient élevés au-dessus du petit bassin. Lorsqu'ils sont situés dans le repli recto-utérin ou entre l'utérus et la vessie ou bien encore sur les côtés de l'utérus, on sent ordinairement par l'examen vaginal une tumeur manifeste, parfaitement limitée, plus ou moins mobile et déplaçant l'utérus dans différentes directions qui varient selon la position de la tumeur. Quelquefois on réussit également à atteindre le kyste par le rectum. Le diagnostic est d'autant plus certain, qu'on peut reconnaître plus distinctement que la tumeur ne suit qu'incomplètement les mouvements de l'utérus.

Lorsque le kyste de l'ovaire remonte au-dessus du bassin, il commence par former ordinairement au-dessus de la branche horizontale du pubis une tumeur mobile, bien limitée par en haut, arrondie et indolente, dans laquelle on perçoit une fluctuation plus ou moins manifeste. Si l'on déplace la tumeur d'une main, tandis qu'avec l'autre on explore le vagin, on peut

reconnaître fréquemment que l'utérus ne suit que les mouvements étendus de la tumeur, et réciproquement.

Lorsque la tumeur augmente de volume,, elle s'approche ordinairement davantage de la ligne médiane. De très-grands kystes qui remontent des deux côtés jusqu'au-dessous du rebord des côtes et qui remplissent tout l'abdomen ne peuvent plus être parfaitement circonscrits, ni reconnus pour des tumeurs distinctes. L'abdomen, souvent distendu à l'extrême, est ordinairement plus haut que large et sa forme n'est que peu modifiée par les différentes positions du corps. Ce qui d'habitude frappe encore dans ces cas, aussi bien à l'aspect extérieur qu'à la palpation, c'est la forme un peu irrégulière de l'abdomen tendu et augmenté de volume, phénomène qui trouve son explication dans le fait que ces tumeurs volumineuses se composent non d'un seul kyste, mais de plusieurs réunis ensemble. — Le son de la percussion est absolument mat dans tous les endroits où la tumeur touche directement la paroi abdominale. Comme les intestins sont refoulés par les kystes de l'ovaire en haut et sur les côtés, la matité la plus prononcée se trouve surtout aux endroits les plus bombés de l'abdomen, c'est-à-dire là où dans l'ascite le son de la percussion est clair; par contre, aux parties latérales les plus déclives le son est moins mat et tympanitique. Les très-grands kystes de l'ovaire impriment à l'utérus des déplacements divers; d'après cela, le résultat de l'exploration par le vagin doit varier dans les différents cas. L'utérus peut être repoussé en bas, même jusqu'à production d'un prolapsus; il peut être déplacé en avant, ou bien, enfin, le vagin peut être allongé, l'utérus entraîné en haut au point que le museau de tanche devient inaccessible au doigt.

Le diagnostic des kystes dermoïdes s'appuie principalement sur leui résistance pâteuse et leur croissance lente. Il n'est pas rare qu'il se développe une inflammation et une suppuration dans les kystes dermoïdes; ces processus peuvent être suivis de perforation dans la vessie, dans le rectum, dans le vagin ou à travers la paroi abdominale antérieure. Quelques cas de cette espèce se sont terminés par une guérison complète après l'évacuation du kyste.

§ k. Traitement.

Le traitement des kystes ovariques rentre presque entièrement dans le domaine de la chirurgie. Tous les remèdes résolutifs restent sans effet et là plupart d'entre eux sont même nuisibles, à cause de leur énergie. Ceci s'applique avant tout à l'administration systématique des préparations iodées et mercurielles. ■ — On réussira peut-être quelquefois à arrêter le développement du kyste par des laxatifs énergiques et un régime débilitant; mais

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