FORMATION DE KYSTES DANS LES OVAIRES, HYDROPISIE DE L'OVAIRE
selon l'endroit où ils compriment la vessie, on observe une envie continuelle d'uriner ou de la dysurie. La défécation peut également être gênée par des tumeurs encore peu volumineuses et la pression sur les nerfs qui parcourent la paroi postérieure du bassin peut donner lieu à des douleurs lombaires, de même qu'à des phénomènes de pression dans les troncs nerveux de l'extrémité correspondante, c'est-à-dire tantôt à des douleurs, tantôt à un sentiment d'engourdissement dans cette extrémité. Enfin, à la suite de la pression exercée par un kyste de l'ovaire sur les troncs veineux renfermés dans le bassin, il se développe quelquefois des gonflements œdémateux et des varices dans les extrémités inférieures. — A ces symptômes viennent s'ajouter, dans quelques cas, des modifications dans les seins, telles que gonflement de ces glandes, coloration foncée de l'aréole et même sécrétion de colostrum. On voit également des vomissements sympathiques et un trouble de l'état général qui a beaucoup de ressemblance avec celui qu'on observe su début de la grossesse, accompagner quelquefois le développement des kystes ovariques.
Lorsque la tumeur augmente de volume et s'élève au-dessus du bassin, les phénomènes de pression sur les organes pelviens disparaissent ordinairement. Beaucoup de malades se sentent alors parfaitement bien portantes et ce n'est que l'examen objectif, dont nous parlerons plus tard, qui peut nous renseigner sur la maladie. Dans quelques cas cependant les souffrances continuent. 11 arrive, par exemple, que la partie inférieure du kyste, rétrécie en forme de coin, descende encore bien bas dans le petit bassin, malgré l'augmentation de volume du reste de la tumeur, et continue de provoquer les symptômes de compression des organes pelviens. D'un autre côté, la vessie peut être tiraillée, entraînée qu'elle est par le kyste, ce qui constitue une nouvelle cause d'accidents du côté de la vessie.
La distension de plus en plus considérable de la tumeur rétrécit peu à peu l'espace abdominal, le diaphragme est gêné dans ses mouvements et poussé en haut. On voit alors se présenter des symptômes qui doivent être rapportés à la compression des viscères abdominaux et des parties inférieures des poumons. Une faible réplétion de l'estomac ou une légère distension des intestins par des gaz suffit pour incommoder les malades à un haut degré; il survient facilement des vomissements; les malades sont courtes d'haleine, et à la suite de la fluxion collatérale qui se fait vers les parties supérieures du poumon (voy. vol. I), on voit se développer des catarrhes bronchiques. Même la sécrétion urinaire peut être diminuée par la compression des reins et de leurs vaisseaux. A la suite des troubles variés que subissent les organes chargés d'élaborer le sang, l'état général de la nutrition, qui, jusqu'à présent était intact, finit par être en souffrance. Il se développe de l'anémie et de riiydrémic; les forces diminuent.; le corps maigrit; les règles, qui jusque-là se présentaient presque toujours d'une manière régulière, ne se montrent
plus; les extrémités inférieures s'cedématient, en dehors de toute compression des veines, par le seul fait de l'hydrémie ; enfin, les malades meurent au milieu des symptômes d'un marasme général.
L'espace de temps qui s'écoule, avant que la maladie se termine par les symptômes que nous venons de décrire, varie beaucoup. Souvent il est de plusieurs années ; cependant un certain nombre de malades succombent beaucoup plus tôt à des affections intercurrentes et d'autres également en assez grand nombre, meurent des suites du traitement, La croissance des tumeurs, en général, ne se fait pas d'une manière continue, mais par intervalles. Scanzoni a observé des cas où le liquide du kyste augmentait et diminuait périodiquement. Avant la menstruation le volume de la tumeur devenait plus grand à la suite d'une sécrétion plus considérable de la paroi j après les règles il diminuait de nouveau. Quelques kystes n'atteignent qu'un volume modéré et restent alors dans cet état. Dans un cas soumis à mon observation, un kyste de l'ovaire qui s'était développé à l'âge de dix-huit ans et qui avait atteint rapidement des dimensions considérables, persista ensuite dans le même état pendant vingt ans. 11 n'existe pas de preuves suffisantes pour admettre qu'un kyste de l'ovaire puisse disparaître complètement par résorption de son contenu ; il paraît cependant qu'on a observé quelquefois une diminution du kyste à la suite d'une métamorphose de ses parois, surtout de leur ossification.
Parmi les complications qui peuvent se présenter dans le cours de la maladie, il faut citer en premier lieu les inflammations si fréquentes de l'enveloppe péritonéale, qui se montrent spontanément à la suite de la croissance rapide du kyste ou qui sont provoquées par des opérations. Elles se trahissent par des douleurs plus ou moins violentes, que la pression augmente, et par des phénomènes fébriles. Comme elles donnent lieu à des adhérences du kyste avec les organes environnants, elles ont une grande importance poulie pronostic de l'extirpation. — Une complication plus rare et plus difficile à reconnaître que les inflammations de la surface externe, ce sont les inflammations delà surface interne de la paroi cystique. Le plus souvent elles sont produites par la ponction et sont suivies d'une modification dans la nature du contenu cystique (voy. § 2). Les sensations douloureuses font d'ordinaire complètement défaut dans ces cas et une fièvre, dont il n'est pas toujours facile de se rendre compte, est le plus souvent l'unique symptôme de ce processus. — Quelquefois des kystes ovariques se rompent à la suite d'une distension exagérée ou d'une violence extérieure et épanchent leur contenu dans la cavité abdominale. Selon la nature du contenu, un pareil événement peut être favorable ou défavorable. On a observé des cas où le liquide, uniquement séreux, qui s'était répandu dans le sac péritonéal, a été assez rapidement résorbé et où le kyste ne s'est rempli de nouveau que tard ou même jamais. Mais, même dans ces cas, l'épanchement du liquide