‹ Traité de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 64 sur 247 · CATARRHE VIRULENT DU VAGIN · texte numérisé non relu

CATARRHE VIRULENT DU VAGIN

érode facilement la vulve et la surface interne des cuisses, mais elle n'a rien de spécifique si ce n'est d'être le véhicule du contagium.

§ 3. Symptômes et marche.

Les premiers phénomènes par lesquels la blennorrhagie se trahit chez les femmes, c'est-à-dire une sensation de démangeaison et une chaleur augmentée dans les parties génitales, accompagnées d'un écoulement muqueux assez rare, n'ont rien de caractéristique et passent souvent inaperçus. Peu de jours après le début de la maladie, il se produit des douleurs plus violentes, une sensation de brûlure dans les parties génitales, un gonflement des grandes lèvres, une douleur cuisante en urinant: cependant ces souffrances atteignent rarement un degré assez élevé pour forcer les femmes de renoncer à la marche, pour les empêcher de s'asseoir et de se mouvoir. La sécrétion, qui à cette période est d'un jaune verdâtre, épaisse, purulente, se montre souvent en grande quantité entre les grandes lèvres; dans la vulve elle-même, ainsi que dans ses environs jusqu'à l'anus, on trouve des ulcères superficiels qu'il ne faut pas confondre avec des ulcères chancreux. Une pression exercée sur l'urèthre en fait presque toujours sortir un liquide purulent. — Après que la maladie a duré quinze jours ou trois semaines, les douleurs diminuent ou cessent, l'écoulement perd son aspect purulent ; mais ce n'est qu'au bout d'un temps assez long que la sécrétion, devenant de plus en plus muqueuse, tarit complètement et perd sa propriété contagieuse.

§ U. Traitement.

Le traitement local, que nous avons préféré au traitement interne dans la chaudepisse des hommes, est pour ainsi dire seul employé contre le catarrhe virulent des femmes. Si nous prenons en considération la différence du siège de la maladie chez les deux sexes, nous comprenons facilement que le baume de copahu et de cubèbe, dont les principes actifs sont excrétés avec l'urine, exercent sur la blennorrhagie des hommes, dont le siège est l'urèthre, une action qu'ils ne sauraient exercer sur celle des femmes qui siège principalement sur la muqueuse vaginale. — Tant que les douleurs sont vives, on fait bien de prescrire un régime sévère, des laxatifs, des bains de siège froids prolongés, pendant lesquels on laisse un spéculum à demeure dans le vagin, si des douleurs ne s'opposent pas à l'introduction de cid instrument. En cas d'absence des phénomènes inflammatoires, ou bien après leur disparition, il y a lieu de faire des injections de solutions de tan-

nin, de nitrate d'argent, d'alun, de sulfate de [zinc, d'acétate de plomb, etc. Nous pouvons recommander comme produisant un excellent effet les injections recommandées par Ricord et qui sont composées d'acétate de plomb cristallisé, 12 grammes; eau commune, 1 kilogramme. Au lieu d'injecter cette solution, on peut aussi la verser dans un spéculum préalablement introduit dans le vagin,, et que l'on retire ensuite lentement de manière à mettre toutes les parties de ce canal en contact avec le liquide. Dans les cas très-opiniàtres, on fait bien d'introduire dans le vagin des boulettes de charpie saupoudrées de poudre d'alun ou de toucher les surfaces malades avec le crayon de nitrate d'argent.

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