CHAPITRE II
Hypérémie pnrfielle «»t œdème partiel du cerveau.
Un court expose de l'hypérémie partielle du cerveau nous fera mieux comprendre les symptômes des affections limitées à des foyers circonscrits du cerveau.
Les causes de l'hypérémie partielle doivent être recherchées dans l'intérieur du crâne. Les extravasats sanguins, les foyers de ramollissement et d'inflammation, les tumeurs et toutes les autres affections du cerveau qui, dans un endroit limité, gênent la circulation, ont pour effet des fluxions et des stases dans leurs environs. Quand un vaisseau artériel ou un grand nombre de capillaires est comprimé ou oblitéré d'une autre manière, il se fait une fluxion dans les ramifications collatérales ; si au contraire une veine est rétrécie ou fermée, il se produit une stase dans les capillaires afférents. On conçoit qu'ordinairement il existe concurremment en tel endroit une fluxion, en tel autre une stase et en tel autre encore une anémie. Mais les affections du cerveau limitées à des foyers circonscrits entraînent des hypérémies de voisinage, non-seulement par la compression des vaisseaux, mais encore, et c'est ce qui arrive le plus souvent, par l'irritation qu'elles exercent sur le parenchyme environnant. Partout ailleurs il se produit dans le voisinage des néoplasmes, des inflammations, des extravasats sanguins une hypérémie et an œdème, il n'est donc pas étonnant que nous voyions également ces deux états se développer autour des foyers pathologiques, qui ont leur siège dans le cerveau.
La preuve anatomique d'une hypérémie partielle du cerveau est aussi difficile à fournir à l'autopsie que celle d'une hypérémie diffuse, surtout quand cette hypérémie a eu pour résultat un œdème sans ramollissement de la substance cérébrale. Dans quelques cas cependant on remarque distinctement qu'aux environs des néoplasmes, des foyers d'inflammation, etc., le parenchyme est plus humide et plus relâché, ou bien que par-ci par là de petits extravasats se sont faits par les vaisseaux.
Les symptômes de l'hypérémie partielle du cerveau consistent en phénomènes d'irritation et de dépression; mais ces phénomènes sont restreints à unesphère plus étroite que ceux de l'hypérémie diffuse, et ils rentrent dans la catégorie des symptômes appelés par Grisinger symptômes de foyer. Tels sont : une céphalalgie limitée, le scintillement ou des étincelles volantes devant un seul œil, ou ^aveuglement de cet œil; le rétrécissement ou la dilatation d'une seule pupille, le bourdonnement ou la surdité d'une seule oreille, desnévralgies ou des anesthésies limitées à tel ou tel trajet nerveux; avant tout