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CHAPITRE X

Épanchements séa'enx dans le crâne ossifie. — Hydrocéphale

acquise.

Nous avons déjà décrit une forme de l'hydrocéphale, à savoir celle qui complique pour ainsi dire constamment la méningite de la base du cerveau et dans le prochain chapitre nous rattacherons à la description de l'hydrocéphale congénitale celle des épanchements qui se forment peu de temps après la naissance et avant la réunion des sutures. Dans le présent chapitre il ne sera question que de l'épanchement séreux qui se développe, en dehors de la méningite, dans le crâne déjà ossifié.

§ 1. Pathogënie et étiologie.

Les épanchements séreux dans la poche de l'arachnoïde (hydrocéphale externe) sont rares et ne prennent presque jamais un grand développement. Un observe plus souvent des épanchements dans les espaces sous-arachnoïdiens, un œdème de la substance cérébrale et des épanchements dans les ventricules (hydrocéphale interne).

Les épanchements hydrocéphaliques peuvent être attribués soit à une augmentation de la pression sur les parois internes des vaisseaux, soit à une trop faible proportion de l'albumine contenue dans le sang, soit enfin à des troubles de la nutrition qui rendent les parois vasculaires plus perméables.. Comme phénomène dépendant d'une hydropisie générale, que cette dernière soit le résultat d'un trouble de la circulation ou d'une anomalie dans la composition du sang (maladie de Bright), l'hydrocéphale atteint rarement .un degré bien élevé, tout, en admettant que peut-être quelques cas de mort subite dans le cours des maladies d'où dépend l'hydropisie, puissent être

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attribués à un faible épanchement dans les ventricules et à un œdème facile à méconnaître de la substance cérébrale. — Les tumeurs et d'autres maladies de la fosse postérieure du crâne, sont souvent suivies d'hydrocéphale assez considérable, due à la compression quelles exercent sur la grande veine de Galien ou sur le sinus droit et à l'obstacle qui en résulte pour f écoulement du sang des ventricules. — L'hydrocéphale dépendant de certains troubles de la nutrition des capillaires forme une affection plus indépendante que les autres formes, elle se rattache étroitement aux processus inflammatoires et peut être comparée aux inflammations cutanées qui entraînent la formation de bulles remplies de sérosité. Cette manière d'envisager les choses est corroborée par une observation intéressante de Hoppe qui, en analysant le liquide d'une hydrocéphale chronique, l'a trouvé d'une composition autre et surtout beaucoup plus riche en albumine que le liquide cérébro-spinal normal. Cette forme de l'hydrocéphale s'observe de préférence chez les enfants, et si on la rencontre à une période ultérieure de la vie elle date presque toujours du premier âge.

Il nous reste à mentionner une forme particulière de l'hydrocéphale, l'hydrocéphale ex vacuo, qui se développe comme une. conséquence forcée de toute diminution de volume du cerveau, aussi bien dans l'atrophie générale, surtout sénile, que dans l'atrophie partielle de cet organe.

§ 2. Anatomie pathologique.

La quantité de liquide versé dans la cavité arachnoîdienne est difficile à apprécier attendu qu'en retirant l'encéphale du crâne, on y ajoute toujours du liquide, provenant des espaces sous-arachnoïdiens ; mais cette quantité, comme nous l'avons déjà dit, ne devient jamais très-considérable.

Le liquide versé dans les espaces sous-arachnoïdiens est tantôt également, tantôt inégalement répandu sur la surface du cerveau ; dans le dernier cas l'arachnoïde forme souvent des sacs tremblotants, remplis de sérosité. L'œdème du cerveau se trahit dans les degrés légers par l'éclat humide de la coupe, dans les degrés supérieurs la cohérence du cerveau est diminuée et. si l'on- déprime un endroit, la fossette ainsi produite contient au bout d'un certain temps un peu de liquide. Dans les degrés les plus élevés la substance cérébrale est détruite par l'œdème et transformée en une bouillie blanche sans consistance (ramollissement hydrocéphalique).

Dans Y hydrocéphale interne aiguë le liquide épanché dans les ventricules dépasse rarement une demi-once ou une once; il est ou limpide ou, comme il arrive ordinairement, légèrement troublé par un faible mélange de cellules épithéliales détachées, de coagulums floconneux et de débris de la substance cérébrale environnante. Les parois ventriculaires, surtout le sepniemkvf.r. n — 19

tum lucidum, la voûte à trois piliers, les commissures sont à l'état de ramollissement hydrocéphalique.

Dans Y hydrocéphale interne chronique, on trouve ordinairement les ventricules fort dilatés ; la quantité de liquide qu'ils renferment, et qui est génélement très-limpide, peut s'élever à 300 ou à 350 grammes. L'épendyme des ventricules du cerveau est devenu plus dense, plus épais et souvent couvert de fines granulations. La substance cérébrale environnante montre également une consistance plus ferme et une plus grande ténacité.

§ 3. Symptômes et marche.

L'espace intracrânien est naturellement tout autant diminué par des épanchements séreux que par des extra vasats sanguins ou des produits inflammatoires. L'arrivée imparfaite du sang artériel a été considérée par nous comme une suite nécessaire de la diminution de l'espace intracrânien, et, comme symptômes d'une anémie artérielle aiguë et complète, nous avons appris à connaître des pertes de connaissance et des accès convulsifs, comme symptômes d'une anémie lente etjincomplète, des phénomènes généraux d'irritation et de dépression. Si nous considérons en même temps que les régions du cerveau qui avoisinent les ventricules, sont détruites dans l'hydrocéphale aiguë par le ramollissement et dans l'hydrocéphale chronique par l'atrophie, et que de là peuvent résulter des paralysies partielles, il est possible de construire un tableau correspondant exactement aux phénomènes observés directement aussi bien pour l'hydrocéphale aiguë que pour l'hydrocéphale t (ironique.

Des épanchements subits et intenses de sérum dans la substance cérébrale et dans les vantricules du cerveau entraînent un ensemble de symptômes qu'à raison de son analogie avec l'insultus apoplectique, dû à desextravasats sanguins, on a désigné du nom à1 apoplexie séreuse. Il résulte de ce qui précède qu'une distinction entre l'apoplexie séreuse et l'apoplexie sanguine est loin d'être toujours possible et que le diagnostic différentiel, si toutefois il peut être établi, s'appuie avant tout sur les conditions étiologiques qui parient le plus en faveur de l'une ou de l'autre affection.

Chez les enfants, l'hydrocéphale aiguë suit presque entièrement la marche que nous avous appris à connaître pour les degrés élevés de l'hypérémie cérébrale et pour la période initiale de la méningite aiguë. Des accès convulsifs violents accompagnés de perte de connaissance sont les phénomènes les plus fréquents et les plus caractéristiques. Si ces accès se répètent très-fréquemment et s'ils durent très-longtemps, il y a lieu de redouter que l'hypérémie n'ait entraîné une transsudation considérable dans l'intérieur des ventricules, et il est à craindre que le liquide transsudé n'arrive pas ou n'arrive qu'incomplètement

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à se résorber et qu'ainsi une hydrocéphale chronique n'en soit la conséquence.

Les symptômes de Y hydrocéphale chronique se rattachent à ceux de l'hydrocéphale aiguë ou se développent, dès le principe, lentement et progressivement. Ils consistent en maux de tête, vertiges, affaiblissement des sens, surtout de la vue, très-souvent en une parésie générale, précédée d'une démarche vacillante et d'un tremblement des membres. Parmi les phénomènes les plus constants, il faut compter des troubles de l'intelligence, surtout un affaissement progressif allant jusqu'à la démence. A cela, il faul ajouter chez certains malades des accès convulsifs et des vomissements qui se répètent par intervalles. Les malades ont, pour la plupart, le pouls lent ; ils souffrent facilement du froid, sont quelquefois extraordinairement voraces et ont souvent le visage bouffi et des vaisseaux variqueux sur les joues. On comprend facilement que ces symptômes ne permettent le diagnostic d'une hydrocéphale chronique, qu'autant qu'il est possible d'exclure des maladies cérébrales accompagnées de phénomènes semblables et que par conséquent on ne peut établir ce diagnostic que bien rarement avec une certitude absolue. — La marche de la maladie est le plus souvent trèslongue. Si la mort n'est pas déterminée de très-bonne heure par des maladies intercurrentes, elle finit par arriver tantôt subitement et d'une manière inattendue à la suite d'une augmentation aiguë de l'épanchement, tantôt lentement et sous l'influence de son accroissement continu. Dans ce dernier cas, la mort est généralement précédée pendant plusieurs jours d'un coma profond

§ /l. TlUITEMENT.

Le traitement de l'hydrocéphale aiguë se confond avec le traitement de l'hypérémie cérébrale aiguë et de la méningite aiguë. Le moyen qui mérite le plus de confiance contre l'hydrocéphale chronique, c'est l'usage longtemps continué des douches froides.

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