Erosion et rupture du tympan
— Les observations de Forestus et de Morgagni (77) prouvent que le tympan peut devenir le siège d'érosion, dont on doit chercher la cause dans une inflammation précédente , dans du cérumen endurci (78), mais surtout dans une blennorrhée du conduit auditif externe négligée; c’est pour cela que l'érosion du tympan est ordinairement accompa-
- gnée de l’ulcération et de la carie de ce g
même conduit (79). Cette altération se mauifeste, 1° par la sortie de l'air, avec sifflement, à travers le conduit auditif externe, en sorte que les cheveux, ou la flamme d'une bougie, placés auprès de l'oreille, en sont agités ; 2° par l’impossibilité de gonfler le tympan, ce qui s’opère très-bien dans d’autres circonstan ces lorsque, la bouche et les narines étant fermées, on pousse l’air dans les trompes d'Eustache ; 3° par l'issue à travers l’oreille de la fumée de tabac renfermée dans la bouche ct chassée de la même manière par les trompes d’'Eustache; 4° par le passage à travers le conduit auditif externe d’un liquide injecté dans le gosier ; et 5° réciproquement par le passage à travers la trompe d’Eustache d’une
“injection faite dans l'oreille externe. Au
reste, les signes que nous venons d’indiquer n’ont de valeur qu’autant que la trompe d’Eustache est libre ; lorsqu’elle est oblitérée , il ne saurait exister de communication entre le pharynx et le conduit auditif externe. C’est pourquoi l’on fera très-bien de procéder à l'examen de l’état du tympan, tant par l'inspection directe que par l'exploration à l’aide d’une sonde; celle-ci, quand il y a éro-
(76) Cfr. e. vu, $ 5, n. 3.
(77) Epist. x1v, Ç 5.
:(78) Ribes, E c. #6; (79) Saunders, À. ce, p. 44.
sion considérable du tympan, pénètre profondément dans la caisse, dont les pa- . rois se présentent d’une toute autre ma- | nière que le tympan à l'extrémité de l’instrument explorateur. Les symptômes de la rupture du tympan ne différent point de ceux que présente l'érosion de cette membrane. Cette rupture peut être occasionnée par un bruit fort (89), par la traction des oreilles, surtout pendant le bâillement (81), par l'introduction d’une aiguille (82), par un soufflet (83), une chute (84), la strangulation (85), un coup sur la tête (86), et par d’autres lésions extérieures (87). L’érosion ou la rupture du tympan entraine-t-elle ou non la surdité comme un effet nécessaire ? Morgagai (88) répond par la négative en citant des cas (89) de déchirure du tympan avec persistance de l’ouie. Quelques au-
(80) Chap. 1x, 1, n. G
(81) Sennertus, Prax. med., lib. 1, P. 111, sect. 111, C. Vi.
-(82) Lisez Albers, in Loder's Journ. f.
d. Chirurg., 1 B., p. 151, et Loder’s Anmerk., p. 152, au sujet d’une aiguille qui, après avoir perforé le tympan, pénétra dans la caisse du tambour, parvint ensuite dans l’arrière-bouche à travers la trompe d’Eustache, et fut rejetée par le vomissement.
(83) Paullini, Obs. med. phys., cent.
11, obs. 45, in Misc. nat. cur., dec. ur, an. 5. Append., p. 59.
(84) Morgagni, epist. zur, $ 25.
(85) Id., ibid, $ 30.
(86) Commercium litterarium Norimbergense, 1755.
(87) Th. Bartholinus, 1. 1, cent. 1v, hist. 29,t. 11, p. 291. — Tulpius, Obs.
med., l.r,c. xxxvis l, nr, C. var. — Plater, Obs. med., p. 124. — Fabr. Hildanus, À. 1, cent. ant, obs. 5.— J. M. Hoffmann, Disquisitio corpor. anat. patholog. spec., ù 17, p. 309. — Horn, Opusc.
anat. chir. c. annot. 1.—$S. Pauli. Lips., 4707. PAS 1. c. — Lœseke, Obs.
anat. chir. med. M 25. Ephem. nat. cur. # cent. 1v, obs. 21; cent. vin, obs. 40.
(88) Epist. x1v, S 10, croyant que la fenêtre ronde pouvait jusqu’à un certain point remplacer le tympan, $ 15. Cfr.
Romer, Delect. opuseul. ital., p. 56.
(89) Valsalva, 1. c. — Wieussens, 1. c., c. 1V. — Willis, De anima brutorum, p.