Relâchement du tympan. — Le re
lâchement dutympan est regardé comme cause de la surdité par Stalpartus Van.
der Wiel (61), Wildberg (62), et autres, qui prétendent que les malades enten- | dent mieux dans une atmosphère sèche, quand le vent du nord souffle , et lorsqu il se fait un grand bruit (63). Quoi.
qu’il en soit, on doit principalement!
établir le diagnostic en ayant égard aux.
maladies qui ont précédé. Or, celles qui produisent le relâchement du tympan | sont : l’inflammation catarrhale du con-" duit auditif externe et de la cavité du:
tympan, la blennorrhée auriculaire né=.
gligée, l'abus des médicaments émol-.
lients introduits dans l'oreille, des nar-.
cotiques (64), un état de faiblesse générale, comme dans la convalescence, dans la chlorose (65), etc.; de même que là rupture, l'érosion, la paralysie interne des muscies du marteau et tenseur du tympan (66). La rupture de ces petits.
muscles (ou de leurs tendons) est le résultat des ébranlements violents du tym:
pan, comme quand on éternue, qu’on se mouche, qu’on tousse avec force, lesnarines et la bouche fermées ; leur éfosion est occasionnée par des inflammations précédentes du conduit auditif externe et de la cavité du tympan, et leur paralysie est due à une affection nerveuse, principalement à celle du nerf temporal superficiel, ou auriculaire externe, qui fournit des rameaux aux muscles du tympan (67). La rupture des tendons ou des muscles de l’ouie s'accompagne d'une douleur subite. La cure du relâchement du tympan est plus ou moins possible , et sujette à varier suivant les causes qui
(61) Observat. rarior., cent. x, obs. 15.
(63) Willis rapporte deux exemples :
le premier est une femme qui ne pouvait entendre que lorsqu'on battait le tambour à ses oreilles; le second, tout-à-fait, semblable à l’autre, est un homme qui n'entendait la voix de ceux qui lui parlaient que quand on sonnait les cloches d'une tour dont il était voisin. » Saissy».
(64) Verduc, Traité de physiologie, t. 11, p. 205.
(65) Sauvages, Nosologie, t. 1, p. 247.
(66) Valsalva, Leschevin, 1. c.
(67) Bock, Beschr. d. funften Nervenpaares u, seiner Verbindungen, 1
DES YEUX ,; DES OREILLES ET DES NARINES
ont produit cette affect'on. On a recommandé en général les fumigalions faites avec l'herbe de chardon bénit , les baies de genévrier, de laurier, jetées sur les charbons ardenls ; les vapeurs de décoction de racine d'iris de Florence, de marjolaine, de dracocephalus moldavicus, de semences d’aneth , de fenouil , intro-
duites dansle conduitauditifexterne (68);
les injections auriculaires avec la décoction de quinquina (69); l’instillation de la décoction de girofle dans du vin rouge, en ayant soin de boucher ensuite l'oreille avecun clou de girofle entier (70);.
l'inspiration de vapeurs spiritueuses ou aromatiques. par le nez ou la bouche, les masticatoires et les gargarismes (71), mais surtout les injections d'eaux minérales dans la trompe d'Eustache (72).
Quand il y a soupcon de paralysie il ne faut pas négliger les frictions éthérées aux tempes,. |
8. Prolapsus du tympan.—Letympan peut faire saillie (73), soit dans le conduit auditif externe , soit dans la cavité tympanique. Dans le premier cas, l'inspection de la partie fait reconnaitre la maladie. Les causes de cette espèce de prolapsus sont : la toux et l’éternument violents, une collection de mucus, de pus, ou d’air raréfié dans la cavité du tympan. Le traitement consiste à repousser avec précaution, à l’aide d’une sonde mousse, le tympan qui se porte à l’extérieur. sous l'influence de l’une des çauses indiquées, en ayant soin de boucher ensuite le conduit avec du coton ou de la charpie. On doit combattre les affections de la cavité tympanique par des injections dans la trompe d'Eustache (74).
Le prolapsus du tympan dans la cavité du même nom s'était manifesté par la dureté de l’ouie (75), par l'impuissance
(68) Duvernay, E. c. .
(69) Saissy, 1, c., p. 49. (En recommandant de ne point y insister longtemps.) |
(70) Barbette. V. Saissy, 1. c.
(71) Leschevin, 1. c.
(72) Saissy, L. c., p- 50. (Eaux de Saint- Sauveur, de Balaruc, de Barége). Cfr.
c. vit, $ 2, n. 5.
-:(75) Saissy, 1. c., p. 50. « Enfoncement ou saillie en forme de cul de lampe, que la membrane du tympan fait, soit ans le conduit auditif externe, soit dans Ja caisse du tambour. »
(74) Saissy, 1. e., p. 54, Cr, ç. vin, S2,
(75) L, x, 6bs, 7%.
de comprendre les paroles de plusieurs personnes parlant à la fois, par la sensation comme d’un corps étranger qui serait introduit dans la cavité du tympan, el par des pulsations dans cette partie.
En examinant l'oreille on a trouvé le tympan déprimé. La maladie avait cédé aux injections par la trompe d'Eustache lorsqu'une injection imprudente dans le conduit auditif externe la rappela.
Nous proposons la raréfaction de l'air opérée à l’orifice de ce canal lorsque le tympan fait saillie dans la caisse du tambour (76).