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Distinction d'avec la pneumonie

— Nous avons déjà dit que les pneumonies caractérisées par un grand nombre de crachats sanguinolents peuvent être confondues avec la pneumonorrhagie{30).

Une telle méprise serait terrible pour les médecins qui traitent par les astringents les pneumonorrhagies quelles qu'elles soient; il n’en est pas de même de nous, qui,noussouvenantdesaffinités(31)desinflammationsavec plusieurs hémorrhagies, traitons les deux formes de maladies ordinairement par la même méthode, c'est-àdire par lesanti-phlogistiques. Cependant, si les signesdel’inflammation sont obscurs et douteux et qu’au contraire le sang jaillissant des poumons frappe les yeux de tout le monde, nous pensons alors qu'il faut annoncer la présence plutôt d’une Pneumonorrhagie que d’une pneumonie.

6. Distinction de la pneumonorrhagte d'avec la laryngorrhagie et la tracheorrhagie. — T1 faut reconnaître une

RON PUR PTE Or typisrt n (TES (24) Dans un jeune homme chez lequel.

une tumeur inflammatoire du testicule

s'était promptement dissipée. .V. J.-P, Frank, 1. c.

(25) Morgagni, op. c., epist. zur, art. 3; epist. L1v, art. 40.

(26) Idem. Epist. zu, art. 34; epist.

LUI, art. 5.—Rlenciz, Acta et obs. med, Prag., 1785, vol. r.

(27) Morgagni, epist. xvu, art. 17.

(29) P. 11, vol. 1, sect. n, cap. xxvu, $ 132, n. 1.

(30), Cap. 51, $ 4, n. 11.

(31) Déjà Stoll avait enseigné qu’une hémoptysie habituelle indiquait une finflammation latente et chronique des poumons. Rat. med., P, y, p. 204; P. nt, p. 15; P. vu, p. 9.

laryngorrhagie et unetrachéorrhagie plu-

tôt qu’une pneumonorrhagie (32), si, en.

rejetant le sang , le malade rapporte l’ardeur et le prurit non à la poitrine, mais au larynx ou à la trachée (33); s’il désigue lui-même la partie antérieure du cou comme le siége du mal (34); si la toux existe à peine, ou même est nulle (35), ou si l’on entend un son croupal; si le sang arrive à la cavité de la bouche sans impétuosité (36), et si la poitrine ne paraît point souffrir des hémorrhagies malgré leur fréquence. .

7. Caractère différentiel de la pneumonorrhagie des vaisseaux des bronches d'avec ceux des poumons. — Un écrivain remarquable (37) sur l’hémoptysie a voulu non-seulement distinguer cette maladie de la trachéorrhagie, mais

(32) Supra, cap. 1v, $ 1, n. 1.

(33) En outre, le malade perçoit du prurit et de la chaleur dans la trachée même, et le sang lui paraît en quelque sorte monter, avant qu'il n'arrive dans la bouche, Borsieri, vol. 1v, $ 23. Déjà Salmuth (cent. 1n, obs. 43) avait cité l'exemple d’un hémoptoïque qui, trois jours avant le retour du paroxysme, sentait toujours un chatouillement dans la trachée.

(34) « Multos certe, qui modicum cruorem, sub tussi non magna, per laryngem reddebant, ardorem fixum, titillationem, aut sensum læsionis ad asperam arteriam accusare, locumque, unde sanguis scaturiet, ad istam indicare audivimus. »

J.-P. Frank, 1. c., p. 174.

(35) « Levi tussicula, exiguo motu extruditur sanguis e laryngis et asperæ arteriæ vaseulis. » Borsieri, [. c.

(36) « Sunt adeo, qui sanguinis portionem, quin violentæ exspirationis, ac ve- ‘ nientis à tergo undæ inajoris per impetum pélleretur, sine tussi manifesta evacuent :

ac Sæpe nobis visum est, ac si Strafa tracheæ muscularia , cartilagineïs licet circellis, majore ex parte, circumscripta,

sanguinem propriis e vasis modice, ac.

majore sine impetu stillantem, ex annulo, limbo inferiori ad interna retracto, superiorem in annulum elevare, ac sensim laryngi obducere valerent. Ipsius certe œsophagi fibræ musculares cum cibis subliquidis ruminante in homine id præstant; et qui tracheam, proprias per fibras non modo arctari, sed et brevius in spatium reduci intellexerit; is niftum a nobis indicatum, ac retrogradum; quäm ipsa experientia confirmat, vix in dubium vocarit. » J.-P, Frank, l: ç.

(37) Goltz, diss, Ge $ 41,

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES

établir une différence dans Ja pneumonorrhagie même, selon que le sang provient des vaisseaux des bronches, ou des artères et des veines des poumons ou du parenchyme , et voici ses propres paroles : « Si le crachement de sang part des vaisseaux bronchiques préalablement lésés , le malade est tourmenté par une toux plus violente et plus pénible; le sang rejeté par la bouche est gonflé d'écume à cause du mélange de l'air qui

parcourt les bronches. Le sang des vais

seaux bronchiques paraît beaucoup plus chaud dans l’expectoration que s’il jaillissait des autres vaisseaux sanguins qui auraient été ouverts ; parce que je tronc des premiers reçoit de la cavité gauche du cœur un sang plus chaud. Des douleurs surtout ÿravatives se font sentir à la région des poumons, causées principalement par la rupture violente des parties sensibles. Le sang est rendu par la bouche , plutôt par le vomissement que par la toux, tant est grande la quanlité qui s'échappe, à cause de l’ouverture des plus gros vaisseaux sanguins. Si l’on remarque que Île sang rejeté est teint d'un couleur écarlate, c'est un signe que la veine pulmonaire est ouverte; si an contraire il est d'un pourpre noir, c’est l'artère pulmonaire, comme il arrive!

dans les autres conduits veineux et artériels de notre économie. Enfin l’hémoptysie provenant de la substance vésiculaire des poumons s'annonce par une douleur de poitrine plus profonde que ressent le malade, produite par la rupture des vésicules membrano-nerveéuses; par une toux très-pénible souvent ré< pétée, qui enfin est suivie d’une petite quantité de sang entièrement spumeux à cause du mélange de l'air qui séjourne dans les cellules membraneuses. » Quoique les artères des bronches, sous le rapport anatomique, doivent être distinguées de celles (38) du parenchyme du poumon, et quoique la division des péripneumonies en bronchite (39) et en pneumonie nous porte à établir une semblable distinction dans la pneumonorrhagie, néanmoins nous n’admettons point cette opinion, craignant que les signes donnés ne soient tirés à priori plutôt que le résultat

(88) En effet, les artères bronchiques proviennent de la mammaire interne ou de la première intercostale et de l'aorte, tandis que l’artère pulmonaire provient du ventricule droit du cœur, |

(39) Cap. U $ 4, n, 4

BE LA PLÈVRE, DU )MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS

de l'expérience ( je veux dire en comparant les symptômes avec l’autopsie des cadavres).

8. Doit-on distinguer la pneumonorrhagie de l'hémoptysie. — Puisque la pneumonorrhagie indique le /lux du sang des poumons, tandis que souvent le sang ne s'écoule pas du poumon, mais plutôt est craché, le mot hémoptysie (ou mieux preumo-hémoptysie), qui signihe crache-

ment du sang provenant des poumons,

doit être préféré à celui de preumonorrhagie.

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