V. Misc. act. nat. cur., dec, I1, an. 4, obs
(1) J'ai observé, vers la. fin de l’année 1815, une pneumonorrhagie terrible pro- Tease par cette cause sur.une servante très*belle, qui était affectée de phthisie.
tuberculeuse. S
(2) Higmorus, Disquis. anat., p. 472.
— Tissot, OEuvres, t. x1, p. 355, édit.
Lausan., 1781. « Omnium maximum hæmoptoëos periculum est, si summa ira excandescens homo vociferatur, » Swieten, Comment., $1198. Ainsi.on lit que Sulla, après s'être fatigué la-poitrine par une trop grande excitation d'esprit et ‘un:
élan inimodéré de la voix, mourut d’un vomissement de sang. (Valer, Maxim.
lirx, c+ 111.)
(5) Ramsey, in Medico-chir. . trans.
publ. by the medic. and chirurgical Soc.
of Lond., vol. 1x, P. 11, 1818:
(4) Franzjus, Diss. de ægro bæmoptoïco ex dysenteria laborante. Uliraj.,
meil (5), l'électricité (6) et le galvanisme (7).
5. Cause prochaine. — Si nous considérons la structure molle et spongieuse du poumon, son voisinage avec le cœur, ses artères courtes, volumineuses , ses veines d’un plus petit calibre (8), la facilité avec laquelle dans les expériences anatomiques on fait passer la matière d'injection de l'artère pulmonaire dans la substance vésiculeuse du poumon et dans la trachée (3), et réciproquement l'eau et la colle-forte injectées dans les bronches, dans l’artère pulmonaire (10), ou poussées de la trachée dans la veine pulmonaire, ou de la veine pulmonaire dans la trachée et les vésicules (11), etles violences de tous genres aux-
D ut RP RAR PRE SR A5 CPE NS (5) En 4819, au mois d'avril, un
homme atteint de coxalgie et d’hémorrhoïdes était couché dans ma clinique.
Comme les douleurs de sa jambe l’empê-
chaient de dormir la nuit, je lui conseillai de réparer cette perte de sommeil en dormant pendant le jour. « Je ne puis, répondit le malade, car toutes les fois que je me livre au sommeil pendant le jour, je crache le sang. » Je crus d'abord que le sang venait de la bouche, mais, après avoir répété plusieurs fois l’expérience, j’aéquis la certitude que la source était dans le poumon. J'ai trouvé ‘un cas semblable dans Bened. Sylvaticus (cons.
34, cent. n), où le malade ne cracha ja-.
mais le sang en aucun autre moment, qu’aussitôt qu'il s’endormait, aussi bien le jour que la nuit.
(6) Auserl. Abhandl, f. pr. Aerzte, 41 B., p. 72.
(7) J'ai observé une pneumonorrhagie sur une comtesse de Vienne, qui s'était soumise, pour une surdité, à l’opération
galvanique. » Tiré des manuscrits de
mon père-
(8) « In pulmone, unico exemplo, veparum lumen, quam sodalium arteriarum, minus est.» Haller, Elem. physiol., t. 1, p. 167.
(9) « Etiam facilius ex arteria pulmonali liquor exhalat in vesicularem pulmonis fabricam et in asperam arteriam. »
Haller, 1. c., p. 165.
(40) « Vicissim eliam ex broncho in arteriam pulmonalem aqua injecta et ichthyocolla, in meis experimentis viam Fra tamen minus facilem. » Haller,
PO
(41) « Etiam per experimenta ,constat,
liquores asperæ arteriæ impulsos in ve-
nam pulmonalem non difficulter locum , sibi aperire, viçissim 6x vena pulmonali
At
MALADIES DES PAROIS THORACIQUES s
quelles est exposé l'organe de Ja respiration , etle consensus qui le lie par les pneumo-gastriques avec le cerveau et les viscères abdominaux; si, dis-je, nous considérons ces choses, nousne serons pas étonnés de ne voir nulle part, si ce n’est aux pariues, arriver une aussi grande quantité desang qu'aux poumons. Or, cet afflux arrive, pour me servir de l’expres-" sion des pathologues, ou par la rupture des vaisseaux (pAêce, rhexis, Duaipectes diæresis), ou par érosion (d12Bpwats, diabrosis), ou dilatation (évacrtépuats anostomosis), ou sécrétion morbide (12), ou spasme. Ces accidents sont favorisés par les anévrismes, les varices, les ulcères, les obstacles mécaniques, la débilité (1 3), l'inflammation , la perversion de la sensibilité du système nerveux, et peut-être une condition morbide du sang lui- … même (14).
$ III. Diagnostic.
1. L'erreur est facile. — Quoique le | sang sortant du poumon ait cela de commun qu’il soit lancé par jets et pendant Ja toux, qu’il présente un aspect le plus souvent vermeil, fluide, écumant (15) els pur ; qu’il s'annonce par des symptômes, particuliers, et qu’une cause nuisible à la poitrine le fasse sortir ; cependant la pneumonorrhagie (maladie tantôt simu lée, tantôt dissimuléeou cachée) pourrait.
être confondue avec l'épistaxis, la pneu, monie, la laryngorrhagie, la trachéorrhagie , la stomatorrhagie et l’'hématémèse.,
RE
impulsus liquor in asperam arteriam, et bronchia, et vesiculas viam invenit. »
Idem, ib.
(12) « Les crachements de sang qui s'effectuent par exbalation, ne laissent communément aucune trace de leur exiss tence. J'ai ouvert très-souvent, dit Bin" chat, des sujets morts pendant une hémorrhagie du poumon; j'ai examiné les surfaces bronchiques, et jamais la moin.
dre trace d’érosion ou de rupture ne m'a paru sensible, malgré la précaution que j'ai prise de lever exactement cette Sur face et de la laisser macérer et de l’exa= miner même à la loupe. » Dict. des ss méd., 1. c., p. 519. ; ;
(43) Horn, Neues archiv., 2B., p. 235.
(14) Stoll, Rat. medend., P. 11, p. 15.
(15) Déjà Hippocrate (dans Coac. Præ= not.) avait observé que ceux qui vomis= sent un sang spumeux le yomissent par.
les poumons.
DE LA PLEVRES DU MÉDIASTIN ; DU THYMUS ET DES POUMONS
2. Pneumonorrhagie simulee ou dissimulee. — Nous avons vu la pneumonorrhagie simulée par des malades, dans le but de prolonger leur séjour à l'hôpital ; à l’aide de ia succion ou d’une aiguille , ils rejetaient pendant une toux provoquée à dessein un sang venant des gencives. Ils dissimulent la pneumonorrhagie (en assignant au sang une autre source que celle des poumons); les malades qui ne veulent pas reconnaître le danger où ils sont se trompent en trompant le médecin (16).
3. Pneumonorrhagie occulte ou interne. — On pourrait appeler pneumonorrhagie occulte ou interne celle où le sang ne sort pas au dehors, mais s'épanche dans le parenchyme du poumon (17) ou dans les plèvres. Dételles pneumonorrhagies se rencontrent dans les péripneumonies (18), surtout traumatiques, dans l’anévrisme de l’aorte (19), l’ulcération de l’artère pulmonaire (20), dans la rupture de la veine azyg0s (21), dans Ja phthisie (22), le scorbut (23), et par
CREER nee R
(16) « Les malades étant géréralement persuadés que l’hémoptysie est une maladie dangereuse, éloignent toute idée d’une semblable affection, s’en imposent quelquefois à eux-mêmes, et trompent le médecin qui leur donne des soins, en s’efforçant de démontrer que le sang qu'ils cachent vient de la bouche ou du
nez. Il est bon d’être en garde contre de
semblables illusions, qu’on peut feindre de croire pour le repos du malade, sans pour cela partager son erreur. » Dict. des sc. méd., 1. c., p. 320.
(17) Elle est appelée mal à propos apoplexie du poumon, par Laennec (De l’auscultation médiate). Il est vrai que Dolæus s'était servi du nom d’apoplexie pulmonaire pour exprimer la coagulation et la stase du sang dans les vaisseaux pulmonaires. V. Diss. de catarrho suffocativo, auctore Fr. T. Bruno. Altdorf, 1690, $ 15,
(18) $ 55, n. 9. Morgagni, op. c., epist. xx, art, 17.
(19) Morgagni, op. c., epist. xx1, $ 47; epist. xvu; epist. xxvi, art. 13, J'ai ren- Contré plusieurs exemples de ce genre.
(21) Monfredi. V. Morgagni, epist, XxXV1, Ç 29.
(22) Cap. 1v, $ 52, n. 4.
(25) J.-P. Frank, 1. c., p. 166.—Lind, V. Scharbock, p. 502.
suite de métastase (24); sans parler des plaies (25) et des contusions thoraciques (26). Quelquefois la source de i’hémorrhagie de la plèvre ne peut être découverte (27). |
4, Distinction d'avec l'épistaxis— On peut confondre la pneumonorrhagie avec l’épistaxis lorsque ‘e sang, lancé des poumons avec îorce, jaillit (28) par les fosses nasales , ou lorsqu’étant sorti des vaisseaux des narines, il tombe par l’orifice postérieur du nez (29) jusqu’au fond du gosier, et que là, provoquant la toux, il est rejeté comme un crachat. Mais l’âge du malade, les causes, et surtout les symptômes précurseurs, préviendront contre toute erreur dans le diagnostic.