T'raitement.— Dans le traitément
de la phthisie hémorrhoïdale les indica- :
tions à remplir sont : 1° de combattre la !
congestion du sang vers les poumons; :
2° de modérer l’état d’irritation du sys- |
ième veineux ; et 3° de provoquer ou de rappeler la crise par les vaisseaux de l’anus. Comme la cause de la congéstion
vers les poumons est souveut l'effet de l'arrêt du cours du sang à travers les :
viscères abdominaux, il faut, avant tout, détruire les obstacles qui s'y opposent.
C'est là que les doux cathartiques trouvent leur emploi (70). En général les résolutifs sont administrés plus sûrement; . l’antique tisane (71) l'emporte dans ce cas sur les formules les plus savantes, mois il faut qu’ellé soit continuée longtemps en prenant quelques intervalles de repos. Cela n'exclut pas l’eau de Seltz pour boisson ordinaire. Au printemps, les sucs d'herbes nouvelles (72) et le petitlait dulcifié sont utiles. Le lait cependant réussit ordinairement moins dans ce cas que dans les autres espèces de phthisie.
En général on doit proscrire autant que lesifôrces et l'habitude le pérmettent Ja nourriture animale, et conseiller les végélaux et surtout les fruits de la saison.
Lesacides végétaux (73), comme l'orange, la grenade, apprêtés de manière à ne pas provoquer la toux, réussissent merveilleusement à calmer l'irritation du système veineux. Les peuples septentrionaux
(70) Bonet a reconnu par expérience que les doux purgatifs réussissaient trèsbien aux phthisiques dès le début de la maladie, si les malades allaient à la selle avant le jour, et comme au milieu du sommeil; de là il les ordonnait à l'heure du coucher, en défendant de souper, de manière que le matin suivant, le malade eût deux ou trois garde-robes. De cette mauière les forces n’en souffraient nullement. (Theatr. tabid., p. 418).
(71) Pr. Orge mondé et miel purifié, une once. Faites cuire dans de l’eau pendant une demi-heure, de manière à avoir une colature d’une livre. D. S. A prendre en trois fois le matin.
(73) Les É hiopiens se servent de vinaigre contre la phthisie, d’après Eward
possèdent sous /ce rapport des richesses particulières dans le système alimentaire (74). Comme la chaleur atmosphérique nuit aux malades , on peut leur permettre, en hiver, le mouvement en plein air, en prenant toutefois les précautions nécessaires (75). Bien plus, tant qu'il ne s’agit que de phthisie hémorrhoïdale lateute, sans aucune complication , et si le malade n’a jamais éprouvé d'hémoptysie , les bains mêmes de mer pendant l’été et dans les contrées méridionales peuvent être permis. Mais si la maladie éludait le traitement jusqu’alors indiqué, ou si elle était dans toute sa force, il faudrait tirer du sang de la veine saphène (76). Je dis de la saphène, car, si c'était de la médiane, le malade irait pire Æt tousserait davantage. Si les hémorrhoïdes avaient coulé autrefois avec quelque soulagement , et si le malade est avancé en âge, on pourrait alors appliquersûrement les sangsues aux vaisseaux de l’anus; autrement il ne le faudrait pas.
Car nous avons observé qu’une application intempestive de ces anhélides sur Pintestin rectum était suivie d’une pesanteur dans la poitrine, d’une augmenlation de toux, avec fièvre et œdème des cuisses. Ces mauvais effets paraissent devoir être attribués à une augmentation
mn
Roberts (Med. transact. publ, by the colleg. of phys. in Lond., vol, 1v) et Orban Gb., vol. v), Duncan (I. c., p. 96), qui a étendu aussi l'emploi des acides végélaux aux autres phthisies.
(74) C'est-à-dire une décoction de feuilles acides de bettes, de choux ; enfin une boisson préparée avec du pain non fermenté, qui dans la langue russe se nomme kwas,
(75) L'on voit par là comment on peut concilier les opinions différentes sur le degré de température convenable aux Phthisiques dont il a été question plus haut $ 2, n. 16). Rush (Med. inquiries and observ., n. 10) et Waineright (Meéhanical account, n. 5) sont partisans de Pair froid dans la phthisie ; l'application même d’eau froide sur la poitrine a été écommandée comme prophylactique conre la phthisie, par Salmade (Jour. gén. de médecine, chirurgie et pharmacie, 1815, ar). Je craindrais de suivre ce conseil.
.(76) « Quodsi (varices pulmonis) inci- 1ente morbo cureutur, rursus. venulæ n loco ad latus subsident, et humiles
unt, » Hippocrates, 1. c. De morbis.
d’irritation dans le système nerveux. Il faut aussi éviter les vésicatoires et les autres emplâtres appliqués sur le thorax, comme déterminant un plus grand afflux du sang vers la partie malade. Le traitement de la période d’évolution de la phthisie hémorrhoïdale se fera selon les règles que nous avons données (77) contre la pneumonorrhagie dépendante des hémorrhoïdes. Les ‘feuilles de digitale dans la phthisie dont il s’agit, lorsqu'elle est confirmée, non-seulement sont rarement utiles, mais très-souvent nuisibles (78). IL en est de même de l'acide hydrocianique suivant un homme prudent et expérimenté (79), et, en général, des narcotiques. Au contraire, nous avons observé des effets merveilleux de l'usage interne de l’acétate de plomb (80), du
(77) Cap. 1, $ 6, n. 2.
(78) Est-ce qu’en abattant la force des artères, elles diminueraient aussi l’impétuosité à tergo?
(79) Sibergundi, Einige Bemerk. uber d. Unzulassigkeit d. Anwendung d.
Blausaure bei denjenigen Brustkrankheiten, welche v. gastrischen Reizen bedingt u. unterhalten werden. In Hufeland’s Journ., 1821, dec.. p. 45.
(80) Déjà Ettmuller avait dit : « Saccharum saturni est egregium in hectica remedium, in specie si ex ulcere interno oriatur. » La célèbre teinture anti-phthisique de Grammann contient, outre du sulfate de fer, de l’acétate de plomb.
V. Faschins, De ægra febre hectica laborante. Jen., 1768. Pour les modernes :
Stark, Diss. de usu sacchari saturni in phthisi pulmon. confirmata. Marb., 1801.
— Hildebrand, in Iufeland’s Journ., 8 B., 4 st. — Amelung, in Hufeland’s Journ., 22 B., 1 st., p. 12. Journal de médecine continué, vol. xv, p. 359. — Horn, Archiv. f. med. Erfahr. 1819, april, p. 566.— Confirmation de l'utilité de l’acétate de plomb contre la phthisie, — Graperon, Bulletin des sciences méd., t.11, p. 514.—Kopp, Lettre sur l'emploi de l’acétate de plomb à l’intérieur, dans la’ phthisie pulmonaire.—Tartra, Bulletin des sciences médicales, t. 1v, p. 396.
— Rang, Essai sur l’usage intérieur de l’acétate de plomb daus la phthisie, ib., t. v, p. 49.—Latham, Obs. relating the Safety of the internal use of the superacetate of lead in pulmonary consumpt, Med. trans., vol. v, p. 351. J'en donne deux ou trois fois par jour, depuis un demi-grain jusqu'à deux grains, mêlé à de la poudre de gomme arabique et du
:moins.nops-avons pu, avec le secours de .ce médicament ; arrêter les progrès de la-phthisie hémorrhoidale confirmée.
$ VI. De la phihisie pulmonaire :. scorbutique.
4. Définition. — La phthisie,scorbutiquetireson nom de l'érosion des pou- -mons parle vice scorbutique.