‹ Traité de pathologie interneChapitre 138 sur 277 · L’enrouement termine la scène · texte numérisé non relu

L’enrouement termine la scène

2. La poitrine est le siège d’une dou= leur ou d’une oppression plus ou moins prononcée.

jh hp die 23 pr OU NE LUS DT ete

accoururent tout-à-coup annonçant que le, sujet avait été changé par erreur. C'est

ainsi que, dans les grands hôpitaux, des | observations faussées auront pu être in=\

troduites dans le domaine de la science.

(47) Morgagni, op. c., epist. XXXVI») art. 4. — Ratheau, Observ. sur un abcès au foie communiquant avec le poumon.

(Journ. de méd., chir. et pharm., 1816;!

juillet, t. xxx111.)

DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONSS 293

3. Décubitus le plus souvent fatigant sur l'un ou l’autre côté.

4. Expectoration de nature variée, mais jamais semblable à celle de la phthisie trachéale.

Nous avons déjà dit (48) que la phthisie laryngée et trachéale pouvait exister simultanément avec celle des poumons.

Le plus souvent l’enrouement qui se manifeste dans la dernière période de la phthisie pulmonairene dépend point d’un ulcère du larynx, mais de l'inflammation de cet organe ou bien d’aphthes.

… 7. Pronostic.— La dénomination seule de phthisie confirmée fait connaître assez clairément le pronostic. L’art à fait si peu de progrès pour le traitement de cette maladie, que le p'onostic des praticiens de diverses époques est absolument le même que celui des médecins de nos jours. Voici ses principaux points :

si une fièvre erratique ou bien hectique tourmente depuis iong-temps par accès irréguliers un sujet phthisique, c’est un signé de terminaison fatale (49). Presque tous les phthisiques chez lesquels la matière qui oppresse la poitrine a contracté la nature fâcheuse de la fièvre | 4 be ou maligne, ont succomhé (50).

es rougeurs se développant autour du

nez soit un signe «le diarrhée, les douleurs des hypochondres ou des poumons sont d'un mauvais augure (51). 1i. faut désespérer des phthisiqueg chez lesquels l'appétit conserve beaucoup d'énergie sans néanmoins faire acquérir des forces (52). La contraction des ailes du nez et le retrécissement de la poitrine affaissée, lorsque ces phénomènes surviennent brusquement. annoncent la mort(53). Lorsque le malade perd ses cheveux et devient chauve comme à la suite d’une affection grave, lorsque ses crachats répandent une odeur forte sur les charbons , l’on peut prédire avec assurance a mort prochaine , et l'apparition d'une liarrhée qui l’épuisera (54); chez un tel malade en effet, toute perturbation qui Mag onp jf 6) nlntigoipeonne . (48) Chap. 1v, $ 9, n. 2.

(49) Bénédict, I. c., p. 111.

(50) Idem, ib., p. 112.

(51) Hippocrate, Goac. prænot., n. 216,

(52) Bénédict, 1. c., p. 41.

(53) Idem, ib., p. 111, 412.

(54) Hippocrate, De morbis, lib, n, * XVII, Chaïtier,t, vu, p. 569,

survient dans les garde- robes est un symptôme désespérant (55). Les éruptions prurigineuses qui surviennent après l'affection du ventre chez les phthisiques sont un signe fâcheux (56). L'œdème des pieds dans une phthisie ancienne est un symptôme funeste (57). La phthisie qui produit une lassitude subite, avec refroi dissement des extrémités, surtout des pieds, offre un danger imminent, quoique la poitrine paraisse moins souffrir (58). Il arrive quelquefois, il est vrai, que des circonstances accidentelles , par exemple la grossesse, suspendent le cours de la phthisie au troisième degré. Il n’y à pas alors de signe certain de l’époque de la marche prochaine. J'ai vu des phthisiques sur le point d’étouffer, vivre encore un ou deux mois, contre toute espérance, après avoir rejeté tout-à-coup beaucoup de crachats, par suite de quelque abcès du poumon qui s'était heureusement rompu ; j'en ai vu d'autres, à qui j'avais promis de vivre le même espace de temps, être enlevés promptement(59;contre mon attente, parsuite d’üne semblable ouverture d’abcès où par un écart de régime (60). Ii ne faut pas ignorer enfin qu'un phthisique peut mourir de toute autre maladie que celle du poumon. Il n’est pas rare de voir arriver cet événement par suite d’un hydrocéphale accessoire (61). Les époques de l’année les

(55) Arétée, De caus. et signis morb., lib. 1, c. vur, p. 37.

(56) Hippocrate, Coac. prænot., n. 440, Chartier, t. vin, p. 878.

(57) Bénédict, |. c., p. 111.

(58) Idem, ib., p. 110. |

(59) Gerbez, De phihisicis utram diu vivant? (In Miscell. nat. cur., dec. nr, a.5, p. 7.) —Furstenau, Phthiseos incerta prognosis. (Acta acad. nat, cur., vol. vu, p. 398.)

(60) J’ai vu, par suite d’un écart de régime, des phthisiques, qui semblaient devoir vivre encore quelques mois, succomber dans l’espace d’un ou deux jours.

(61) J'ai vu plus d’une fois, dans une phthisie pulmonaire simple confirmée, à la suite d’une céphalalgie inaccoutumée ou de vomissement, le pouls perdre de sa fréquence, devenir même lent insensible+ ment, et La toux, ainsi que les autres souffrances de poitrine, s'apaiser. Un léger délire sans somnolence se manifestait, et à l’ouverture des cadavres on trouvait, er: outre de la destruction des poumons, ur épançchement de sérosité dans les ventri-

æplus funestes aux..phthisiques sont-les équinoxes et Les solstices; au point qu’il nous est arrivé de, voir succomber en même temps, à l'approche de ces époques, comme s'ils s'étaient entendus ensemble, plusieurs malades dont j'avais long-temps ‘prolongé la vie comme par miracle.

8. Traitement en general.— Dans le traitement de la phthisie confirmée , les indications sont les suivantes : prolonger l’existence, adoucir les symptômes, et surtout s'abstenir de toute tentative, de guérison qui se trouverait en contradiction avec ces principes. En effet, dans toute phthisie parvenue au dernier degré, quel qu'ait été son caracière dans le principe, il n’est déjà bien certainement plus temps d'attaquer la cause du mal. Ce n’est pas en traitant les scrofules, l’arthritis, le cancer, la syphilis que l’on peut-jamais remédier à la destruction du poumon; bien plus, même l'emploi de moyens intempestifs, tels que. les voyages.(62), les ulcères artificiels, l'administration. du conium maculatum, du mercure,.ne fera que hâter la fin du malade, le tourmenter inutilement (63)

oo

eules antérieurs du cerveau, ainsi qu’à la base du crâne,etune couennecomme gélatineuse recouvrant la surface de l'organe.

Un homme de 50 ans m'a fourni un exemple étonnant de ce genre dans ma clinique, au mois d'avril 1820. De semblables observations ont été recueillies par Lieutaud:( Hist. anat. med., vol.n,l. ar, obs. 380, 394, 41121) et Percival {Essays féd..philos.-and experimental, vol. 11, p. 339, 540. V. Abh. f. pr. Aerzte, 17 B;, 2.St., p. 248)

(62) Il est des médecins qui, pour se “débarrasser d’un malade importun, et pour-empêcher que l'on ne puisse dire qu'il est mort entre leurs mains, envoient unphthisique désespéré en pays étranger.

Ces médecins ignorent donc qu'il n’est rien de plus'cruelpour un malade que de quitter.sa patrie, ses parents et.ses amis; -de traîner un corps à moitié mort en des régions éloignées, et d'y rendre ledernier ‘soupir éntré les bras de personnes étran- ‘gères? MAN |

(63) Le genre hümain y gagnera assurément beaucoup, si les médecins veulent, -dans le traitement de la phthisie, s'abstenir de tous médicaments nouveaux ; Ce -qui fait dire fort justement à Fothergill (lc, 309) :: « I take the liberty to lay before:you some further remarks on the treatment of 1his disease; ratlier propo-

sing to myself (hç prevention of harm,

franchement à

visitiez à différentes heures de jour et de

dangerous malady. »

ment à plusieurs phthisiques désespérés.

et compromettre la réputation de ressources fort utiles chez d’autres sujets(64), sans parler de dépenses inutiles, profi-

tables seulement au pharmacien et qui

privent une famille indigente de sa der

nière obole. Voulez-vous être, pour les" “malades atteints de phthisie confirmée, et leurs parents désolés, plus qu'un mé-

décin, une sorte de génie tutélaire ? dites à ceux-ci, que c’est fait du malade, que vous entreprenez ou.

continuez son traitement sans aucun espoir de succès ; ajoutez que, si un homme avait le pouvoir de guérir une maladie aussi désespérée , il serait depuis longtemps plus riche que Crésus, que vous

‘êtes tout prêt à consulter ou bien à vous M

adjoindre un autre médecin. Pour le pa-", tient lui-même , faites-lui prendre courage (ce qui est plus facile dans ce cas que dans tout autre), donnez-lui de l'es poir. Si l'on est en hiver, le printemps lui apportera du soulagement ; au printemps, c'est de l'été qu’il doit l’attendre, et en automne, du retour des beaux jours.

De plus, il faut interpréter autant que possible les divers symptômés en bonnem part. C'est ainsi que l’on persuade auk malade que la toux est nécessaire pour débarrasser Ses poumons de fa pituite qui les oppresse, la fièvre avantageuse pour cuire les crachats , la diarrhée pour di-,| minuer la fièvre, et les sueurs pour apai= | ser la diarrhée, etc. Toutes ces paroles |

seraient sans succès si vous ne donniez |

vos Soins au patient avant tout autre | malade guérissable(65), si vous ne le |

nuit(66), si vous ne prolongiez pour lui | vos visites plus long-temps que de cou- | tume (67), $i vous ne vous montriez at- |

dant potion pt À A rsies

than contributing much to the cure of this

(64) I y avait jadis à Vilna un certain" médécin, livré à une-pratique plus éten= due que savante, qui conseilla l'allaite=

Que résulta-t-il de là? C'est que, parmi les habitants de cette ville, conseiller l’al-\ laitement était pour ainsi dire prononcer une sentence de mort.

(65) J'ai coutume d'aller chez les malades atteints de phthisie confirmée avant, d’être trop fatigué par d’autres visites.#

66) Vous avez entendu à quelle heur@ le malade souffre le plus, c’én est assez pour savoir à quelle heure vous devez le | venir. voir, OUI (

(67) IL faut une grande dose de résolus |

DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN$ “DU THYMUS ET DES POUMONS. (295

tentif au récit de sa maladie, si. en augmentant chaque jour d’empressement, vous ne: vous informiez vous-même de tous les symptômes en détail, si vous ne vous montriez parfaitement au courant de toute l'histoire de l’affection, et si vous ne prescriviez des médicaments sinon utiles, au moins de nature à ne pas nuire; ces remèdes (sans parler du délassement de la musique (68), de l'aspect de fleurs agréables et d’un léger parlum, et des attentions de parents (69)), doivent

tion pour s’arrêter plus fong-temps auprès d'un malade qui se plaint de l'insuffisance de nos remèdes qu'avec le convalescent qui élève nos services jusqu’aux nues ; mais combien est doux le sentiment de s'acquitter de son devoir!

(68) Reid, 1. c., en appelle à Armstrongius (Art. of preserving health), qui dit :

«There is a charm, a power, that sways the breast, Bids every'passion revel or be still;

Inspires with rage, or all our cares dissolves,

Can soothe distraction. and almost despair.

That power is Music ;......

Music exalts each joy, allays each grief,

Expels diseases, softens every pain,

Subdues the rage of poison and the plague;

And hence the wise of ancient days adored

One pow:r of medecine, melody and song, »

(69) En voici un grandet noble exemple:

un marquis, de Choiseul, très-peu fortuné de lui-même, épousa une personne trèsriche avec celte clause expresse que, si Ja femme mourait sans enfants, le mari devrait rendre à sa famille, non-seulement la dot, mais encore tous les dia.

mants et autres bijoux qui se trouveraient chez elle. Au bout de deux an, la marquise fut en proie à une phthisie coufirmée, et, lisant toute la gravité de son état par le visage affligé de-son mari, tomba dans le plus grand désespoir. Celui-ci, pour la consoler er la convaincre de la certitude de sa guérison, engagea la seule terre qu'il possédât pour acheter un collier d’un grand prix qu’il donna à la malade , en lui disant : « Mon amie, voilà une empletie que je viens de faire pour toi; ce collier ne m'a coûté que deux mille louis, il vaut davantag®: c’est pourquoi je me suis pressé de l’acheter, quoique nous ne soyons qu’au mois de septembre, et que je sache que tu ne pourras t'en parer que cet hiver; car tu n’as plus Maintenant que la faiblesse inséparable d’une longue maladie; mais dans deux Mois, j'en suis certain, tu seras en état de sortir, et ce collier sera une belle parure pour les bals de la cour. » L’espé-

rance et la joie revinrent à la malade, qui mourut trois semaines nprès

être agréables aux sens, variés, souvent changés de formes et appropriés aux symptômes les plus gênants.

9. Contre la toux.— Les moyens propres à adoucir la toux sont : les émulsions d'amandes douces, des quatre -semen-

ces froides majeures ét mineures, aussi

bien que de graines de pavot ;.les décoctions d'orge, de racine de guimauve, d'orchis morio,; de chiendent, de feuilles de mauve, de raclure de corne de cerf, de mie de pain blanc (70); le mucilage de gomme arabiqne et adragant, l’huile d'amande: douces. On aura soin de varier la couleur et la saveur de chacune de cts préparations en y ajoutant tantôt du miel, soit pur, soit rosat, tantôt de l'extrait ou de l’infusion de réglisse, tantôt du sirop de guimauve, de cheveux de Vénus, de müûres, de framboises, d'épine‘vinette, de fraises, de cerises noires, de roses, de violettes, de sirop émulsif, de pavots blancs, de coquelicot. On ne doit point négliger les pâtes de guimauve, de réglisse et de lichen. Si le malade n’a pas trop de répugnance pour l’huile.et lorsque la diarrhée n’est point une contre-indication, on peut lui faire prendre de celles de lin, d'olive, d'amandes, soit pure, soit édulcorée avec du sucre. L’opium contre la toux, à moins qu’il ne s'agisse de la poudre de Dower, est toujours.un moyen imprudent (71). Nous reviendrons plus loin sur cet objet (72). | 10. Contre la soif. — On administre pour apaiser la soif des émulsions légères, des décoclions mucilagineuses ; et (lorsque la diarrhée ne vient pointapporter de conire-indication) des sucs végétaux étendus d’eau. Pour peu que tel soit le désir du malade, on doit lui accorder de l'eau pure; mais nous recommandons surtout les infusions de fleurs de bouillon blanc, de coquelicot, ou les décoctions d'espèces pectorales avec les fruits de la pharmacopée de Brandebourg.

11. Contre la fièvre, — Je m'efforce de calmer la fièvre au moyen, soit des

(70) Décoction blanche de Sydenham.

(71) Walker (On pulmonary consumption. .V. The medical physical Journal,

4814, April-May) regarde la toux comme

la cause principale qui s'oppose à la guérison de la phthisie, et veut qu'on la combatte par l’opium !

émulsions dans lesquelles on ajoute (à moins que la diarrhée ne s’y oppose) du nitrate de potasse, soit de l’élixir acide de Haller étendu d’eau simple, de framboises, de cerises noires, ou d’une décoction mucilagineuse quelconque, mais surtout d'amidon (73), et édulcoré avec un sirop.

On peut , d’après le conseil de Morton, faire dissondre dans de la bière un mélange de nitrate de potasse et de sucre en pouure (74) La bière, en effet, préparée sans houblon, et que l'on appelle pour cette raison é/lupulée, constitue une fort bonne tisane lorsqu'elle est récente et clarifiée (75). Ce n’est pas ici le eas de revenir à la saignée, à moins que l'intensité de la fièvre, la rougeur de la face, et la dificuité à respirer. n’en fournissent l'indication spéciale (76).

12. Contre les sueurs. — Je combats les sueurs avec les feuilles de sauge données en infusion froide ou bien en poudre (77), avec l’élixir vitriolique de Mynsicht , que j'associe surtout au laudanum liquide de Sydenham (78).

D'autres ont proposé (79) l'extrait de bois de campèche (80). la poudre d’agaric blanc ou du boletus lirix (81). Je n'approuve pas Le conseil de Morion (82) lorsque ce médecin dit : « Ut somui » sint lebres, el (si opus fuerit) æger ads- » tantium diligentia e somno excitetur » antrquam vires à longis sudoribus ni- » mis elanguescant.» Combien ue seraitil pas cruel d’enlever au moribond le seul soulagement qui lui reste , et l'insomnie n’affaiblit-elle pas beaucoup plus que les sueur? J'apyrouve bien davantage les conseils suivauis donnés par un homme éclairé : « Siragnla etiam mino- » rentur, nec non removealur æger in » aerem tenuem apricum, et perflati'em; » somnut semper Capiat in cubiculo » amplo, et quoties vires languere inci-

ee

(73) Chap. ur, $ 6, n. 8,

(74) L. c., chap. x.

(75) Swieten, op. c., $ 1214.

(76) Lisez Portal, 1. c. Voy. plus haut (40).

(717) A la dose d’un demi-scrupule deux fois par jour.

(78) Parties égales. En prendre avant de dormir de dix à trente gouttes,

(79) Reil, Fieberlebre, 3 B., 12 Kap.

(80) Quinze grains avec de l’eau de cannelle, toutes les quatre heures,

(81) A la dose de deux grains,

(82) Op. ç., chap. x1.

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES

» piunt, sudores statimlinteis aridis mo- | » derate calefactis abstergantur, atque | » æger in alteram lecti partem re- | » moveatur » Ajoutez l’usage des chez | mises de coton ou de tout auire tissu | trempées préalablement dans une décoc-= | tion de quinquina et séchées ensuite (83): | 13. Contre la diarrhée. — Comme la

diarrhée colliquative est souvent précé-= | déc de constipation (84). il faut bien se garder de combattre ce dernier-état par des purgatifs. J'ai vu, en effet, un sim ple laxatif administré dans ce cas déter-

miner un dévoiement que l'on né pat arrêter ensuite, et toute la faute en re-* tomber sur le médecin. Ne vous hâtez“ pas non plus de vouloir arrêter la diar« rhée spontanée des phthisiques, car si cet.

accident épuise les forces du malade d'u: côté, ilne laisse pas d'un autre d'a doucir plusieurs symptômes, tels que la’ fièvre, les sueurs et l’œième. Qu'il suffise | alors de retrancher du régime toutes les ; substances capables de lubrifrer à l’exces les intestins, telles que les fruits printaniers, la bière (85) et quelquefois le Jait (86). On doit conseiller au contraire les décoctions des graines du genre avena, surtout celles de riz. On prépare encore ävec le riz une tisane que l’on édulcore avec du sucre Quant aux préparations pharmaceutiques, elles doivent se succéder dans l’ordre suivant à peu près : la décoction d'amidon avec sirop!

diacode (87), l'infusion de feuilles de) roses rouges avec le mêre sirop, la dé=!

coction de racines de colombo (88), la!

poudre de racines d’arnica (89), l'extrait !

mr

(83) Percival, dans Memoirs ofthe me-| dical soc. of Lond. Vol. un, p.288.

(85) « ... æger a cerevisia omuigena} abstineat.-» Morton, |. c. É |

(85) Le lait est loin d'augmenter tous, jours la diarrhée des phthisiques ; il ests même recommandé, étendu d’eau, comss me un remède contre cet accident, pat Morton, L €. 1

(87) À Vilna, le sirop diacode contient!

un grain d'opium par once; j'en pre rarement plus d’une demi-once pour une livre de décoction d'amidon: r|

(88) Pr. Racine de colombo, deux scru, pules ; salep, un scrupule : faites bouillir! pendant un quart d'heure dans une quan!

tité suffisante d’eau pour retirer neuf on-| ces de colature. D. S. Une once toutes le trois heures.

(89) Stoll, Rat. medendi, t. n, p« jo,

DE LA PLÈVRE, DU MÉDIASTIN, DU THYMUS ET DES POUMONS

de cachou (90), le sirop balsamique avec laudanum liquide de Sydenham (91), la poudre de Dower (92), les iavements opiacés (93), avec la térébenthine (94) et autres (95), sans parler des emplâtres et des onguents aromatiques et narcotiques appliqués sur l'abdomen.

14. Contre le vomissement. —4« Licet »in hujus symptomatis extremitate mul- » um ab arte non possit præxstari, me- » dicum tamen cautis consiliis, si non » medicamentis, manum adjutricem por- »rigere decet. Primo igitur jubeatur » æger cibumlicet frequenter)admodum »lamen parva quantlitate invicem su- » mere. Secundo, indulgeantur cibi ven- » triculo gratissimi, modo euchymi et » coctioni apti fuerint. Tertio, tussim » (quantum in re est) et profundam » phlegmatis exscreationem, atque etiam

511, 422, 425. (Il l’emploie à la dose d’une drachme toutes les deux heures ; moi je l’ai donné à plus faible dose, mais sans succès prononcé.)

(90) Duncan. 1. c., p.155. « I have found nothing better than the extractum mimvusæ Ccalechu, either under the form of electuary or in infusion adding such a proportion of the tincture of opium, as the cireumstances of the case may admit or require. »

(91) Pr. Sirop balsamique, deux onces; laudanum liquide de Sydenham, dix goulies. M. D. $S. Une cuillerée à café toutes les trois heures.

(92) Deux grains trois fois par jour avec de la poudre de gomme.

(93) Pr. Décoction d’amidon, quatre onces; ur jaune d'œuf; laudanum liquide de Sydenham, de dix à vingt gouttes. M. D. S. Pour lavement.

(94) Swieten a dit (1. c., $ 1213) :

« Uuicum fere quod tentare solent medici, ut ulimam hanc morbi brevi finiendi molestiam leniant, est clysma, quod tali modo parari posset, Drachma purissimæ terebinthinæ vitello ovi per tituram in mortario vitreo miscetur intime. Additur uncia semis (nunquam ego tam magnam dosin præscribere au- ‘sus sum) theriacæ Aadromachi, deinde bæc diluuntur in unciis quatuor lactis recentis, et in anum ivjiciuntur. Monendus est æger, ut clysma injectum retineat diu. »

(95) Morton recommande un lavement de lait chalybé par l'extinction fréquente d'un fer rouge, dans lequel on fait infuser des roses rouges, avec addition d’un scrupule de thériaque, L c.

» somnum, et decubitum a pastu devitet.

» Medicamenta vero vix aliquid opisinhoc » deplorato statu affecre possunt (96). »

Avant que la maladie soit tout-à-fait parvenue à sa dernière période, nous avons pu arrêler des vomissements au moyen de l'atropa belladona (97). Le carboriate de soude mêlé avec du jus de citron et avalé à l'instant de l’effervescence , nous a encore réussi.

15. Contre les insomnies. — Le sommeil, que dans la phthisie confirmée l’on provoque au moyen des narcotiques, occasionne le plus souvent la suppression des crachats (98) et un affaiblissement des forces. C’est donc payer bien cher quelques instants de repos. Cependant, on peut, en agissant avec prudence, et comme pour faire une épreuve, essayer de la vertu de la masse dite pilules de cynoglosse, des extraits de jusqjuiame noire , de houblon et de laitues(99) ainsi que de celle de la pouire de Dower.

Mais encore bien que le sujet, ce qui arrive quelquefois, se trouve du petit nombre des phthisiques , chez lesquels, loin d’être contraire, l’opium devient un moyen de soulagement, il ne faut alors même chercher dans son usage que du soulagement seul. Ou ne doit pas ignorer non plus que l'on voit chez certains phthisiques l'opium ou les autres narcotiques réussir pendant une semaine ou deux , puis ensuite, lorsque l’affaiblissement devient extrême, les mêmes sujets se trouver mal de l'administration de

(96) Morton, I. c.

(97) En 1815, on ænena à Vilna une femme phthisique, tourmentée d’un vomissement auquel jusque-là aucun remède n’avait pu mettre un terme. Je conseillai l’atropa belladona, et aussitôt le symptôme disparut. La malade n’en prenait cependant qu’un quart de grain répété quatre fois par jour.

(98) Plerumque enim ab ejus (opii) exhibitione, veluti pectus gravari solet, ita etiam respiratio, el expectoratio diffciliores redduntur, et ventriculus nausea afficitur. » Morton, |. c.

(99) Coxe, Transact. of the american philos. soc., vol. 1v, p. 387. — Duncan, Obs. on the preparat. of soporific medecines from common Garden Lettuce. — Read, in the Caledonian Ilorticultular Society, and printed in the 1 vol, of their mem., p.160, et op. c:, p. 156. Je lai

«différentes fois prescrit sans auçun suçcès.

là plus petite quantité de cette substance (100). |

16. Contre la douleur de poitrine et Ta dyspnée. — Dans les cas où la faiblesse et l’inanition du sujet s'opposent à uné application de sangsues, jé combats la douleur de poitrine ‘par des onctions praliquées avec de l’onguent , soit d’althéa , soit de blanc de baleine, soit nerval, ou bien avee de l'huïle” cuite de jusquiame noire; par des fonientations avec une décoction, aqueuse où laiteuse, de farine de graine de lin et de fénu grec que l’on passe et dont on remplit à moitié une vessie de bœuf; par des emplâtres opiacées que l’on renouvelle chaque jour sur la poitrine. La dyspnée est diminuée

parfois au moyen d’un vésicatoire surle

stérnum, ou d’une forte compression sur le même os (1). On se trouvé encore bien d’exciter en même temps la sécrétion des urines par la décoction de lapium petroselinum. Les aphthés et l’angine se combattent par des fomentations émollientes, une décoction de feuilles de mauve dans du lait, par exemple,

(100) Au mois de juin 1819, je donnais des soins, avec deux autres médecins, à une jeune demoiselle atteinte de phthisie confirmée, et d'unegrande prostration de forces. La malade se plaignant surtout d’insomnies, mes confrères proposèrent de faire prendre, le soir, une pilule de cynoglosse de cinq grains, J'y consentis quoiqu’à regret, Cependant je persuadai à la mère de ne la faire prendre que dans le cas de la plus absolue nécessité. Cet avis fut suivi, et la pilule demeura intacte pendant:trois nuits auprèsdu lit, Mais, comme les plaintes de la malade sur son in- Somuie continuaient, les autres médecins, comme piqués , reprochèrent de n'avoir pas administré la pilule convenue. Enfin elle fut prise ; mais, le lendemain matin, Ja malade succomba, à la suite de lipothymies:elle promettaitéependantde pouvoir jouir encore de quelques semaines d’existence. Morton dit fort sagement à ce sujet:

< Opium tamen in languido hoc: statu, Caule manu parca, et debitis intervallis, exhibendum, nequé'quidem omviño absque urgente necessitate, ne cui artis medicæ opprobrio morssubita,etirexpectata Succedat, s (L. c.,c. x.) Cfr. Scharff, De -Opio in phthisi sinistre exhibito. (Misc.

Acad. nat. cür., dec.r, a. 9 et10,1p. 261.)

(4) J'ai vu plusieurs phthisiques qui, à leurs derniers moments, suppliaient les “assistants d'appliquer la main sur leur Sleraum, et dé le çomprirmcr foriement,

MALADIES DKS PARO1S THORACIQUES

appliquées sur la’ gorge; par des onctions | de.miel rosat et de Borax (2) , ‘et en en: | veloppant le cou d'une double flanelle’, | moyen dont il faut attendre plus de sou lagement dans ce cas que de tous Les gargarises mucilagineux du monde. M 17. Contre la fuiblesse. — On donné" pour soutenir les forces, MAÉ REn AA ment du jus de viandes nouürrissantes M lorsqu'ils n’augmenterit pas la fièvre , lés4 raisins secs, les gélatines faites de pieds de veau (3), de raclure de corne de cerf, de racine de l’orchis morio et de lichen d'Islande. Ce serait à tort que la sup pression des règles, plus profitable ques nuisible (4) dans Ce cas, ferait recourir” aux évacuations sanguines (5) où aux emménagogues (6). Dans les cas extrêmes.

on peut accorder dés vins doux, tels que” ceux de Lunel, de Frontignan , de Rota,, de même que l'espèce de bière anglaise.

appelée communément porter, édulcorée!

avec du sucre, et surtout l’hydromel de.

Lithuanie (7). Les Italiens font prendre!

(2) Une drachme pour une once et de-| mie de miel. CID RL 4 | (3) « Et quidem in hoc deplorato'statu,* e culina magis quam e pharmacopoliof petenda sunt rernedia. » Morton, I. Cup Cap. x. | . 1 (4) Fothergill dit (1. c.,p. 319) : «This® deficiency is often of no real disadvan-!

tage in these cases : in many it would bë!

injurious, by lesseuingthe strength, which | is already insufficient for the purpose of!

life. » £ j (5) Fothergill (1.'c:) engage à ne pas!

prêter l’oréille:aux plaintes des amis del la malade qui, à cause de la cessation des!

règles chez celle-ci, attribuent à cette sup=| pression tous les.accidents- qui survien=!

nent, et perséculent le médecin pour lef faire recourir aux saignées. C'est seule} ment lors d’une suppression brusque:

dans les premiers temps de l'affection!

que ce moyen est indiqué.

(6): La maladephthisique dont il a déjàl été question plus haut (n. 3) hâta va du sa fin en voulant exciter par du vin et du safran le flux cataménial, commençant à!

dimiouer chez elle sous l’influence d’unh état, assez tolérable da resté, de phthisiel -avouée.. Cette malheureuse ne cessa cesi tentatives que dans la pensée qu’elle pour* rait bien être grosse, idée consolantel qu'elle.conserva:jusqu’au tombeau, (7) Hœfer (Hercul: med., 1: 11, c.1) avail dit déjà qué l’hydromel de Li-.

thuanie ‘pouvait remplacer de «vin qe le but de soutenir les forçes des phthi«!

DE LA PLÈVRE; DU: MÉDIASTIN, DU THYMUS. ET, DES POUMONS. Schacher (7), Berger (8), Bergerau:(9),

ux mourants, pour prolonger leur exisence, une liqueur fameuse, l’alkermès.

Quant aux moyens pharmaceutiques, ceux jue je préfère dans ce cas sont : quelques gouttes d’éther acétique, avec de eau de mélisse et du Sirop de cannelle; esprit dulcifié de nitre, avec de l’eau de rises noires et du sirop d’alkermes ; esprit de sel ammoniac anisé, avec de ’eau et du sirop de fenouil. Toutes -ces substances devront être dosées proporionnellement au temps qu’il reste ‘enore à vivre au patient.

une | CHAPITRE V. = DE L'HYDROTHORAX EN GÉ- NÉRAL, DE L'HYDROPISIE DES CAVITÉS DES PLÈVRES ET DU MÉDIASTIN, ET DE L'OE- * DÈME DES POUMONS EN PARTICULIER,

$ Ier. De l'hydrothorax en général.

. Définition. — Une collection de érosité limpide purulente ou sanguinoente dans la caviié que circonscrivent es côtes, le corps des vertèbres, le sternum et le diaphragme, s'accompanant. de dyspnée (qu'augmentent la marche, le décubitus, soit en supination, soit sur l’un où l’autre côté) , de toux et parfois de réveil avec crainte de suffocaion imminente, de diminution des :urines, de symptômes d’œdème externe et de matité de là poitrine ; tel est l’ensemble de symptômes qui constitue l’hyirothorax (1).

, 2. Littérature: — Indépendamment ds auteurs qui se sont occupés de l’hydropisie en général(2}, ceux qui ont écrit sur la maladie qui nous occupe sont les-suivants : Coppenjager (3), Betholet (4 » Fürstenau (5), Teichmeyer (6) :

siques. Il ajoute même, ce qui est vrai, que ceux-ci supportent bien mieux cette boisson que toute autre plus forte.

(4) Du grec, V0wp, eau, et Sopaë, poitrine; latin, hydrops pectoris; fran- Pais, hydropisie de poitrine; allemand, Brustwassersucht; anglais, Water in the chest ; dropsy in the breast ; italien, idropisia di petto.

(à) PL Et Hs Ce XTEs S 167, n.

Hd Diss. de hydrope pectoris. 2. A

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