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Dyspnée provenant de l'encéphale

— Déjà Willis (51) et Morgagni (52) avaient annoncé que la difficulté de la respiration pouvait naître fort souvent

(47) Gruner, I. c., p. 185.

(48) Iippocrate, Coac., $ 2; Prognos., S4; Epid., 1, sect. in; Æger,:1, 2; Epid., VI, Sect. 1V.

(49): Avicenne, br, .fen.,1,tr,. 1vs Cap. 11.

(50) « Boerhaaye (Prælect. ad Instit., $ 601) eo processit, ut scriberet, vix ullam in corpore tolo particulam superesse cujus non aliquæ in negotio (respirationis) partes sint. »

(51),Op. c. Obs. de asthmate convulsivo.

(52) De sed. et caus. morb., epist. xv, art. 4. Cet auteur illustre en appelle aux observations de Willis concernant les malades, « qui nisi erectum semper, aut pronum caput servarent, statim anheli fiebant, ac velut moribundi respirabant cum retrorsum caput moverent, aut supini decumberent, idque non aliam ob causam, nisi quod seri acris colluvies in gens, quæ intra eorum cerebrum dissecando inveniebatur, dum caput, ut diximus, reclinarent, versus nervorum Originem qui pulmoni inserviunt relapsa illam vehementius urgebat, quemadmodum ex sectione hujus 1, obs. cLx1v cognosces. »

Valsalva a observé un sujet de quarante ans affecté d’une telle gêne dans la respiration , qu'il était forcé de dresser le cou pour prendre haleine, et cela encore en faisant entendre un sifflement qu’accompagnait un mouvement ascensionnel très-prononcé de l’abdomen. A l’ouverture du cadavre, les viscères thoraciques furent trouvés sains: mais il existait dans le crâne une sorte de matière gélatineuse et un abondant épanchement de sérosité.

(L. c., art. 6.)

sous l'influence de l’encéphale. C’est ce que vient confirmer l’expérience de tous les jours dans l’hydrocéphale (53), le cauchemar (54) et l’apoplexie (55). Depuis long-temps aussi Coschwitz (56), Fr. Hoffmann (57), Juncker (58) et Swieten (59) avaient pensé ce que Hohnbaum (60) vient de prouver tout récemment, savoir : que bon nombre de catarrhes suffocants ont un caractère apoplectique. L’apoplexie, en effet, dont les causes ont leur siége aux environs de l’origine de la paire des nerfs vagues

a RD OR

(53) P. 1x, vol. r, sect. 1, ©. 1v, Ç 21, n. 3 (édit. de Leyps.). Vésale a vu une jeune fille hydrocéphale qui, chaque fois que sa tête était remuée et élevée par les assistants, se trouvait aussitôt prise d’une toux grave, accompagnée de difficulté à respirer. (Bonet, Sepulchr., sect. xvr, - obs. 6.)

(54) P. nu, vol. r, sect. 1, Cap, x, $ 44, n, 1 (édit. de Leyps.).

(55) Ibid., cap. v, $ 25, n. 2 (édit. de Leyps.).

(6) Diss. de differentiis asthmatis convulsivi, etcatarrhi suffocativi. Hal., 1721, $18. « Catarrhus suffocativus quoque, sicut haud raro præcipue in subjectis valde senibus, apoplexiam veram phlegmaticam conjunctam habet. »

(57) L. c., $ 4. < Discernère porro oportet asthma convulsivum a catarrho suffocativo, quippe qui cum vultus rubore, stertoreque stipatus paralytici quid involvit. »

(58) Conspectus med. theoretico-practicæ. Hal., 1718, p. 508 : « Differentiam catarrhi suffocativi ab apoplexia serosa anxie quærere frustraneum, nec illius usus est; sæpe enim concurrunt; hanc autem sinceram arguunt prægressa solum capitis mala, rubor, et lippitudo oculorum, cephalæa obtusa, spumescentia ex ore. »

(59) « Docuerunt observationes, insanis étiam hominibus quandoque absque ullis signis morbi antecedentis subito impediri deglutitionem, vel respirationem, vel et utramque, atque mox mortem sequi, licet nulius tumor in faucibus, vel externis partibus, neque insolita earumdem gracilitas, et siccitas apparuerint antea. Catarrhum suffocativum vocaverunt plurimi auctores simile malum, quia a materiæ eliquatæ in fauces, et pulmones subita destillatione natum putabant fere sem-

cr. »

(60) Ueber den Lungenschlag, nebst einer Einleitung über Schlagflüsse überhaupt. Erlang., 1817.

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES ;

ment amener ce résultat, puisqu'elle!

entraine la paralysie des poumons (62). !

On voit également encore le phénomène | du bâillement et du soupir résulter de l’encéphale (63). On reconnaît que la dyspnée provient de la tête, en tenant compte des symptômes propres aux affections du cerveau; lesquels symptômes tantôt précèdent, tantôt accompagnent, ou bien enfin suivent la maladie qui nous occupe (64). Mais, dans cette dernière

(61) et de l’intercostal, doit Den

(61) Les expériences de Le Gallois!

prouvent que par l’ablation de la portion!

de la moelle allongée, d’où naît le nerf!

vague, on fait instantanément cesser la respiration. (Expériences sur le principe | de la vie. Janv. 1812.) |

(62) Je désapprouve la dénomination | d’apoplexie pulmonaire (Lungenschlag) mise en usage par Hohnbaum, par la raison que si l’on veut tirer une désignation spéciale de l’apoplexie de la partie même qu'elle frappe de paralysie, il y!

aura alors autant d’apoplexies que le corps humain offre d'organes.

(63) L’apoplexie est souvent accompa-f gnée d’hydrocéphale, de torpeur encéphalique, d’ennui, etc. Faut-il alors s’étonner que l’abolition de l’infilux nerveux ! sur les poumons amène de l’embarras| dans la respiration, de la gène dans la!

circulation de ces organes, et que le sujet!

soit forcé, pour respirer, d’écarter les!

mâchoires et d'élever la poitrine ? (Cfr. La Gallois, 1. c., qui annonce que la tête bâille encore après sa séparation du!

tronc.) Cependant on ne peut omettre, | parmi les causes du bâillement et du soupir, un certain consensus entre les!

poumons et l’estomac. Il en est de même.

pour l'utérus. On n’ignore pas, en effet ;!

que, chez les femmes, l’æstus vénérien se manifeste parfois par des bâillements.

Mais, dans le cas qui nous occupe, ce même symptôme peut dépendre d’une af= fection du cervelet, en l’absence de toute ardeur érotique.

(64) Nous savons que la paralysie an« nonce quelquefois l’apoplexie. (P. n, vol, 1, sect. 11, c+ xui, À 60, n. 4, édit. de Leyps.) C'est ce qui a coutume d'arriver.

lorsque l’origine d’un nerf se trouve lé-| sée avant l'abolition des sensations et dés facultés intellectuelles.Lieutaud s’est done | évidemment trompé en disant (I. c.)£!

« Plures demum prædictum catarrhum (suffocativum) ab apoplexia haud differre sibi falso persuaserunt ; cum suffocatio in hac catarrhi specie se prodat, priusquam aboleantur sensationes, uti çonstat 6x re=

DE LA PLÈVRE; DU MÉDIASTIN, DU THYMUS EY DES POUMONS

rconstance , il faut bien se garder de rendre pour la cause de la dyspnée l’efet produit sur l’encéphale, par la gène eule de la respiration (65).

3. Dyspnée résultant des vices de a colonne vertébrale.—L’'influence que é rachis peut exercer sur la respiration vait déjà été comprise (66) par Hipporate (67), Galien (68), Plater (69), Meiômius (70), Morgagni (71), Sorbait (72), \rnemann (73); c'est un fait que vienjént confirmer les expériences de Le xallois (74), Cross (75) et autres méde-

atu famulorum excubias agentium ; dum poplectici primo functionibus animalijus plane carent, dein vero respiratio æditur. »

(65) Chap. 1v, $ 2, n. 5.

(66) P. 1, vol. nr, ©. 1, S 2, n. 4; c.n, Min4,2, 5; 0 ‘xn, S62; n° 4: Ç65, (édit. de Leÿps.) ; et chap. n1, 6 4, n. 9, lé ce livre-ci.

(67) Aph., |. vi, aph. 46. « Qui gibbi unt ex asthmate, aut tussi, ante puberatem moriuntur. » Il est, d’après cela, Jermis de dire que le divin vieillard a onfondu l'effet avec la cause.

(68) L. xri, De difficultate respir.; c. vr.

MMdit que les sujets affectés d’uné luxaion de l’épine au-dessus du septum ransversum, et à la partie postérieure, résentent une respiration diffieile et ster:

oreuse.) (69) Prax., L. 11, ©. iv. (L'auteur pense ue l’asthme peut quelquefois dépendre le. la faiblesse du diaphragme, et alors M’appelle occulte: « Quod majores præ:

ettim nervi septi, a dorsali medulla osressi, defluxionibus; aut aliis morbis éparatim, et soli infestati dyspnœam juamdam pariunt; qualein in asthmatiismullis aliis pulmonum affectorur inliciis apparentibus, coñtinuo ægtros in éstare observavimus. »)

"(70) Diss; cit:, Ç 19:

(71) Epist. xv, art. 4,

(72) Med: pract., p. 4, 44, par la luxaion des vertèbres du cou (comprimarnit atrachée? ).

75) Versucheé;, 4 B., p. 90. II a observé ie lésion de la respiration dans les plaies lu cou.

(74) Op. c. Ses expériences démontrent jue la section de la moelle épinière aulessous de la septième verièbre cervicale aralyse la faculté d'élever les côtes. Le nême phénomène a lien pour la contracion du diaphragmé, par la solution de ontinuité de la moëlle sous la première ertèbre cervicale, (15) Annals of philos, by Thompson.

oud., 4815, febr,

cins encore. Nécessairement la lésion de l’origine des nerfs, chargés de transmettre l’influx vital aux muscles du thorax, de l’abdomen et du diaphragme, doit entrainer un trouble de la respiration.

4. Dyspnée dépendant d'une affection des nerfs. — Une lésion de la paire des nerfs vagues et des nerfs du diaphragme peut apporter du trouble à la respiralion , ainsi que le prouvent les expériences de Galien (76), Lower (77), Swammerdam (78) et autres encore (19).

La dyspnée, résultant des émanations de plomb (80) (maladie à laquelle sont sujettes les personnes qui travaillent les métaux), ne résulte-t-elle pas évidemment de l'influence que ce métal exerce sur les nerfs des poumons, influence qui

(76) On connaît l'expérience ingénieuse pratiquée par lui sur les animaux; aprés avoir lié ou coupé les nerfs dia= phragmatiques, il a vu survenir de la dyspnée, laquelle dyspnée conserve encore aujourd’hui la dénomination de ga lénique. V. Sauvages; Nosol. méthod.

morb., cl. 11, gen. 7} spec. 16.

(77) De motu sañguin., cap. n, p. 91.

(I1 démontre, à l’aide d’une expérience difficile, que la ligature ou la section complète du nerf de la huitième paire à la hauteur du cou, rend la respiration suspiriéuse.)

(78) Tract. derespifatione, sect., 1.11, c. 11, Ç 4. (Il à fait connaître que, si les nerfs du diaphragme qui envoient des branches assez considérables dans la poitrine et même le médiastin, viennetit à être irrités d’une mänière quelcorique, par le scalpel où le feu, des contractions plus ou moins énergiques se manifestent aussitôt dans le septum transversuim.)

(79) Provençal, Blainville, Afnemann, Duüupuytren, Emmert, etc. |

(80) Stockhusius, De affectu asthma:tico mornitano, die BergSucht. App. ad libellum de fuimo lithargyrii noxio. Goslär., 4656. — Michaelis, Diss. de morbis meétallar, — Scheffér, Von d. Gésundheit d. Bergleute. — Leigh, Natural history Lancashire. — Ernst, in Museum d, Heïlkunde, 1 B., n. 11, ACta med. Berol., dec. 1, Vol. vi, p. 51. La dyspnée résultant de l’usage d’un vin falsifié par la litharge prouve que le plomb exerce üne influence délétère sur les organes respiratoires, non-Seülement lorsqu'il est inspiré, mais encore lorsqu'il pénètre dans l’économie par là bouche, (Ephëin. nat, ÇUL,) dec, WU, an, 4, obs. 60.)

di à | devient la cause de la paralysie des organes respiratoires ?

5. Dyspnée dépendant d'un vice des cavités nasales et de la gorge. — Les causes de dyspnée résultant des vices des cavités nasales, tels que des excroissances (81), des polypes (82), des hydatides {83), ou ceux de la gorge, les condylômes, par exemple (84), les stéatômes du voile du palais (85), les plaies des muscles mylo et géniohyoïdiens (86) et les écrouelles (87), sont de toute évidence. |

6. Dyspnée résultant du thorax. — Nous en dirons autant de la dyspnée qui résulte de la déformation du thorax (88), et plus particulièrement du sternum (89),

(81) Quelmalz, Pr. de narium, earumque septi incurvatione. Lips. , 1750. — Haller, Coll. disput. pract., vol. 4, n. 24.

(82) Sützelberger, dans Hufeland’s Journ., 20 B., 3 St., p.62. On lit, dans, Je Recueil périodique de la société de médecine de Paris, t. 11, n. 9, et dans Desault, Journ. de chir., vol. 1, une observation de polype du sinus maxillaire donnant lieu à de la dyspnée.

(83) Portal, Cours d'anatomie méd., vol. 1v, p. 99.

(84) Severinus, de recondita abscessuum natura, p. 191. — Vogel, dans Loder’s Journ., 2 B., p. 455.

(85) Ploucquet, Diss. sistens memorabile exemplum dyspnææ. Tubing., 1797.

(86) Hamberger, dans Acta acad. nat.

cur., vol. 1, p. 285.

(87) Chap. vi, $ 2, n. 1. — Muralt, Chirurgische Geschichte, n. 18.

(88) Senguerdius a fort élégamment traité ce sujet dans Osteol., p. 39. Après les paroles citées de Spigel, voyez en outre : Lentillius, Misc., vol. u, p. 465 ;

Riedlin, Lin. med., 1696, p. 478; —.

Haen, Opuscul. inedita, vol. 1, p. 70. Il est encore évident qu’une déviation de la colonne vertébrale, indépendamment de la lésion des nerfs portant la. vie aux muscles thoraciques, peut à elle seule entrainer la production de la dyspnée par une influence purement mécanique.

Cfr. Wichmann, dans Loder’s Journ., 2 B., 1 St., p. 55.

(89) Bonet, Sepulchret., obs. 117. — Water, Diss, casus singular. asthmatis a pressione sterni, ex febre putrida cum orthopnæa afiligente reportati, et sola thoracis artificiali constrictione curati.

Viteb., 1750. — Haller, Diss. pract., vol.

n, n. 48. J’ai remarqué, chez les jeunes filles employées dans les ateliers de

de la courbure du cartilage xiphoïde

(90), ainsi que de son ossification (91) et, de celle des cartilages des côtes (92)4 dernière circonstance à laquelle la dysp* née sénile (93) était atfribuée sans rai4 son (94). |

7. Dyspnée dépendant des muscles — Puisque l’acte respiratoire est soumis à l’action des muscles da thorax, del l'abdomen et du diaphragme, les blessu= res (95) et les autres affections de cesk mêmes organes (96), soit, par exemple, les stéatômes du diaphragme (97), les tumeurs enkystées (98) et les obstacles àl leurs mouvements (99), doivent néces-l sairement gêner l'exercice de cette fonc tion. De plus encore, ces mêmes muscles!

peuvent également participer à l’inertiel générale dans laquelle se trouve plongées toute l’économie, état d’où résulte en partie la dyspnée des chlorotiques, des scorbutiques , des convalescents et des, sujets surchargés d’embonpoint (100). H

Vienne, à la fabrication des rubans, que cependant la difficulté de la respiration ne répondait pas toujours au phénomène!

anormal indiqué.

(90) Sennert, Prax. med., 1.17, p: 4 (par suite d’un coup de poing). { (91) Bonet, 1. c., Add., obs. 41, ex] Diemerbr.— Schenk, lib. 1, obs. 264, ex Bauhino.

(92) Bonet, I. c., I. n, obs. 116, ex Plañ tero. —- Vogel, Progr. observ. binæ dé asthmate singulari ex cartilaginum cos:

tarum oscescentia. Gœtt., 1773.

(93) Hippocrate range les difficultés de la respiration au nombre des maladies des vieillards, sect. vrr, aph. 54. | (94) Meibomius pense (1. c., $ 20) que l’on pourrait peut-être admettre cette.

cause pour une difficulté légère; car, pen dant le phénomène respiratoire, lorsque] le sternum se trouve tiré en arrière, on peut observer un certain. mouvement au!

point d'union des côtes avec les cartilages de cet os. cab (95) Act. nat. cur., vol. ini, obs. 86, (96) Diemerbroeck, Obs. et curat. C n. 86. — Pelargus, Med. Jahg. 5, p. 2044 (97) Bonet, 1. c., observ. 414, ex: Ves4 lingio. | (98) Averos, dans Hist. et Mém. dd:

Toulouse, n vol. 2 (99) Par exemple, lorsqu'il est poussé en haut par l'estomac ( Bonet, I. c., obs4 142, ex Pisone), par le foie (Hautesière} Recueil, vol. 1, p. 580). 'w (100) Lisez sur la dyspnée des sujet surchargés d'embonpoint, Nova Acta, N4

DÉ LA PLÉVÉE, DU MÉDIASTIN,

aut enfin faire entrer en ligne de compte influence des vaisseaux sanguins (1).

8. Dyspnee résultant des affections les cavilés de la plèvre, du :médiastin t de l’œsophage. — Au nombre des maadies de la plèvre et du médiastin donjant lieu à la dyspnée, il faut ranger 'empyème (2), l'hydrothorax (2), une oliection d’air entre la plèvre et le pounon (4), l'ossification de la plèvre (b),

A , A es sarcomes (6), les stéatômes (7) de ette membrane, accompagnés d’adhéence morbide avec les parties voisines 8); ajcutons encore l’inflammation du

2, VOL. 1, 0bs. 90 ; Ephem. , N. C., dec.

1, an. 40, obs. 175; cent. x, obs. 25; — loepfer, in Hercule med., 1.111, €. 15 — Jeodatus, in valetudine, p. 167.

(1). Swammerdam rapporte l’expériene fort ingénieuse de Sténon, consistant à Jaralyser le mouvement des muscles par a ligature de l’aorte thoracique (I. c., ect. 1, C. vu, Ç 5).

(2) Chap. 1v, $ 9, n. 40.

#(3) Chap. v, $ 1,.n. 1.

(4) Meckel, dans Mém. de l’Acad. de Berlin, 1759, p. 42. — Kellie, dans Med.

Comment. v. Edinb., 2 B., p. 452. Cfr.

>. vu, $ 4, n. 5. Hewson a proposé la paracentèse comme moyen de guérison pour l’emphysème des cavités de la plère (Med. obs., t. 111, p. 372), et l’opéraion a élé pratiquée avec succès par 3ooch (Med. and chir. obs.) et Kellie Medical commentaries, p. 11, p. 495).

.(5) Schacher, De ossificatione præter- Maturali. Lips., 1726.

. (6) Ephem. nat. cur., dec. n, an. 4, obs. 103.

(7) Portal, Cours d'anatomie médicale, Eu; PAG. i

(8) Les médecins ont parfois fait jouer an trop grand rôle aux adhérences morbides de la plèvre avec le poumon et le diaphragme, aiuSi qu'on peut le voir dans Bénédictus (Theatr. tabid., exerc.

26, p. 49); Meibomius (1. c., $ 32) répond très-bien à ceux qui font dépendre la dyspnée de cette cause : « Nec video, qQuomodo hujusmodi coalitus pulmonum Motui possit obstare, quippe qui in in- Spiratione pectoris dilatati motum se- Guuntur, et Cum eo quoque concidunt , ét coarctantur, ut in exspiratione. » Les observations de Diemerbroeck sont en- Core plus convaincantes (Anat., I. n, €. xI11), puisque cet auteur a observé, à Pautopsie d'un grand nombre de sujets Qui durant leur existence n'avaient été nullement atteints de dyspnée, une adhérence de toute la périphérie du pou-

Ta

DU THYMUS ET DES POUMONS

médiastin (9), l’hydropisie sanguinolente

de cette cavité (10) et la présence d’une masse graisseuse dans son intérieur (11); les maladies du thymus (12) ,. de l’œsophage, son occlusion, par exemple.(13), sou état de suppuralion (14).. | 9. Dyspnee résultant des affections du larynx, de la trachée et des bronches ; dyspnée muqueuse en. particulier. — Nous voyons se. multiplier les causes de dyspnée à mesure que. nous approchons de l’organe, instrument spécial de la respiration. Aussi, par exem-

ple, l'enfant, à peine sorti de l'utérus,

est souvent en proie sinon à-un véritable état de suffocation (15), du moins à une dyspnée qui se prolonge pendant plusieurs heures, et cela par suite de l’amas d’une certaine quantité de pituite autour de l’épiglotle et dans les bron-ches (cette pituite provient de la matière qui enduit le fœtus à l’époque de la nais-

mon avec la plèvre. Nous en dirons autant des observations d’autres médecins, sans parler des nôtres propres. Je ferai néanmoins observer que j'ai rencontré des sujets qui, ayant éprouvé jadis des péripneumonies, ne pouvaient courir sans offrir aussitôt une respiration haletante, et ressentir de la douleur dans un côté de la poitrine. Mon opinion personnelle est donc que, sous l'influence d’une plénitude et d’une distension extrêmes de l'abdomen, du refoulement. du diaphragme en haut, les adhérences morbides de la plèvre avec les poumons peuvent fort bien gêner l'acte respiratoire,

(9) Petrus Salius Diversus, De curat.

morb. particul., c. vi. — Bonet, 1. c.

obs. 1925. — Rodericus a Fonseca, t. 1 consult. 84.

(16) Rivérius, Obs. med., cent. I.

Verdries, De asthmate puerorum.

(11) Walde, in Med. obs. and inc TIèS: La HEUO.. 9

(12) Lieutaud'Hist. anat. med., .

obs. 448. — Heinecker, in Hufeland's Journ., 6 B., p. 74. — Morgagni, ep. xv, art. 16, lequel a publié les observations dé Vorwaltner sur les polypes, et celles de Vater, concernant l’augmentation excessive du volume de la glande thymus, rapportée à des calculs de nature crayeuse.

Ex. Eph. nat. cur., dec. 111, an, 7, obs.

144, et an. 9, obs. 1461.—Verdries, 1. €., 2:.19:

(13) Marcellus Donatus, l. nr, ©. virr.

(14) Cerveau , dans le Journal de médecine, t. LXxv.

(15) V. le chap. de l’Asphyxie.

sance, du mucus des parties génitales de la mère, aussi bien que de la sécrétion propre des s#landes qui tapissent les voies aériennes (16)). Quelquefois les affections varioleuses, en déterminant une obstruction des conduits de l'air, occasionnent aussi de la dyspnée (17). Nous avons déjà fait connaître que le croup incomplètement guéri donnait lieu à un rétrécissement du larynx ou de la trachée, occasionnant une dyspnée avec Siflement (18). Un phénomène semblable à lieu lorsque ces mêmes parties se ‘trouvent rétrécies et comprimées (19) par l’hypertrophie des cartilages arythénoïdes (20), l’état squirrheux des glandes (21) et différentes tumeurs (22), surtout un stéatôme (23), un kyste (24), une poche hydatique (25); par le passage de l'artère sous-clavière droite entre la trachée et l’œsophage (26), par l'aorte (27) et d'autres causes encore (28), aux-

(16) « Le volume de ces glandes est aussi fort considérable dans le fœtus; et il y à une si grande quantité de mucosités dans les voies’ aériennes, qu’elles en sont obstruées : les enfants ne peuvent s'en débarrasser, et ils périssent faute de pouvoir respirer. » Portal, 1. c., t. v, p. 40.

(17) Meibomius, 1. e.; $ 54. « Et hinc

sæpe post variolas satis diu adhuc pue-

ros dyspnœæa exercet. »

(48) Chap. m, S 5, 5.

(19) Berhends, De dyspnæa a tumoribus asperam arteriam coarctantibus.

(Miscell. nat. cur., dec. 11, an. 5, p.

(20) Fantonus, Anat. corp. humani, diss. 13. V. Morgagni, ep. xv, art. 12.

(21) Forlani, Obs., dec. 1, n. 5.

(22) Bartoletus, Methodus in dyspnœam, Î. 1v. Eph. nat. cur., dec, nr, an. 2, obs. 144, — Schelhammer, De re med. V. Haller, Bibl. chir., vol. 1, p.

460. — Rush, Comment. von Edinb., 4 B., p. 194.—Desgranges, dans le Journal de médecine continué, t. 11, p. 507.

(25) Lodemann, in Loder’s Journ., 4 B., p. 196.

(24) Rush, Med. Bemerk. u. Untersuchungen, 6 B., n. 9. (Entre le cartilage cricoïde et l’œsophage.)

(25) Lieutaud, dans l’Hist. de l’Acad.

royale de Paris, 1754, n. 105. (Il était renfermé dans le corps thyroïde, et pénétrait dans la trachée.)

(26) Bayford, dans Mem, of the med, soc. of Lond., t. 1r.

(27) Chap. de l’Anévrisme de l’aorte.

(28) Chap, de l’Angine dé poitrine,

MALADIES DES PAROIS THORACIQUES s

quelles ajoutez aussi les ulcères du las rynx et de la trachée, les concrétions (29), les corps étrangers parvenus dan ces organes et dans les bronches (30), l'ossification de ces conduits (31), leur rétrécissement (32) et la présence dé polypes dans leur intérieur (33). L’afs fection morbide de la membrane mu

(29) Chap. iv, $2, n. 2. . 1 (50) C. ut, $ 5, n. 6. Aux exemple rapportés, on peut encore ajouter les suivants : Benedictus, De re med., 1. vu Prœmium, p. 128 (une pilule). Bresl Samml., 4720, 11, p. 407. (un noyau de cerise avalé) ; —Desault, Chir. Nachlass; 2 B.,5 th., p. 271 (un noyau de cerise resté au passage pendant deux ans)s Eph. nat. cur., dec. 1, an. 2, obs. 249:

an. 3, obs. 55 (un noyau de prune); = Lescure, dans les Mémoires de l’Acadé:

mie royale de chirurgie, t. v, p. 524; — Lenz, in Stark’s Archiv., 4 B., p. 7062 (une fève) ; —Fontana, in Giorn. di Med:

V. Auswahl f. Wundarzte, p. 105 (une semence de melon) ;—Martin, in Philose trans., vol. .Lv, p. 89 (un morceau dé pain) ,— De la Martinière, dans les Més moires de l’Académie royale de chirur gie, t. v, p. 521; —Wainwright. V. Kubn Phys. med. Journ., 4800, p. 273 (une ais guille). | (51) Bader, obs. 33. — Haen, Rat med., t. vu, c. 1, p. 90, 91. (Non-seule:

ment Îles anneaux bronchiques étaient.

ossifiés, mais aussi ceux de Ia trachées Le malade conserva néanmoins une respiration facile presque jusqu’à l'instant de sa mort; mais il avait une toux opiniâtre). Morgagni a rencontré très - fréquemment l’ossification des bronches chez les sujets d’un âge avancé (I. 1 Epist. anat. med. xy el xvu, p. 115).M (32) G. 1, $ 5, n. 7. | (55) Ilistoire de l’Académie royale des sciences de Paris, 1705, p. 32. Nis chols, Account of a polypus ressembling a branch of pulmonary vein, coughe up by an asthmat. person, in Philosoph transact. Ÿ., 1751, p. 123. Dans Medi corum Londinens. obs. (1 B., p. 31% 524). À la suite d’une dyspnée intense} plusieurs polypes longs de deux, trois 0 quatre pouces, et beaucoup d'autre plus petits, furent expulsés par la toux Leur couleur était blanche et transpa rente, assez semblable à celle de Î crème. Des faits analogues ont été ob= servés par Baillie et Sœmmerring (VW.

Krankhañften Bau, p. 46), Murray (De po lypis bronchialibus. Opusc., vol. 1, 255), et J.-P, Frank (Epit., 1, vi, pe 480):

TS

PE LA PLÊVRÉ; DU MÉDIASTIN, DU THYMUS EP DES POUMONS

ueuse de l’intérieur des bronches dans quelle se trouve sécrétée une telle bondance de mucus que les conduits ériens en sont obsirués, d’où résulte de a difficulté dans la respiration (34) ; cette ffection , disons-nous, réclame une ttention toute spéciale. Elle a été déignée par les dénominations de dyspnée auqueuse (35), d'asthme pituiteux (36), e phthisie pituiteuse (37) et de catarrhe hronique (38). Cette maladie diffère jen certainement de la bronchite chroique (39) à un degré quelconque, en ce que dans celle-ci il y a sécrétion, non de nucus, mais de lymphe coagulable. Mais, omme dans son cours elle présente enre autres symptômes principaux, Soit mn état d’émaciation, soit de la toux, soit le la difficulté de respirer, on l’a désinée sous les noms tantôt de phthisie piuiteuse , tantôt de catarrhe pulmonaire, u bien de dyspnée muqueuse (40).

Quant à nous, nous conseillons de dérire à l’avenir cette affection avec tous es symptômes sous la dénomination de lennorrhée des bronches. Cependant, jomme nous sommes loin d’être partijan du néologisme, pourvu que l’on entende sur le fond des choses (ce qui 1 lieu ici), nous nous en tiendrons au 1om ancien en décrivant la forme de ette blennorrhée , s’accompagnant surout de difiiculté de respirer, et nous lui lonnerons, ainsi que nous l’avons dit, la lésignation de dyspnée muqueuse. Le ujet atteint de cette affection (qui, du reste, ne compromet que fort peu ou nème nullement son existence) en ressent les atteintes vers le matin surtout, et éprouve la sensation d'un serrement à la poitrine, dont il n’est débarrassé qu'après avoir rejeté une quantité considérable de pituite épaisse; quelquefois cette dyspnée muqueuse augmente d’in-

(34) Wolff, De orthopnœa a spissitudine muci in bronchiis a frigore producta. V. Acta Acad. nat. cur., vol. vi, p. 276.

(55) Dans Sauvages ( Nosol, method., ©. v, Gen. 7), l’œdème du poumon se irouve désignée par ce nom.

" (56) Kaltschmidt, Diss. de asthmate Pituitoso. Jen., 1757.

” (37) Cfr. c. 1v, $ 9, n. 15.

(38) Cfr. e. vu, & 2, n. 5,

(40) Asthme. pituiteux d'autres auteurs. |

tensité et revient pour ainsi dire par accès, circonstance qui indique soit üne complication d'asthme périodique, ou bien dépend d'une maladie, soit du cœur, soit des gros vaisseaux. Jamais je n’ai observé la sécrétion d’une plus grande quantité de mucus dans les poumons que sous l'influence de ces maladies. De plus, si l’on réfléchit que cette dyspnée muqueuse se développe principalement sur des sujets d’un tempérament mou et relâché, surtout chez les :

femmes, les hommes surchargés d’embonpoint, occupés de travaux littéraires, menant une vie sédentaire, et si l’on se rappelle que les autopsies cadavériques ont dans ce cas démontré un relàchement du poumon (41), on devra rechercher la cause de la maladie dans un état d’atonie. N’accordons cependant pas à cette cause une influence trop exclusive, car nous avons souvent reconnu que la sécrétion du mucus par les bronches résultait plutôt d’un stimulus morbide quelconque, par exemple de linspiration de poudres (42) ou de vapeurs, et d’une influence arthritique (43), hémorrhoïdale (44) ou bien exanthémateuse (45). La membrane qui revêt l’intérieur des bronches peut, en effet, alterner dans ses maladies avee les affections de la peau et des autres muqueuses de l’économie, ainsi que le prouve par de nombreux exemples le dé-

(41) Frascator, Opp., P. 1, 1.11, ©. 1x, p. 469: — Haller. V. Gotting. gelehrte Anzeig., 4711, p. 1196.

(42) On a vu la dyspnée résulter de l'inspiration de la poussière. de farine

chez les meuniers (Ephem. natur. cu-

rios., dec. in, an, 5 et 6, obs. 65), les boulangers (Betheder, dans Berliner Sammlung. 1x, p. 59); de celle des pierres (Act. nat. cur., vol: v, obs. 85.

Bonet, I. c., add., obs. 4. Meibom., I. c., K.35), des plumes (Diemerbroeck, Anat., Ï. 11, c. xin), de l’ipécacuanha (Scott, dans Med. comment. von Edinb., 4 B., p. 74, et dans Phil. transact. Year, 1776, n. 9), ainsi que par les vapeurs de la chaux (Georg. Horstius, t. 11, obs. 4), du mercure (Th. Grossius, De morb: capitis et thoracis, p. 461. Bartholinus, Act.

Hafn., obs. 79. Horstius, 1. vu, obs. 25).

(45) Kæmpf, Enchiridium med., p. 52.

(44) J'ai vu plusieurs exemples de cette nature.

(45) Lentin, Memorabilia clausthaliens., n, 106.

veloppement de la dyspnée muqueuse à la suite de la suppression, soit de flueurs blanches (46), soit d’une blennorrhée cérébrale (47). Les: maladies des glandes bronchiques (48) doivent encore’ êlre - rangées au nombre des causes de celte affection.

10. Dyspnee provenant des maladies du parenchymeée des poumons. — Déjà nous nous sommes occupé suffisamment; dans le chapitre de la phthisie pulmonaire , de la dyspnée résultant d’un état scrofuleux des poumons (49), de la présence d’hydatides (50) et de calculs (51) dans ces organes, de leur induration «presque cartilagineuse (52), de leur squirrhe (53), de leur stéatôme (54), de

(46) J.-P, Frank, Epit. (L. c., p. 178), dit: « Nos ipsi quondam, cum fœminæ juveni blennorrhœa jam a septem annis laboranti, eo quod ob graves rationes citius hoc a morbo liberari supplex rogaverit, per injectiones aluminosas hune fluxum cohibuissemus, eamdem in magam dyspnæam, et anxietatem conjectam fuisse doluimus. » Majus a également observé le développement de cette affcction, par suite de flueurs blanches mal traitées. (Briefe über d. schleimigte Lungensucht, dans D. Psalzbayerschen Beytragen Zz. Gelehrsamkeit, Jahr., 1782, 2 Heft., p. 412.)

(47) Cfr. cap. 1v, $ 8, n. 2.

(48) Verdries, De asthmate puerorum, p:40.

(49) Dyspnœa a tuberculis Sauvages Nosol. method. C1. Morb. V. Gen. 7, Spec. 2. Cfr. Boneti, Sepulchret., obs.

(50) Bonet, 1. e., obs. 53. Eph. nat.

cur., dec. 111, art. 4, obs. 80.

(51) Bartholinus, Method. in dyspnœam, 1. 1V.—Morgagni, op. c., ep. xv, art. 19, 20, 21, 95, 26; ep. Lxix, art. 14:

(52) Schreiber, dans Nov. comment, Petrop., vol. ur, p. 395. J.-B. Sylvaticus trouva les poumons d’un prince. mort de dyspnée parvenus à un tel point d’induration, qu’ils se brisaient comme du

verre (?).— Wedel, Diss. de asthm. mechan.

(53) Heister, Diss. de asthmate scirrhoso hactenus fere neglecto. Helmst.,

(54) Bang, dans Act. nat. eur. med.

IJavn., vol. n, p. 205.—Corvisart et Leroux, Journal de médecine continué, vol. 11, p. 5 (13 livres).—Fontanus, Obs.

anat, med, select. (un sarçcôme).

MALADIES DES PAROÏIS THORACIQUES

leur distension par du sang (55), une vo:

mique (56) ou des tumeurs de diffé” rente nature (57). Il sera question plus* loin, dans celui de l'asthme périodiques de l’emphysème des mêmes organes et autres affections analogues. )

11. Dyspnee résultant des affections du cœur et des gros vaisseaux. — Par suite de l’exposé que nous ferons plus loin de l'histoire des maladies du cœur et des gros vaisseaux, il résultera bien évidemment que ces affections devien-" nent une cause commune de dyspnée (58). Néanmoins, tenons compte des exemples rapportés par d’autres auteurs, savoir : l’observation de dyspnée résul-" tant d’un état calleux (59), osseux (60)!

et adipeux (61) du péricarde dilaté (62),! rempli de sang (63) et adhérent au cœur (64); d’un volume excessif du cœur (65)," de l’affaiblissement de ce même viscère.

(66), de son ossification plus ou moins

(55) Willis, Pharm. rat., sect. vi, Cap. 11. |

(56) Schenk, Obs. med., 1. 11, n. 58, 67.—Bonet, I. c., obs. 51. ;

(57) Eph. nat. cur., dec. 11, an. 7 et 8 (sarcôme sous le sternum). — Meckel, 1. c. — Fabricius Hildanus, cent. n, obs.

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