CHAPITRE 11. — DE LA DIAPHRAGMITE
SIer. Definition. Litterature.
1. Définition. = Une constriction dou- Joureuse, s'étendant transversalement de:
puis la région épigastrique, en suivant ja direction des fausses côtes, jusqu'à la co:
(57) Percy, !. e., p. 225:
(58) Id., I. c. :
(59) Plenk, Sämmil. von Beobachtungen,
(60) Chap. 1r.
(61) Screiber, Comment. soc. Petropol., vol. vir, p. 228.— Stoll, Heilungsmethode, 3 B., 2 st., p. 155.
(62) Bartholinus, Hist, anat. rar., cent. n, hist. 85, vol. 1, p. 523. — Blancardi, Anat. pract. rar., cent. 11, obs.
62, p. 277.—Morgagni, epist. Lxx, n. 5.
—Guinot, dans le Récueil périodique de la société de médecine de Paris, t. nf, n. 16.—Léveillé, ib., p. 298.
(63) Walther, Observ. anat., p. 42. — Winslow. V. Tode, Med. biblioth., 5 B., 2 st., p. 180.
(64) Bonet, Sepulchr. anat., lib. n, sect. vir, obs. 92, Cerner. V. Lieutaud, 1. c., obs. 786, p. 250. — Couzier. V.
Lieutaud, 1. c., obs. 783, p. 250. a
(65) Vasling. V. Lieutaud, I. c., obs.784.
(66) P. ex., des pétéchies (Stoll, 1. c.), un exanthème indéterminé (Otto, 1. c., p. 217).
MALADIES DÜ DIAPHRAGME ;
lonne vertébrale (et cela tantôt d’un seul côté, tantôt des deux), augmentant par l'inspiration, la défécation , et l’émission de l'urine , accompagnée de fièvre et de hoquet ; tel est le caractère que présente l’inflammation du diaphragme ou la diaphragmite (1),
2. Littérature. — L'affection dont il s'agit a élé décrite par: P. Salius Diversus(2), Roth(3), Wolff(4), Schneider (5), Brendel (6), Eyselius (7), Stüven (8), Zwinger (9), Schulze (10), Segner (11), Gattenhof (12), Boxbelt (13), Beeld-
(4) Synon. Parafrénésie, mot dont. les anciens se servaient pour désigner le « délire léger; car, dans tous les pays du :
monde, on donnait au délire le nom de frénésie. (Celse, De med., L. 11, ©. xviri.) Enfin les modernes ont distingué la frénésie idiopathique, ayant sa source dans le cerveau et dans ses membranes, etle délire sympathique, provenant du diaphrag mé et des autrés parties. La dénomination employée par les anciens était fondée sur cette hypothèse, que le diaphragme exerce une influence sur les modifications de l’âme, hypothèse dont on a cru généralement trouver la réfutation dans ces paroles d’'Hippocrate : « Je ne sais quelle influence exerce le diaphragme sur le sentiment et sur l'intelligence. »
Hippocrate ne s’est jamais servi du mot de parafrénésie pour indiquer l'inflammation du diaphragme. Selle (Rudimenta pyretologiæ method., p. 132) a observé avec raison qu’il faut substituer le nom de diaphragmite à celui de parafrénésie.
(2) De affect. particular., €ap- vin, Opusc., p. 262.
(3) Diss. de inflammatione septi trans< versi, symptomatis et curandi ratione.
Lips., 1548.
(4) Diss. de septi transversi inflammatione. Argent., 1661.
(5) Diss. dé inflammatione diaphrag= matis, seu paraphrenitide. Witteb., 1665.
(6) Diss. de cognatione paraphreniti= dis cum febre maligna. V. Opp. 111, p. 62:
(7) Diss. de paraphrenitide. Erf., 1710:
(8) Diss. de phrenitide et paraphrenis tide. Jen., 1724.
(9) Diss. de paraphrenitide. Basil.3s
(10) Diss. de paraphrenitide. Ha1.,1749%
(41) Diss. de paraphrenitide. Jen.; 1747. |
(12) Diss. de paraphrenitidis ration et curatione, Heidelb., 1758.
(15) Diss. de paraphrenitide. Lugdi Bat., 1758.
DU PÉRICARDE , DU COEUR, DES ARTÈRES ET DES VEINES
shyder (14), Fein (15), Schroëder (16), Saalman (17), Renauldin (18), Sawicz
$ IT. Symptômes. Autopsie cadaverique, Causes.
1.Symptômes.—La diaphragmite s’annonce tout d’abord par une fièvre accompagnée de chaleur intense, de pouls souvent fréquent et serré, quelquefois plein
etlent (21). Vient ensuite la douleur cons-.
trictive caractéristique, qui se fait sentir, comme une espèce de ceinture à travers l'abdomen : le malade, en indiquant avec ses mains le siége de cette douleur, suit exactement la circonférence du diaphragme , c'est-à-dire une ligne qui, ayant son point de départ à l’épigastre, s'étend de à jusqu'à la colonne vertébrale, en suivant la direction des côtes, et cela, tantôt d’un seul côté, tantôt des deux à la fois. Dans le premier cas, le décubitus sur le côté malade est douloureux; et la région hypochondriaque correspondante né peut supporter la compression surtout vers la partie supérieure. Examinée avec attention, cette région parait rétractée en dedans et en haut (22). Si le diaphragme est affecté des deux côtés, le malade se tient couché sur le dos , et les deux hypochondres sont alors doulou-
(44) Diss. de inflammatione diaphragmatis, seu paraphrenitide. Ultr., 1762.
(15) Diss. de indole, ac sede phrenitidis ac paraphrenitidis. Gœtt., 1765.
(16) Diss. de inflammatione diaphragmatis. Gœtt., 1772.
(17) Descriptio phrenitidis ac para phrenitidis monasterii in Westphalia.
Monast., 1788.
(18) Dictionnaire des sciences médicales, t. 1x, p. 225.
(19) Diss. de diaphragmitide, Vilnæ,
(20) Ont écrit dernièrement sur là diaphragmite : Fr. Bælirens (Die Diaphragmitis in diagnosticher und thérautischer Rückischt. Rheïin, Jabrb., 5 B., 4 st., Pp.9;:6B., 2 st., p. 147),—Dzondi (Geschichte einer merkwürdigen Magen-u, Zwergfellsentzundung. Leipz., 1822),—et "Andral jeune (Archives générales de médecine, 1825, octobre).
(23) C’est ce que j'ai observé en 1819, Sur un malade admis à la clinique de Wilna. V, Sawiez, 1. c., obs. 1.
(22) «Si septum tranversum percussum est, præcordia sursum çontrahuntur, » Celsus, EL. v, ©. xxvi.
reux au contact et rétractés en haut. Il n’est point rare de lrouver un creux dans la région épigastrique , qui devient en même temps le siége de pulsations. Quelques malades accusent de la douleur aux parties latérales du cou (23). La respiration , qui ne s'exécute plus qu’à l’aide des parois thoraciques, devient haute, petite, haletante, interrompue, suspi< rieuse ; de plus, chaque effort que fait le patient pour inspirer, pour parler, pour tousser , pour aller à la selle, ou pour uriner , augmente les douleurs.
Nous n'avons pas remarqué que la déglutition fût empêchée, mais nous avons observé qu'elle s’accompagnait d'un certain bruit qui se faisait entendre dans l’estomac (24). Aux symptômes précédents se joignént quelquefois le hoquet et le vomissement ; à mesure que la maladie fait des progrès, il survient du délire et le rire sardonique, Peu de temps avant la mort, on observe ordinairement une rémission des symptômes (25). Dans les cas heureux, la diaphragmite se termine comme la pleurésie.
2. Autopsie cadaverique. — On à vu le diaphragme si violemment enflammé qu’il eût été impossible de le rendre plus rouge à l’aide d’une injection artificielle, et cela, soit dans une grande étendue de sa partie musculeuse, soit dans toute la partie aponévrotique (26). On a trouvé en outre cet organe recouvert de fausses
(23) Tel fut le cas offert par un malade de la clinique de Vilna, en 1819.
V. Sawicz, 1. c., obs. 2. (Cette douleur s'explique par l’origine et la marche des nerfs phréniques.)
(24) Sawiez, obs. 4,
(25) Huxham, Opp. de aere ét morbis épidemicis, an. 1744. à
(26) Haen, Rat. med., P. 1x, c. 1, $ 5; c. 11, 8 7.
(27) Voici ce que je lis dans lescahiers de mon père ! « Die 25 jun. 1798, cum cadaver archiducis Austriæ Mariæ Christinæ me præsente aperiretur, vidi diaphragma in ea parte, quæ hepati obversa est, colore quasi tendineo ufroque ex latere instructum, tamque crassum , ut tres partes pollicis uñius æquaret. Fibræ musculares (discisso illinc diaphragmate) manifeste in medio jacebant, utrinque a pseudo-membrana lardacea quasi, ac densissima, contectæ. » Sandifort (Exercit. acad., 1. 11, p. 88) et Jéssen (in Schenk, Obs, med., 1. 11, obs.
37 MALADIES DU DIAPHRAGME
membranes (27); adhérant à la base des poumons (28), au foie (29), à la rate (30), à l'aorte devenue anévrismatique (31 ); atteint d’ulcérations (32), de taches gangréneuses (33), de concrétions terreuses (34), de tumeurs diverses (35), et d’hydatides (36). Enfin on a rencontré aussi le diaphragme affecté d'hydropisie (37), carlilagineux (38), osseux (39) et marqué de pétéchies (40),
3, Causes. — La diaphragmite, quelquefois épidémique (41), peut être occasionnée par l'impression du froid, tan-
266) rapportent des observations analogues.
(28) Fr. Hoffmann, Med. rat. syst., ft. 1v, sect. 11, c. vi. — Stoll, Rat. med., f. 11.
(29) Bartholini, Hist. anat. rara., cent. 1v, hist. 29, t. 11, p. 265; cent. vi, obs. 55, t. 111, p. 291. Miscell. nat. cur., dec. 11, an. 7, obs. 252.Morgagni, epist.
XXXVI, art. 34.
(30) Winslow, Traité du bas-ventre, $ 535.
(51) Morgagni, epist. xz, art. 29,
(32) Amatus Lusitanus, Curat.
med., cent. vi, cur. vi. — Hautesierk, Recueil d’observations médicales, t.: 1, p. 505. — Lieutaud, Hist. anat. med.
ln, sect. vi, obs. 778, t. 11,.p. 247. — Meckel, Mémoires de l’Académie royale des sciences de Berlin, 1764, p. 87.
(53) Morgagni, op. c, cpist. xxxv, art, IL
(54) Walter, Obs. anat., p. 42. — Winslow, in Tode medic. biblioth., 5 B., 2 st., p. 180. ‘
(35) Lieutaud, 1. c., obs. 783, 784.
(36) Miscell, nat. cur., dec. ur, an. 1,
(57) Pohl, De hydrope saccato et hydatidibus. Lips., 4747. In Halleri, Coll.
disp. pract., vol. 1v, p. 269.
(38) Screiber, Comment. soc. Petropol., t. vu, p. 292$.
(39) Morgagni, epist. Lxx, art. 5.
(40) Stoll, I. c.
(41) Sagar. a observé, en 1770,. une
diapbragmite épidémigue : parmi des paysans (G. Vogel, Handb. d. prakt.
Arzneywissensch., 4 th., c..x).. Je n'ai rien vu de semblable, à la vérité, mais j'ai pu remarquer une constitution annuelle particulière, à laquelle je suis d'autant plus porté à attribuer le développement de cette maladie, que, en 1819, il s’en est présenté trois cas à mon observation, dans la clinique de Vilna, tandis que, dans d’autres circonstances, il se passe ordinairement plusieurs an-
dis quele corps est en chaleur“ (42) parles boissons fermentées froides, par l’omission de saignées habituelles, par la course, par la rétropulsion d’un exanthème (43) et d’un impétigo, sans parler encore de la rupture et des blessures de l'organe.
$ III. Diagnostic. Pronostic. Traitement.