Difficulté du diagnostic. — Cette
difficulté se rencontre même quand la
maladie est due à des causes traumatiques ; car si la pathologie des blessures ne venait, en pareil cas, éclairer le praticien, il faudrait désespérer du diagnostic de la diaphragmite. Or, la pathologie en question nous apprend que les anciens ne se sont point trompés quand 1ls ont mis le rire sardonique parmi les symptômes de la diaphragmite (44), puisqu’en effet ce rire se rencontre dans les affections graves du diaphragme, ce quis’explique soit parle rapport du nerfintercostal avec le troisième rameau de la cinquième paire (45), soit par l’anostomose du nerf phrénique avec la paire vague et avec le nerf facial (46). Cette même disposi-
nées sans qu'il soit possible d'en rencontrer un seul exemple.
(*) Bæhrens (1. c.) prétend que la dia phragmite qui fut observée à Barmemi, pendant l'été de 1819, était épidémique.
(42) Schulze, 1. c., $ 39.
(45) Aaskow, Act. R. soc. Havn.,t, r, p. 205.
(44) Le rire sardoniquet résulte de la contraction spasmodique des muscles de la face, qui simule le rire. L’épithète de sardonique lui vient d’une plante de Sardaigne tellement vénéneuse, que ceux qui en ont goûté meurent, dit-on, pour ainsi dire en riant, leurs lèvres étant contractées par la douleur, comme dans le rire forcé.
(45):< Quodsi itaque caussam simulati hujus risus, qui ægroto funestum prænuntiari solet exitum, sciscitemur, nullo fere negotio eam a connubio, quod pari est intercostali cum quinta conjugatione, petere possumus. » Schulze, 1. c., $ 33.
(46) « Il n’est pas étonnant que les affections du diaphragme puissent occasionner des convulsions dans les muscles des lèvres, et qu’elles soient en effet souvent la suite des maladies de ce grand muscle. En effet, les nerfs diaphragmatiques communiquent par des filets avec le nerf vague, et celui-ci avec le facial, qui répand ses rameaux dans les muscles
DU PÉRICARDE, DU COEUR; DES ARTÈRES ET DES VEINES
tion montre encore comment le rire sardonique peut être occasionné par les vers (47). Îl n’est pas non plus diffcile de rendre compte de l’aliénation mentale qui accompagne quelquefois la diaphragmite, par la sympathie que le plexus cœliaque entretient avec le cerveau (à l’aide des nerfs vagues et intercostaux (48)).
Toutefois les fastes de la médecine prouvent abondamment (”) qu'il n’est point
des lèvres. Leur convulsion peut être un effet de l'affection du nerf diaphragmatique, qui communique aussi avec le facial, au moyen du plexus formé principalement par les quatrième et cinquième paires cervicales, par lesquelles la ma- Jeure partie des nerfs diaphragmatiques est formée, » Portal, Anat. med., vol, 1v,
(47) « An. 4786 obiit in nosocomio Ticinensi æger cum febre petechiali, delirio, risu sardonico et singultu stipata :
nihilominus diaphragma nullum vestigium inflammationis obtulit, sed copiosi iscarides lumbricoides, multæque saburræ in intestinis, tum tenuibus, tum assis, inveniebantur. » (Extrait des jotes de mon père). Cfr. Epitome de eur. hom. morb., vol. 11, p. 480. (Je rerette que l’encéphale de cet individu l'ait pas été ouvert.)
(48) « Rationem proinde exquisituris, ur nerveo diaphragmatis centro incenso, ontinuum delirium, quod in furiosum nultoties observatur abire,semper præsto it, haud obscurum videbitur, eausam iujus phænomeni maxime conferendam sse in mutuum illud commercium, quod liaphragmati per nervos est cum cere- 70.» Schulze, I. c.
(*) Bæhrens entreprend, non sans osenlation, d'éclairer le diagnostic de la liaphragmite. Il prévient avant tout que a description de cette maladie, telle qu’elle est donnée par les nosologistes,
ïe répond nullement à l’objet qu’ils
vaient en vue (p. 11); et il affirme que es signes les plus certains de la diahragmite consistent dans un sentiment létouffement, de constriction, de peanteur de poitrine, dans le désir avide bintroduire de l'air dans les poumons, t dans l’action de humer ce fluide la ouche cuverte à la manière des chiens endant les chaleurs de l'été (p. 21, 22); ans un état d'inquiétude (p. 16) qui se raduit par le regard et les gestes du maide; dans la distorsion de la bouche ans rire sardonique; dans des tremblenents, des convulsions, comme chez les pileptiques (p. 17, 18); dans des sym-
rare de trouver des cas de diaphragmite exempte de rire sardonique, de délire (49) et même des symptômes ordinaires de cette affection (50).
=, ptômes gastriques (p. 18), dans la rétraction des hypochondres (p. 29), et dans le délire calme (p. 33). En Supposant que ces symptômes se fussent réellement rencontrés dans une épidémie de diaphragmite, il ne s’ensuivrait point pour cela qu'ils soient communs dans tous les cas analogues. Mais comme Bæhrens n'a pas constaté sa diaphragmite épidémique par l’autopsie des cadavres, il ést permis encore de jeter quelques doutes sur la réalité de cette affection.
Quoiqu'il soit impossible de rien conclure rigoureusement de la description d’une maladie que les commentaires inexacts de l’auteur ont rendue encore plus obscure. Je soupçonne que celle dont il s’agit doit être rapportée aux fièvres inflammatoires typhoïdes avec une affection particulière du cœur.
(49) Bonet (Sepulchr. anat., lib. à, obs. 1) rapporte le cas d’une jeune fille morte subitement d'une syncope; dont il disséqua le cadavre, et chez laquelle il trouva un grand abcès dans la partie charnue du diaphragme, quoique pendant la vie on n'eût Jamais remarqué de délire. Morgagni (De sed. et caus. morb., epist. vu, art. 14) dit : « Ego tendineam quoque diaphragmatis partem (quam unam maxime attendunt, qui delirium a diaphragmatis inflammatione repetunt ) inflammatam, cum vix confusa , et subdelira morbi extremo tempore mens fuisset. » Haen (1. c.) rapporte aussi un cas où le diaphragme était tellement enflammé dans une gronde étendue de sa partie musculeuse et dans toute sa portion aponévrotique, qu'il eût été impossible de le rendre plus rouge à l’aide d'une injection artificielle; et cependant il n’y avait pas eu délire pendant la vie, si ce n’est aux approches de la mort: le malade n'avait éprouvé également ni rire Sardonique, ni convulsions, ni fureurs.
Wendt (Obs. de pleuritide et peripneum.
Sect. cadav., 1. 1r, v) enseigne la même chose; quand il rapporte trois observations d’inflammation du diaphragme , sans faire mention du délire où du rire sardonique, Selle (1. c.) a recueilli aussi plusieurs observations, desquelles il résulte que le délire ne manque pas tou jours à la vérité, mais qu'il ne se rencontre point dans tous les cas, et néces- Sairement dans l’inflammation du dia= phragme.
(50) Haen (1, c., p. 68), après avoir
378 MALADIES DÜ
2, Distinction de la diaphragmite d'avec l'encéphalite. — La diaphragmite, quand elle estaccompagnée de rire sardonique et de délire, pourrait très-bien être confondue avec l’encéphalite, dont on croyait autrefois qu’elle différait à peine (51), erreur qui cependant a été depuis long-temps dissipée (52). Au reste les autres inflammations des viscères abdominaux peuvent aussi, de même que celles dont il s’agit, simuler une affection cérébrale (53). : ge
8. Distinction de la diaphragmite d'avec la pleurésie.— Elle est indiquée par le tableau suivant :
Diaphragmile.